Les Touaregs... - A l'affiche - WebArabic
Les Touaregs racontés aux enfants. Ils vivent dans dans le Sahara central, l’Algérie, la Libye et sur les bordures du Sahel, Niger, Mali, et Burkina Faso : les Touaregs. A travers ce livre, Jean-Marc Durou et David Giraudon font découvrir aux
17 août 2009
10 août 2009
Seneweb news : Environnement - La Grande Muraille Verte, ‘’ une réponse africaine à un drame africain’’, selon Djibo Kâ
Seneweb news : Environnement - La Grande Muraille Verte, ‘’ une réponse africaine à un drame africain’’, selon Djibo Kâ
L’édification de la Grande Muraille Verte, du Sénégal à Djibouti, est ‘’une réponse africaine à un drame africain’’, a déclaré samedi le ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature des Bassins de rétention et
L’édification de la Grande Muraille Verte, du Sénégal à Djibouti, est ‘’une réponse africaine à un drame africain’’, a déclaré samedi le ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature des Bassins de rétention et
3 août 2009
Alger : 2 000 ans sous la terre - Le Monde.fr
Alger : 2 000 ans sous la terre - Le Monde.fr
LE MONDE 01.08.09 13h59 • Mis à jour le 01.08.09 13h59
Alger Envoyé spécial
élicatement tamponnée avec une éponge humide, la mosaïque polychrome révèle, après quinze siècles d'oubli, l'éclat de ses rouges, de ses jaunes, de ses noirs et la délicatesse de ses motifs. La chaleur de l'été algérois a tôt fait d'évaporer l'eau. Les tesselles perdent immédiatement leur éclat, s'affadissent en couleurs passées, brûlées par la lumière trop crue,
comme s'évanouit un rêve.
Les archéologues viennent de mettre au jour le sol décoré d'une basilique paléochrétienne, datant à première vue du Ve ou du VIe siècle. Ils ne peuvent s'attarder dans cette contemplation, affiner la datation ou vérifier leurs hypothèses. Ils ont déjà repéré, en dessous, des vestiges plus anciens, un mur datant du Ier ou du IIe siècle de notre ère, qu'il faut vite excaver.
Tout autour du chantier, gronde la rumeur impatiente d'Alger. Place des Martyrs, au pied de la Casbah et de la grande mosquée Djamâa el-Jdid, là où bat le coeur de la capitale, deux larges trous ont été ouverts de chaque côté d'un monument érigé en l'honneur des héros de la guerre d'indépendance. A la pelleteuse et au pinceau, les fouilles exhument, palier après palier, le riche passé de la ville.
Vingt mètres sous terre passera bientôt la première ligne de métro, qui devrait être achevée à la fin de 2009. Une station doit être percée, place des Martyrs. Or le pays s'est doté d'une loi qui protège les monuments historiques. Le périmètre est en outre classé par l'Unesco au Patrimoine mondial de l'humanité depuis 1992. Les autorités ont donc commandé des sondages du sol, sous la responsabilité conjointe du Centre national de la recherche archéologique, de l'Office national de gestion et d'exploitation des biens culturels et de la Direction de la culture de la wilaya d'Alger.
L'Algérie a demandé l'appui technique de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) français, rodé à ce type de fouilles express, sous la pression des aménageurs. "Nous ne faisons pas à la place des Algériens, précise François Souq, 53 ans, directeur de l'Inrap Méditerranée. Nous transmettons un savoir-faire." Quatre archéologues français et une douzaine de confrères algériens creusent ainsi depuis un mois, six jours par semaine, neuf heures par jour, par plus de 40 ºC.
Sous la croûte de bitume, les traces de la première colonisation française ont été relevées. Puis l'étage ottoman a été excavé, laissant apparaître ce qui pourrait être une mosquée, quelques rues au pavement de galets et les traces d'un souk. La strate médiévale a été plus décevante, signalant un déclin de la cité à cette époque que relatent d'ailleurs la plupart des textes. Puis, il y eut la découverte de la basilique, large d'une vingtaine de mètres, flanquée de sépultures dont les ossements ont - hélas ! - mal résisté au temps. Des bases de colonnes subsistent également. Affleure juste en dessous le Bas-Empire.
Il reste encore trois bons mètres à excaver avant de heurter le tablier de roche schisteuse. Avec l'espoir d'atteindre l'époque de l'apogée romaine et, qui sait, l'ancien comptoir phénico-punique, connu dans les livres sous le nom d'Ikosim, dès le IIIe siècle avant notre ère. "Des sites comme celui-ci, on en a une ou deux fois dans sa vie, assure François Souq. Nous faisons remonter deux mille ans d'histoire sur 7,50 mètres de stratigraphie. Et c'est à Alger, une ville emblématique." Le temps presse. Les archéologues ont huit semaines pour achever leur diagnostic et rédiger un rapport sur leurs découvertes. "Nous ne devons pas être considérés comme ceux qui bloquent les projets de développement", disait Kamel Stiti, 44 ans, l'archéologue algérien qui codirige le chantier avec François Souq. Les ministères de la culture et des transports ferrailleront pour décider de l'ampleur des fouilles qu'il conviendra d'accomplir ensuite, débat classique entre défenseurs du passé et promoteurs de l'avenir.
Dans la jeune République algérienne, née des affres de la guerre d'indépendance, se greffe une autre considération, plus politique. Jamais des recherches préventives d'une telle ampleur n'avaient été entreprises. Tout juste avait-on trouvé, au hasard des coups de pioche, quelques pièces puniques ou les restes d'une domus romaine.
Le pays ancre son nationalisme dans la lutte contre le colonialisme. Mais l'histoire de cette terre est celle de l'assimilation successive par les populations berbères des apports extérieurs, qu'ils soient envahisseurs ou protecteurs encombrants. La ville aura été Ikosim, Icosium, El-Djezaïr puis Alger. Phéniciens, Romains, Vandales, chrétiens, pirates, conquérants arabes, janissaires de l'Empire ottoman ont ainsi laissé leurs empreintes successives dans le sol, pris et donné, pillé et enrichi.
Les Français sont venus à leur tour. Ils ont remanié la basse Casbah, au milieu du XIXe siècle, ont construit des immeubles haussmanniens avec les matériaux trouvés sur place. Mais chaque nouvel arrivant semble avoir fait de même, comme l'atteste le réemploi des pierres. "Nous découlons d'un brassage des civilisations", en conclut Kamel Stiti. Très suivi par les médias algériens, le chantier archéologique est ainsi devenu une quête identitaire.
Benoît Hopquin
L'Algérie en six dates
IIIe siècle avant notre ère Fondation d'Ikosim, un comptoir phénico-punique, sur une côte où vivaient les Amazighs, devenus les Berbères. La cité dépend bientôt du royaume de Maurétanie, sous Juba II (environ - 25 à 23 de notre ère).
40 de notre ère Rome accentue sa domination. Icosium est un municipe jusqu'en 372, où les Berbères se révoltent. La ville passe sous domination vandale.
VIIe siècle Arrivée de l'islam et implantation de la tribu des Beni Mezrenna.
960 Le Berbère Bologhine Ibn Ziri refonde la cité, qui tombe bientôt aux mains des Almoravides et des Almohades.
1516 Les frères Barberousse prennent possession de la ville.
1830-1962 Colonisation française.
Article paru dans l'édition du 02.08.09
LE MONDE 01.08.09 13h59 • Mis à jour le 01.08.09 13h59
Alger Envoyé spécial
élicatement tamponnée avec une éponge humide, la mosaïque polychrome révèle, après quinze siècles d'oubli, l'éclat de ses rouges, de ses jaunes, de ses noirs et la délicatesse de ses motifs. La chaleur de l'été algérois a tôt fait d'évaporer l'eau. Les tesselles perdent immédiatement leur éclat, s'affadissent en couleurs passées, brûlées par la lumière trop crue,
comme s'évanouit un rêve.Les archéologues viennent de mettre au jour le sol décoré d'une basilique paléochrétienne, datant à première vue du Ve ou du VIe siècle. Ils ne peuvent s'attarder dans cette contemplation, affiner la datation ou vérifier leurs hypothèses. Ils ont déjà repéré, en dessous, des vestiges plus anciens, un mur datant du Ier ou du IIe siècle de notre ère, qu'il faut vite excaver.
Tout autour du chantier, gronde la rumeur impatiente d'Alger. Place des Martyrs, au pied de la Casbah et de la grande mosquée Djamâa el-Jdid, là où bat le coeur de la capitale, deux larges trous ont été ouverts de chaque côté d'un monument érigé en l'honneur des héros de la guerre d'indépendance. A la pelleteuse et au pinceau, les fouilles exhument, palier après palier, le riche passé de la ville.
Vingt mètres sous terre passera bientôt la première ligne de métro, qui devrait être achevée à la fin de 2009. Une station doit être percée, place des Martyrs. Or le pays s'est doté d'une loi qui protège les monuments historiques. Le périmètre est en outre classé par l'Unesco au Patrimoine mondial de l'humanité depuis 1992. Les autorités ont donc commandé des sondages du sol, sous la responsabilité conjointe du Centre national de la recherche archéologique, de l'Office national de gestion et d'exploitation des biens culturels et de la Direction de la culture de la wilaya d'Alger.
L'Algérie a demandé l'appui technique de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) français, rodé à ce type de fouilles express, sous la pression des aménageurs. "Nous ne faisons pas à la place des Algériens, précise François Souq, 53 ans, directeur de l'Inrap Méditerranée. Nous transmettons un savoir-faire." Quatre archéologues français et une douzaine de confrères algériens creusent ainsi depuis un mois, six jours par semaine, neuf heures par jour, par plus de 40 ºC.
Sous la croûte de bitume, les traces de la première colonisation française ont été relevées. Puis l'étage ottoman a été excavé, laissant apparaître ce qui pourrait être une mosquée, quelques rues au pavement de galets et les traces d'un souk. La strate médiévale a été plus décevante, signalant un déclin de la cité à cette époque que relatent d'ailleurs la plupart des textes. Puis, il y eut la découverte de la basilique, large d'une vingtaine de mètres, flanquée de sépultures dont les ossements ont - hélas ! - mal résisté au temps. Des bases de colonnes subsistent également. Affleure juste en dessous le Bas-Empire.
Il reste encore trois bons mètres à excaver avant de heurter le tablier de roche schisteuse. Avec l'espoir d'atteindre l'époque de l'apogée romaine et, qui sait, l'ancien comptoir phénico-punique, connu dans les livres sous le nom d'Ikosim, dès le IIIe siècle avant notre ère. "Des sites comme celui-ci, on en a une ou deux fois dans sa vie, assure François Souq. Nous faisons remonter deux mille ans d'histoire sur 7,50 mètres de stratigraphie. Et c'est à Alger, une ville emblématique." Le temps presse. Les archéologues ont huit semaines pour achever leur diagnostic et rédiger un rapport sur leurs découvertes. "Nous ne devons pas être considérés comme ceux qui bloquent les projets de développement", disait Kamel Stiti, 44 ans, l'archéologue algérien qui codirige le chantier avec François Souq. Les ministères de la culture et des transports ferrailleront pour décider de l'ampleur des fouilles qu'il conviendra d'accomplir ensuite, débat classique entre défenseurs du passé et promoteurs de l'avenir.
Dans la jeune République algérienne, née des affres de la guerre d'indépendance, se greffe une autre considération, plus politique. Jamais des recherches préventives d'une telle ampleur n'avaient été entreprises. Tout juste avait-on trouvé, au hasard des coups de pioche, quelques pièces puniques ou les restes d'une domus romaine.
Le pays ancre son nationalisme dans la lutte contre le colonialisme. Mais l'histoire de cette terre est celle de l'assimilation successive par les populations berbères des apports extérieurs, qu'ils soient envahisseurs ou protecteurs encombrants. La ville aura été Ikosim, Icosium, El-Djezaïr puis Alger. Phéniciens, Romains, Vandales, chrétiens, pirates, conquérants arabes, janissaires de l'Empire ottoman ont ainsi laissé leurs empreintes successives dans le sol, pris et donné, pillé et enrichi.
Les Français sont venus à leur tour. Ils ont remanié la basse Casbah, au milieu du XIXe siècle, ont construit des immeubles haussmanniens avec les matériaux trouvés sur place. Mais chaque nouvel arrivant semble avoir fait de même, comme l'atteste le réemploi des pierres. "Nous découlons d'un brassage des civilisations", en conclut Kamel Stiti. Très suivi par les médias algériens, le chantier archéologique est ainsi devenu une quête identitaire.
Benoît Hopquin
L'Algérie en six dates
IIIe siècle avant notre ère Fondation d'Ikosim, un comptoir phénico-punique, sur une côte où vivaient les Amazighs, devenus les Berbères. La cité dépend bientôt du royaume de Maurétanie, sous Juba II (environ - 25 à 23 de notre ère).
40 de notre ère Rome accentue sa domination. Icosium est un municipe jusqu'en 372, où les Berbères se révoltent. La ville passe sous domination vandale.
VIIe siècle Arrivée de l'islam et implantation de la tribu des Beni Mezrenna.
960 Le Berbère Bologhine Ibn Ziri refonde la cité, qui tombe bientôt aux mains des Almoravides et des Almohades.
1516 Les frères Barberousse prennent possession de la ville.
1830-1962 Colonisation française.
Article paru dans l'édition du 02.08.09
20 juil. 2009
13 juil. 2009
Tinariwen : L'EMBLÈME DE LA CULTURE TOUARÈGUE
Tinariwen : L'EMBLÈME DE LA CULTURE TOUARÈGUE in L'ESSOR
C'est le groupe de musique le plus célèbre du nord de notre pays. Il parcourt le monde pour faire connaître l'art des hommes bleus. Originaire de Tessalit dans la région de Kidal, Tinariwen "les déserts" en tamasheq, est un groupe de musique touareg bien connu sur la scène internationale. Dans cette partie du Mali, les nomades mènent une vie dure et solitaire parfois. Pour combler le vide et oublier le quotidien difficile, les touareg improvisent des chants pour réduire les distances qu'ils soient à pied ou à dos de chameau, et ainsi dissiper leur blues. Ces chants sont rythmés par le tendé. Un instrument traditionnel de percussion battu à la cadence des chameaux. C'est cette musique traditionnelle que le groupe Tinariwen tente de moderniser avec l'introduction de la guitare acoustique.Au fil du temps, sa musique est devenue une sorte de mélange avec le rock and roll et le blues américain, sur fond de musique traditionnelle. Ce qui a permis à Tinariwen d'être adopté par les siens et de conquérir de nombreux mélomanes à travers le monde.
Initié par Ibrahim Ag Alhabib dit "Abraybone", Alhassane Ag Touhami et feu Intayaden, lors d'un festival à Alger en 1982, trois amis qui jouaient une guitare acoustique, puis le groupe "les voix du hoggar" leur a offert une première guitare électrique.Après la signature du Pacte national en 1992 à Tamanrasset, c'est le retour de la paix, le groupe s'est consacré à la diffusion de la culture touarègue grâce à sa musique et à des paroles évoquant l'amour pour le désert et les souffrances du monde touareg. Certains membres du groupe qui avaient participé à la rébellion ont troqué les fusils contre des instruments de musique.A partir de cet instant, Tinariwen participe à de nombreux festivals au Mali et en Europe. C'est en 2000 que le groupe signe son premier album "The Radio Tisdas Session" enregistré à Kidal par Justin Adams et Lo'Jo, un groupe français. Puis c'est l'album "Amassakoul" le voyageur en tamasheq, édité en 2004 qui confirme la notoriété du groupe. Tinariwen fait figure d'ambassadeur des touareg à travers le monde avec ses tournées en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et en Asie. Dès lors, le groupe partage la scène avec des grands groupes et des stars du rock comme les Rolling Stones, Carlos Santana, Robert Plant, Taj Mahal ou Elvis Costelle... Une tournée qui sera suivie de la sortie de leur troisième album "Aman Iman" (l'eau c'est la vie) qui vient confirmer le succès du groupe puisqu'il a été entre autre disque d'argent en Grande Bretagne.Tinariwen est devenu une sorte d'emblème pour les touareg du monde entier. Actuellement en tournée en Europe, le groupe sortira dans quelques mois son quatrième album intitulé "Imidiwan" (les compagnons ou les amis) en tamasheq. Le groupe mis deux mois pour travailler sur cet album à Tessalit.Entre chants d'espoir et de blues, Tinariwen, ces fils du désert réinventent la musique qui touche le corps, le cœur et l'âme. Tinariwen est le groupe le plus célèbre des groupes de musique touareg. C'est le messager de la culture du monde touareg.
Assaleck Ag TITA
l'Essor n°16483 du - 2009-07-13
C'est le groupe de musique le plus célèbre du nord de notre pays. Il parcourt le monde pour faire connaître l'art des hommes bleus. Originaire de Tessalit dans la région de Kidal, Tinariwen "les déserts" en tamasheq, est un groupe de musique touareg bien connu sur la scène internationale. Dans cette partie du Mali, les nomades mènent une vie dure et solitaire parfois. Pour combler le vide et oublier le quotidien difficile, les touareg improvisent des chants pour réduire les distances qu'ils soient à pied ou à dos de chameau, et ainsi dissiper leur blues. Ces chants sont rythmés par le tendé. Un instrument traditionnel de percussion battu à la cadence des chameaux. C'est cette musique traditionnelle que le groupe Tinariwen tente de moderniser avec l'introduction de la guitare acoustique.Au fil du temps, sa musique est devenue une sorte de mélange avec le rock and roll et le blues américain, sur fond de musique traditionnelle. Ce qui a permis à Tinariwen d'être adopté par les siens et de conquérir de nombreux mélomanes à travers le monde.

