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"Le désert est beau, ne ment pas, il est propre." Théodore MONOD.



9 avr. 2012

après le coup d'état au Mali, un état Touareg indépendant au Nord | Suite101.fr

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L'Expression - Le Quotidien - «On aurait dû appliquer les Accords d'Alger»

L'Expression - Le Quotidien - «On aurait dû appliquer les Accords d'Alger»
Par Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE - Lundi 09 Avril 2012 - Lu 1611 fois
«Si le Mali avait mis en oeuvre les recommandations des Accords d'Alger, signés en 1996 entre les représentants des autorités de Bamako et des Touareg, son intégrité territoriale n'aurait jamais été menacée par un mouvement indépendantiste au nord», a affirmé l'ambassadeur du Mali à Alger, Boubacar Karamoko Coulibaly, dans une interview accordée au quotidien arabophone El-Fadjr.

Ainsi, il a expliqué qu'aujourd'hui avec la crise malienne, c'est tout l'arc sahélo-saharien qui se met en situation d'instabilité et d'insécurité. C'est un fait, explique-t-il, qui peut provoquer une sorte de contagion dans la région. Selon lui, la région sahélo-saharienne constitue, depuis ces dernières années, l'une des zones les plus vulnérables de la planète pouvant conduire à une situation des plus catastrophiques. Ainsi, l'on observe, dit-il, des conflits armés (diverses katibas d'Aqmi, groupes islamistes radicaux, rébellion du Mouvement indépendantiste des Touareg du Mnla), prise d'otages en conjonction avec les trafics de toute nature (drogues, automobiles, prises d'otages, armes). En plus de tous ces fléaux s'ajoute, soutient M.Boubacar Karamoko Coulibaly, la chute du régime de Mouamar El Gueddafi, qui a mis le feu aux poudres par le retour des migrants et de mercenaires disposant d'armes lourdes, en quantité et en qualité. C'est dire que le volcan sahélien est désormais en phase d'éruption, une éruption mise en activité par l'attaque de l'Otan contre l'ex-régime de Mouamar El Gueddafi. En outre, aujourd'hui, les pays du champ sahélien paient les conséquences de la guerre de Nicolas Sarkozy contre El Gueddafi, une guerre qui risque de plonger le Sahel dans le syndrome afghan. Abordant le cas d'une éventuelle intervention militaire étrangère au Mali, l'ambassadeur est catégorique:«Le Mali refusera toutes formes d'ingérence étrangère. D'autant plus que le Mali a fait savoir son refus d'ingérence à ses partenaires.» Et pour ce qui est des engagements et des accords signés par le Mali avec les pays du Sahel, en l'occurrence l'Algérie, la Mauritanie, le Niger, il indiqua que le Mali respectera tous ses engagements avec ses partenaires régionaux, notamment les accords de coopération avec les pays du champ contre le terrorisme, dans le cadre du Cémoc (Comité d'état-major opérationnel conjoint). S'agissant de la lutte antiterroriste, le représentant diplomatique malien à Alger a soutenu que son pays a toujours lutté contre les groupes terroristes d'Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi) et il le fera encore. Plus explicite, il souligne que son pays mènera sa guerre même contre Aqmi. A ce sujet, l'ambassadeur malien n'exclut pas l'idée que son pays fasse appel dans sa lutte contre les groupes terroristes et du crime organisé aux pays du Cémoc, avec qui il entretient des relation en la matière.

Néanmoins, il estime qu'aujourd'hui la priorité, pour les Maliens, est de réhabiliter la paix et la stabilité, avant de passer au traitement de la question de la rébellion et de la lutte contre le terrorisme et les fléaux qui vont avec. Interrogé sur l'avenir du Mali, actuellement plongé dans une crise multidimensionnelle, M.Boubacar Karamoko Coulibaly précise que les solutions militaires sont toujours vouées à l'échec si elles ne s'attaquent pas aux causes profondes des conflits armés. Selon lui, le Mali optera d'abord pour la voie du dialogue, avant de faire appel à ses forces armées. S'agissant du personnel diplomatique algérien enlevé par les groupes terroristes, il indique enfin que les représentants de la mission consulaire algérienne ont été enlevés par des groupes terroristes souhaitant «rançonner» l'Algérie contre la libération de ces derniers

L'Expression - Le Quotidien - Premier domino après l'effritement de la Libye

L'Expression - Le Quotidien - Premier domino après l'effritement de la Libye
«Il y a crise quand l'ancien monde ne veut pas mourir et que le nouveau ne peut pas naître.» Antonio Gramsci (Philosophe italien)




En l'espace d'une quinzaine de jours, un conflit latent depuis des dizaines d'années a connu son épilogue d'abord, après la prise de pouvoir au Mali par une junte militaire dont on ne connaît pas les motifs profonds, puis par une partition unilatérale de la part des Touareg azawad en conflit avec le pouvoir malien depuis pratiquement l'indépendance de ce pays Cela n'a pas tardé! Une dépêche du monde nous apprend que le Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla), importante composante de la rébellion touarègue malienne, a proclamé vendredi 6 avril «l'indépendance de l'Azawad» dans une déclaration sur son site Internet et via un de ses porte-parole sur la chaîne France 24. «Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad à compter de ce jour», a déclaré Mossa Ag Attaher, qui a indiqué vouloir respecter «les frontières avec les Etats limitrophes». Le porte-parole a condamné l'enlèvement jeudi du consul d'Algérie à Gao «par un commando terroriste».

Pour rappel l'Azawad est une région considérée comme le berceau naturel des Touareg. Des rebelles touareg et groupes islamistes ont pris en fin de semaine dernière le contrôle des trois métropoles du Nord - Kidal, Gao et Tombouctou - sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée, désorganisée et en déroute, coupant de fait le pays en deux. Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) ont, depuis lors, pris le dessus sur le Mnla, qui a annoncé unilatéralement jeudi soir la fin de ses «opérations militaires». (1)



Qui sont les Touaregs?

Ce sont des populations berbères nomades musulmanes. Bergers, ils vivent essentiellement au Niger, au Mali, en Algérie et en Libye. Les Touareg sont organisés en tribus. Les hommes portent un voile indigo (tagelmust), d'où leur surnom d'«hommes bleus». Ce sont des musulmans sunnites et ils parlent une langue berbère: le tamacheq. Nomades dans l'âme, les Touareg se nomment eux-mêmes Imazeren (hommes libres). Ce peuple compte de 1 à 3 millions d'individus, d'après l'Unesco; 85% d'entre eux vivent au Mali où ils représentent 10% de la population.



La main de l'Occident dans le chaos sahélien?

