L’accord de Bamako (texte, suite, détails, interrogations…) | L'Afrique en chemin
Après une nuit d'euphorie, dans la foulée de la signature de l' Accord cadre de Bamako, qui précise le retour à l'ordre constitutionnel, et l'abandon du pouvoir par la junte du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'état (CNRDRE), une série de questions se posent pour la suite. Les hommes du capitaine Sanogo vont rendre le pouvoir aux civils, mais quand et comment ?
Pour commencer, il faut quelqu'un à la tête de l'état pour gérer cette période intermédiaire, en l'occurrence, le président de l'Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, arrivé du Burkina Faso dans l'après-midi de samedi. Pour qu'il devienne président dans le cadre d'une vacance du pouvoir, il faut qu'ATT commence par démissionner.
Il faut aussi trouver l'actuel premier ministre, Cissé Mariam Kaidama Sidibé. Elle est supposée être aux arrêts à Kati, mais ne se trouvait pas dans le groupe des prisonniers politiques de la junte qui ont pu rencontrer les délégations présentes pour les négociations ces jours derniers. Or, il revient au premier ministre de saisir la cour constitutionnelle, en même temps que le président de l'Assemblée nationale, pour que la vacance du pouvoir soit constatée et permettre à ce dernier d'être désigné à la tête de l'état. Pourvu qu'on trouve rapidement Cissé Mariam Kaidama Sidibé !
A première vue, tout ceci peut sembler compliqué, mais voilà la rançon du retour à l'ordre constitutionnel. C'est dans ce genre de débats que le chef de la junte pourrait essayer d'entraîner les discussions, afin de paralyser le processus qui le dépouille du pouvoir en plusieurs étapes, par effeuillage successif.
La constitution prévoit que des élections doivent se tenir dans les quarante jours après la nomination d'un président par intérim, délai qui semble impossible à tenir. Il faudrait plutôt parler de trois ou quatre mois, sans même tenir compte de la situation dans le Nord (environ 15% de l'électorat tout de même), mais en se basant sur des délais pour nommer un premier ministre, puis un Gouvernement d'union nationale dans lequel il faut s'attendre à voir apparaître quelques militaires, avant de se livrer au nettoyage des listes électorales, quitte à se résoudre à utiliser le RAS, le vieux fichier qui présente de graves défauts. "Chaque année, le nombre d'électeur augmente plus vite que la population du Mali", précise une source bénéficiant d'un accès direct à ces chiffres. Au total, il y aurait 8,15 millions d'électeurs sur ce fichier, c'est plus d'un million et demi en trop.
Mais le Mali n'en est pas là. Pour l'heure, il s'agit d'installer le nouveau pouvoir, puis de faire face aux deux urgences que constitue le règlement de la crise au Nord, cette partie du pays dont les rebelles du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont annoncé la sécession il y a trois jours. A Bamako, dans la rue comme dans la classe politique, "l'intégrité du territoire" n'est pas prise à la légère. Le Mali vit comme un traumatisme le fait de se voir coupé en deux, avec d'énormes incertitudes sur le sort des populations qui vivent dans cette moitié nord.
Ce sentiment est exprimé par Ibrahim Boubacar Keita, ex-premier ministre et candidat à l'élection présidentielle, qui vient de rendre public un communiqué abordant cette question : "L’une des missions essentielles du gouvernement d’union nationale de transition que j’appelle de tous mes vœux sera de reconquérir le territoire national avant d’entamer les négociations avec la rébellion. Cette reconquête devra se faire par notre armée nationale, réarmée moralement et rééquipée, avec l’appui logistique, matériel et en renseignements des pays amis qui souhaitent nous aider. Dans ce sens, j’apprécie l’annonce d’une loi de programmation et d’orientation militaire, comme je l’ai toujours proposé."
8 avr. 2012
Vite, il faut sauver le Mali !
Vite, il faut sauver le Mali !
(Journal du Jeudi Du 5 au 11 avril 2012 )
Les trompettes de la commémoration de l’indépendance du Sénégal, le 4 avril, ont une mélodie toute particulière cette année. Wade est parti deux jours plus tôt, laissant la place à une nouvelle alternance. Un président tout neuf, un mandat nouveau, et des défis à la pelle...
Tout avait commencé par un “Sall” temps pour Gorgui. Mais le vieux Wade n’y croyait guère et pensait tenir, dur comme fer, son pari. Seulement, la bourrasque électorale avait prévu d’autres plans pour le «pays de la Téranga». Sur fond de ventilateur et d’alternance. Le Sall temps de Macky est trop fort.