Initié par Ibrahim Ag Alhabib dit "Abraybone", Alhassane Ag Touhami et feu Intayaden, lors d'un festival à Alger en 1982, trois amis qui jouaient une guitare acoustique, puis le groupe "les voix du hoggar" leur a offert une première guitare électrique.Après la signature du Pacte national en 1992 à Tamanrasset, c'est le retour de la paix, le groupe s'est consacré à la diffusion de la culture touarègue grâce à sa musique et à des paroles évoquant l'amour pour le désert et les souffrances du monde touareg. Certains membres du groupe qui avaient participé à la rébellion ont troqué les fusils contre des instruments de musique.A partir de cet instant, Tinariwen participe à de nombreux festivals au Mali et en Europe. C'est en 2000 que le groupe signe son premier album "The Radio Tisdas Session" enregistré à Kidal par Justin Adams et Lo'Jo, un groupe français. Puis c'est l'album "Amassakoul" le voyageur en tamasheq, édité en 2004 qui confirme la notoriété du groupe. Tinariwen fait figure d'ambassadeur des touareg à travers le monde avec ses tournées en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et en Asie. Dès lors, le groupe partage la scène avec des grands groupes et des stars du rock comme les Rolling Stones, Carlos Santana, Robert Plant, Taj Mahal ou Elvis Costelle... Une tournée qui sera suivie de la sortie de leur troisième album "Aman Iman" (l'eau c'est la vie) qui vient confirmer le succès du groupe puisqu'il a été entre autre disque d'argent en Grande Bretagne.Tinariwen est devenu une sorte d'emblème pour les touareg du monde entier. Actuellement en tournée en Europe, le groupe sortira dans quelques mois son quatrième album intitulé "Imidiwan" (les compagnons ou les amis) en tamasheq. Le groupe mis deux mois pour travailler sur cet album à Tessalit.Entre chants d'espoir et de blues, Tinariwen, ces fils du désert réinventent la musique qui touche le corps, le cœur et l'âme. Tinariwen est le groupe le plus célèbre des groupes de musique touareg. C'est le messager de la culture du monde touareg.
Assaleck Ag TITA
l'Essor n°16483 du - 2009-07-13
28 mai 2009
Un potager dans le désert malien – Metro
Un potager dans le désert malien – Metro
L’agroécologie montre la voie d’un développement rural durable.
A Tacharane, les jardins maraîchers se multiplient au bord du fleuve. Aubergines, salades, tomates et piments poussent aux portes du Sahara. Dans ce village du nord-est du Mali, qui s’étire sans fin sur les rives du Niger, les villageois parlent d’agroécologie, produisent un bon compost et des pesticides naturels.
Les “arroseurs” des jardins de Tacharane. Photo : Amélie Griveau
Cette originalité ne résulte pas d’un miracle, mais a pris ses racines lors de la visite de Pierre Rabhi en 1997. Fondateur du mouvement agroécologique, qui prône une agriculture responsable et respectueuse du monde vivant, cet agriculteur français d’origine algérienne a immédiatement séduit ce village sahélien par ses idées faciles à appliquer, même dans le dénuement le plus total. Ici, il est perçu comme un demi-dieu.
A sa demande, les villageois se sont rassemblés en une association : l’Union pour un avenir écologique et solidaire (Uaves).
Travaillant en partenariat avec Terre et humanisme (l’association de Pierre Rabhi), l’Uaves a mis en place 20 jardins maraîchers agroécologiques. Des pesticides à base d’ail et de pimentLes jardiniers, formés par l’association, enrichissent les sols avec du compost, enseignent aux paysans la rotation des cultures (qui permet aux sols de se régénérer), protègent les plants avec des pesticides naturels à base d’ail, de piment ou de margousier, un arbre de la région. “Nous les vaporisons sur les plantes à l’aide d’un balai en paille, un pulvérisateur en plastique étant trop coûteux pour un paysan malien”, précise Boncana Touré, jardinier à l’Uaves.
Parallèlement, les formateurs de l’association tentent de sensibiliser les villageois à la dégradation de leur environnement. L’association organise des chantiers populaires de construction de diguettes, afin de lutter contre l’érosion des sols. Bâties en pierres de la région, ces barrières naturelles retiennent l’eau de pluie, le temps que celle-ci s’infiltre.
Mohamadou Assagaye, le jeune responsable de ce programme, affirme participer à la lutte contre l’exode rural : “J’ai 25 ans, et pas un seul de mes amis n’a quitté le village. Nous offrons du travail pendant la période de soudure (entre les récoltes et la saison des pluies), en payant chaque brouettée, chaque mètre de diguette construit.” La démarche agroécologique se veut en effet accessible à tous : il s’agit de produire localement, en prenant en compte la spécificité des sols et les moyens financiers des populations.
Loin d’être issue d’une agriculture de seconde zone, la production maraîchère de Tarachane commence à se faire connaître dans la région. En se promenant dans le marché de Gao, la ville voisine, on peut voir d’autres producteurs vendre leurs salades traitées chimiquement, et acheter celles de Tacharane pour leur consommation personnelle.
Au village, les habitants savourent les légumes dans leur riz, se préoccupent de leur environnement, et surtout travaillent ensemble. Mohamed Lamine, le chef coutumier du village, ne tarit pas d’éloges sur Pierre Rabhi : “La première fois que nous nous sommes rencontrés, il m’a dit qu’un jour, des étrangers viendraient pour voir notre travail. Aujourd’hui, ça n’arrête pas.”
L’agroécologie montre la voie d’un développement rural durable.
A Tacharane, les jardins maraîchers se multiplient au bord du fleuve. Aubergines, salades, tomates et piments poussent aux portes du Sahara. Dans ce village du nord-est du Mali, qui s’étire sans fin sur les rives du Niger, les villageois parlent d’agroécologie, produisent un bon compost et des pesticides naturels.

Les “arroseurs” des jardins de Tacharane. Photo : Amélie Griveau
Cette originalité ne résulte pas d’un miracle, mais a pris ses racines lors de la visite de Pierre Rabhi en 1997. Fondateur du mouvement agroécologique, qui prône une agriculture responsable et respectueuse du monde vivant, cet agriculteur français d’origine algérienne a immédiatement séduit ce village sahélien par ses idées faciles à appliquer, même dans le dénuement le plus total. Ici, il est perçu comme un demi-dieu.
A sa demande, les villageois se sont rassemblés en une association : l’Union pour un avenir écologique et solidaire (Uaves).
Travaillant en partenariat avec Terre et humanisme (l’association de Pierre Rabhi), l’Uaves a mis en place 20 jardins maraîchers agroécologiques. Des pesticides à base d’ail et de pimentLes jardiniers, formés par l’association, enrichissent les sols avec du compost, enseignent aux paysans la rotation des cultures (qui permet aux sols de se régénérer), protègent les plants avec des pesticides naturels à base d’ail, de piment ou de margousier, un arbre de la région. “Nous les vaporisons sur les plantes à l’aide d’un balai en paille, un pulvérisateur en plastique étant trop coûteux pour un paysan malien”, précise Boncana Touré, jardinier à l’Uaves.
Parallèlement, les formateurs de l’association tentent de sensibiliser les villageois à la dégradation de leur environnement. L’association organise des chantiers populaires de construction de diguettes, afin de lutter contre l’érosion des sols. Bâties en pierres de la région, ces barrières naturelles retiennent l’eau de pluie, le temps que celle-ci s’infiltre.
Mohamadou Assagaye, le jeune responsable de ce programme, affirme participer à la lutte contre l’exode rural : “J’ai 25 ans, et pas un seul de mes amis n’a quitté le village. Nous offrons du travail pendant la période de soudure (entre les récoltes et la saison des pluies), en payant chaque brouettée, chaque mètre de diguette construit.” La démarche agroécologique se veut en effet accessible à tous : il s’agit de produire localement, en prenant en compte la spécificité des sols et les moyens financiers des populations.
Loin d’être issue d’une agriculture de seconde zone, la production maraîchère de Tarachane commence à se faire connaître dans la région. En se promenant dans le marché de Gao, la ville voisine, on peut voir d’autres producteurs vendre leurs salades traitées chimiquement, et acheter celles de Tacharane pour leur consommation personnelle.
Au village, les habitants savourent les légumes dans leur riz, se préoccupent de leur environnement, et surtout travaillent ensemble. Mohamed Lamine, le chef coutumier du village, ne tarit pas d’éloges sur Pierre Rabhi : “La première fois que nous nous sommes rencontrés, il m’a dit qu’un jour, des étrangers viendraient pour voir notre travail. Aujourd’hui, ça n’arrête pas.”
9 avr. 2009
8 avr. 2009
30 mars 2009
Le patrimoine immatériel du Sahara se cherche un plan de sauvetage
Les Afriques Le patrimoine immatériel du Sahara se cherche un plan de sauvetage le journal de la finance Africaine - Afrique Economie Bourse Banque Assurance Investissement
23-03-2009
Ecotourisme
La diversité culturelle qui se niche dans le désert est fragile. Développement de l’écotourisme et actions de l’Unesco sont nécessaires à la défense des musiques et des langues menacées de disparition.
Par Faycal Métaoui à Tamanrasset
La voie évidente de l’écotourisme
Aux fins de réaliser les fameux Objectifs du Millénaire (tracés par l’ONU en 2000), l’UNESCO a élaboré le programme « le Sahara des cultures et des peuples » pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine culturel matériel et immatériel et du patrimoine naturel. Ce projet concerne l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Soudan, le Tchad, la Libye et l’Egypte. Il s’inscrit dans le cadre du suivi du Sommet de Québec sur l’écotourisme de 2002, et répond aux exigences du plan d’action de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle. Le programme, qui s’appuie également sur le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), cible une relance durable du tourisme, perçu comme outil au service du développement et de la lutte contre la pauvreté, « en particulier au Sahara qui est un écosystème désertique, à la fois très fragile et présentant une grande richesse patrimoniale et humaine, avec des cultures et des savoir-faire ancestraux ». En Algérie, l’Office du parc national de l’Ahaggar (OPNA), qui couvre une superficie de 450 000 km² (presque la superficie de l’Espagne), travaille pour joindre la protection du patrimoine aux impératifs de l’activité touristique. L’OPNA s’apprête à ouvrir dans ses locaux à Tamanrasset un musée, le premier du genre, sur les arts et traditions sahariens. Outre l’imzad, le tindé, autre instrument symbole des touaregs, est en bonne place dans cet espace. Joué par les femmes, le tindé, un tambour composé d’un mortier en bois recouvert d’un morceau de cuir de chèvre mouillé, est également en situation délicate. D’où les travaux de collecte et d’investigation faits par l’OPNA et le CNRPAH. Cependant, il n’existe pas encore de coordination avec d’autres pays où le tindé est joué, comme le Mali et le Niger, pour mieux protéger cet héritage séculaire.
L’ouverture de vols charters directs avec plusieurs villes européennes comme Paris, Berlin, Barcelone, Rome et Londres, a donné un coup d’accélérateur à l’activité touristique dans l’Ahaggar.
Des parler locaux en voie de disparaître
Selon Dida Badi, ethno-musicologue et chercheur au CNRPAH, la poésie qui accompagne l’imzad, déclamée en tamachaq, la langue parlée par les Touaregs, est en danger. Il en est de même pour le zénète. Cette variante du tamazight, est selon la dernière édition de l’Atlas des langues en danger de l’UNESCO, en situation critique. Elle n’est plus parlée que par 50 000 personnes.
Le tidikelt, utilisé par à peine 30 000 locuteurs autour de In-Salah, au coeur du Sahara, risque de disparaître lui aussi. Farid Ighilahriz, jeune préhistorien et directeur de l’OPNA, fait face à un autre problème, celui du pillage des pièces archéologiques et des gravures rupestres par certains touristes. Une cinquantaine de postes de surveillance ont été installés le long du parcours du parc, et un bureau de contrôle a été ouvert au niveau de l’aéroport de Tamanrasset. Dans ce domaine comme dans les précédents, il n’existe aucune action concertée entre les pays sahélo-sahariens pour protéger un patrimoine commun à toute l’humanité.
Le tourisme repart dans l’Ahaggar
La haute saison touristique dans le Grand Sud algérien se terminera avec la fin du printemps. La moisson de cette année aura été meilleure que celle des années précédentes, selon des agences de voyages de Tamanrasset (2000 km au sud d’Alger). D’après des statistiques locales, le nombre des touristes qui ont visité la région depuis le début de la saison jusqu’à septembre 2008, a dépassé les huit mille. Du jamais vu depuis des années. Sur l’année 2008, le nombre total des touristes a atteint les 27 000 soit 4000 de plus qu’en 2007. L’ouverture de vols charters directs entre plusieurs villes européennes comme Paris, Berlin, Barcelone, Rome et Londres, a donné un coup d’accélérateur à l’activité touristique dans l’Ahaggar. Les vols de nuit d’Air Algérie sont complets durant la saison. Le pic est atteint à la fin décembre. Beaucoup de personnes, dont des Algériens du Nord, se déplacent pour célébrer le réveillon sous les étoiles à l’Assekrem, qui culmine à 2730 mètres d’altitude, et assister aux couchers de soleil dans ce massif montagneux où le père Charles de Foucauld a construit son ermitage en 1911.
L’Ahaggar, qui est divisé en deux parties par le tropique du Cancer, a repris sa place dans les guides des principaux tours opérateurs européens, nord-américains et asiatiques. Les mauvaises nouvelles sur l’enlèvement de touristes au Mali et au Niger n’ont visiblement que très peu de retombées négatives sur le tourisme d’aventure dans le Sahara. L’Ahaggar et le Tassili N’ajjer autour de Djanet (sud-est algérien) constituent les plus grands musées à ciel ouvert au monde. Les gravures et les peintures rupestres qui y existent, datent de douze mille ans avant l’ère chrétienne.
23-03-2009
Ecotourisme
La diversité culturelle qui se niche dans le désert est fragile. Développement de l’écotourisme et actions de l’Unesco sont nécessaires à la défense des musiques et des langues menacées de disparition.
Par Faycal Métaoui à Tamanrasset
La voie évidente de l’écotourisme
Aux fins de réaliser les fameux Objectifs du Millénaire (tracés par l’ONU en 2000), l’UNESCO a élaboré le programme « le Sahara des cultures et des peuples » pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine culturel matériel et immatériel et du patrimoine naturel. Ce projet concerne l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Soudan, le Tchad, la Libye et l’Egypte. Il s’inscrit dans le cadre du suivi du Sommet de Québec sur l’écotourisme de 2002, et répond aux exigences du plan d’action de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle. Le programme, qui s’appuie également sur le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), cible une relance durable du tourisme, perçu comme outil au service du développement et de la lutte contre la pauvreté, « en particulier au Sahara qui est un écosystème désertique, à la fois très fragile et présentant une grande richesse patrimoniale et humaine, avec des cultures et des savoir-faire ancestraux ». En Algérie, l’Office du parc national de l’Ahaggar (OPNA), qui couvre une superficie de 450 000 km² (presque la superficie de l’Espagne), travaille pour joindre la protection du patrimoine aux impératifs de l’activité touristique. L’OPNA s’apprête à ouvrir dans ses locaux à Tamanrasset un musée, le premier du genre, sur les arts et traditions sahariens. Outre l’imzad, le tindé, autre instrument symbole des touaregs, est en bonne place dans cet espace. Joué par les femmes, le tindé, un tambour composé d’un mortier en bois recouvert d’un morceau de cuir de chèvre mouillé, est également en situation délicate. D’où les travaux de collecte et d’investigation faits par l’OPNA et le CNRPAH. Cependant, il n’existe pas encore de coordination avec d’autres pays où le tindé est joué, comme le Mali et le Niger, pour mieux protéger cet héritage séculaire.
L’ouverture de vols charters directs avec plusieurs villes européennes comme Paris, Berlin, Barcelone, Rome et Londres, a donné un coup d’accélérateur à l’activité touristique dans l’Ahaggar.
Des parler locaux en voie de disparaître
Selon Dida Badi, ethno-musicologue et chercheur au CNRPAH, la poésie qui accompagne l’imzad, déclamée en tamachaq, la langue parlée par les Touaregs, est en danger. Il en est de même pour le zénète. Cette variante du tamazight, est selon la dernière édition de l’Atlas des langues en danger de l’UNESCO, en situation critique. Elle n’est plus parlée que par 50 000 personnes.
Le tidikelt, utilisé par à peine 30 000 locuteurs autour de In-Salah, au coeur du Sahara, risque de disparaître lui aussi. Farid Ighilahriz, jeune préhistorien et directeur de l’OPNA, fait face à un autre problème, celui du pillage des pièces archéologiques et des gravures rupestres par certains touristes. Une cinquantaine de postes de surveillance ont été installés le long du parcours du parc, et un bureau de contrôle a été ouvert au niveau de l’aéroport de Tamanrasset. Dans ce domaine comme dans les précédents, il n’existe aucune action concertée entre les pays sahélo-sahariens pour protéger un patrimoine commun à toute l’humanité.
Le tourisme repart dans l’Ahaggar
La haute saison touristique dans le Grand Sud algérien se terminera avec la fin du printemps. La moisson de cette année aura été meilleure que celle des années précédentes, selon des agences de voyages de Tamanrasset (2000 km au sud d’Alger). D’après des statistiques locales, le nombre des touristes qui ont visité la région depuis le début de la saison jusqu’à septembre 2008, a dépassé les huit mille. Du jamais vu depuis des années. Sur l’année 2008, le nombre total des touristes a atteint les 27 000 soit 4000 de plus qu’en 2007. L’ouverture de vols charters directs entre plusieurs villes européennes comme Paris, Berlin, Barcelone, Rome et Londres, a donné un coup d’accélérateur à l’activité touristique dans l’Ahaggar. Les vols de nuit d’Air Algérie sont complets durant la saison. Le pic est atteint à la fin décembre. Beaucoup de personnes, dont des Algériens du Nord, se déplacent pour célébrer le réveillon sous les étoiles à l’Assekrem, qui culmine à 2730 mètres d’altitude, et assister aux couchers de soleil dans ce massif montagneux où le père Charles de Foucauld a construit son ermitage en 1911.