Nile Bowie attribue cet état de déliquescence à l'intervention indirecte des Etat-Unis. Il écrit: «(...) Bien que Sanogo ait visité les États-Unis à plusieurs reprises après avoir été choisi par le Pentagone pour participer à un programme international d'éducation et d'entraînement militaire parrainé par le département d'État états-unien, les représentants des États-Unis ont appelé les dirigeants du coup d'État au Mali à démissionner et permettre la tenue d'élections. (...) La justification principale du coup est la réponse inadéquate du gouvernement civil à une campagne permanente des Touareg en faveur du séparatisme dans le nord du Mali, bien que le désarroi récent à Bamako ait suscité la progression régulière des milices armées touarègue vers le Sud. Sous la bannière du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (Mnla), les milices armées auraient saisi la région nord-est de Kidal, incitant l'armée malienne, mal équipée, à abandonner ses positions stratégiques au nord (...) Même si l'on a imputé aux Touareg la déstabilisation dans le nord du Mali, il est davantage probable qu'Aqmi soit à l'origine de l'activité des insurgés dans la région. Le Mnla a déclaré que l'objectif de sa campagne pour l'indépendance est de développer un bastion pour se protéger de la violence d'Aqmi, tandis que Bamako a affirmé que le Mnla cherche à fonder un État islamiste strict en partenariat avec l'Aqmi (...) Avec la possibilité accrue que des soulèvements généralisés comme ceux du printemps arabe surviennent dans la région du Sahel, un afflux de réfugiés mettra une pression supplémentaire sur l'Algérie et le Niger. L'Algérie pourrait être déstabilisée davantage si la situation sécuritaire continue de se détériorer au Mali et la France pourrait se sentir obligée d'intervenir dans les affaires de ses anciennes colonies, comme on l'a vu malheureusement en Côte d'Ivoire. Il y a un parallèle entre la crise au Mali et les événements en cours au Nigeria, une nation aux prises avec les activités des insurgés islamiques séparatistes de Boko Haram au nord. (...) L'afflux d'armes découlant du changement de régime par l'Otan en Libye a créé de nouvelles perspectives désastreuses favorisant une guerre civile au Mali, où les parties seraient lourdement armées. (...) Comme l'armée américaine s'oppose à l'Armée de résistance du Seigneur en étendant sa présence militaire par le biais d'Africom en République démocratique du Congo, l'aggravation de la situation au Mali et au Nigeria fournit une justification supplémentaire pour l'intervention étrangère et l'exploitation de la guerre.» (2)

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que la boîte de Pandore libyenne en s'ouvrant a libéré toutes les forces centrifuges qui, il faut bien le dire, étaient d'une façon ou d'une autre maitrisées du temps de Kadhafi. Le chaos malien a ses prémices dans la dispersion de l'arsenal libyen laissé au grand jour par les puissances occidentales Royaume-Uni, France,Otan qui, après avoir réduit en miettes ce pays,dispersé ses forces, permis le lynchage atroce de son dirigeant, s'en lavent les mains pourvu que le pétrole coule et il coule sans discontinuer. Un instituteur et directeur d'école malien dans une lettre au président français écrit: «Les Touareg qui formaient une partie importante de l'armée de Kadhafi ont déferlé sur le Mali et, n'espérant plus retrouver l'Eldorado perdu, ont choisi de retourner leurs armes contre ceux qui les ont toujours considérés comme leurs frères. En 2011, sous le mandat 1973 de l'ONU dévoyé par vos soins, vous avez, avec l'aide de certains de vos alliés et sur les conseils de Monsieur Lévy, fait attaquer la Libye par des forces coalisées. (...) Le prétexte évoqué pour justifier votre implication personnelle dans cette campagne anti-Kadhafi était votre engagement à protéger les braves populations de Benghazi et de Misrata, menacées par le Guide libyen, d'extermination. Ceci a abouti à son assassinat et à la dislocation totale des structures de l'État libyen. (...) Le problème est qu'en tant que président de «la France forte», soit vous avez agi sans grand discernement en n'ayant pas suffisamment apprécié toute l'étendue des immenses dommages collatéraux auxquels votre intervention allait aboutir; soit vous aviez tout prévu grâce à vos géo-stratèges. Dans l'un ou l'autre des cas, incommensurable est votre responsabilité morale, car les conséquences en sont dramatiques.(...) Kadhafi a été sauvagement assassiné, grâce à quoi, maintenant, le pétrole et les marchés tant convoités de Libye sont à vos pieds. Mais en revanche: de nouvelles milices armées terrorisent, rackettent, torturent et massacrent chaque jour les populations en question. La Libye redeviendra difficilement une entité géographique, politique et économique stable puisqu'elle est en voie de dislocation et de morcellement. Des groupuscules infiniment plus dangereux que Kadhafi se positionnent çà et là et menaceront désormais la quiétude et la stabilité du monde entier dont celle de la France Forte. (...) Je vous suggère de vous poser une question simple: «Combien de vies, combien de foyers ai-je bouleversés, détruits de par mes actions en tant que Président de la-France-Forte?» (3)

«Il faut dire et répéter que le facteur déclenchant de tout cela est l'intervention occidentale» en Libye. La sentence est sévère, elle concerne le Mali et est signée Eric Denécé, Directeur du CF2R (Centre français de recherche sur le renseignement). Coauteur en mai 2011 d'un rapport intitulé Libye, un avenir incertain, il y décrivait déjà les liens historiques entre Kadhafi et les Touareg en provenance du Mali, activement protégés et financés par le Guide dans les années 1990. «Kadhafi fait de nouveau parler de lui en 2005, en accordant à tous les Touareg nigériens et maliens présents sur son territoire une carte de séjour à durée illimitée. (...)Parce qu'il ne faut pas perdre de vue que c'est parce que cette même France, aux côtés d'autres puissances, a choisi de déclencher une guerre en Libye, que le Mali se retrouve aujourd'hui en lambeaux.» (4)

Dans une tribune publiée des intellectuels maliens, dont Aminata Traoré, fustigent «l'impérialisme» responsable de tous les maux et les élites: «Mis en lumière par l'amputation des deux tiers de son territoire, le coup d'Etat du 22 mars 2012 et l'embargo total de la Cedeao, l'extrême vulnérabilité du Mali tient d'abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair: la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l'intervention directe de l'Otan en moins.(...) La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla) vient d'être satisfaite avec la complicité de la «communauté internationale». L'os malien étant bien moins dur à briser que l'os libyen, il suffisait de mettre à profit l'état de déliquescence de l'armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d'armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué. (...) Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n'ont pas vu venir et que certains d'entre eux refusent toujours d'admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l'Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n'a pas su ou voulu lui accorder: la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire; de la fermeté dans la lutte contre l'émigration «clandestine» et Al Qaîda (Aqmi). (...) Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi n°57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation commune des régions sahariennes (Ocrs).».(5)



Epilogue

La junte malienne a finalement lâché le pouvoir. Soumis à d'intenses pressions internationales et locales, l'éphémère chef de l'Etat, le capitaine Amadou Haya Sanago, a accepté vendredi dans un bref discours à la télévision, de rétablir totalement l'ordre constitutionnel. C'est le président de l'Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, qui va prendre provisoirement la tête de l'Etat malien. L'Union africaine (UA) s'est «félicitée» de l'accord.En théorie, la tâche de Dioncounda Traoré devrait se limiter, selon la loi fondamentale, à organiser une élection dans les 40 jours. Or, la tenue d'un tel scrutin est totalement illusoire dans ce Mali en plein chaos et divisé en deux par l'occupation du nord du pays par les rebelles touareg. Un vote reviendrait au mieux à conduire au pouvoir un président faible car mal élu et au pire à entériner la partition du pays. Le nord du pays est toujours occupé par des sécessionnistes touareg et des groupes salafistes. Pour faire face, les nouvelles autorités seront presque nues. Elles ne pourront compter ni sur l'armée, en pleine débandade ni sur des finances à sec. Les secours ne pourront venir que d'une aide extérieure.