Après douze années de bons et loyaux services à la nation sénégalaise, Gorgui a passé la main le 2 avril dernier. Entre ovations et huées. Mais bon, on ne peut pas plaire à tout le monde. Même dans la vie. Les tambours étaient donc au rendez-vous de cette passation de pouvoir, même s’ils ne distillaient pas les mêmes sons. «Na dema dem» (Qu’il s’en aille), grondaient les uns, pressés de voir le «Pape du Sopi» prendre sa retraite! «Gorgui ligueyna Sénégal» (Le vieux a travaillé), scandaient les autres, admiratifs. Mais le sort en était jeté depuis cette fameuse soirée du 25 mars où Vieux Gorgui, sentant son échec cuisant, agrippa son bigophone et félicita son tombeur. Son élève, qu’il a roulé dans la farine, et qui est devenu décidément plus fort que son maître. Youssou Ndour pouvait déployer ses boubous avec gaieté et faire revivre le mbalakh avec bonheur.
Super Macky a donc gagné l’élection présidentielle de sa vie et tient fermement la barre du navire Sénégal depuis quelques jours. Une entrée en scène en fanfare, saluée aux quatre coins de la planète et ponctuée, déjà, par un dossier brûlant. Invité surprise de ce jour de gloire, le Mali était au centre de toutes les polémiques et de toutes les négociations.
Les têtes couronnées de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’étaient donné rendez-vous à Ndakarou, en marge de la cérémonie d’investiture de Super Macky, pour mettre le capitaine Sanogo au pied de son coup d’Etat de malheur. Embargo, sanctions, retour à la case départ et tout, et tout... Et ils ont à nouveau tapé du poing sur la table! Seulement, entre l’arbre du retour à la case constitutionnelle et la forêt de l’avancée victorieuse des rebelles sur la moitié nord du Mali, il faut savoir où placer ses forces.
En tout cas, les quelque 2 000 hommes déjà mis en alerte à titre préventif par la Cedeao pourraient bien entrer dans le jeu. Lundi dernier, à Dakar, les chefs d’Etat ont, en plus de l’annonce d’un «embargo total», sonné le gong d’une intervention militaire dans un pays sens dessus dessous. Les chefs d’état-major des pays membres de la communauté devraient se réunir incessamment pour «voir les modalités d’activation de cette force». D’ailleurs, ADO-la-force s’est voulu très ferme. «Toutes les mesures diplomatiques, économiques, financières et autres sont applicables (...) et ne seront levées que lorsque l’ordre constitutionnel (sera) effectivement rétabli », a-t-il martelé.
«Yes, we can!» semble lui avoir répondu le putschiste Sanogo, qui plaide cependant que «l’urgence est le recouvrement de l’intégrité territoriale» dans le Nord. Un Nord irrémédiablement perdu avec la prise annoncée de Tombouctou, haut lieu historique et touristique figurant sur le patrimoine mondial de l’Unesco, par les rebelles? En perdant le nord, le Mali n’est-il pas aussi en train de perdre son âme? Il faut sauver le Mali... Et vite !
© Copyright Journal du Jeudi
(Journal du Jeudi Du 5 au 11 avril 2012 )
Les trompettes de la commémoration de l’indépendance du Sénégal, le 4 avril, ont une mélodie toute particulière cette année. Wade est parti deux jours plus tôt, laissant la place à une nouvelle alternance. Un président tout neuf, un mandat nouveau, et des défis à la pelle...
Tout avait commencé par un “Sall” temps pour Gorgui. Mais le vieux Wade n’y croyait guère et pensait tenir, dur comme fer, son pari. Seulement, la bourrasque électorale avait prévu d’autres plans pour le «pays de la Téranga». Sur fond de ventilateur et d’alternance. Le Sall temps de Macky est trop fort.