L’Ahaggar, qui est divisé en deux parties par le tropique du Cancer, a repris sa place dans les guides des principaux tours opérateurs européens, nord-américains et asiatiques. Les mauvaises nouvelles sur l’enlèvement de touristes au Mali et au Niger n’ont visiblement que très peu de retombées négatives sur le tourisme d’aventure dans le Sahara. L’Ahaggar et le Tassili N’ajjer autour de Djanet (sud-est algérien) constituent les plus grands musées à ciel ouvert au monde. Les gravures et les peintures rupestres qui y existent, datent de douze mille ans avant l’ère chrétienne.
2 janv. 2009
9 déc. 2008
SAHEL-SAHARA, UN ESPACE COMMUN DE DEFENSE ET DE SECURITE
FAIRE DU SAHEL-SAHARA, UN ESPACE COMMUN DE DEFENSE ET DE SECURITE
Contribution : Face à la criminalité transnationale et aux menaces terroristes : FAIRE DU SAHEL-SAHARA, UN ESPACE COMMUN DE DEFENSE ET DE SECURITE l’Essor n°16339 du - 2008-12-09 Notre capitale a enregistré, courant novembre, un certain nombre d'évènements assez révélateurs de l'intérêt géo-stratégique croissant de l'Espace sahélo-saharien : réunion ministérielle regroupant l'Algérie, le Burkina Faso, la Libye, le Mali, le Niger et le Tchad pour préparer un sommet des chefs d'Etat sur la paix, la sécurité et le développement dans la région sahélo-saharienne ; exercices militaires entre Américains, Européens et Ouest-Africains, dans le cadre du Fintlock, en présence du général Ward, commandant en chef de Africom ; visite-éclair du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, consacrée aux questions de sécurité dans notre région.
LA REEVALUATION DU STATUT GEO-STRATEGIQUE de l'Espace sahélo-saharien (ESS), depuis les attentats du 11 septembre 2001, repose principalement sur trois considérations : la configuration géographique, le contexte socio-sécuritaire et régional et la lutte contre le terrorisme international, l'imbrication des luttes internes et des rivalités externes pour le contrôle des ressources naturelles.
PHYSIQUEMENT, L'ESS S'ETEND SUR 2400 KM, de l'Atlantique à la Mer Rouge, soit de la Mauritanie à la Somalie. Désertique et montagneux quelquefois sur de longues chaînes très peu peuplé et peu, voire pas du tout, administré, il se présente comme un territoire unique, en raison de l'emboîtement des territoires, de l'homogénéité identitaire des zones transfrontalières et de la porosité des frontières qui font que l'on peut aller de la Casamance aux portes du Congo sans obstacle majeur.Par son immensité, par sa proximité géographique avec l'Europe, par les liens historiques et culturels avec le monde arabo-musulman et en l'absence de tout contrôle étatique efficace, l'ESS est à la fois une passerelle et un sanctuaire offrant aux groupes mafieux et terroristes des facilités logistiques étendues : transfert de la drogue provenant d'Amérique du sud ; carrefour de différents courants migratoires vers l'Europe ; zone de repli pour preneurs d'otages ; organisation de filières d'acheminement de combattants, de fonds et d'armes vers différents théâtres de conflits, etc.
L'ALLEGEANCE DE L'EX-GSPC A AL QAÏDA qui a érigé la région en zone n°4 dans son découpage territorial, a introduit une dimension nouvelle à la situation sécuritaire de l'ESS. Celle-ci est désormais dominée par l'incorporation progressive à la mouvance terroriste internationale, notamment par le recours aux attentats suicides comme nouveau mode opératoire (Algérie, Maroc) systématiquement cautionnés ou récupérés par Al Qaïda, ainsi que par les menaces et actions terroristes contre les investissements et ressortissants étrangers.L'extension des connexions Al Qaïdistes qui résulte de cette évolution (encore que plusieurs groupes nord-africains sont depuis longtemps liés au terrorisme islamiste) peut rapidement transformer l'ESS en théâtre d'une violence accrue tant il est vrai qu'un sanctuaire a vocation naturelle à devenir une cible. D'autant plus que nos pays sont marqués par un cocktail de facteurs qui alimentent une conflictualité "à fleur de peau" : la fragilité des systèmes démocratiques, faiblesse et/ou effondrement des institutions étatiques, instrumentalisation des différences identitaires, lutte pour le contrôle des ressources et criminalisation des circuits économiques et financiers, activisme religieux, paupérisation accrue des populations.
DE FAIT, LE CARACTERE TRANSNATIONAL DE MENACES induites par cette configuration, qui place le Sahel-Sahara comme partie intégrante d'un champ de confrontation globale, désigne la coopération régionale et internationale comme le cadre le plus adéquat pour apporter une réponse proportionnée et collectivement maîtrisée. Du reste quand, en janvier 2008 le président Amadou Toumani Touré a attiré l'attention de ses pairs, au sommet de la CEDEAO à Ouagadougou, sur le caractère transnational de l'insécurité et de la criminalité dans la bande sahélo-saharienne, il s'était d'emblée inscrit dans une perspective multilatérale.Cette coopération régionale et internationale, loin d'apparaître comme le prolongement des préoccupations sécuritaires de pays tiers, doit aboutir au renforcement de capacités de nos pays dans les domaines des investigations judiciaires, de la détection des transactions financières suspectes, de la recherche et l'analyse du renseignement, des opérations militaires.
C’EST POURQUOI NOUS DEVONS CLAIREMENT AVANCER L’OPTION D’UNE INTEGRATION PLUS POUSSEE DE NOS FORCES, seule susceptible de nous faire évoluer plus efficacement vers une unité de doctrine et une mise en commun plus conséquente de nos capacités. Sur cette base, nous pourrions également plus facilement envisager une articulation harmonieuse et collectivement maîtrisée avec les dispositifs existants au niveau de nos partenaires américains et européens.
DANS CETTE OPTIQUE, EN RAISON DE NOTRE POSITION GEOGRAPHIQUE CENTRALE et de l'existence chez nous de plusieurs établissements à vocation régionale et internationale, notre pays peut parfaitement abriter un Centre de Coordination pour l'Instruction et les Opérations. Ledit Centre aura, entre autres, pour tâches la formation et l'instruction militaires, la coordination de la collecte et de l'évaluation du renseignement, le commandement des opérations militaires.
UN TEL DISPOSITIF N'EST NATURELLEMENT PAS DESTINE A COMBATTRE TELLE OU TELLE COMMUNAUTE. Il traduirait, au contraire, la prise de conscience de nos Etats du statut de notre Espace comme élément de la sécurité internationale et de l'impératif de s'insérer dans la lutte pour y faire régner une stabilité et une paix sans lesquelles il sera toujours difficile de sécuriser le fonctionnement démocratique de l'Etat, la cohésion sociale, la rénovation de la gestion publique et les actions de développement.
Soumeylou Boubèye MAIGA
Ancien ministrePrésident de l'Observatoire Sahélo-saharien de Géopolitique et de Stratégie
Contribution : Face à la criminalité transnationale et aux menaces terroristes : FAIRE DU SAHEL-SAHARA, UN ESPACE COMMUN DE DEFENSE ET DE SECURITE l’Essor n°16339 du - 2008-12-09 Notre capitale a enregistré, courant novembre, un certain nombre d'évènements assez révélateurs de l'intérêt géo-stratégique croissant de l'Espace sahélo-saharien : réunion ministérielle regroupant l'Algérie, le Burkina Faso, la Libye, le Mali, le Niger et le Tchad pour préparer un sommet des chefs d'Etat sur la paix, la sécurité et le développement dans la région sahélo-saharienne ; exercices militaires entre Américains, Européens et Ouest-Africains, dans le cadre du Fintlock, en présence du général Ward, commandant en chef de Africom ; visite-éclair du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, consacrée aux questions de sécurité dans notre région.
LA REEVALUATION DU STATUT GEO-STRATEGIQUE de l'Espace sahélo-saharien (ESS), depuis les attentats du 11 septembre 2001, repose principalement sur trois considérations : la configuration géographique, le contexte socio-sécuritaire et régional et la lutte contre le terrorisme international, l'imbrication des luttes internes et des rivalités externes pour le contrôle des ressources naturelles.
PHYSIQUEMENT, L'ESS S'ETEND SUR 2400 KM, de l'Atlantique à la Mer Rouge, soit de la Mauritanie à la Somalie. Désertique et montagneux quelquefois sur de longues chaînes très peu peuplé et peu, voire pas du tout, administré, il se présente comme un territoire unique, en raison de l'emboîtement des territoires, de l'homogénéité identitaire des zones transfrontalières et de la porosité des frontières qui font que l'on peut aller de la Casamance aux portes du Congo sans obstacle majeur.Par son immensité, par sa proximité géographique avec l'Europe, par les liens historiques et culturels avec le monde arabo-musulman et en l'absence de tout contrôle étatique efficace, l'ESS est à la fois une passerelle et un sanctuaire offrant aux groupes mafieux et terroristes des facilités logistiques étendues : transfert de la drogue provenant d'Amérique du sud ; carrefour de différents courants migratoires vers l'Europe ; zone de repli pour preneurs d'otages ; organisation de filières d'acheminement de combattants, de fonds et d'armes vers différents théâtres de conflits, etc.
L'ALLEGEANCE DE L'EX-GSPC A AL QAÏDA qui a érigé la région en zone n°4 dans son découpage territorial, a introduit une dimension nouvelle à la situation sécuritaire de l'ESS. Celle-ci est désormais dominée par l'incorporation progressive à la mouvance terroriste internationale, notamment par le recours aux attentats suicides comme nouveau mode opératoire (Algérie, Maroc) systématiquement cautionnés ou récupérés par Al Qaïda, ainsi que par les menaces et actions terroristes contre les investissements et ressortissants étrangers.L'extension des connexions Al Qaïdistes qui résulte de cette évolution (encore que plusieurs groupes nord-africains sont depuis longtemps liés au terrorisme islamiste) peut rapidement transformer l'ESS en théâtre d'une violence accrue tant il est vrai qu'un sanctuaire a vocation naturelle à devenir une cible. D'autant plus que nos pays sont marqués par un cocktail de facteurs qui alimentent une conflictualité "à fleur de peau" : la fragilité des systèmes démocratiques, faiblesse et/ou effondrement des institutions étatiques, instrumentalisation des différences identitaires, lutte pour le contrôle des ressources et criminalisation des circuits économiques et financiers, activisme religieux, paupérisation accrue des populations.
DE FAIT, LE CARACTERE TRANSNATIONAL DE MENACES induites par cette configuration, qui place le Sahel-Sahara comme partie intégrante d'un champ de confrontation globale, désigne la coopération régionale et internationale comme le cadre le plus adéquat pour apporter une réponse proportionnée et collectivement maîtrisée. Du reste quand, en janvier 2008 le président Amadou Toumani Touré a attiré l'attention de ses pairs, au sommet de la CEDEAO à Ouagadougou, sur le caractère transnational de l'insécurité et de la criminalité dans la bande sahélo-saharienne, il s'était d'emblée inscrit dans une perspective multilatérale.Cette coopération régionale et internationale, loin d'apparaître comme le prolongement des préoccupations sécuritaires de pays tiers, doit aboutir au renforcement de capacités de nos pays dans les domaines des investigations judiciaires, de la détection des transactions financières suspectes, de la recherche et l'analyse du renseignement, des opérations militaires.
C’EST POURQUOI NOUS DEVONS CLAIREMENT AVANCER L’OPTION D’UNE INTEGRATION PLUS POUSSEE DE NOS FORCES, seule susceptible de nous faire évoluer plus efficacement vers une unité de doctrine et une mise en commun plus conséquente de nos capacités. Sur cette base, nous pourrions également plus facilement envisager une articulation harmonieuse et collectivement maîtrisée avec les dispositifs existants au niveau de nos partenaires américains et européens.
DANS CETTE OPTIQUE, EN RAISON DE NOTRE POSITION GEOGRAPHIQUE CENTRALE et de l'existence chez nous de plusieurs établissements à vocation régionale et internationale, notre pays peut parfaitement abriter un Centre de Coordination pour l'Instruction et les Opérations. Ledit Centre aura, entre autres, pour tâches la formation et l'instruction militaires, la coordination de la collecte et de l'évaluation du renseignement, le commandement des opérations militaires.
UN TEL DISPOSITIF N'EST NATURELLEMENT PAS DESTINE A COMBATTRE TELLE OU TELLE COMMUNAUTE. Il traduirait, au contraire, la prise de conscience de nos Etats du statut de notre Espace comme élément de la sécurité internationale et de l'impératif de s'insérer dans la lutte pour y faire régner une stabilité et une paix sans lesquelles il sera toujours difficile de sécuriser le fonctionnement démocratique de l'Etat, la cohésion sociale, la rénovation de la gestion publique et les actions de développement.
Soumeylou Boubèye MAIGA
Ancien ministrePrésident de l'Observatoire Sahélo-saharien de Géopolitique et de Stratégie
28 nov. 2008
Une bibliographie autour des touaregs réactualisée
Une bibliographie autour des touaregs réactualisée et enrichie dans le site TEMOUST (rubrique : bibliographie) - Temoust - Survie touarègue
vendredi 28 novembre 2008, par temoust
Chercheurs, curieux et passionnés, à vos lunettes !
Une bibliographie autour du peuple touareg, classée en plusieurs thématiques
1. OUVRAGES GÉNÉRAUX
2. AGROPASTORALISME – NOMADISME - DÉVELOPPEMENT
3. ETHNOLOGIE – ANTHROPOLOGIE – ARCHÉOLOGIE
4. HISTOIRE CONTEMPORAINE
5. HISTOIRE – GÉOGRAPHIE – EXPLORATION
6. LINGUISTIQUE, TIFINAGH, DICTIONNAIRES
7. POESIE, LITTÉRATURE, TRADITION ORALE
8. LIVRES POUR ENFANTS
9. RÉBELLIONS
10. BIBLIOGRAPHIES
11. DISCOGRAPHIE
Cette bibliographie a été retravaillée et actualisée par Anne Saint-Girons.
A contacter : anne.saint.girons@wanadoo.fr
Pour toute remarque, suggestion,critique constructive, n’hésitez pas à nous écrire !
A contacter :Jacqueline.Dupuis@univ-st-etienne.fr
N’hésitez pas à enrichir cette bibliographie, en nous envoyant d’autres références que nous aurions oubliées ! Merci à tous.
vendredi 28 novembre 2008, par temoust
Chercheurs, curieux et passionnés, à vos lunettes !
Une bibliographie autour du peuple touareg, classée en plusieurs thématiques
1. OUVRAGES GÉNÉRAUX
2. AGROPASTORALISME – NOMADISME - DÉVELOPPEMENT
3. ETHNOLOGIE – ANTHROPOLOGIE – ARCHÉOLOGIE
4. HISTOIRE CONTEMPORAINE
5. HISTOIRE – GÉOGRAPHIE – EXPLORATION
6. LINGUISTIQUE, TIFINAGH, DICTIONNAIRES
7. POESIE, LITTÉRATURE, TRADITION ORALE
8. LIVRES POUR ENFANTS
9. RÉBELLIONS
10. BIBLIOGRAPHIES
11. DISCOGRAPHIE
Cette bibliographie a été retravaillée et actualisée par Anne Saint-Girons.
A contacter : anne.saint.girons@wanadoo.fr
Pour toute remarque, suggestion,critique constructive, n’hésitez pas à nous écrire !
A contacter :Jacqueline.Dupuis@univ-st-etienne.fr
N’hésitez pas à enrichir cette bibliographie, en nous envoyant d’autres références que nous aurions oubliées ! Merci à tous.
26 nov. 2008
Ouverture à Tanger du forum méditerranéen MEDays
Jeuneafrique.com : Ouverture à Tanger du forum méditerranéen MEDays
MAROC - 26 novembre 2008 - AFP
La ville de Tanger doit accueillir jusqu'à vendredi, la première édition d'un forum pour un dialogue inter-méditerranéen, a-t-on appris auprès des organisateurs, qui ambitionnent d'en faire un autre Davos. Plusieurs personnalités ont été invitées à ce forum, parmi lesquelles les ministres espagnol et marocain des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos et Taïeb Fassi-Fihri, Saeb Erakat, l'un des principaux négociateurs palestiniens, ainsi qu'Eric Besson, secrétaire d'État français chargé de la Prospective économique. Tanger est la ville où, le 23 octobre 2007, le président français Nicolas Sarkozy avait annoncé son initiative de l'Union pour la Méditerranée (UPM), lancée officiellement le 13 juillet à Paris. Baptisé "MEDays", ce forum a pour objectif principal de "stimuler une meilleure compréhension des différents processus politiques et économiques en cours dans la région méditerranéenne", soulignent les organisateurs, regroupés dans l'institut Amadeus présidé par Brahim Fassi-Fihri. Ce dernier souhaite que ce forum soit placé à l'avenir "au même niveau que celui de Davos", organisé chaque année en Suisse. Les participants débattront à Tanger de la paix, des questions d'éducation et de culture, du développement économique et de la protection de l'environnement en Méditerranée. Les discussions devraient être couronnées par une "déclaration de Tanger".