Que pourrait faire l'Algérie?

Ahmed Lagraa fait remonter le chaos actuel à une décolonisation bâclée. «Le Sahel contient en son sein les ingrédients de son propre éclatement. Il est du ressort des politiques de chaque pays de s'ériger en démineurs. (...) (...) Il y a quelques mois, sur l'invitation d'une institution, un ex-ministre européen des Affaires étrangères a fait un exposé sur cet avenir qui attend les pays, notamment arabes. (...) Grosso modo, deux paramètres ont retenu mon attention: *le déplacement du centre d'intérêt de la grande puissance américaine vers l'Asie et le second, *céder l'Atlantique à la gestion de l'Otan comme nouveau gendarme pour cette région occidentale de la planète». (6)

«Autour de la région du Hoggar, riche en matières premières, nous avons l'impression pense Mohand Tahar Yala ancien général que des forces veulent vider cette zone stratégique pour nous imposer des solutions à nos dépens! L'Algérie ne peut rester muette avec ce qui se passe à nos frontières Sud. Notre pays doit avoir une réaction vigoureuse. Avoir une position d'un pays fort, qui peut servir d'intermédiaire régional ou, si les belligérants outrepassent leurs engagements, imposer sa force. C'est ce qu'on doit faire au Mali avec les derniers dangereux développements. Ou nous sommes offensifs ou nous sommes perdants!» (7)

Au-delà de la nécessité de récupérer les diplomates enlevés, le problème de l'Algérie est complexe. Certaines parties la poussent à s'engager dans le conflit. Ce serait dangereux. Il ne faut pas être naïf tout le monde attend que l'Algérie soit le prochain domino à commencer par nos frères et voisins. Le plus grand pays d'Afrique, qui contient des richesses insolentes et prometteuses ne peut pas laisser indifférent en ces temps de pénuries d'énergie et de matières premières. Il ne faut pas croire que nous en sortirons indemnes si nous ne faisons rien pour nous protéger. Il est urgent plus que jamais d'informer et de mettre en garde et d'affirmer plus que jamais ce désir d'être ensemble loin du régionalisme et des courtes vues. Le destin de l'Algérie ne se décide pas à la foire aux sièges de députés promis par les élections où l'on voit les partis politiques s'agiter frénétiquement sans cap si ce n'est le verbiage de la langue de bois qui n'a plus cours. Les jeunes qui porteront l'avenir doivent avoir, toute affaire cessante, une perspective de sortie. L'heure est grave, nous avons besoin d'unité. Seul le parler vrai et partant, l'alternance sereine permettra de prétendre à une Algérie heureuse fascinée par l'avenir, unie, bien dans son identité et ce faisant réfractaire à toute manipulation. Amen.



1. Mali: les rebelles touareg du Mnla proclament l'indépendance AFP 06.04.2012

2. Washington et la déstabilisation politique de l'Afrique. Après le coup d'État, une guerre séparatiste menace le Mali. Nile Bowie Traduction: Julie Lévesque pour Mondialisation.ca Le 4 avril 2012 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=30142

3. Mamadou Dramane Traoré http://www.legrandsoir.info/lettre-d-un-malien-a-monsieur-sarkozy-president-de-la-france-dite-forte.html

4. Marianne 2 Cri du Peuple 1871: http://www.mleray.info/article-mali-consequence-de-l-intervention-de-l-otan-en-libye-102942501.html

5. Forum pour un Autre Mali (Foram) Chronique d'une recolonisation programmée. Bamako, le 04 avril 2012

6. Ahmed Lagraa: Etats sahéliens nés de la décolonisation. La menace d'implosion 07.04.2012

7. Général Mohand Tahar Yala. http://www.elwatan.com//actualite/le-changement-ne-peut-etre-que-radical-06-04-2012-165671_109.php

DÉCLARATION D’INDÉPENDANCE DE L'AZAWAD

DÉCLARATION D’INDÉPENDANCE DE L'AZAWAD

Vendredi, 06 Avril 2012 02:24




NOUS, PEUPLE DE L'AZAWAD,



Par la voix du Mouvement National de Libération de L’Azawad après concertation avec :



•Le Comité Exécutif,

•Le Conseil Révolutionnaire,

•Le Conseil Consultatif,

•L’Etat-Major de l’Armée de Libération,

•Les bureaux régionaux

Rappelant les principes du droit international et les principaux instruments juridiques internationaux régissant le droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes, notamment, la charte des Nations Unies en ses articles 1 et 55, les dispositions pertinentes de la déclaration internationale des droits des peuples autochtones;



Considérant, la volonté explicitement exprimée dans la lettre datée du 30 mai 1958 adressée au président français par les notables, guides spirituels de toutes les composantes de l’AZAWAD;



Considérant qu’en 1960, à l’occasion de l’octroi de l’Indépendance aux peuples Ouest-Africains, la France a rattaché sans son consentement l’AZAWAD à l’Etat malien qu’elle vient de créer;



Rappelant les massacres, les exactions et humiliations, spoliations et génocides de 1963, 1990, 2006, 2010 et 2012, qui ont visé exclusivement le peuple de l’AZAWAD jusqu’au 1er avril 2012;



Rappelant, le comportement inhumain du Mali qui a utilisé les différentes sécheresses (1967, 1973, 1984, 2010….) pour faire disparaitre notre peuple par anéantissement alors même qu’il a sollicité et obtenu une aide humanitaire généreuse;



Considérant l’accumulation de plus de 50 ans de mal gouvernance, de corruption et de collusion militaro politico financière, mettant en danger l’existence du peuple de l’AZAWAD et en péril la stabilité sous-régionale et la paix internationale;



Considérant, la libération complète du territoire de l’AZAWAD;



Proclamons irrévocablement, L’ETAT INDEPENDANT de l’AZAWAD à compter de ce jour Vendredi 06 Avril 2012.



DECLARONS:





•La reconnaissance des frontières en vigueur avec les états limitrophes et leur inviolabilité;

•L’adhésion totale à la charte des Nations Unies;

•L’engagement ferme du MNLA à créer les conditions de paix durable, à initier les fondements institutionnels de l’Etat basés sur une Constitution démocratique de l'Azawad indépendant.

Le Comité Exécutif du MNLA invite l’ensemble de la Communauté Internationale dans un élan de justice et de paix à reconnaitre sans délais l’Etat de l’AZAWAD Indépendant.



Le Comité Exécutif du MNLA jusqu’à la mise en place de l’Autorité du Territoire de l’AZAWAD continuera à assurer la gestion de l’ensemble du territoire.