Après douze années de bons et loyaux services à la nation sénégalaise, Gorgui a passé la main le 2 avril dernier. Entre ovations et huées. Mais bon, on ne peut pas plaire à tout le monde. Même dans la vie. Les tambours étaient donc au rendez-vous de cette passation de pouvoir, même s’ils ne distillaient pas les mêmes sons. «Na dema dem» (Qu’il s’en aille), grondaient les uns, pressés de voir le «Pape du Sopi» prendre sa retraite! «Gorgui ligueyna Sénégal» (Le vieux a travaillé), scandaient les autres, admiratifs. Mais le sort en était jeté depuis cette fameuse soirée du 25 mars où Vieux Gorgui, sentant son échec cuisant, agrippa son bigophone et félicita son tombeur. Son élève, qu’il a roulé dans la farine, et qui est devenu décidément plus fort que son maître. Youssou Ndour pouvait déployer ses boubous avec gaieté et faire revivre le mbalakh avec bonheur.
Super Macky a donc gagné l’élection présidentielle de sa vie et tient fermement la barre du navire Sénégal depuis quelques jours. Une entrée en scène en fanfare, saluée aux quatre coins de la planète et ponctuée, déjà, par un dossier brûlant. Invité surprise de ce jour de gloire, le Mali était au centre de toutes les polémiques et de toutes les négociations.
Les têtes couronnées de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’étaient donné rendez-vous à Ndakarou, en marge de la cérémonie d’investiture de Super Macky, pour mettre le capitaine Sanogo au pied de son coup d’Etat de malheur. Embargo, sanctions, retour à la case départ et tout, et tout... Et ils ont à nouveau tapé du poing sur la table! Seulement, entre l’arbre du retour à la case constitutionnelle et la forêt de l’avancée victorieuse des rebelles sur la moitié nord du Mali, il faut savoir où placer ses forces.
En tout cas, les quelque 2 000 hommes déjà mis en alerte à titre préventif par la Cedeao pourraient bien entrer dans le jeu. Lundi dernier, à Dakar, les chefs d’Etat ont, en plus de l’annonce d’un «embargo total», sonné le gong d’une intervention militaire dans un pays sens dessus dessous. Les chefs d’état-major des pays membres de la communauté devraient se réunir incessamment pour «voir les modalités d’activation de cette force». D’ailleurs, ADO-la-force s’est voulu très ferme. «Toutes les mesures diplomatiques, économiques, financières et autres sont applicables (...) et ne seront levées que lorsque l’ordre constitutionnel (sera) effectivement rétabli », a-t-il martelé.
«Yes, we can!» semble lui avoir répondu le putschiste Sanogo, qui plaide cependant que «l’urgence est le recouvrement de l’intégrité territoriale» dans le Nord. Un Nord irrémédiablement perdu avec la prise annoncée de Tombouctou, haut lieu historique et touristique figurant sur le patrimoine mondial de l’Unesco, par les rebelles? En perdant le nord, le Mali n’est-il pas aussi en train de perdre son âme? Il faut sauver le Mali... Et vite !
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Les Touareg proclament l'état Azawad
AFRICATIMELes Touareg proclament l'état Azawad - Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet
MALI: ALORS QUE LE PAYS EST LIVRÉ AU CHAOS: Les Touareg proclament l'état Azawad
(L'Expression 07/04/2012)
Unanime, le monde a condamné hier ce coup de force et refuse de reconnaître un précédent dangereux pour l'Afrique.
Le Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla), composante de la rébellion touarègue malienne, a proclamé hier «l'indépendance de l'Azawad» dans une déclaration sur son site Internet et via un de ses porte-parole sur la chaîne France 24.
«Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad à compter de ce jour», a déclaré Mossa Ag Attaher, qui a clairement affirmé la responsabilité de son mouvement dans la sécurisation de la région du Nord. «Nous venons de terminer un combat très important, celui de la libération», a-t-il ajouté. Dans une «Déclaration d'indépendance de l'Azawad» publiée hier sur leur site, les rebelles déclarent: «Nous, peuple de l'Azawad, rappelant les principes du droit international et les principaux instruments juridiques internationaux régissant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, notamment, la Charte des Nations unies en ses articles 1 et 55, les dispositions pertinentes de la déclaration internationale des droits des peuples autochtones proclamons irrévocablement l'Etat indépendant de l'Azawad à compter de ce jour vendredi 6 avril 2012.»