MAROC - 26 novembre 2008 - AFP
La ville de Tanger doit accueillir jusqu'à vendredi, la première édition d'un forum pour un dialogue inter-méditerranéen, a-t-on appris auprès des organisateurs, qui ambitionnent d'en faire un autre Davos. Plusieurs personnalités ont été invitées à ce forum, parmi lesquelles les ministres espagnol et marocain des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos et Taïeb Fassi-Fihri, Saeb Erakat, l'un des principaux négociateurs palestiniens, ainsi qu'Eric Besson, secrétaire d'État français chargé de la Prospective économique. Tanger est la ville où, le 23 octobre 2007, le président français Nicolas Sarkozy avait annoncé son initiative de l'Union pour la Méditerranée (UPM), lancée officiellement le 13 juillet à Paris. Baptisé "MEDays", ce forum a pour objectif principal de "stimuler une meilleure compréhension des différents processus politiques et économiques en cours dans la région méditerranéenne", soulignent les organisateurs, regroupés dans l'institut Amadeus présidé par Brahim Fassi-Fihri. Ce dernier souhaite que ce forum soit placé à l'avenir "au même niveau que celui de Davos", organisé chaque année en Suisse. Les participants débattront à Tanger de la paix, des questions d'éducation et de culture, du développement économique et de la protection de l'environnement en Méditerranée. Les discussions devraient être couronnées par une "déclaration de Tanger".
Organisation prochaine d’un sommet au Sahel:quelle solution pour une crise sécuritaire alimentée par une crise politico-économique ? - Temoust - Survie touarègue
Organisation prochaine d’un sommet au Sahel:quelle solution pour une crise sécuritaire alimentée par une crise politico-économique ? - Temoust - Survie touarègue
Louisa Aït Hamadouche-http://www.latribune-online.com-25-11-08
Organisation prochaine d’un sommet au Sahel:quelle solution pour une crise sécuritaire alimentée par une crise politico-économique ?
mardi 25 novembre 2008, par temoust
L’Afrique est le continent le plus pauvre de la planète et le Sahel constitue la région en paix la plus pauvre du monde. Six des neuf pays qui forment cette région d’Afrique de l’Ouest -Gambie, Tchad, Guinée-Bissau, Mali, Burkina Faso et Niger- figurent parmi les douze derniers des 174 pays classés dans le dernier rapport du PNUD en fonction de leur niveau de développement humain.
Les pays du Sahel se mobilisent. Un sommet des chefs d’Etat malien, algérien, tchadien, libyen, burkinabé et nigérien succèdera avant la fin de l’année à la réunion préparatoire des diplomates, tenue à Bamako. La Mauritanie n’a pas été invitée à la réunion, en raison du coup d’Etat qui a renversé son Président démocratiquement élu. L’élaboration d’un plan d’action régional est en discussion. La tenue du sommet des chefs d’Etat des pays du Sahel reste une initiative du président malien qui a invité ses homologues du Sahel à une concertation autour d’un thème qui reste la préoccupation majeure de la communauté internationale.
Le terrorisme entre menace et alibi
Comment les responsables politiques définissent-ils les menaces qui rongent la région ? Pour Moctar Ouane, ministre malien des Affaires étrangères, les groupes terroristes sont responsables du manque de prospérité dans la région du Sahel. Il est vrai que celle-ci a subi une activité croissante de la part de l’organisation Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui a, cette année, enlevé deux touristes autrichiens, détenus sur le territoire malien. Ils ont été libérés le 30 octobre.
En avril 2008, une quarantaine d’experts africains et internationaux s’étaient déjà retrouvés, à Alger, pour parler de la menace grandissante du terrorisme en Afrique du Nord. Pour les participants, mettre à jour les liens existant entre l’activité terroriste en Afrique du Nord ainsi que dans les Etats côtiers et la contrebande et le trafic d’armes, requiert un cadre législatif intégré. Pour Abdelkader Messahel, « l’Afrique a désigné le terrorisme comme l’une des plus graves menaces pesant sur elle…
Pour cela, l’Union africaine a intégré la lutte contre le terrorisme dans l’architecture pour la paix et la sécurité en Afrique ». Les participants ont discuté des moyens de combattre l’utilisation par les terroristes d’une technologie avancée pour perpétrer leurs crimes, comme l’Internet et les téléphones mobiles utilisés par l’organisation Al Qaïda au Maghreb islamique pour faire exploser à distance des dispositifs. Selon les services de renseignements français, écrit Abdallah Darkaoui, la branche maghrébine d’Al Qaïda comprend 500 hommes armés, dont 400 en Algérie et une centaine se déplaçant dans la zone sahélienne entre la Mauritanie, le Mali et le Niger.
Ce type de discours pose un sérieux problème. Il ne s’agit pas de contester la réalité de la menace terroriste, mais d’en montrer les causes profondes. Car, le discours officiel se contente de lier la propagation du terrorisme en Afrique du Nord et dans les Etats côtiers à la contrebande, au trafic de drogues et d’armes. Ramtane Lamamra, président de la Commission paix et sécurité de l’Union africaine, a déclaré : « La menace terroriste sur le continent africain est de nature globale. Aucune opération terroriste ne peut être perpétrée sans falsifier des papiers, se livrer au trafic de drogues ou exploiter l’immigration clandestine, des activités qui sont toutes utilisées pour financer le terrorisme. »
Les solutions préconisées sont essentiellement répressives. Elles consistent à coordonner et à intégrer les cadres législatifs au niveau du continent entier, pour faire en sorte que tous les Etats soumettent le terrorisme au même statut. Certaines législations qualifient le terrorisme d’infraction, tandis que d’autres le considèrent une haute trahison. Boubacar Diarra Gaouassa, directeur du Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme, compare ce dernier à « un cancer » qui touche les Etats de l’Afrique du Nord. Or, le cancer est un mal qui, excepté quelques cas, ne dépend pas des habitudes comportementales de l’individu. En d’autres termes, une personne atteinte d’un cancer ne peut être tenue responsable de la transformation d’une cellule ou d’une lésion en cellule maligne. Elle la subit, se bat contre elle et avec de la chance prend le dessus. Le terrorisme n’est pas un mal qui « tombe du ciel », mais un phénomène qui se développe à partir d’un terreau politique et économique plus que favorable.
L’insécurité alimentaire et l’échec économique
La Banque mondiale définit la sécurité alimentaire comme étant l’« accès par toutes les personnes à tout moment à une nourriture satisfaisante pour mener une vie active et saine ». La FAO parle d’« accès durable et assuré pour tous les groupes et individus sociaux à la nourriture adaptée en quantité et en qualité pour satisfaire le besoin alimentaire ». Créé en 1976, le Club du Sahel est un forum actif où se rencontrent les Etats sahéliens regroupés au sein du CILSS (Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel) -Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad-, les sociétés civiles regroupées au sein de réseaux régionaux représentatifs du secteur privé, du monde rural, des femmes et des responsables municipaux, et les principaux donateurs bilatéraux et multilatéraux. Le Club est géré par un secrétariat basé au siège de l’OCDE à Paris. Ses programmes sont financés, notamment, par l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni et la Suisse. La Banque mondiale, la Commission européenne, la FAO et le PNUD y participent également. Le Club du Sahel collabore avec le Comité d’aide au développement de l’OCDE. Ses membres en ont fait un lieu de réflexion approfondie sur les principaux enjeux de l’avenir du Sahel, un forum où ils échangent leurs connaissances et leurs points de vue et où ils mettent au point de nouvelles méthodes de coordination.
La situation structurellement difficile dans cette région s’est aggravée avec la crise financière. Samuel Benshimon relève que les experts estiment que la crise alimentaire entraîne une perte de sept années de développement dans les pays les plus pauvres. Les émeutes en Mauritanie, et les effets de la crise alimentaire qui touche, à différents degrés, le Soudan, le Tchad, le Niger ou encore le Mali, sont de nature à provoquer d’autres émeutes et troubles dans la région. Mais, là encore, il ne s’agit pas de rendre la crise alimentaire responsable et tous les maux, et d’en faire, comme pour le terrorisme, un alibi. Samuel Benshimon estime que les causes de l’insécurité alimentaire au Sahel appartiennent à deux catégories principales. Les causes conjoncturelles sont liées à des circonstances particulières comme des catastrophes naturelles de type inondation, sécheresse qui occasionnant une pénurie généralisée.
Plus précisément, la région du Sahel connaît globalement trois grandes catégories de catastrophes naturelles courantes : les catastrophes hydrométéorologiques (sécheresse, tempêtes de sable, inondations), les ennemis des cultures (criquets, rongeurs, oiseaux granivores, chenilles, etc.), les pressions démographiques : la population a triplé entre 1960–2006, passant de 85 à 300 millions d’habitants. 430 millions sont attendus entre 2020 et 2025. Plus de 65% de la population a moins de 25 ans. Quant à l’urbanisation, elle était de 13% en 1960, 40% en 2000 et sera de 65% en 2020.
Les causes structurelles ou chroniques sont, elles, liées principalement à la très faible capacité de réponse des ménages en raison des conditions d’extrême vulnérabilité. Mais à quoi cette faible capacité des ménages est-elle due ? Plusieurs éléments peuvent être cités dont : les politiques et stratégies alimentaires inadaptées, etc., les difficultés d’accès aux ressources de base (le foncier, le capital bétail, l’eau, les activités génératrices de revenus monétaires…), les systèmes de production peu performants, la réduction ou l’absence des réseaux d’entraide et de solidarité. Résultat : entre 1990 et 2000, la population a augmenté de 32%, alors que la production du maïs ne s’est accrue que de 12,3%, le riz de 26,7%, le total des céréales de 25,4% et la viande bovine de 29,4%.
Corruption et mauvaise gouvernance
Neuf pays d’Afrique de l’Ouest ont progressé et neuf autres ont encore reculé au classement 2008 de Transparency international (TI), qui mesure la perception de la corruption dans 180 pays. Sur les 180 pays concernés par cet indice, huit pays d’Afrique de l’Ouest figuraient dans les 20 dernières places, dont le Tchad. John Kpundeh, du Centre africain de formation et de recherche administratives pour le développement (Cafrad), a effectué une étude très intéressante sur la corruption en Afrique. Il y explique les différentes formes, notamment celles qui gangrènent l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Ainsi, cette région connaît-elle notamment la propagation de la corruption « accessoire ». Elle implique des individus ou de petits groupes qui profitent d’une occasion pour recevoir des pots-de-vin. Elle comprend la sollicitation et l’acceptation non planifiées de dessous-de-table (des policiers qui barrent des routes pour exiger des conducteurs qu’ils payent des pots-de-vin, une sous-estimation fiscale, un détournement de fonds...). Cette forme de corruption ne brasse pas des sommes astronomiques, mais empoisonne l’administration, la vie quotidienne, la bureaucratie et affecte durablement le civisme des citoyens. Son danger est aussi dans le fait de banaliser la corruption.
La corruption « systématique » n’est pas aussi imprévue, elle implique habituellement des gains plus substantiels et est souvent associée à des scandales populaires. La corruption « systématique » peut devenir endémique et impliquer un très grand nombre d’agents, d’intermédiaires et d’entrepreneurs corrompus. La contrebande d’exportation est par exemple largement pratiquée en Afrique, malgré la présence d’agents des douanes. La corruption se déploie aussi à travers le népotisme, par le fait de procurer des emplois aux membres de sa famille. Le régionalisme et le tribalisme confortent le népotisme et le perpétuent. Les domaines prioritaires, en termes de lutte contre la corruption, sont : les compagnies et les marchés publics, 1’administration fiscale, les douanes et la justice.
A cause de douaniers corrompus, des biens peuvent être déclarés contrairement aux règlements des douanes et de la régie. C’est pourquoi, la contrebande est si largement répandue dans la majorité des pays de la région. Dans de nombreux cas, la corruption s’est infiltrée dans le secteur judiciaire. Ainsi, les décisions de justice sont-elles prises par des juges avant que les personnes ne soient passées en jugement, ou en accord avec des directives venues du gouvernement en place.
Dele Olowu, un expert en administration publique et corruption en Afrique, explique que la corruption gouvernementale est endémique en Afrique parce que les efforts se sont concentrés sur des remèdes avant qu’une analyse approfondie du problème n’ait été réalisée. Ne comprenant pas certaines des causes fondamentales de la corruption, les gestionnaires ont appliqué des réformes inefficaces. Michael Johnston, un chercheur spécialisé dans les questions liées à la corruption, abonde dans ce sens, suggérant que les réformes mises en place dans une situation politique partiellement mal comprise ou incomprise peuvent avoir des résultats contraires à ce qui est souhaité. Quant aux nombreuses approches non systématiques utilisées pour tenter de lutter contre la corruption, elles n’ont finalement été que des manœuvres politiques, destinées à améliorer l’image des dirigeants, à faire diversion ou à se débarrasser de personnalités devenues gênantes. La fameuse stratégie du fusible. « Il est difficile de mettre au point une stratégie anti-corruption parce que le succès de tout programme dépend en grande partie d’un engagement solide de la part du président du pays, des membres du cabinet et des responsables les plus haut placés, ceux-là même qui sont corrompus », conclut John Kpundeh. Et les choses ne sont pas près de changer. Dans plusieurs Etats de la région, la Constitution a été modifiée pour permettre un troisième mandat.
Shanda Tonme, jurisconsulte international, commente la révision opérée par Idriss Deby au Tchad, disant qu’« en laissant Deby modifier la Constitution pour se maintenir en tant que président à vie, on a amené le Tchad à régresser de plusieurs décennies, offrant l’occasion à son élite vorace et fanatique de jouer au seul jeu qu’elle maîtrise depuis plus de trente ans : le jeu de massacre ». La Guinée l’a précédé et l’Algérie a clos temporairement la liste. Le régime politique en Mauritanie est issu d’un coup d’Etat. Les dirigeants politiques au Niger sont contestés par la révolte touarègue. Le Mali semble s’illustrer et sortir de ce lot. Il a entamé une réflexion partant de plusieurs constats et critiques : les élections sont très coûteuses, la participation est faible et les contestations sont nombreuses après chaque scrutin. Des experts nationaux, mandatés pour réfléchir sur la consolidation de la démocratie au Mali, ont préconisé un maintien du statu quo en matière de mandat présidentiel, actuellement de cinq ans, renouvelable une seule fois.
Les engagements des Etats-Unis et le statu quo
Sur le plan militaire et sécuritaire, les Etats-Unis ont marqué leur présence dans la région en mettant en place Pan-Sahel Initiative d’abord, puis Trans-saharian Counter-terrorism Initiative ensuite. Ces aspects sont complétés par des exercices, des formations, des échanges d’informations avec les Etats de la région. Le but de cette démarche était et demeure le renforcement de la capacité des armées des pays sahéliens à lutter contre le terrorisme et à contrôler leur territoire. Cette initiative s’est élargie et est devenue Partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme, en 2005. Ainsi les manœuvres Flintlock ont-elles associé pour la première fois neuf pays (Algérie, Maroc, Tunisie, Nigeria, Sénégal, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) dans des exercices d’entraînement et de simulation. En 2007, le budget de ce partenariat était de 100 millions de dollars. A ces éléments s’ajoute une implication économique. L’aide économique américaine a atteint 122 millions de dollars en 2005. Selon l’Agence américaine pour le développement international (USAID), l’aide américaine à la région a bénéficié à plus de 65 millions de personnes de neuf pays du Sahel : Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad. Pendant l’année budgétaire 2005, les Américains ont fourni plus de 122 millions de dollars, sous forme d’assistance bilatérale et régionale, à des programmes de développement et de lutte contre l’insécurité alimentaire dans le Sahel. Durant la même période, l’USAID a fourni plus de 10 millions de dollars aux programmes d’éradication des criquets au Sahel, auxquels s’ajoutent 3,5 millions de dollars au titre de l’aide contre la catastrophe acridienne au Mali et au Sénégal. Les projets incluaient des épandages aériens d’insecticides sur 383 000 hectares et une aide aux équipes régionales de lutte anti-acridienne en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest. L’USAID a ciblé la plus grande partie de son aide au Burkina Faso sur la lutte contre l’insécurité alimentaire.
L’aide américaine a aussi financé des programmes plus politiques comme des organisations de soutien aux droits de l’Homme, des activités de développement fondées sur les collectivités, le développement des partis politiques et une assistance technique pour les élections.
Pour les Etats-Unis, ces aides économiques, destinées surtout à améliorer leur image dans la région, et cette présence militaire sont nécessaires pour casser les alliances, qui, selon eux, se forment entre l’AQMI, les éléments du Groupe marocain pour la prédication et le combat (GMPC) et une partie du Front islamique marocain (FIM), sous la bannière d’Al Qaïda. Dans la même perspective, ils avancent l’argument selon lequel la montée de l’islamisme au Niger conforte l’implantation régionale du GSPC. Zahir Benmostepha relève que des écoles religieuses, marquées de l’empreinte de prédicateurs pakistanais, afghans et syriens, ont été ouvertes dans le nord du Niger, se substituant aux institutions gouvernementales affaiblies. Les Etats sont incapables de jouer le rôle de régulateur et de protecteur qui est le leur ; ils en appellent à l’aide extérieure et cette même aide aggrave leur crise de légitimité.
L. A. H
Louisa Aït Hamadouche-http://www.latribune-online.com-25-11-08
Organisation prochaine d’un sommet au Sahel:quelle solution pour une crise sécuritaire alimentée par une crise politico-économique ?
mardi 25 novembre 2008, par temoust
L’Afrique est le continent le plus pauvre de la planète et le Sahel constitue la région en paix la plus pauvre du monde. Six des neuf pays qui forment cette région d’Afrique de l’Ouest -Gambie, Tchad, Guinée-Bissau, Mali, Burkina Faso et Niger- figurent parmi les douze derniers des 174 pays classés dans le dernier rapport du PNUD en fonction de leur niveau de développement humain.