GAO - 06/04/2012



SECRETAIRE GENERAL-MNLA



BILLAL AG ACHERIF

L'Expression - Le Quotidien - Mali: le Niger rejette la déclaration d'indépendance des rebelles touareg

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8 avr. 2012

La France soutient-elle les rebelles touareg? | Slate Afrique

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France-Mali: langue de bois ou discours sincère? | Slate Afrique

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Mali: le dilemme de l'Afrique de l'ouest | Slate Afrique

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Tombouctou: sachez distinguer le touareg de l’islamiste | Slate Afrique

Tombouctou: sachez distinguer le touareg de l’islamiste | Slate Afrique
On ne sait plus qui est qui à Tombouctou. Voici quelques trucs pour identifier un “touareg d’apparence”. Texte et dessin de Damien Glez.

Tombouctou: la ville qui suscite tantôt la répulsion, tantôt l’attirance. Dans l’imaginaire de l’Américain Walt Disney, la cité-fournaise était le “trou du cul du monde”. Dans le dessin animé Les Aristochats, le démoniaque majordome Edgar tente d’expédier ses pires ennemis félins dans une malle sur laquelle est inscrit «Tombouctou, Afrique-Équatoriale française».
Dans l’esprit du papa de Mickey mouse, la localité malienne incarne la destination dont on ne revient pas indemne. Pour d’autres, la légende de «la perle du désert» continue d’exercer une fascination sans bornes.
L’UNESCO qui ne se trompait guère avant d’accepter le “Prix Guinée Equatoriale pour la vie”, inscrivait Tombouctou, dès 1988, sur la liste du patrimoine mondial.
La cité est historiquement aussi mythique que Pompéi ou Troie. Comme Pompéi au début l’ère chrétienne, elle suscite aujourd’hui toutes les inquiétudes. Comme Troie au XIIe siècle avant Jésus-Christ, elle semble avoir été victime d’une intrusion par surprise.
À Tombouctou, ce ne sont pas les Grecs qui se sont introduits cachés dans un cheval géant en bois creux, mais ce sont les Islamistes qui semblent s’être introduits sous le couvert des Touaregs…
Qui contrôle aujourd’hui les rues de «la ville aux 333 saints»? L’histoire de la cité est intimement liée au peuple targui. Ainsi, son nom viendrait du tamasheq, la langue des Touaregs qui auraient fondé la cité au XIIe siècle.
De même, c’est le MNLA, le Mouvement de libération de l'Azawad, fer de lance de la rébellion touareg, qui revendiquait, le 1er avril, la prise de la ville.
Des témoins affirment pourtant que c’est le drapeau noir des djihadistes qui flotterait désormais sur le camp militaire et sur le gouvernorat de la cité millénaire; l’étendard de la milice salafiste Ansar Dine. Les Islamistes entendraient imposer «la loi de Dieu», sous la bénédiction de trois des principaux chefs d'al-Qaida au Maghreb islamique, les Algériens Abou Zeid, Mokhtar Belmokhtar et Yahya Abou al-Hammam.

On ne sait plus qui est qui à Tombouctou!

La carte du Mali  ressemble à un nœud papillon qui étrangle aujourd’hui l’unité nationale. Au cœur géographique de la problématique, les résidents de Tombouctou, notamment la minorité noire, redoutent les miliciens “barbus”…

Apprenez à distinguer le touareg de l'islamiste 

Tombouctiens, Tombouctiennes, si vous sortez de chez vous pour aller faire trempette dans le fleuve Niger, identifiez bien les individus que vous croisez dans les rues ensablées. C’est loin d’être simple, l’accoutrement le plus répandu étant un turban qui masque le visage aussi sûrement d’une burqa. À l’aide de quelques indices, apprenez à distinguer le touareg de l’islamiste.
Si quelqu’un vous hèle muni d’un sabre colossal dont le fourreau et la poignée sont en cuir sculpté rouge ou vert, conservez votre sang-froid et observez. Si l’individu tente de vous vendre le coutelas moins-cher-parce-que-c’est-toi-et-que-tu-es-le-premier-client-de-la-journée-et-que-sinon-il-y-aussi-des-boîtes-pour-ranger-les-cassettes-VHS, il s’agit vraisemblablement d’un vendeur touareg ambulant. Négligez-le. Si l’individu vous place le couteau sous la gorge, il pourrait s’agir d’un salafiste. Euh... finalement, achetez le sabre du vendeur ambulant, ça peut toujours servir à vous défendre…
- Si le chèche qui vous fait face est de couleur bleue électrique, il est probable que l’individu est de la culture des “hommes bleus” du désert, le visage légèrement teinté de couleur indigo. Si la peau de l’individu est franchement de couleur bleuâtre, de trois choses l’une: soit il est de taille normale et il est décédé depuis plusieurs heures; soit il est de petite taille et il s’agit d’un stroumph; soit il est de grande taille et il s’agit d’un na’vi, humanoïde indigène de la planète Pandora. Méthodique, commencez par vérifier que vous êtes bien à Tombouctou.
- Si l’individu est barbu, il est donc «musulman d’apparence », selon les termes d’un tout nouveau géo-ethno-morphopsychologue français. Il est à noter que beaucoup de touareg sont jeunes et imberbes. À l’inverse, une barbe qui dépasse la longueur de votre paume pourrait alimenter la thèse d’une adhésion islamique, voire islamiste. 
- Si l’individu est bleu ET barbu, il s’agit  du personnage Barbe bleue de Charles Perrault. Si vous pensez vraiment l’avoir vu, retournez vous coucher: le soleil de Tombouctou vous a trop tapé sur la tête.
- Si l’homme qui vous fait face arbore la coupe de cheveux d’un Jackson five qui aurait tenté un défrisage (ce qui donne la coiffure du mannequin Noémie Lenoir au réveil), baissez le regard. Si vous apercevez une guitare électrique vert-olive, il s’agit bien d’un touareg, plus précisément un musicien du groupe Tinariwen.
- Si le passant est entouré de quatre femmes, il s’agit à priori d’un islamiste, les touareg étant très majoritairement monogame. À moins qu’il ne s’agisse d’un musicien du groupe Tinariwen entouré de ses groupies.
- Si le turban du passant diffuse une odeur de mercure au chrome, c’est qu’il ne s’agit pas d’un turban mais d’un bandage, très répandu depuis le début des combats au Nord-Mali. Pas d’indice sur l’origine ethnique ou la confession religieuse de la personne.
- Si vous ne voyez de son visage que ses yeux, il pourrait s’agir d’un touareg enturbanné pour se protéger des vents de sable du désert. Mais attention: il pourrait tout aussi bien s’agir de l’épouse voilée d’un islamiste. Si vous tenez à mener à terme l’expérience, touchez la poitrine de cette personne, puis rentrez chez vous et regardez-vous dans un miroir. Si votre tête est toujours à l’extrémité de votre buste, il s’agissait d’un touareg.
- Si le visage de la personne n’est pas totalement masqué, mais que sa physionomie ne vous est d’aucun secours, sortez de votre poche une caricature de Mahomet que vous aurez préalablement photocopiée dans le journal danois Jyllands-Posten. Agitez-la sous le nez de l’inconnu puis rentrez chez vous et regardez-vous dans un miroir. Si vos deux mains sont toujours à l’extrémité de vos avant-bras, il s’agissait d’un touareg.
- Si l’individu porte une chèche et une longue barbe, il s’agit d’Iyad Ag Ghaly, le chef d'Ansar Dine. Inutile de distinguer le touareg de l’islamiste…
Damien Glez
Damien Glez est un dessinateur burkinabé. Il dirige le Journal du Jeudi, le plus connu des hebdomadaires satiriques d'Afrique de l'Ouest.
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Les Touareg proclament l’indépendance du nord du Mali, livré au chaos | À La Une | L'Orient-Le Jour