Les pays du Sahel se mobilisent. Un sommet des chefs d’Etat malien, algérien, tchadien, libyen, burkinabé et nigérien succèdera avant la fin de l’année à la réunion préparatoire des diplomates, tenue à Bamako. La Mauritanie n’a pas été invitée à la réunion, en raison du coup d’Etat qui a renversé son Président démocratiquement élu. L’élaboration d’un plan d’action régional est en discussion. La tenue du sommet des chefs d’Etat des pays du Sahel reste une initiative du président malien qui a invité ses homologues du Sahel à une concertation autour d’un thème qui reste la préoccupation majeure de la communauté internationale.
Le terrorisme entre menace et alibi
Comment les responsables politiques définissent-ils les menaces qui rongent la région ? Pour Moctar Ouane, ministre malien des Affaires étrangères, les groupes terroristes sont responsables du manque de prospérité dans la région du Sahel. Il est vrai que celle-ci a subi une activité croissante de la part de l’organisation Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui a, cette année, enlevé deux touristes autrichiens, détenus sur le territoire malien. Ils ont été libérés le 30 octobre.
En avril 2008, une quarantaine d’experts africains et internationaux s’étaient déjà retrouvés, à Alger, pour parler de la menace grandissante du terrorisme en Afrique du Nord. Pour les participants, mettre à jour les liens existant entre l’activité terroriste en Afrique du Nord ainsi que dans les Etats côtiers et la contrebande et le trafic d’armes, requiert un cadre législatif intégré. Pour Abdelkader Messahel, « l’Afrique a désigné le terrorisme comme l’une des plus graves menaces pesant sur elle…
Pour cela, l’Union africaine a intégré la lutte contre le terrorisme dans l’architecture pour la paix et la sécurité en Afrique ». Les participants ont discuté des moyens de combattre l’utilisation par les terroristes d’une technologie avancée pour perpétrer leurs crimes, comme l’Internet et les téléphones mobiles utilisés par l’organisation Al Qaïda au Maghreb islamique pour faire exploser à distance des dispositifs. Selon les services de renseignements français, écrit Abdallah Darkaoui, la branche maghrébine d’Al Qaïda comprend 500 hommes armés, dont 400 en Algérie et une centaine se déplaçant dans la zone sahélienne entre la Mauritanie, le Mali et le Niger.
Ce type de discours pose un sérieux problème. Il ne s’agit pas de contester la réalité de la menace terroriste, mais d’en montrer les causes profondes. Car, le discours officiel se contente de lier la propagation du terrorisme en Afrique du Nord et dans les Etats côtiers à la contrebande, au trafic de drogues et d’armes. Ramtane Lamamra, président de la Commission paix et sécurité de l’Union africaine, a déclaré : « La menace terroriste sur le continent africain est de nature globale. Aucune opération terroriste ne peut être perpétrée sans falsifier des papiers, se livrer au trafic de drogues ou exploiter l’immigration clandestine, des activités qui sont toutes utilisées pour financer le terrorisme. »
Les solutions préconisées sont essentiellement répressives. Elles consistent à coordonner et à intégrer les cadres législatifs au niveau du continent entier, pour faire en sorte que tous les Etats soumettent le terrorisme au même statut. Certaines législations qualifient le terrorisme d’infraction, tandis que d’autres le considèrent une haute trahison. Boubacar Diarra Gaouassa, directeur du Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme, compare ce dernier à « un cancer » qui touche les Etats de l’Afrique du Nord. Or, le cancer est un mal qui, excepté quelques cas, ne dépend pas des habitudes comportementales de l’individu. En d’autres termes, une personne atteinte d’un cancer ne peut être tenue responsable de la transformation d’une cellule ou d’une lésion en cellule maligne. Elle la subit, se bat contre elle et avec de la chance prend le dessus. Le terrorisme n’est pas un mal qui « tombe du ciel », mais un phénomène qui se développe à partir d’un terreau politique et économique plus que favorable.
L’insécurité alimentaire et l’échec économique
La Banque mondiale définit la sécurité alimentaire comme étant l’« accès par toutes les personnes à tout moment à une nourriture satisfaisante pour mener une vie active et saine ». La FAO parle d’« accès durable et assuré pour tous les groupes et individus sociaux à la nourriture adaptée en quantité et en qualité pour satisfaire le besoin alimentaire ». Créé en 1976, le Club du Sahel est un forum actif où se rencontrent les Etats sahéliens regroupés au sein du CILSS (Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel) -Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad-, les sociétés civiles regroupées au sein de réseaux régionaux représentatifs du secteur privé, du monde rural, des femmes et des responsables municipaux, et les principaux donateurs bilatéraux et multilatéraux. Le Club est géré par un secrétariat basé au siège de l’OCDE à Paris. Ses programmes sont financés, notamment, par l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni et la Suisse. La Banque mondiale, la Commission européenne, la FAO et le PNUD y participent également. Le Club du Sahel collabore avec le Comité d’aide au développement de l’OCDE. Ses membres en ont fait un lieu de réflexion approfondie sur les principaux enjeux de l’avenir du Sahel, un forum où ils échangent leurs connaissances et leurs points de vue et où ils mettent au point de nouvelles méthodes de coordination.
La situation structurellement difficile dans cette région s’est aggravée avec la crise financière. Samuel Benshimon relève que les experts estiment que la crise alimentaire entraîne une perte de sept années de développement dans les pays les plus pauvres. Les émeutes en Mauritanie, et les effets de la crise alimentaire qui touche, à différents degrés, le Soudan, le Tchad, le Niger ou encore le Mali, sont de nature à provoquer d’autres émeutes et troubles dans la région. Mais, là encore, il ne s’agit pas de rendre la crise alimentaire responsable et tous les maux, et d’en faire, comme pour le terrorisme, un alibi. Samuel Benshimon estime que les causes de l’insécurité alimentaire au Sahel appartiennent à deux catégories principales. Les causes conjoncturelles sont liées à des circonstances particulières comme des catastrophes naturelles de type inondation, sécheresse qui occasionnant une pénurie généralisée.
Plus précisément, la région du Sahel connaît globalement trois grandes catégories de catastrophes naturelles courantes : les catastrophes hydrométéorologiques (sécheresse, tempêtes de sable, inondations), les ennemis des cultures (criquets, rongeurs, oiseaux granivores, chenilles, etc.), les pressions démographiques : la population a triplé entre 1960–2006, passant de 85 à 300 millions d’habitants. 430 millions sont attendus entre 2020 et 2025. Plus de 65% de la population a moins de 25 ans. Quant à l’urbanisation, elle était de 13% en 1960, 40% en 2000 et sera de 65% en 2020.
Les causes structurelles ou chroniques sont, elles, liées principalement à la très faible capacité de réponse des ménages en raison des conditions d’extrême vulnérabilité. Mais à quoi cette faible capacité des ménages est-elle due ? Plusieurs éléments peuvent être cités dont : les politiques et stratégies alimentaires inadaptées, etc., les difficultés d’accès aux ressources de base (le foncier, le capital bétail, l’eau, les activités génératrices de revenus monétaires…), les systèmes de production peu performants, la réduction ou l’absence des réseaux d’entraide et de solidarité. Résultat : entre 1990 et 2000, la population a augmenté de 32%, alors que la production du maïs ne s’est accrue que de 12,3%, le riz de 26,7%, le total des céréales de 25,4% et la viande bovine de 29,4%.
Corruption et mauvaise gouvernance
Neuf pays d’Afrique de l’Ouest ont progressé et neuf autres ont encore reculé au classement 2008 de Transparency international (TI), qui mesure la perception de la corruption dans 180 pays. Sur les 180 pays concernés par cet indice, huit pays d’Afrique de l’Ouest figuraient dans les 20 dernières places, dont le Tchad. John Kpundeh, du Centre africain de formation et de recherche administratives pour le développement (Cafrad), a effectué une étude très intéressante sur la corruption en Afrique. Il y explique les différentes formes, notamment celles qui gangrènent l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Ainsi, cette région connaît-elle notamment la propagation de la corruption « accessoire ». Elle implique des individus ou de petits groupes qui profitent d’une occasion pour recevoir des pots-de-vin. Elle comprend la sollicitation et l’acceptation non planifiées de dessous-de-table (des policiers qui barrent des routes pour exiger des conducteurs qu’ils payent des pots-de-vin, une sous-estimation fiscale, un détournement de fonds...). Cette forme de corruption ne brasse pas des sommes astronomiques, mais empoisonne l’administration, la vie quotidienne, la bureaucratie et affecte durablement le civisme des citoyens. Son danger est aussi dans le fait de banaliser la corruption.
La corruption « systématique » n’est pas aussi imprévue, elle implique habituellement des gains plus substantiels et est souvent associée à des scandales populaires. La corruption « systématique » peut devenir endémique et impliquer un très grand nombre d’agents, d’intermédiaires et d’entrepreneurs corrompus. La contrebande d’exportation est par exemple largement pratiquée en Afrique, malgré la présence d’agents des douanes. La corruption se déploie aussi à travers le népotisme, par le fait de procurer des emplois aux membres de sa famille. Le régionalisme et le tribalisme confortent le népotisme et le perpétuent. Les domaines prioritaires, en termes de lutte contre la corruption, sont : les compagnies et les marchés publics, 1’administration fiscale, les douanes et la justice.
A cause de douaniers corrompus, des biens peuvent être déclarés contrairement aux règlements des douanes et de la régie. C’est pourquoi, la contrebande est si largement répandue dans la majorité des pays de la région. Dans de nombreux cas, la corruption s’est infiltrée dans le secteur judiciaire. Ainsi, les décisions de justice sont-elles prises par des juges avant que les personnes ne soient passées en jugement, ou en accord avec des directives venues du gouvernement en place.
Dele Olowu, un expert en administration publique et corruption en Afrique, explique que la corruption gouvernementale est endémique en Afrique parce que les efforts se sont concentrés sur des remèdes avant qu’une analyse approfondie du problème n’ait été réalisée. Ne comprenant pas certaines des causes fondamentales de la corruption, les gestionnaires ont appliqué des réformes inefficaces. Michael Johnston, un chercheur spécialisé dans les questions liées à la corruption, abonde dans ce sens, suggérant que les réformes mises en place dans une situation politique partiellement mal comprise ou incomprise peuvent avoir des résultats contraires à ce qui est souhaité. Quant aux nombreuses approches non systématiques utilisées pour tenter de lutter contre la corruption, elles n’ont finalement été que des manœuvres politiques, destinées à améliorer l’image des dirigeants, à faire diversion ou à se débarrasser de personnalités devenues gênantes. La fameuse stratégie du fusible. « Il est difficile de mettre au point une stratégie anti-corruption parce que le succès de tout programme dépend en grande partie d’un engagement solide de la part du président du pays, des membres du cabinet et des responsables les plus haut placés, ceux-là même qui sont corrompus », conclut John Kpundeh. Et les choses ne sont pas près de changer. Dans plusieurs Etats de la région, la Constitution a été modifiée pour permettre un troisième mandat.
Shanda Tonme, jurisconsulte international, commente la révision opérée par Idriss Deby au Tchad, disant qu’« en laissant Deby modifier la Constitution pour se maintenir en tant que président à vie, on a amené le Tchad à régresser de plusieurs décennies, offrant l’occasion à son élite vorace et fanatique de jouer au seul jeu qu’elle maîtrise depuis plus de trente ans : le jeu de massacre ». La Guinée l’a précédé et l’Algérie a clos temporairement la liste. Le régime politique en Mauritanie est issu d’un coup d’Etat. Les dirigeants politiques au Niger sont contestés par la révolte touarègue. Le Mali semble s’illustrer et sortir de ce lot. Il a entamé une réflexion partant de plusieurs constats et critiques : les élections sont très coûteuses, la participation est faible et les contestations sont nombreuses après chaque scrutin. Des experts nationaux, mandatés pour réfléchir sur la consolidation de la démocratie au Mali, ont préconisé un maintien du statu quo en matière de mandat présidentiel, actuellement de cinq ans, renouvelable une seule fois.
Les engagements des Etats-Unis et le statu quo
Sur le plan militaire et sécuritaire, les Etats-Unis ont marqué leur présence dans la région en mettant en place Pan-Sahel Initiative d’abord, puis Trans-saharian Counter-terrorism Initiative ensuite. Ces aspects sont complétés par des exercices, des formations, des échanges d’informations avec les Etats de la région. Le but de cette démarche était et demeure le renforcement de la capacité des armées des pays sahéliens à lutter contre le terrorisme et à contrôler leur territoire. Cette initiative s’est élargie et est devenue Partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme, en 2005. Ainsi les manœuvres Flintlock ont-elles associé pour la première fois neuf pays (Algérie, Maroc, Tunisie, Nigeria, Sénégal, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) dans des exercices d’entraînement et de simulation. En 2007, le budget de ce partenariat était de 100 millions de dollars. A ces éléments s’ajoute une implication économique. L’aide économique américaine a atteint 122 millions de dollars en 2005. Selon l’Agence américaine pour le développement international (USAID), l’aide américaine à la région a bénéficié à plus de 65 millions de personnes de neuf pays du Sahel : Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad. Pendant l’année budgétaire 2005, les Américains ont fourni plus de 122 millions de dollars, sous forme d’assistance bilatérale et régionale, à des programmes de développement et de lutte contre l’insécurité alimentaire dans le Sahel. Durant la même période, l’USAID a fourni plus de 10 millions de dollars aux programmes d’éradication des criquets au Sahel, auxquels s’ajoutent 3,5 millions de dollars au titre de l’aide contre la catastrophe acridienne au Mali et au Sénégal. Les projets incluaient des épandages aériens d’insecticides sur 383 000 hectares et une aide aux équipes régionales de lutte anti-acridienne en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest. L’USAID a ciblé la plus grande partie de son aide au Burkina Faso sur la lutte contre l’insécurité alimentaire.
L’aide américaine a aussi financé des programmes plus politiques comme des organisations de soutien aux droits de l’Homme, des activités de développement fondées sur les collectivités, le développement des partis politiques et une assistance technique pour les élections.
Pour les Etats-Unis, ces aides économiques, destinées surtout à améliorer leur image dans la région, et cette présence militaire sont nécessaires pour casser les alliances, qui, selon eux, se forment entre l’AQMI, les éléments du Groupe marocain pour la prédication et le combat (GMPC) et une partie du Front islamique marocain (FIM), sous la bannière d’Al Qaïda. Dans la même perspective, ils avancent l’argument selon lequel la montée de l’islamisme au Niger conforte l’implantation régionale du GSPC. Zahir Benmostepha relève que des écoles religieuses, marquées de l’empreinte de prédicateurs pakistanais, afghans et syriens, ont été ouvertes dans le nord du Niger, se substituant aux institutions gouvernementales affaiblies. Les Etats sont incapables de jouer le rôle de régulateur et de protecteur qui est le leur ; ils en appellent à l’aide extérieure et cette même aide aggrave leur crise de légitimité.
L. A. H
1er NOVEMBRE: Le 54e anniversaire fêté à Ouagadougou
ALGERIE: Le 54e anniversaire fêté à Ouagadougou SIDWAYA
La communauté algérienne au Burkina Faso, a célébré, le jeudi 20 novembre 2008 à Ouagadougou, les 54 ans du déclenchement de la Révolution en Algérie.
“54 ans après les idéaux et les valeurs de la Révolution de 1954 continuent d’inspirer et de guider la conduite de l’Etat d’Algérie”, a déclaré l’ambassadeur d’Algérie au Burkina Faso Mohamed El Amine Benchérif à l’occasion de la célébration de la fête nationale de son pays. Cette fête nationale, qui correspond au 54e
Les autorités et amis burkinabè sont venus manifester leur soutienà la communauté algérienne en fête.
anniversaire du déclenchement de la Révolution en Algérie le 1er novembre 1954, a été célébrée le jeudi 20 novembre 2008 à Ouagadougou. Selon l’ambassadeur, cette année, la célébration de la fête nationale porte une charge symbolique très forte car coïncidant avec le bicentenaire de la naissance de l’Emir Abdelkader. En effet, il est un symbole historique impérissable de la résistance algérienne et le cinquantième anniversaire de la création du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). L’ambassadeur Benchérif a souligné que la révolution a été pour l’Algérie, l’acte le plus décisif qui provoqua une rupture salvatrice avec l’histoire, enracine le peuple algérien dans son identité civilisationnelle. Ce qui lui a permis de prendre son destin en main pour bâtir l’édifice de l’Etat moderne mis au service exclusif du peuple. Cette cérémonie a été pour toute la communauté algérienne ainsi que leurs amis burkinabè une occasion de retrouvailles et de célébration de la renaissance de l’Algérie. Mohamed El Amine Benchérif a précisé l’état dans lequel se trouvent les relations algéro-burkinabè et présenté les grands chantiers et réalisations de son pays. Il a indiqué que l’Algérie reste fidèle aux valeurs de la Révolution de par la mobilisation de l’ensemble des ressources du pays au profit du développement et de l’épanouissement du peuple algérien. A l’extérieur, elle lutte pour la paix, la stabilité, le développement, l’épanouissement et l’émancipation des peuples. Au plan institutionnel, l’Algérie s’est dotée d’un nouveau découpage administratif pour rapprocher davantage l’administration du citoyen, encadrer le processus du développement local et mieux prendre en charge les besoins spécifiques des régions frontalières. L’Algérie est résolument engagée dans le processus d’intégration africaine s’impliquant dans des sujets structurants comme la route de l’unité africaine, le gazoduc Nigeria-Algérie, la force africaine en attente, a-t-il ajouté. Il a relevé que “l’Algérie soutient la lutte contre le terrorisme et reste solidaire tout en souhaitant que ses partenaires s’impliquent de manière claire, sincère et déterminée dans la lutte contre le fléau”. C’est dans une ambiance fraternelle et amicale que l’ambassadeur a annoncé la création de l’association d’amitié Burkina Faso/Algérie. Lié à cette amitié, l’ambassadeur d’Algérie a tenu à présenter ses condoléances au peuple burkinabè, pour l’accident tragique de Boromo qui a endeuillé le pays. “Les relations entre les deux pays ont connu une avance qualitative mesurant à leur juste valeur les efforts du Burkina Faso en faveur de la paix”, a conclu Benchérif.
Pazouknam J.B. Ouédraogo(Stagiaire
La communauté algérienne au Burkina Faso, a célébré, le jeudi 20 novembre 2008 à Ouagadougou, les 54 ans du déclenchement de la Révolution en Algérie.
“54 ans après les idéaux et les valeurs de la Révolution de 1954 continuent d’inspirer et de guider la conduite de l’Etat d’Algérie”, a déclaré l’ambassadeur d’Algérie au Burkina Faso Mohamed El Amine Benchérif à l’occasion de la célébration de la fête nationale de son pays. Cette fête nationale, qui correspond au 54e
Les autorités et amis burkinabè sont venus manifester leur soutienà la communauté algérienne en fête.
anniversaire du déclenchement de la Révolution en Algérie le 1er novembre 1954, a été célébrée le jeudi 20 novembre 2008 à Ouagadougou. Selon l’ambassadeur, cette année, la célébration de la fête nationale porte une charge symbolique très forte car coïncidant avec le bicentenaire de la naissance de l’Emir Abdelkader. En effet, il est un symbole historique impérissable de la résistance algérienne et le cinquantième anniversaire de la création du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). L’ambassadeur Benchérif a souligné que la révolution a été pour l’Algérie, l’acte le plus décisif qui provoqua une rupture salvatrice avec l’histoire, enracine le peuple algérien dans son identité civilisationnelle. Ce qui lui a permis de prendre son destin en main pour bâtir l’édifice de l’Etat moderne mis au service exclusif du peuple. Cette cérémonie a été pour toute la communauté algérienne ainsi que leurs amis burkinabè une occasion de retrouvailles et de célébration de la renaissance de l’Algérie. Mohamed El Amine Benchérif a précisé l’état dans lequel se trouvent les relations algéro-burkinabè et présenté les grands chantiers et réalisations de son pays. Il a indiqué que l’Algérie reste fidèle aux valeurs de la Révolution de par la mobilisation de l’ensemble des ressources du pays au profit du développement et de l’épanouissement du peuple algérien. A l’extérieur, elle lutte pour la paix, la stabilité, le développement, l’épanouissement et l’émancipation des peuples. Au plan institutionnel, l’Algérie s’est dotée d’un nouveau découpage administratif pour rapprocher davantage l’administration du citoyen, encadrer le processus du développement local et mieux prendre en charge les besoins spécifiques des régions frontalières. L’Algérie est résolument engagée dans le processus d’intégration africaine s’impliquant dans des sujets structurants comme la route de l’unité africaine, le gazoduc Nigeria-Algérie, la force africaine en attente, a-t-il ajouté. Il a relevé que “l’Algérie soutient la lutte contre le terrorisme et reste solidaire tout en souhaitant que ses partenaires s’impliquent de manière claire, sincère et déterminée dans la lutte contre le fléau”. C’est dans une ambiance fraternelle et amicale que l’ambassadeur a annoncé la création de l’association d’amitié Burkina Faso/Algérie. Lié à cette amitié, l’ambassadeur d’Algérie a tenu à présenter ses condoléances au peuple burkinabè, pour l’accident tragique de Boromo qui a endeuillé le pays. “Les relations entre les deux pays ont connu une avance qualitative mesurant à leur juste valeur les efforts du Burkina Faso en faveur de la paix”, a conclu Benchérif.
Pazouknam J.B. Ouédraogo(Stagiaire
21 nov. 2008
ALGERIE: LA BELLE FÊTE DE OUAGA
20 nov. 2008
19 nov. 2008
Avec les caravaniers du Niger
Avec les caravaniers du Niger Transboreal Jean-Pierre Valentin
Commander ce livre ISBN : 978-2-913955-64-6ISSN : 1960-3894Prix : 20,00 €Parution : octobre 2008En préparation
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Depuis le Moyen Âge, des caravanes arpentent les étendues les plus isolées du Sahara. Le Ténéré, désert des déserts absolument plat, et l’erg de Bilma, au Niger, sont toujours traversés par ces files de dromadaires lourdement chargés de marchandises. Chaque automne, les Touaregs de l’Aïr quittent ainsi leurs montagnes pour rejoindre la falaise du Kaouar, 800 kilomètres plus à l’est. À la même période, les éleveurs toubous du massif du Djado – en famille parfois – s’élancent dans les immensités dunaires qui les séparent des marchés du Sahel, en particulier du territoire des fascinants bouviers wodaabés… Ce rythme séculaire des échanges autorise la circulation des pains de sel de Bilma, des dattes des oasis du Kaouar et du Djado, des céréales soudanaises. Il permet la vie dans ces endroits si reculés du Sahara. L’ouvrage offre une immersion totale dans la vie quotidienne de ces nomades des marges désertiques.
Sommaire
Introduction
Commander ce livre ISBN : 978-2-913955-64-6ISSN : 1960-3894Prix : 20,00 €Parution : octobre 2008En préparation
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Depuis le Moyen Âge, des caravanes arpentent les étendues les plus isolées du Sahara. Le Ténéré, désert des déserts absolument plat, et l’erg de Bilma, au Niger, sont toujours traversés par ces files de dromadaires lourdement chargés de marchandises. Chaque automne, les Touaregs de l’Aïr quittent ainsi leurs montagnes pour rejoindre la falaise du Kaouar, 800 kilomètres plus à l’est. À la même période, les éleveurs toubous du massif du Djado – en famille parfois – s’élancent dans les immensités dunaires qui les séparent des marchés du Sahel, en particulier du territoire des fascinants bouviers wodaabés… Ce rythme séculaire des échanges autorise la circulation des pains de sel de Bilma, des dattes des oasis du Kaouar et du Djado, des céréales soudanaises. Il permet la vie dans ces endroits si reculés du Sahara. L’ouvrage offre une immersion totale dans la vie quotidienne de ces nomades des marges désertiques.
Sommaire
Introduction
Semaines sahariennes à Gérardmer
Semaines sahariennes à Gérardmer (Vosges) ICRA International - Actualités
Du 17 au 30 novembre, Jean-Pierre Valentin, vice président d'ICRA et spécialiste du monde saharien, proposera diverses animations (expositions, projections/débats, etc.) notamment sur la vie des caravaniers du désert, à la MCL de Gérardmer.
[18 Novembre 2008]
• Exposition de 27 photographies grand format (50x75) et de divers objets du quotidien des caravaniers • Repas africain le 20 novembre• Films/débats : le 27 novembre à 20h30, deux films, Sur la route des caravanes et Itinérances nigériennes seront présentés par Jean-Pierre Valentin, qui dédicacera à cette occasion ses deux derniers ouvrages, Ténéré, Avec les caravaniers du Niger et Le Murmure des dunes, Petit éloge du désert et de ceux qui y vivent, qui viennent de paraître aux éditions Transboréal Sur la route des caravannesDepuis la nuit des temps, des caravanes sillonnent le Sahara et accompagnent les pèlerins, les commerçants et les trafiquants au cœur de ses immensités inhospitalières… Que deviennent, à l’aube du XXIème siècle, ces files de dromadaires, ces expéditions hauturières qui arpentent inlassablement le désert ? Les Touaregs des monts de l’Aïr s’élancent dès l’automne pour de longs mois. À la suite d’un madougou, le maître de la caravane, qui connaît l’itinéraire, les chameliers kel ewey traversent le Ténéré en direction des salines et des palmeraies du Kaouar. Chargés de ballots de foin, les dromadaires chenillent dans les larges vallées avant d’affronter l’aveuglante lumière lors d’étapes interminables. À l’ouest de l’Adrar Madet, le puisard d’Ajioua signale le dernier repère, au pied du massif. Les provisions d’eau et de bois effectuées, les hommes – un pour dix bêtes – piquent plein est, via la falaise et le puits d’Achegour. Avant les premières lueurs et jusqu’à la nuit avancée, les files progressent, sans jamais s’arrêter. Il faut marcher, mener trois cents chameaux bâtés et atteindre l’autre rive avant que les provisions ne s’épuisent. Dans l’oasis d’Achenouma, les denrées transportées – blé, mil, oignons, tomates, piments rouges et fromages déshydratés – sont échangées contre des monceaux de dattes. Le troc domine, où deux types de mesure permettent les transactions entre éleveurs touaregs et sédentaires kanouris ou toubous. Pendant que sont confectionnés les contenants en fibres de palme, certains hommes dirigent une centaine de dromadaires vers Kalala, l’aire salifère qui jouxte le bourg de Bilma. Là, ils achètent les cônes et les galettes de sel gemme prisés des nomades du Sahel. Cette caravane, comme toutes celles qui persistent au Sahara, est une aventure commerciale d’envergure nécessaire à la survie de groupes humains importants. La taghlamt des Touaregs du Ténéré représente la première tranche, la plus fascinante, d’un itinéraire qui conduit ensuite les caravaniers vers les marchés et les champs du Soudan, en bordure de la frontière nigériane.... Itinérances nigériennesLes Toubous du massif du Djado, aux confins du désert nigérien, pratiquent l’échange caravanier au long cours. A certaines saisons, ce sont même les femmes, fines, nerveuses, poignard de bras bien visible, qui fréquentent crânement l’âpreté des sables, l’erg de Bilma. Dans ce chaos dunaire, il faut éviter la bascule des charges au fond des ravins de sable, redoubler de vigilance quand souffle le vent qui masque les reliefs… Ces équipées, bien souvent familiales, atteignent les marchés de Ngourti ou de Tasker et les rives du lac Tchad.Aux limites sud du désert, cernés par une steppe rabougrie, les nomades Wodaabe marchent devant leurs zébus et, dès la fin de l’hivernage, ils célèbrent la beauté lors de rassemblements festifs imposants. Imperturbables à la marche du temps, ils guident inlassablement leurs majestueux troupeaux aux limites des terres agricoles. Ce peuple est tout simplement fascinant ! Jean-Pierre Valentin a pleinement vécu ces caravanes, cette expérience d’exception du désert, malgré la difficulté liée en particulier aux tournages, comme la récompense ultime de ses pérégrinations sahariennes. “Depuis vingt-cinq ans, je parcours le Sahara et ses marges, tente de saisir au mieux les réalités quotidiennes des peuples nomades, essaie de témoigner de leur extraordinaire adaptation au milieu, de la modernité de certaines de leurs stratégies. Si la fascination naïve pouvait caractériser mes premiers séjours, le temps – je le souhaite du moins – m’aide à dépasser l’admiration béate et les conclusions trop hâtives…Loin de moi l’idée de louer “la beauté du mort” ! Le désert est vivant, fier de son passé, riche de peuples millénaires en route vers de nouveaux changements. Les bouleversements aujourd’hui sont inévitables et beaucoup sont déjà consommés. Les civilisations pastorales ne sont pas psychorigides, elles refusent simplement les inutiles renoncements, le ridicule du nivellement ambiant. Si l’homme nomade ne laisse pas de trace, il imprègne le paysage, le borne délicatement de sa présence. Le voyageur peut traverser le désert sans apercevoir l’ombre d’un éleveur. Ils sont pourtant là, et le simple fait de leur réalité permet de les imaginer, de les espérer, d’observer l’espace dépouillé de manière différente. ”
Plus d’informations sur ces documentaires sur le site de transboreal.fr
du lundi 17 novembre au dimanche 30 novembreMaison de la culture et des loisirs de Gérardmer1, boulevard de Saint-DiéGérardmer (88400)
Le site web de la MCL de Gérardmer Transboréal.fr
Du 17 au 30 novembre, Jean-Pierre Valentin, vice président d'ICRA et spécialiste du monde saharien, proposera diverses animations (expositions, projections/débats, etc.) notamment sur la vie des caravaniers du désert, à la MCL de Gérardmer.
[18 Novembre 2008]
• Exposition de 27 photographies grand format (50x75) et de divers objets du quotidien des caravaniers • Repas africain le 20 novembre• Films/débats : le 27 novembre à 20h30, deux films, Sur la route des caravanes et Itinérances nigériennes seront présentés par Jean-Pierre Valentin, qui dédicacera à cette occasion ses deux derniers ouvrages, Ténéré, Avec les caravaniers du Niger et Le Murmure des dunes, Petit éloge du désert et de ceux qui y vivent, qui viennent de paraître aux éditions Transboréal Sur la route des caravannesDepuis la nuit des temps, des caravanes sillonnent le Sahara et accompagnent les pèlerins, les commerçants et les trafiquants au cœur de ses immensités inhospitalières… Que deviennent, à l’aube du XXIème siècle, ces files de dromadaires, ces expéditions hauturières qui arpentent inlassablement le désert ? Les Touaregs des monts de l’Aïr s’élancent dès l’automne pour de longs mois. À la suite d’un madougou, le maître de la caravane, qui connaît l’itinéraire, les chameliers kel ewey traversent le Ténéré en direction des salines et des palmeraies du Kaouar. Chargés de ballots de foin, les dromadaires chenillent dans les larges vallées avant d’affronter l’aveuglante lumière lors d’étapes interminables. À l’ouest de l’Adrar Madet, le puisard d’Ajioua signale le dernier repère, au pied du massif. Les provisions d’eau et de bois effectuées, les hommes – un pour dix bêtes – piquent plein est, via la falaise et le puits d’Achegour. Avant les premières lueurs et jusqu’à la nuit avancée, les files progressent, sans jamais s’arrêter. Il faut marcher, mener trois cents chameaux bâtés et atteindre l’autre rive avant que les provisions ne s’épuisent. Dans l’oasis d’Achenouma, les denrées transportées – blé, mil, oignons, tomates, piments rouges et fromages déshydratés – sont échangées contre des monceaux de dattes. Le troc domine, où deux types de mesure permettent les transactions entre éleveurs touaregs et sédentaires kanouris ou toubous. Pendant que sont confectionnés les contenants en fibres de palme, certains hommes dirigent une centaine de dromadaires vers Kalala, l’aire salifère qui jouxte le bourg de Bilma. Là, ils achètent les cônes et les galettes de sel gemme prisés des nomades du Sahel. Cette caravane, comme toutes celles qui persistent au Sahara, est une aventure commerciale d’envergure nécessaire à la survie de groupes humains importants. La taghlamt des Touaregs du Ténéré représente la première tranche, la plus fascinante, d’un itinéraire qui conduit ensuite les caravaniers vers les marchés et les champs du Soudan, en bordure de la frontière nigériane.... Itinérances nigériennesLes Toubous du massif du Djado, aux confins du désert nigérien, pratiquent l’échange caravanier au long cours. A certaines saisons, ce sont même les femmes, fines, nerveuses, poignard de bras bien visible, qui fréquentent crânement l’âpreté des sables, l’erg de Bilma. Dans ce chaos dunaire, il faut éviter la bascule des charges au fond des ravins de sable, redoubler de vigilance quand souffle le vent qui masque les reliefs… Ces équipées, bien souvent familiales, atteignent les marchés de Ngourti ou de Tasker et les rives du lac Tchad.Aux limites sud du désert, cernés par une steppe rabougrie, les nomades Wodaabe marchent devant leurs zébus et, dès la fin de l’hivernage, ils célèbrent la beauté lors de rassemblements festifs imposants. Imperturbables à la marche du temps, ils guident inlassablement leurs majestueux troupeaux aux limites des terres agricoles. Ce peuple est tout simplement fascinant ! Jean-Pierre Valentin a pleinement vécu ces caravanes, cette expérience d’exception du désert, malgré la difficulté liée en particulier aux tournages, comme la récompense ultime de ses pérégrinations sahariennes. “Depuis vingt-cinq ans, je parcours le Sahara et ses marges, tente de saisir au mieux les réalités quotidiennes des peuples nomades, essaie de témoigner de leur extraordinaire adaptation au milieu, de la modernité de certaines de leurs stratégies. Si la fascination naïve pouvait caractériser mes premiers séjours, le temps – je le souhaite du moins – m’aide à dépasser l’admiration béate et les conclusions trop hâtives…Loin de moi l’idée de louer “la beauté du mort” ! Le désert est vivant, fier de son passé, riche de peuples millénaires en route vers de nouveaux changements. Les bouleversements aujourd’hui sont inévitables et beaucoup sont déjà consommés. Les civilisations pastorales ne sont pas psychorigides, elles refusent simplement les inutiles renoncements, le ridicule du nivellement ambiant. Si l’homme nomade ne laisse pas de trace, il imprègne le paysage, le borne délicatement de sa présence. Le voyageur peut traverser le désert sans apercevoir l’ombre d’un éleveur. Ils sont pourtant là, et le simple fait de leur réalité permet de les imaginer, de les espérer, d’observer l’espace dépouillé de manière différente. ”
Plus d’informations sur ces documentaires sur le site de transboreal.fr
du lundi 17 novembre au dimanche 30 novembreMaison de la culture et des loisirs de Gérardmer1, boulevard de Saint-DiéGérardmer (88400)
Le site web de la MCL de Gérardmer Transboréal.fr
11 oct. 2008
La baraka et l’essuf
La baraka et l’essuf : Paroles et pratiques magico religieuses et thérapeutiques chez les populations touarègues et sahariennes du Hoggar(Sahara algérien) par Faiza SEDDIK ARKAM
Résumé de la thèse
Cette étude concerne le rapport de l'homme touareg, saharien à l'espace invisible de l'essuf se déroule dans un contexte de modernité, offert par un nouvel espace qui est celui de la ville saharienne de Tamanrasset (ville du Hoggar) et sa périphérie. Le type d’environnement d’une ville moyenne, pluriculturelle et multiethnique comme Tamanrasset conjugue des caractéristiques urbaines et rurales.Les Touaregs de l’Ahaggar loin de constituer un isolat ont adopté et intégré d'anciennes croyances dont certaines sont d'origine néolithique comme en témoignent les gravures rupestres (G.Camps- 1986, S. Hachi- 1998), ils ont subi plusieurs influences en provenance des cultures d'Afrique subsahariennes, des cultures méditerranéennes et celle du monde musulman arabo-berbère.L’islam mystique a profondément incorporé la culture locale touarègue, il ne sut pas, ou ne chercha pas, à enrayer complètement les usages séculaires. Il chercha à les niveler, et parfois à les assimiler et à les incorporer. Il est tentent de parler d’une sorte de bricolage religieux, mais cette notion de bricolage me semble insuffisante ici car l'on n'observe pas de nette rupture dans les symboles religieux, la plupart des symboles liés à ces diverses croyances se trouvent réappropriés et absorbés par l'Islam, il y a une cohésion avec l’ensemble des symboles. Elles ne coexistent pas, elles cherchent toujours à trouver une légitimité par rapport à la religion dominante qu’est l'islam. Lorsque différents groupes «ethniques», culturels partagent un territoire commun, ou bien lorsqu’ils y sont installés dans un voisinage proche, les divers recours thérapeutiques qui leur sont propres deviennent avec le temps un patrimoine commun .Ce patrimoine commun est réinvesti dans de nouvelles pratiques individualisées.La société touarègue quant à elle est en pleine mutation. Les bouleversements vécus par ces nomades ont affecté leur équilibre tant physique que psychologique. La société nomade ayant perdu ses repères spatio-temporels, son rapport à l’espace et à l’univers tout entier se transforme. Elle essaye d’intégrer bon gré mal gré la modernité et tout ce qu’elle implique comme bouleversements, comme changements, et l’on parle même de la quasi disparition du mode de vie traditionnel lié au pastoralisme nomade. Cette société touarègue tente de trouver sa place au sein de la société globale, en intégrant un nouveau système d’échanges, de nouvelles règles, tout en tentant de préserver ce qui représente son ethos culturel. Dans cette recherche dynamique d’équilibre face à la déstructuration progressive de la société, un ensemble de rites se met en place. La société Kel Ahaggar tente de s’adapter aux nouvelles données sociales, pour cela elle a créé de nouveaux mécanismes de défense qu'offre un paysage magico religieux et thérapeutique riche et varié. Ce paysage est lui-même en pleine recomposition car il affronte la modernité. Cette dernière est intégrée à ses rituels, étendant ainsi le champ symbolique qui correspond le mieux aux nouveaux besoins de la société. Privilégiant une démarche empiriste, j’avançais progressivement dans mes enquêtes ethnographiques en réalisant un tour d’horizon des principales activités et pratiques religieuses et thérapeutiques locales. Ces dernières, constituant le « paysage » local traditionnel, structurent la vie sociale des populations du Hoggar. Ce paysage, formé et dessiné autour de pratiques rituelles collectives et individuelles, est organisé autour des principaux rites de passages, le tout encadré par des acteurs spécifiques (acteurs de la maladie et du sacré) que sont les « tradipraticiens » locaux et autres personnages religieux. Après avoir réalisé une sorte de monographie de l’état d’ensemble de ces rituels collectifs et autres rites de passage, monographie indispensable à la compréhension du fonctionnement de cette société et de ses représentations, je suis partie des récits de vie de certains individus charismatiques pour approcher de plus près cet univers et cerner le sens donné à ces pratiques. Ayant des rôles de médiateurs au sein de la population locale, ces acteurs de l’invisible sont les intermédiaires incontournables dans les situations les plus difficiles. Chacun d’eux se prévaut d’avoir à son service des entités invisibles spirituelles, nommées différemment selon leur nature. En choisissant des personnes singulières qui ont poussé à bout leur initiation, en maîtrisant leur propre maladie liée aux génies, jusqu’à devenir à leur tour tradipraticiens et spécialistes de l’invisible, un des objectifs de ce travail, est de faire ressortir la problématique de la transmission de ce pouvoir «spirituel», incontestablement lié au nœud « maladie- initiation». La possession traverse diverses catégories, les rituels qui concernent toute cette gestion du rapport aux forces invisibles mettent en jeu les corps des possédés dans des contextes totalement différents. La richesse du vocabulaire témoigne de la diversité états et des pratiques observées.Nous verrons comment l’opposition masculin / féminin se construit d’un point de vue symbolique et comment ces catégories tradition / modernité, sacré traditionnel / institution religieuse sont remis en cause par des trajectoires complexes, par des pratiques qui brouillent les espaces genrés, les catégories sexuées. Nous constaterons par ailleurs que le chamanisme est autant le fait des femmes que des hommes même si le rapport aux choses du sacré paraît à première vue différent.