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Les Touaregs proclament l'indépendance du territoire de l'Azawad dans le Nord - Actualité France - Monde - La Voix du Nord

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Mali : situation alarmante pour le pays et les chrétiens | L'information en continu des Médias Catholiques

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Mali: la junte accélère la normalisation, la Cédéao hausse le ton - Le Nouvel Observateur

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Azawad déclaré indépendant : Le Maroc rejette la proclamation - LE MATIN.ma

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La Mauritanie rejette la déclaration d'indépendance de l'Azawad - Actu Monde en continu - TF1 News

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Mali - La prise de Tombouctou, une victoire des djihadistes (CARTE INTERACTIVE) | Slate Afrique

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D'où vient l’étendard noir des djihadistes?

D'où vient l’étendard noir des djihadistes? | Slate Afrique

Il flotte depuis quelques jours sur Tombouctou (Nord du Mali).
Il est noir et frappé d’un entrelac calligraphié en langue arabe de couleur blanche:
la Chahada —la profession de foi en Islam—, qui signifie «il n’y a de divinité que Dieu et Mahomet est son messager».
Il représente avant tout l'oriflamme des djihadistes aux quatre coins du monde. Il se confond dans l’imaginaire occidental à celui des nihilistes, aux tenants d’attaques anarchiques contre l’ordre établi, à la guérilla. Ses origines historiques et symboliques plongent pourtant dans l’Islam médiéval où il était arboré par le califat combattant.  
Bien que l’islam, du temps du Mahomet, n’ait été symbolisé par aucune couleur ni emblème particulier, le vert —réminiscence du paradis verdoyant— est habituellement associé à la foi musulmane tout comme le croissant et l’étoile à cinq branches censée représenter ses cinq piliers.
Quelle est donc l’origine de l’étendard noir prisé par tous les islamistes radicaux du monde: shebabs somaliens, talibans afghans, djihadistes caucasiens, salafistes tunisiens ou les membres d'Aqmi? D’où vient cette bannière noire qui apparaît aussi sur plusieurs sites Internet associés à al-Qaïda et au djihad mondial?

Le noir, une couleur mahométane? 

Si aucune couleur ne peut être considérée comme représentante de l’Islam en général; le noir, le blanc (symbole de pureté), le vert et même le rouge (celui du sang des martyrs) ont acquis une certaine notoriété.
Utilisées dans les calligraphies ou les habits, comme signes distinctifs de familles dynastiques (les armoiries n’étant apparues chez certaines familles régnantes musulmanes qu’après leur emprunt aux croisés), c’est d’ailleurs sans surprise que certains drapeaux d’Etats arabes et/ou musulmans modernes utilisent ces quatres teintes.
Toutefois, le prophète Mahomet, pour des raisons politiques, était tenu de représenter la communauté musulmane naissante sous un ou plusieurs drapeaux, particulièrement en temps de guerre. Selon plusieurs sources historiques, deux étendards auraient été hissés à diverses occasions, le premier entièrement noir, appelé Al-Raya, et le deuxième intégralement blanc, appelé Al-Liwae.
Les deux auraient été frappés de la chahada et auraient remplis un rôle bien défini: Al-Raya n’aurait été utilisé que pour le djihad guerrier, alors qu’Al-Liwae aurait eu un rôle distinctif de la Oumma (la communauté des croyants) musulmane, symbolisant le rassemblement des fidèles unis par la foi.
Le pavillon personnel de Mahomet était connu sous le nom Al-Uqab (L'Aigle). Il était noir, sans symbole ou marque distinctive. Son nom et sa couleur ont été empruntés, dit-on, de celui d’Ali Ibn Hussein, chérif de La Mecque [gardien des Lieux saints, ndlr].
Le drapeau noir est donc perçu comme la reproduction de la bannière des musulmans d’Arabie, à l’aube de l’Islam, celui de la tribu des Qûraysh à laquelle appartient le prophète, bien que Mahomet aurait aussi déclaré, selon des sources théologiques, que le vert était sa couleur préférée…

Une référence au fanion abbasside?

Ce fut un esclave persan, Abou Mouslim, qui brandit pour la première fois le drapeau noir qui donna naissance à la dynastie des Abbassides (750-1016). Les califes Abbassides ont fondé leur revendication pour le califat en leur qualité de descendants d'Al-Abbas Ibn Abd al-Muttalib (566-662), l'un des oncles de Mahomet. C'est en vertu de cette descendance qu'ils se considèrent comme les héritiers légitimes du prophète de l’Islam, par opposition aux Omeyyades (au blason blanc) qu’ils chassèrent du pouvoir.
Leur dessein étaient d’établir un État plus profondément musulman. La dynastie abbasside a donné naissance à d’illustres califes comme Al-Mânsur, Al-Ma’mūn ou encore le légendaire Harun al-Rachid qui étendent la religion musulmane, la langue arabe ainsi qu'une conscience universaliste de l'islam qui caractérise tout le monde médiéval musulman. Paradoxalement, c’est aussi sous leur direction que commence le lent déclin de la civilisation arabo-musulmane.
Ceci dit, leur attachement à un islam salafiste (au sens originel du terme) a toujours séduit les tenants d’un retour aux sources perdues de la religion. Les premiers soldats abassides étaient vétus de noir et auraient inspiré, tout comme leur bannière, la tenue caractéristique des djihadistes d’aujourd’hui.
De nos jours, le drapeau Al-Raya est considéré par les chiites duodécimains comme le futur étendard de l’islam, lors du retour du Mahdi. Ce dernier, dont le nom en arabe signifie à la fois «l’homme guidé (par Dieu)», «celui qui montre le chemin » ou le «le bien-guidé attendu» (Al-Mahdi Al-Mountadhar) désigne le «sauveur» des musulmans devant apparaître à la fin des temps.
Le Mahdi apparaîtrait durant les derniers jours de l'existence du monde et serait un signe majeur de l’Apocalypse. Sa venue précèderait la seconde venue de Jésus (le Messie) sur Terre.
Pour l'islam chiite, le drapeau noir est l’emblème du douzième martyr, l'imam caché chargé de mener l’ultime bataille contre les infidèles d'établir un jour la loi dominatrice de Dieu sur Terre.

L’emblème d’un signe prophétique?