Résumé de la thèse
Cette étude concerne le rapport de l'homme touareg, saharien à l'espace invisible de l'essuf se déroule dans un contexte de modernité, offert par un nouvel espace qui est celui de la ville saharienne de Tamanrasset (ville du Hoggar) et sa périphérie. Le type d’environnement d’une ville moyenne, pluriculturelle et multiethnique comme Tamanrasset conjugue des caractéristiques urbaines et rurales.Les Touaregs de l’Ahaggar loin de constituer un isolat ont adopté et intégré d'anciennes croyances dont certaines sont d'origine néolithique comme en témoignent les gravures rupestres (G.Camps- 1986, S. Hachi- 1998), ils ont subi plusieurs influences en provenance des cultures d'Afrique subsahariennes, des cultures méditerranéennes et celle du monde musulman arabo-berbère.L’islam mystique a profondément incorporé la culture locale touarègue, il ne sut pas, ou ne chercha pas, à enrayer complètement les usages séculaires. Il chercha à les niveler, et parfois à les assimiler et à les incorporer. Il est tentent de parler d’une sorte de bricolage religieux, mais cette notion de bricolage me semble insuffisante ici car l'on n'observe pas de nette rupture dans les symboles religieux, la plupart des symboles liés à ces diverses croyances se trouvent réappropriés et absorbés par l'Islam, il y a une cohésion avec l’ensemble des symboles. Elles ne coexistent pas, elles cherchent toujours à trouver une légitimité par rapport à la religion dominante qu’est l'islam. Lorsque différents groupes «ethniques», culturels partagent un territoire commun, ou bien lorsqu’ils y sont installés dans un voisinage proche, les divers recours thérapeutiques qui leur sont propres deviennent avec le temps un patrimoine commun .Ce patrimoine commun est réinvesti dans de nouvelles pratiques individualisées.La société touarègue quant à elle est en pleine mutation. Les bouleversements vécus par ces nomades ont affecté leur équilibre tant physique que psychologique. La société nomade ayant perdu ses repères spatio-temporels, son rapport à l’espace et à l’univers tout entier se transforme. Elle essaye d’intégrer bon gré mal gré la modernité et tout ce qu’elle implique comme bouleversements, comme changements, et l’on parle même de la quasi disparition du mode de vie traditionnel lié au pastoralisme nomade. Cette société touarègue tente de trouver sa place au sein de la société globale, en intégrant un nouveau système d’échanges, de nouvelles règles, tout en tentant de préserver ce qui représente son ethos culturel. Dans cette recherche dynamique d’équilibre face à la déstructuration progressive de la société, un ensemble de rites se met en place. La société Kel Ahaggar tente de s’adapter aux nouvelles données sociales, pour cela elle a créé de nouveaux mécanismes de défense qu'offre un paysage magico religieux et thérapeutique riche et varié. Ce paysage est lui-même en pleine recomposition car il affronte la modernité. Cette dernière est intégrée à ses rituels, étendant ainsi le champ symbolique qui correspond le mieux aux nouveaux besoins de la société. Privilégiant une démarche empiriste, j’avançais progressivement dans mes enquêtes ethnographiques en réalisant un tour d’horizon des principales activités et pratiques religieuses et thérapeutiques locales. Ces dernières, constituant le « paysage » local traditionnel, structurent la vie sociale des populations du Hoggar. Ce paysage, formé et dessiné autour de pratiques rituelles collectives et individuelles, est organisé autour des principaux rites de passages, le tout encadré par des acteurs spécifiques (acteurs de la maladie et du sacré) que sont les « tradipraticiens » locaux et autres personnages religieux. Après avoir réalisé une sorte de monographie de l’état d’ensemble de ces rituels collectifs et autres rites de passage, monographie indispensable à la compréhension du fonctionnement de cette société et de ses représentations, je suis partie des récits de vie de certains individus charismatiques pour approcher de plus près cet univers et cerner le sens donné à ces pratiques. Ayant des rôles de médiateurs au sein de la population locale, ces acteurs de l’invisible sont les intermédiaires incontournables dans les situations les plus difficiles. Chacun d’eux se prévaut d’avoir à son service des entités invisibles spirituelles, nommées différemment selon leur nature. En choisissant des personnes singulières qui ont poussé à bout leur initiation, en maîtrisant leur propre maladie liée aux génies, jusqu’à devenir à leur tour tradipraticiens et spécialistes de l’invisible, un des objectifs de ce travail, est de faire ressortir la problématique de la transmission de ce pouvoir «spirituel», incontestablement lié au nœud « maladie- initiation». La possession traverse diverses catégories, les rituels qui concernent toute cette gestion du rapport aux forces invisibles mettent en jeu les corps des possédés dans des contextes totalement différents. La richesse du vocabulaire témoigne de la diversité états et des pratiques observées.Nous verrons comment l’opposition masculin / féminin se construit d’un point de vue symbolique et comment ces catégories tradition / modernité, sacré traditionnel / institution religieuse sont remis en cause par des trajectoires complexes, par des pratiques qui brouillent les espaces genrés, les catégories sexuées. Nous constaterons par ailleurs que le chamanisme est autant le fait des femmes que des hommes même si le rapport aux choses du sacré paraît à première vue différent.
22 sept. 2008
Le monde caravanier du Sahara
Le monde caravanier du Sahara... Transboreal
Le monde caravanier du Sahara par Jean-Pierre ValentinLe 10 octobre 2007 à 20 heures 30En partenariat avec le magazine Animan
Depuis la nuit des temps, des caravanes sillonnent le Sahara et accompagnent les pèlerins, les commerçants et les trafiquants au cœur de ses immensités inhospitalières… Que deviennent, à l’aube du XXIe siècle, ces files de dromadaires, ces expéditions hauturières qui arpentent inlassablement le désert ?Les Touaregs des monts de l’Aïr s’élancent dès l’automne pour de longs mois. À la suite d’un madugu, le maître de la caravane, qui connaît l’itinéraire, les chameliers kel ewey traversent le Ténéré en direction des salines et des palmeraies du Kaouar. Chargés de ballots de foin, les dromadaires chenillent dans les larges vallées avant d’affronter l’aveuglante lumière lors d’étapes interminables. À l’ouest de l’Adrar Madet, le puisard d’Ajioua signale le dernier repère, au pied du massif. Les provisions d’eau et de bois effectuées, les hommes – un pour dix bêtes – piquent plein est, via la falaise et le puits d’Achegour. Avant les premières lueurs et jusqu’à la nuit avancée, les files progressent, sans jamais s’arrêter. Il faut marcher, mener trois cents chameaux bâtés et atteindre l’autre rive avant que les provisions ne s’épuisent. Dans l’oasis d’Achenouma, les denrées transportées – blé, mil, oignons, tomates, piments rouges et fromages déshydratés – sont échangées contre des monceaux de dattes. Le troc domine, où deux types de mesure permettent les transactions entre éleveurs touaregs et sédentaires kanouris ou toubous. Pendant que sont confectionnés les contenants en fibres de palme, certains hommes dirigent une centaine de dromadaires vers Kalala, l’aire salifère qui jouxte le bourg de Bilma. Là, ils achètent les cônes et les galettes de sel gemme prisés des nomades du Sahel. Cette caravane, comme toutes celles qui persistent au Sahara, est une aventure commerciale d’envergure nécessaire à la survie de groupes humains importants. La taghlamt des Touaregs du Ténéré représente la première tranche, la plus fascinante, d’un itinéraire qui conduit ensuite les caravaniers vers les marchés et les champs du Soudan, en bordure de la frontière nigériane.Les Toubous du massif du Djado, aux confins du Sahara nigérien, pratiquent également l’échange caravanier au long cours. À certaines saisons, ce sont même leurs femmes qui conduisent les « vaisseaux du désert » au cœur du Ténéré méridional. Les épouses touboues, fines, tout en os, poignard de bras bien visible, fréquentent crânement l’âpreté des sables, l’erg de Bilma. Leurs files chamelières sont moins rodées peut-être que celles menées par les Kel Ewey, plus hétéroclites, mais évoluent dans un univers tout en volume, en courbe, en cols à franchir. Il faut dans ce chaos dunaire éviter la bascule des faix au fond des ravins sablonneux, redoubler de vigilance quand souffle le vent qui masque les reliefs… Ces équipées bien souvent familiales atteignent les marchés de Ngourti, Nguigmi, Tasker, les rives du lac Tchad.Aux limites sud du désert, cernés par une steppe rabougrie, les nomades wodaabe marchent devant leurs zébus et, dès la fin de l’hivernage, célèbrent la beauté lors de rassemblements festifs imposants. Ils mènent inlassablement leurs majestueux troupeaux aux limites des terres arables. Riche de tabous vieux comme le monde, ce peuple, dit « de l’interdit », perpétue un mode de vie d’une extrême mobilité, toujours à la recherche du bien-être de son bétail, aux aguets, à la poursuite des nuages… Ses campements sont invisibles, évanouis dans l’univers steppique des terres subsahariennes. Si la saison les y oblige, les éleveurs peuvent parcourir des distances énormes, changer de pays pour sauver leurs animaux. Comme tous les pasteurs, ils utilisent le sel fossile du désert pour accroître la vitalité de leurs bêtes.
Après avoir vécu auprès des éleveurs ouest-africains, nomades wodaabe, transhumants touaregs, chameliers maures, bergers aït atta du Haut-Atlas central marocain, Jean-Pierre Valentin a désiré arpenter d’autres horizons, pourtant voisins, en vue de suivre le transport et le commerce des dattes et du sel gemme.Il voulait vivre ces caravanes contemporaines de l’intérieur et, comme pour ses séjours au cœur des campements, s’y sentir en immersion.Si le désert lui a d’abord permis de s’éloigner de notre société matérielle aux repères flous, son immensité est vite devenue un lieu de quête, de recherche d’expériences constructives. Passé les premiers séjours par trop contemplatifs ou manichéens, le voyageur est devenu un « rat » de bibliothèque, un chineur toujours en appétit de découvertes inattendues. Comme souvent, si l’idéalisation est aisée – dans un monde de pasteurs simples où la vie est belle –, la réalité est douloureuse dès que s’estompe le voile – surtout quand l’univers abordé est en proie aux rébellions !Régulièrement, au cours de ses voyages, Jean-Pierre Valentin a croisé le chemin de files commerciales d’ânes ou de dromadaires. C’est en Mauritanie orientale que le contact s’opère plus directement. Là, il se souvient d’un crépuscule où, avec deux amis maures dans l’attente d’une caravane depuis des jours, il est tombé nez à nez avec une escouade du clan El-Taleb à la tête de trente-deux chameaux chargés d’amersâl, de la croûte de sel… Ces Sahariens, parfaitement à l’aise, évidemment à leur place dans leur milieu, étaient tout surpris de son excitation communicative ! C’est au Niger surtout qu’il a eu la chance d’accompagner des caravanes hauturières, au cœur de régions imposantes. Les itinéraires principaux sont connus, reste à rencontrer son madugu, son guide, à fixer un rendez-vous et à prendre la piste… Le défi en ce qui le concernait était de vivre la caravane touarègue, d’y prendre pleinement part, mais aussi de la filmer ! Quand on sait que la traversée est menée tambour battant, sans répit, de l’aurore à la nuit avancée, il faut alors l’imaginer, toujours préoccupé par le matériel, suer sang et eau pour devancer puis rattraper la colonne… de la haute voltige exténuante, atténuée par la participation de ses hôtes qui s’amusaient de cette suractivité chronique.Plus tard, avec les caravanes menées par les femmes touboues, dans les vallons de l’erg de Bilma, l’épreuve sera moins pénible, du fait principalement de journées de marche réduites. Les Toubous ne transportent pas de fourrage pour leurs bêtes, aussi chaque minuscule pâturage est-il l’occasion d’une halte, toujours pour le bien-être des chameaux.Jean-Pierre Valentin a pleinement vécu ces caravanes, cette expérience d’exception du désert, malgré la difficulté liée en particulier aux tournages, comme la récompense ultime de ses pérégrinations sahariennes.