Les djihadistes sunnites inspirés par Al-Qaïda font aussi référence à une célèbre prophétie en lien, selon certains avec le Mahdi, relatée par de nombreux hadiths (paroles de Mahomet), qui dit selon les chroniqueurs de l’Islam Tarmidhi et Abu Hurairah:
«Du Khurassan (province d’Afghanistan) émergeront les bannières noires que nul ne pourra refouler. Les armées qui les porteront continueront d’avancer jusqu’à ce qu’elles atteignent ‘Illya (Jérusalem) et qu’elles plantent leurs drapeaux dans sa terre».
De cette prophétie découlerait donc l’utilisation par des groupuscules djihadistes de drapeaux noirs portant la chahada. On l’a vu à Tunis avec la chute de Ben Ali, sur la place Tahrir, à Bagdad, à Benghazi, à Islamabad, à Kaboul… et même lors de manifestations à caractère identitaire dans les capitales européennes ou aux Etats-Unis.
Certains chercheurs qui remettent en doute certaines sources historiques de l’Islam des origines (selon eux, Mahomet avaient aussi comme drapeau distinctif un fanion blanc ou jaune —la couleur fétiche du Hezbollah libanais—selon les circonstances) établissent une filiation beaucoup plus récente à l’étendard noir. Il ne remonterait qu’aux années 1920 où des groupes islamistes l’ont adopté comme symbole de ralliement après la chute de l’Empire Ottoman. Ceci dit, les Frères musulmans d’Egypte, dont l’objectif avoué est de rétablir un ordre califal, ont pour emblème un drapeau vert où figurent deux sabres croisés.
Au final, il faut croire que le drapeau noir adopté par des djihadistes aux desseins parfois contradictoires (mais aussi par certaines confréries ou mouvements religieux non violents comme les Ahmadis) est tout cela à la fois:
une référence à l’Islam sublimé du temps de Mahomet et de ses califes, le signe d’un blason guerrier et révolutionnaire et la promesse de traditions prophétiques orales qui prédisent la victoire finale des fidèles d’Allah contre les impies.   
Ali Amar


Après l'indépendance des Touaregs, à qui le tour? | Slate Afrique

Après l'indépendance des Touaregs, à qui le tour? | Slate Afrique
L'Algérie officielle ne sait pas très bien ce qui se passe au nord du Mali.
Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), importante composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé le 6 avril "l'indépendance de l'Azawad" dans une déclaration sur son site internet et via un de ses porte-parole sur la chaîne France 24.
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Un poète irakien a bien parlé, un jour, de pays qui, par tristesse peuvent s’en aller, plier les arbres et les rivières et prendre la route et un taxi. A l’époque c’était un poème, aujourd’hui, cela s’appelle de la géostratégie. Aujourd’hui, depuis le 11 septembre, Al-Qaïda, la lutte anti-terroriste mondiale, la «global war» ou le commerce des otages, les pays sont «pliables», on peut les mettre dans des poches, des bagages, des coins.
On peut retrouver un pays entier dans un trou (Avec Saddam), le réduire, l’envahir, lui faire une respiration artificielle comme pour l’Afghanistan ou le voir disparaitre dans un lynchage sans fin comme en Libye et ses fédérations virtuelles séparatistes. La souveraineté d’un pays se trace, aujourd’hui, au jour le jour. On n’est plus d’ailleurs au lendemain des fastes des décolonisations: à l’époque, il suffisait de chasser le colon et d’avoir une armée et un hymne pour avoir un territoire. Ce n’est plus le cas. On l’a compris avec ce qui se passe au Sahel? Mais qu’est-ce qu’on a compris au juste? Ce sont les pays-origami, nom de l’art du pliage du papier, au Japon.

Lawrence du Sahel?

Après la chute de kadhafi il y a presque un an, il y a eu ses armes. Partout et pour tous: une sorte de solde gigantesque pour candidats aux rebellions et aux refondations des frontières selon les identités meurtries et interdites pendant longtemps. Au Sahel, cette région désertique qui fonctionne comme un remake du pays de Lawrence d’Arabie, c’est donc la mode. Depuis des années, une sorte de nouveau pays est né, par défaut d’Etats puissants dans les pays limitrophes.
Depuis des années, et bien avant le printemps arabe, une sorte de mécanique y a été déclenchée dans cette région: terrorisme/anti-terrorisme, touriste/terroriste, otage/rançon et donc droit d’intervention/nouvelle cartographie. Le sahel est un pays qui a la surface de l’actualité et des médias, pas celle de ses frontières. Une question y fait mode selon un ami. Celle du «Qui kidnappe qui?» et du coup, les portes sont grandes ouvertes pour le reste. C’est dire qu’un pays peut naitre d’un communiqué, d’un otage, d’une rançon et de quelques rumeurs de bases secrètes et de centres d’écoutes comme on le répète pour les américains.
Les pays voisins se rétractent, comme l’Algérie et commencent à accepter la réduction de leur souveraineté, le Sahel prend de la surface, s’agrandit, devient un comptoir d’échange, un cheval de Troie au pays du chameau et peut se transformer en embuscades, en prise d’otage, en Etat pour les azawad ou en émirat pour al-Qaïda du Maghreb. Qu’un pays comme celui des Azawad depuis une semaine, avec la rébellion au Mali, y soit né aussi facilement prouve que d’autres peuvent disparaitre tout aussi facilement.
D’ailleurs, c’est un phénomène de répartitions des forces: si la décolonisation vous donne un pays et que vous n’en faite rien pendant longtemps, l’histoire arrive, regarde puis vous le reprend car l’histoire est occidentale et ne pardonne pas l’oisiveté ni la mauvaise herbe.

L’effet dominos des minorités?

Possible. Un ami de l’auteur parle «Tu a vu le drapeau des Azawad hier? Il ressemble à celui du MAK en Algérie ». Le MAK? C’est le mouvement pour l’autonomie en Kabylie. Il veut lui aussi un pays «Kabyle», il a des ministres et un gouvernement en exil. Après les Azawad verra-ton un pays du MAK et un autre du Rif au Maroc et de Senouci en Libye? Quand elles ne sont pas bien  gardées, les frontières rêvassent et s’endorment, dit un faux proverbe.
Le Sahel et le Mali prouvent que des pays peuvent aussi être troués de l’intérieur, subir des déchirures de surface à l’intérieur même de la surface nationale : cela se voit, depuis des années dans les pays «arabes» qui ceinturent l’Occident: des zones néo-tribales, des zones pétrolières à accès limité, des zones «green zone» où un Pouvoir menacé se réfugie ainsi que ses enfants, des zones confessionnelles ou d’émeutes répétitives et des zones bidonvilles où le peuple se réorganise selon sa loi.
En Algérie, on peut voir un policier gérer la circulation à un carrefour et voir, dix mètres plus loin, un revendeur de devises ou de drogue faire son business illégale et au mépris de la notion d’espace public et de la loi, sans que l’un inquiète l’autre. Il y a, entre les deux une zone trouée, une tranchée, une crevasse où l’espace est avalé. Et généralement, c’est parce qu’on cède un trottoir que l’on cède, des milliers de kilomètres plus loin, un pan de sa frontière. Un effet dominos. C’est vous dire donc que réunir des généraux et des chefs d’État-major militaires, cycliquement au Sud comme le font les pays du Sahel pour traiter de la question du Sahel est presque amusant : on veut trouver une solution militaire à un problème hégélien de sens de l’histoire ou de la décolonisation dans ces régions.

C’est trop tard

Le Sahel est un pays: il a son pétrole, ses nouveaux colons, ses occupants, ses terroristes, son armée, et son économie de rançons et ses frontières. C’est un territoire perdu et que les jacasseries nationalistes ou les protestations de souverainetés limitrophes ne peuvent pas récupérer. Ce qu’il faut, c’est faire semblant  de soutenir une « solution autonome » quelque temps, pour ne pas heurter la sensation usée des Indépendances, puis accepter que c’est un problème internationale.
Sauf que malgré cela, le Sahel va devenir de plus en plus vaste, manger plus de drapeaux et de frontières, demander plus de rançons, justifier plus de chevaux de l’Occident et finir par avoir un drapeau. Celui de la Médine, d’une multinationale, d’une ONG onusienne ou du logo de You-tube avec des clips d’otages assassinés ou échangés ou celui des Azawad, des rebelles, du GSPC, des Touaregs...      

Le Sud qui fait taire le nord

Depuis une semaine, le Mali tombe en morceaux mais l’Algérie officielle ne dit rien. Le sujet est trop sensible. Tout ce que craint le régime est dans ce cocktail malien: la proximité, les frontière, les islamistes, les touaregs, les occidentaux, El Qaïda, les minorités qui veulent devenir une majorité chez eux, les armes de la Libye, les otages et les dossiers noirs des barbouzeries multinationales. Si on y ajoute le pétrole et les richesses minières, cela vous donne une Arabie Saoudite année 1900, avec un messianisme tribal, un émirat possible et un désordre total qui peut remonter vers les puits du pétrole.
La question du sud est une question privée pour le régime algérien depuis des années : on ne tolère pas au sud ce qu’on permet au nord: le pluralisme, l’agitation politique, les élections trop libres et le militantisme. Il y des années, des mouvements de jeunes demandant l’autonomie du sud ont été discrètement et violement réprimés. Le sud algérien est traité sous l’angle sécuritaire, pas celui de la citoyenneté de ses habitants. Les élections et les listes électorales s’y partagent selon le calcul des tribus et des chefs. La doctrine de la sécurité des approvisionnements énergétiques y impose le régime martial et pas la négociation citoyenne.

Le sable c'est mieux que la barbe

En réaction, les terroristes du GSPC du nord l’avaient bien compris: l'avenir de tout terroriste qui parle à la place de Dieu est dans le désert. Dans son imaginaire livresque, inspiré de l'Arabie Saoudite et du prophétisme de la péninsule arabique, le Sahara est le commencement de toute histoire de conquêtes islamistes. Les monothéismes sont nés dans le désert, le GSP (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) et Mokhtar Belmokhtar en feront de même et y viendront renaître en révisant leur stratégie. Dans le désert, un policier peut manquer d'eau alors que le terroriste ne manquera pas d'infini.
D'ailleurs, même du point de vue des relations internationales, on est mieux servi au sud qu'au nord: le GIA pouvait tout juste s'adresser à un ambassadeur français en détournant un avion au nord, alors que dans le Sahel il suffit de biper une ambassade de l’Europe pour faire virer son salaire par-dessus la tête du Mali et le wali de Djanet.
C'est vous dire que le monde a changé et ses terroristes aussi: le sable, c'est mieux que la barbe et un touriste kidnappé vaut mieux qu'une marche à Alger.
Et après le Mali coupé en deux? L’effet dominos sera terrible si on commence à revoir les frontières du colon par les frontières de l’ancêtre ou de la langue. Après l’Afrique des décolonisations, on risque d’avoir l’Afrique des généalogies.
Kamel Daoud
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Déclaration d’adhésion au MNLA du Colonel-Major AlHaji Ag Gamou et de ses combattants | MaliActu

Déclaration d’adhésion au MNLA du Colonel-Major AlHaji Ag Gamou et de ses combattants | MaliActu
Moi, Colonel-Major AlHaji Ag Gamou, ancien chef de commandement des troupes maliennes dans la région de Kidal, ancien Chef d’Etat-major adjoint du Président de la République du Mali, en compagnie de l’ensemble des troupes d’origines Azawadiennes sous mon commandement, déclarons notre adhésion au Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA).
J’en appel à l’ensemble des Azawadiens à rejoindre et renforcer le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) dans sa lutte pour l’indépendance, car il reste aujourd’hui la seule organisation capable de faire sortir notre peuple du gouffre dans lequel l’a entretenu le Mali depuis plus de 50 ans.
Nous dénonçons la mauvaise gestion et la politique de l’autruche de l’Etat Malien dans l’Azawad, et nous déclarons à tous notre démission de toutes ses instances. J’en appelle à la communauté sous régionale, régionale et internationale à aider le peuple de l’Azawad à travers le MNLA pour son accession à l’indépendance. Nous déclarons que toutes nos expériences sont acquise au profit de l’Azawad, et pour l’intérêt du peuple de l’Azawad, dans l’atteinte de son objectif d’indépendance et la restauration des droits spoliés.
Nous rappelons que toutes les crises survenus jusque-là dans l’Azawad, sont révélatrices de la résurgence d’actions libératrices, longtemps différées par les citoyens. Elles constituent, l’expression du sanglot d’un peuple meurtris, tyrannisé, bafoué, spolié et manipulé tout au long de sa péripétie historique. L’Azawad attend d’être élagué de ses branches superflues, des gouvernements maliens successifs, gouvernant par la famine, la paupérisation, l’intimidation et le vol. Les légitimités politiques, usurpées, çà et là, confèrent des démocraties à vie, accentuant la nécessité d’une rupture radicale avec la pratique en cours.

Kidal, le 31 Mars 2012
Colonel-Major AlHaji Ag Gamou

Pourquoi l'armée malienne ne parvient pas à combattre les Touaregs | Slate Afrique

Pourquoi l'armée malienne ne parvient pas à combattre les Touaregs | Slate Afriquea partition du Mali est chose faite: la chute de Kidal, Gao et Tombouctou en trois jours sera difficilement réversible, s’il ne faut compter que sur l’armée malienne, partie en débandade.

L’armée malienne, forte de 7.350 hommes, 33 blindés et 16 avions de combat, a déserté ses bases et littéralement fui face à l’avancée des rebelles touaregs, qui seraient entre 2.000 et 3.000 hommes selon les sources.
Des déroutes que le régime d’Amadou Toumani Touré a voulu faire passer pour des «replis stratégiques». Bel euphémisme. Plus franche, la nouvelle junte au pouvoir depuis le 22 mars admet avoir donné la consigne de «ne pas prolonger les combats», comme à Gao.
Cette ville importante de 90.000 habitants abritait l’état-major de l’armée malienne pour toute la région nord. Le bilan des morts et des soldats faits prisonniers reste imprécis. Seule certitude: deux bases aériennes sont tombées aux mains du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), à Tessalit et Gao. L’armée, qui draine 13 % du budget de l’Etat, a aussi perdu plusieurs blindés dans la bataille.
«Les Touaregs sont prêts à mourir pour la libération de l’Azawad, mais les soldats maliens ne sont pas prêts au même sacrifice pour défendre le Nord-Mali». C’est ce qu’affirme Moussa Ag Assarid, porte-parole du MNLA à Paris.
Le ralliement au MNLA du chef d’état-major adjoint de l’armée malienne, le colonel-major El Hadj Ag Gamou, un Touareg qui a changé de camp le 31 mars, lui donne raison.
«J’en appelle à l’ensemble des Azawadiens à rejoindre et renforcer le MNLA dans sa lutte pour l’indépendance, car il reste aujourd’hui la seule organisation capable de faire sortir notre peuple du gouffre dans lequel l’a entretenu le Mali depuis plus de 50 ans. Nous dénonçons la mauvaise gestion et la politique de l’autruche de l’Etat malien dans l’Azawad, et nous déclarons à tous notre démission de toutes ses instances.»
A Bamako, cette défection spectaculaire du seul officier de haut rang touareg n’a pas paru très surprenante: «Avant d’être Maliens, les Touaregs sont d’abord des Touaregs, solidaires entre eux et loyaux à leur communauté», affirme un diplomate africain à Bamako.