Livre de l’intervenant en rapport avec cette conférence :Ténéré, Avec les caravaniers du Niger
En savoir davantage sur :Jean-Pierre Valentin
Le monde caravanier du Sahara par Jean-Pierre ValentinLe 10 octobre 2007 à 20 heures 30En partenariat avec le magazine Animan
Depuis la nuit des temps, des caravanes sillonnent le Sahara et accompagnent les pèlerins, les commerçants et les trafiquants au cœur de ses immensités inhospitalières… Que deviennent, à l’aube du XXIe siècle, ces files de dromadaires, ces expéditions hauturières qui arpentent inlassablement le désert ?Les Touaregs des monts de l’Aïr s’élancent dès l’automne pour de longs mois. À la suite d’un madugu, le maître de la caravane, qui connaît l’itinéraire, les chameliers kel ewey traversent le Ténéré en direction des salines et des palmeraies du Kaouar. Chargés de ballots de foin, les dromadaires chenillent dans les larges vallées avant d’affronter l’aveuglante lumière lors d’étapes interminables. À l’ouest de l’Adrar Madet, le puisard d’Ajioua signale le dernier repère, au pied du massif. Les provisions d’eau et de bois effectuées, les hommes – un pour dix bêtes – piquent plein est, via la falaise et le puits d’Achegour. Avant les premières lueurs et jusqu’à la nuit avancée, les files progressent, sans jamais s’arrêter. Il faut marcher, mener trois cents chameaux bâtés et atteindre l’autre rive avant que les provisions ne s’épuisent. Dans l’oasis d’Achenouma, les denrées transportées – blé, mil, oignons, tomates, piments rouges et fromages déshydratés – sont échangées contre des monceaux de dattes. Le troc domine, où deux types de mesure permettent les transactions entre éleveurs touaregs et sédentaires kanouris ou toubous. Pendant que sont confectionnés les contenants en fibres de palme, certains hommes dirigent une centaine de dromadaires vers Kalala, l’aire salifère qui jouxte le bourg de Bilma. Là, ils achètent les cônes et les galettes de sel gemme prisés des nomades du Sahel. Cette caravane, comme toutes celles qui persistent au Sahara, est une aventure commerciale d’envergure nécessaire à la survie de groupes humains importants. La taghlamt des Touaregs du Ténéré représente la première tranche, la plus fascinante, d’un itinéraire qui conduit ensuite les caravaniers vers les marchés et les champs du Soudan, en bordure de la frontière nigériane.Les Toubous du massif du Djado, aux confins du Sahara nigérien, pratiquent également l’échange caravanier au long cours. À certaines saisons, ce sont même leurs femmes qui conduisent les « vaisseaux du désert » au cœur du Ténéré méridional. Les épouses touboues, fines, tout en os, poignard de bras bien visible, fréquentent crânement l’âpreté des sables, l’erg de Bilma. Leurs files chamelières sont moins rodées peut-être que celles menées par les Kel Ewey, plus hétéroclites, mais évoluent dans un univers tout en volume, en courbe, en cols à franchir. Il faut dans ce chaos dunaire éviter la bascule des faix au fond des ravins sablonneux, redoubler de vigilance quand souffle le vent qui masque les reliefs… Ces équipées bien souvent familiales atteignent les marchés de Ngourti, Nguigmi, Tasker, les rives du lac Tchad.Aux limites sud du désert, cernés par une steppe rabougrie, les nomades wodaabe marchent devant leurs zébus et, dès la fin de l’hivernage, célèbrent la beauté lors de rassemblements festifs imposants. Ils mènent inlassablement leurs majestueux troupeaux aux limites des terres arables. Riche de tabous vieux comme le monde, ce peuple, dit « de l’interdit », perpétue un mode de vie d’une extrême mobilité, toujours à la recherche du bien-être de son bétail, aux aguets, à la poursuite des nuages… Ses campements sont invisibles, évanouis dans l’univers steppique des terres subsahariennes. Si la saison les y oblige, les éleveurs peuvent parcourir des distances énormes, changer de pays pour sauver leurs animaux. Comme tous les pasteurs, ils utilisent le sel fossile du désert pour accroître la vitalité de leurs bêtes.
Après avoir vécu auprès des éleveurs ouest-africains, nomades wodaabe, transhumants touaregs, chameliers maures, bergers aït atta du Haut-Atlas central marocain, Jean-Pierre Valentin a désiré arpenter d’autres horizons, pourtant voisins, en vue de suivre le transport et le commerce des dattes et du sel gemme.Il voulait vivre ces caravanes contemporaines de l’intérieur et, comme pour ses séjours au cœur des campements, s’y sentir en immersion.Si le désert lui a d’abord permis de s’éloigner de notre société matérielle aux repères flous, son immensité est vite devenue un lieu de quête, de recherche d’expériences constructives. Passé les premiers séjours par trop contemplatifs ou manichéens, le voyageur est devenu un « rat » de bibliothèque, un chineur toujours en appétit de découvertes inattendues. Comme souvent, si l’idéalisation est aisée – dans un monde de pasteurs simples où la vie est belle –, la réalité est douloureuse dès que s’estompe le voile – surtout quand l’univers abordé est en proie aux rébellions !Régulièrement, au cours de ses voyages, Jean-Pierre Valentin a croisé le chemin de files commerciales d’ânes ou de dromadaires. C’est en Mauritanie orientale que le contact s’opère plus directement. Là, il se souvient d’un crépuscule où, avec deux amis maures dans l’attente d’une caravane depuis des jours, il est tombé nez à nez avec une escouade du clan El-Taleb à la tête de trente-deux chameaux chargés d’amersâl, de la croûte de sel… Ces Sahariens, parfaitement à l’aise, évidemment à leur place dans leur milieu, étaient tout surpris de son excitation communicative ! C’est au Niger surtout qu’il a eu la chance d’accompagner des caravanes hauturières, au cœur de régions imposantes. Les itinéraires principaux sont connus, reste à rencontrer son madugu, son guide, à fixer un rendez-vous et à prendre la piste… Le défi en ce qui le concernait était de vivre la caravane touarègue, d’y prendre pleinement part, mais aussi de la filmer ! Quand on sait que la traversée est menée tambour battant, sans répit, de l’aurore à la nuit avancée, il faut alors l’imaginer, toujours préoccupé par le matériel, suer sang et eau pour devancer puis rattraper la colonne… de la haute voltige exténuante, atténuée par la participation de ses hôtes qui s’amusaient de cette suractivité chronique.Plus tard, avec les caravanes menées par les femmes touboues, dans les vallons de l’erg de Bilma, l’épreuve sera moins pénible, du fait principalement de journées de marche réduites. Les Toubous ne transportent pas de fourrage pour leurs bêtes, aussi chaque minuscule pâturage est-il l’occasion d’une halte, toujours pour le bien-être des chameaux.Jean-Pierre Valentin a pleinement vécu ces caravanes, cette expérience d’exception du désert, malgré la difficulté liée en particulier aux tournages, comme la récompense ultime de ses pérégrinations sahariennes.
Livre de l’intervenant en rapport avec cette conférence :Ténéré, Avec les caravaniers du Niger
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“Sahara - Sur la route des caravanes...
ICRA International - Actualités
Les 20 ans d’ICRA : “Sahara - Sur la route des caravanes...
Dans le cadre du festival des peuples premiers, Jean-Pierre Valentin présentera ses deux derniers documentaires : “Sahara - Sur la route des Caravanes..." le vendredi 19 septembre à 18 H 30.
Les 20 ans d’ICRA : “Sahara - Sur la route des caravanes...
Dans le cadre du festival des peuples premiers, Jean-Pierre Valentin présentera ses deux derniers documentaires : “Sahara - Sur la route des Caravanes..." le vendredi 19 septembre à 18 H 30.
10 sept. 2008
LE LAC TCHAD MENACÉ DE DISPARITION
LE LAC TCHAD MENACÉ DE DISPARITION
En 40 ans, cette réserve d’eau douce a perdu 80% de sa superficie. Les scientifiques tentent d’expliquer les causes de cet assèchement.Pour un grand nombre de personnes, l'assèchement du Lac Tchad est dû aux changements climatiques. Les tenants de cette thèse, relèvent qu’au cours des trois dernières décennies, les précipitations ont été très déficitaires dans la zone sahélienne. Dans le même temps, des chercheurs croient savoir qu’il s’agit d’un problème de surexploitation du lac. Le Pr Maurice Tsalefac de l’université de Yaoundé I, « la péjoration pluviométrique entraîne une raréfaction des ressources. Les populations sont alors obligées de migrer vers les zones humides où elles peuvent trouver de quoi vivre. »Pour lui, les deux facteurs (changement climatique en amont, et action de l’homme en aval) agissent ensemble. « Les changements climatiques dit-il, déclenchent des processus que l’homme accélère. » Le Pr Tsalefac appuie son argumentation sur les actions entreprises par les Etats et les populations qui multiplient des projets qui captent une bonne partie de l’eau qui alimente habituellement le lac. C’est ainsi que de 25 000 Km2 en 1963 le lac Tchad n’a plus que 2000 Km2 aujourd’hui.Luc Descroix, hydrologue et chercheur attribue la régression du lac Tchad à la baisse du débit de ses affluents. Il explique que les rivières provenant des régions tropicales humides (le Chari et le Logone) ou secondairement soudano-sahéliennes (Komadougou) ont connu une baisse des débits de leur cours. Cette baisse est liée à deux causes : d'une part la baisse de la pluviométrie entre 1968 et 1997 qui a entraîné des conséquences diverses: dans les zones de climats "soudanien" et "guinéen", cette baisse des débits a été accentuée à cause de la baisse des pluies. Une baisse de l'ordre de 10 à 20%, celle des débits de 20 à 75%. Luc Descroix fait aussi savoir que la diminution du Lac Tchad est due au fait que le débit des cours d'eau dans cette région est constitué par l'eau qui est en surplus dans les sols et les bassins versants. Les sols peuvent contenir une certaine quantité d'eau, ensuite elles débordent. Comme la quantité d'eau nécessaire à leur saturation varie peu dans le temps, une baisse de la pluviométrie ne modifie pas ou peu (sauf sur une longue durée) la quantité d'eau qui va se stocker dans le sol, par contre, elle va affecter la partie supplémentaire de celle qui aurait du ruisseler, donc des eaux de surface. Il y a donc eu dans cette région, presque 30 ans de sécheresse, qui a eu un impact négatif sur les réserves en eau du sol. Là où elles existaient (eau résiduelle, nappes perchées, etc), ces réserves ont été épuisées.La relative augmentation des débits depuis 1998 avec l’augmentation des pluies ne permet pas à la pluviométrie moyenne de rattraper son niveau d'avant 1963, et elle s'accompagne d'une augmentation de l'irrégularité interannuelle. Il y a donc en fait, une succession de bonnes et de mauvaises années.L'action de l’hommeDans le cas du bassin du Tchad, les périmètres irrigués de la basse vallée du Chari et du Logone , spécialisés la culture du coton, ont pu ponctionner, surtout en années déficitaires, de gros volumes d'eau de ces cours d'eau, mais cela n'a jamais atteint la démesure constatée, en Asie centrale ex-soviétique,par la catastrophe d e la mer d'Aral; une étudiante de Guillaume Favreau a fourni un croquis des débits du Chari avec et sans la ponction due à l'irrigation et il apparaît que cette ponction semble tout a fait raisonnable.Un recul dramatiqueLe lac Tchad est un grand lac peu profond d'Afrique (7mètres de profondeur) et dont les eaux sont douces. Son rôle économique est très important, car il fournit de l'eau à plus de 20 millions de personnes des quatre pays limitrophes : le Tchad,le Cameroun, le Niger et le Nigeria.Le principal apport en eau du lac Tchad vient du fleuve Chari et de son affluent Logone, tous deux issus des montagnes de la République centrafricaine. L’autre cours d’eau qui aurait constitué un apport important pour le lac est le Komadugu-Yobé, venant du Nigeria, mais le cours d’eau est aujourd’hui affaibli par la présence de deux barrages en amont.Le recul du lac dans les années 1970-80 n'a pas eu que des inconvénients. Les nouvelles terres émergées, encore humides, ont permis d'entreprendre des cultures très productives au sud du Tchad. Ces rives sont devenues un véritable potager pour Ndjamena car des agriculteurs y ont trouvé un terrain fertile pour la culture des fruits, légumes mais aussi céréales (riz, maïs...). L'agriculture de décrue fit vivre confortablement aujourd’hui près d’un demi-millier de Tchadiens.Mais il est important de signaler que ces cultures accentuent la réduction du lac, car plus l’agriculture est pratiquée sur ces berges, plus il y a des besoins en irrigation. Une étude sur le lac Tchad financée par la Nasa dans le cadre de son système d’observation de la Terre montre des variations importantes sur le lac et rend les spécialistes très pessimistes quant à l’avenir du lac. La seule issue reste aujourd’hui, la solution préconisée par le Commission du bassin du Lac Tchad qui regroupe les chefs d’Etat des pays limitrophes du Lac. Le projet d’envergure vise à transférer les eaux du fleuve Oubangui par un ‘’pipe line’’ pour renflouer le lac en eau. Un projet ambitieux qui tarde à démarrer alors le processus de disparition du lac s’accélère.Christophe Mvondo(Nouvelle Expression,Cameroun)
En 40 ans, cette réserve d’eau douce a perdu 80% de sa superficie. Les scientifiques tentent d’expliquer les causes de cet assèchement.Pour un grand nombre de personnes, l'assèchement du Lac Tchad est dû aux changements climatiques. Les tenants de cette thèse, relèvent qu’au cours des trois dernières décennies, les précipitations ont été très déficitaires dans la zone sahélienne. Dans le même temps, des chercheurs croient savoir qu’il s’agit d’un problème de surexploitation du lac. Le Pr Maurice Tsalefac de l’université de Yaoundé I, « la péjoration pluviométrique entraîne une raréfaction des ressources. Les populations sont alors obligées de migrer vers les zones humides où elles peuvent trouver de quoi vivre. »Pour lui, les deux facteurs (changement climatique en amont, et action de l’homme en aval) agissent ensemble. « Les changements climatiques dit-il, déclenchent des processus que l’homme accélère. » Le Pr Tsalefac appuie son argumentation sur les actions entreprises par les Etats et les populations qui multiplient des projets qui captent une bonne partie de l’eau qui alimente habituellement le lac. C’est ainsi que de 25 000 Km2 en 1963 le lac Tchad n’a plus que 2000 Km2 aujourd’hui.Luc Descroix, hydrologue et chercheur attribue la régression du lac Tchad à la baisse du débit de ses affluents. Il explique que les rivières provenant des régions tropicales humides (le Chari et le Logone) ou secondairement soudano-sahéliennes (Komadougou) ont connu une baisse des débits de leur cours. Cette baisse est liée à deux causes : d'une part la baisse de la pluviométrie entre 1968 et 1997 qui a entraîné des conséquences diverses: dans les zones de climats "soudanien" et "guinéen", cette baisse des débits a été accentuée à cause de la baisse des pluies. Une baisse de l'ordre de 10 à 20%, celle des débits de 20 à 75%. Luc Descroix fait aussi savoir que la diminution du Lac Tchad est due au fait que le débit des cours d'eau dans cette région est constitué par l'eau qui est en surplus dans les sols et les bassins versants. Les sols peuvent contenir une certaine quantité d'eau, ensuite elles débordent. Comme la quantité d'eau nécessaire à leur saturation varie peu dans le temps, une baisse de la pluviométrie ne modifie pas ou peu (sauf sur une longue durée) la quantité d'eau qui va se stocker dans le sol, par contre, elle va affecter la partie supplémentaire de celle qui aurait du ruisseler, donc des eaux de surface. Il y a donc eu dans cette région, presque 30 ans de sécheresse, qui a eu un impact négatif sur les réserves en eau du sol. Là où elles existaient (eau résiduelle, nappes perchées, etc), ces réserves ont été épuisées.La relative augmentation des débits depuis 1998 avec l’augmentation des pluies ne permet pas à la pluviométrie moyenne de rattraper son niveau d'avant 1963, et elle s'accompagne d'une augmentation de l'irrégularité interannuelle. Il y a donc en fait, une succession de bonnes et de mauvaises années.L'action de l’hommeDans le cas du bassin du Tchad, les périmètres irrigués de la basse vallée du Chari et du Logone , spécialisés la culture du coton, ont pu ponctionner, surtout en années déficitaires, de gros volumes d'eau de ces cours d'eau, mais cela n'a jamais atteint la démesure constatée, en Asie centrale ex-soviétique,par la catastrophe d e la mer d'Aral; une étudiante de Guillaume Favreau a fourni un croquis des débits du Chari avec et sans la ponction due à l'irrigation et il apparaît que cette ponction semble tout a fait raisonnable.Un recul dramatiqueLe lac Tchad est un grand lac peu profond d'Afrique (7mètres de profondeur) et dont les eaux sont douces. Son rôle économique est très important, car il fournit de l'eau à plus de 20 millions de personnes des quatre pays limitrophes : le Tchad,le Cameroun, le Niger et le Nigeria.Le principal apport en eau du lac Tchad vient du fleuve Chari et de son affluent Logone, tous deux issus des montagnes de la République centrafricaine. L’autre cours d’eau qui aurait constitué un apport important pour le lac est le Komadugu-Yobé, venant du Nigeria, mais le cours d’eau est aujourd’hui affaibli par la présence de deux barrages en amont.Le recul du lac dans les années 1970-80 n'a pas eu que des inconvénients. Les nouvelles terres émergées, encore humides, ont permis d'entreprendre des cultures très productives au sud du Tchad. Ces rives sont devenues un véritable potager pour Ndjamena car des agriculteurs y ont trouvé un terrain fertile pour la culture des fruits, légumes mais aussi céréales (riz, maïs...). L'agriculture de décrue fit vivre confortablement aujourd’hui près d’un demi-millier de Tchadiens.Mais il est important de signaler que ces cultures accentuent la réduction du lac, car plus l’agriculture est pratiquée sur ces berges, plus il y a des besoins en irrigation. Une étude sur le lac Tchad financée par la Nasa dans le cadre de son système d’observation de la Terre montre des variations importantes sur le lac et rend les spécialistes très pessimistes quant à l’avenir du lac. La seule issue reste aujourd’hui, la solution préconisée par le Commission du bassin du Lac Tchad qui regroupe les chefs d’Etat des pays limitrophes du Lac. Le projet d’envergure vise à transférer les eaux du fleuve Oubangui par un ‘’pipe line’’ pour renflouer le lac en eau. Un projet ambitieux qui tarde à démarrer alors le processus de disparition du lac s’accélère.Christophe Mvondo(Nouvelle Expression,Cameroun)
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