Entre 1,5 et 3 millions de Touaregs dans tout le Sahel
Difficile de dire combien les Touaregs sont au Nord-Mali, les chiffres émanant de diverses sources ne concordant pas. Ils seraient entre 1,5 et 3 millions dans tout le Sahel… Ils pourraient être beaucoup plus: jusqu’à 3 millions en Algérie, 1,5 million au Nord-Mali, 1 million en Libye et 200.000 au Burkina Faso, assure-t-on dans certaines ambassades.
Quoi qu’il en soit, seules quelques localités du Nord-Mali sont majoritairement peuplées de Touaregs, comme Kidal et Tessalit. A Gao et Tombouctou, ils ne représentent qu’une minorité.
Les ethnies songhaï et peules sont plus nombreuses, et les civils n’ont pas fui ces derniers jours, loin s’en faut. A Gao et Tombouctou, seule l’armée serait partie en débandade, face à l’avancée du MNLA, qui devrait stopper là sa progression. Pris de panique, des jeunes de Mopti auraient même demandé à l’armée de leur passer des armes pour qu’ils puissent défendre la ville, avant que les militaires ne décampent.
La troupe est démotivée depuis longtemps, face à la faiblesse de ses moyens, la corruption des gradés, la désorganisation des services logistiques, sans parler des dangers encourus dans le Nord ou de la politique louvoyante poursuivie ces dernières années face à Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi).
Depuis 2003, ce groupe terroriste panafricain qui recrute des jeunes en Mauritanie, en Algérie, mais aussi au Mali et dans toute la sous-région, a fait du Nord-Mali un territoire où il règne en maître. Kidal, avant de tomber aux mains des rebelles et de Ansar Dine, était déjà considéré comme une zone de non droit et une place forte d’Aqmi.
L’armée malienne a vécu de nombreuses humiliations face à Aqmi, qui n’a été véritablement combattu que par l’armée mauritanienne. Cette dernière a pratiqué des incursions en territoire malien, au nom d’un droit de poursuite de convois suspects. Un droit de poursuite qui n’a jamais été réciproque, l’armée malienne n’ayant jamais poursuivi aucun terroriste en territoire mauritanien. La donne est complexe dans le désert: les rebelles touaregs du MLNA disent ne pas poursuivre les mêmes objectifs qu’Aqmi. Ils ne se battent pas pour une République islamique de l’Azawad, mais pour la création d’un Etat laïc. Ils démentent avoir passé une alliance quelconque avec Aqmi, qui se serait tout de même battu à leurs côtés, de même qu’un autre groupuscule, Ansar Dine («les défenseurs de la religion» en arabe). Ce mouvement armé qui préconise la sharia a été fondé par un ancien chef rebelled, Iyad Ag Ghali. Un homme qu’Amadou Toumani Touré, le président destitué, avait commis l’erreur de nommer consul en Arabie Saoudite...

Le MNLA dispose d’armes lourdes
Pour compliquer le tout, des mercenaires mauritaniens et des membres de Boko Haram, une secte islamiste du Nigeria seraient venus renforcer Aqmi et le MNLA, tandis qu'une dissidence d’Aqmi est apparue ces derniers jours, sous le nom de Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Dirigée par des Maliens et des Mauritaniens, cette mouvance revendique sa participation à l’offensive et contrôle l’un des deux camps militaires de Gao. Le MNLA dispose d’armes lourdes depuis le retour des ex-rebelles touaregs enrôlés par Kadhafi dans l’armée libyenne. Il pourrait très bien avoir passé une alliance tactique avec Aqmi, qui dispose aussi d’un petit arsenal, mais aussi et surtout de ressources plus durables que celles de la rébellion. Aqmi prélève en effet un droit de passage sur les cargaisons de drogue qui viennent par la route africaine d’Amérique latine, via le Mali, la Libye pour ensuite rejoindre l’Europe. Le groupe terroriste touche aussi – dans une moindre mesure, «à hauteur de 30 % seulement de ses revenus substantiels, surtout tirés du trafic de drogue » selon une source diplomatique - des rançons payées cash en millions d’euros. Une somme faramineuse de 100 millions d’euros a notamment été demandée pour la libération de quatre otages français employés d’Areva, enlevés en septembre 2010 au Niger. Des tractations sont toujours en cours. Aujourd’hui, douze otages sont entre les mains d’Aqmi, dont six Français. Ce qui rend une intervention de la France d’autant moins plausible au Mali qu’il n’y a pas d’accord de défense avec ce pays, et que le calendrier électoral français ne s’y prête pas. Du côté américain, des forces spéciales sont bien présentes, à Tombouctou notamment, mais pour des programmes d’instruction dans la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélienne. Certains se demandent si les Etats-Unis pourraient intervenir, mais pas question pour Washington de le faire hors mandat des Nations unies, et plus du tout en Afrique depuis la cuisante débâcle de Restore Hope, une opération militaire lancée tambour battant en 1993 en Somalie, où elle avait échoué. Seul geste fait par les Américains pour l’instant: des vivres ont été larguées par un de leurs avions militaires sur la piste d’atterrissage de la base de Tessalit, avant la chute de la ville. Qu’attendre de l’Ecomog, les Casques blancs de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), jadis intervenus dans les guerres civiles du Libéria et de Sierra Leone? A priori, pas grand chose. Alassane Ouattara, chef de l’Etat ivoirien et président en exercice de la Cédéao, a certes demandé à ce que 2.000 hommes soient mis «en alerte» en vue d’une intervention pour restaurer l’ordre constitutionnel – une mission qui s'est beaucoup transformée au cours du week-end, et qui va désormais consister à reprendre le Nord du Mali aux rebelles et aux islamistes. Une autre paire de manches...L’Ecomog a perdu le 1er avril toute raison d’intervenir ailleurs qu'au Nord-Mali: Amadou Sanogo, le chef de la junte au pouvoir à Bamako, a accepté de rétablir la Constitution et les institutions et promis d’organiser des élections – sans donner de date et sans dire s'il allait participer ou pas. L’essentiel, à court terme, était d’éviter l’étranglement économique du pays, dont menaçait la Cédéao. Au Mali, où la réforme de l’armée est devenue une priorité nationale en pleine guerre civile, c’est une très longue crise qui s’installe.



Sabine Cessou



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