Le texte proclame la «reconnaissance des frontières en vigueur avec les Etats limitrophes et leur inviolabilité», «l'adhésion totale à la Charte des Nations unies» et «l'engagement ferme du Mnla à créer les conditions de paix durable, à initier les fondements institutionnels de l'Etat basés sur une Constitution démocratique de l'Azawad indépendant». Tout en invitant l'ensemble de la Communauté internationale dans «un élan de justice et de paix à reconnaître sans délai» l'Etat de l'Azawad indépendant. Le Comité exécutif du Mnla, proclame également qu'il continuera, jusqu'à la mise en place de l'Autorité du Territoire de l'Azawad, à assurer la gestion de l'ensemble du territoire. La déclaration est signée par le secrétaire général du Mnla, Billal Ag Acherif. Aussi, le Mnla a annoncé jeudi soir la fin de ses «opérations militaires». Mise devant le fait accompli, l'Union africaine (UA) a annoncé hier qu'elle «rejetait totalement la prétendue déclaration d'indépendance» du Nord-Mali proclamée par un groupe touareg. Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a ajouté dans un communiqué qu'il «condamnait fermement cette annonce, qui est nulle et sans aucune valeur», et qu'il «appelait toute la communauté internationale à soutenir pleinement cette position de principe de l'Afrique». La France, quant à elle, rejette la déclaration d'indépendance qu'elle considère comme «nulle et non avenue», selon la déclaration du ministère français des Affaires étrangères. Cette «Déclaration d'indépendance unilatérale» du Nord-Mali, «n'aurait pas de sens» si elle n'était pas reconnue par les Etats africains, a aussi déclaré le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, lors d'une conférence de presse devant l'association de la presse anglo-américaine. Mardi, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, avait exprimé l'opposition de la France à la revendication indépendantiste du Mnla. Cependant, «cette revendication pourrait conduire, dans le cadre d'un dialogue national, à une forme d'autonomie assortie d'une politique ambitieuse de développement. Le Nord n'a pas assez bénéficié pour l'instant d'efforts de développement aussi importants que le sud du pays», avait-il indiqué. De son côté, l'Union européenne refuse toute remise en cause de l'intégrité territoriale du Mali, a averti hier la porte-parole de la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, après la proclamation d'indépendance de la rébellion touarègue. «Tant que l'ordre constitutionnel n'aura pas été restauré, aucune solution ne pourra être trouvée», a averti Maja Kocijancic. Une mission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui ont imposé un embargo diplomatique et économique total au Mali quelques jours après le coup d'Etat, ont aussi clamé leur attachement à l'intégrité territoriale de ce pays membre de l'organisation. La Cédéao se trouvait toujours à Bamako, hier, pour des pourparlers avec la junte dirigée par le capitaine Amadou Sanogo à qui il est demandé un retour à l'ordre constitutionnel en échange de la levée de l'embargo. Pour sa part, la Tunisie a, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, réaffirmé, hier, son attachement absolu au principe du respect de la légitimité constitutionnelle et à la préservation de l'intégrité territoriale du Mali, ainsi qu'à sa sécurité et sa stabilité.
Par Nardjes FLICI
MALI: ALORS QUE LE PAYS EST LIVRÉ AU CHAOS: Les Touareg proclament l'état Azawad
(L'Expression 07/04/2012)
Unanime, le monde a condamné hier ce coup de force et refuse de reconnaître un précédent dangereux pour l'Afrique.
Le Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla), composante de la rébellion touarègue malienne, a proclamé hier «l'indépendance de l'Azawad» dans une déclaration sur son site Internet et via un de ses porte-parole sur la chaîne France 24.
«Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad à compter de ce jour», a déclaré Mossa Ag Attaher, qui a clairement affirmé la responsabilité de son mouvement dans la sécurisation de la région du Nord. «Nous venons de terminer un combat très important, celui de la libération», a-t-il ajouté. Dans une «Déclaration d'indépendance de l'Azawad» publiée hier sur leur site, les rebelles déclarent: «Nous, peuple de l'Azawad, rappelant les principes du droit international et les principaux instruments juridiques internationaux régissant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, notamment, la Charte des Nations unies en ses articles 1 et 55, les dispositions pertinentes de la déclaration internationale des droits des peuples autochtones proclamons irrévocablement l'Etat indépendant de l'Azawad à compter de ce jour vendredi 6 avril 2012.»
Le texte proclame la «reconnaissance des frontières en vigueur avec les Etats limitrophes et leur inviolabilité», «l'adhésion totale à la Charte des Nations unies» et «l'engagement ferme du Mnla à créer les conditions de paix durable, à initier les fondements institutionnels de l'Etat basés sur une Constitution démocratique de l'Azawad indépendant». Tout en invitant l'ensemble de la Communauté internationale dans «un élan de justice et de paix à reconnaître sans délai» l'Etat de l'Azawad indépendant. Le Comité exécutif du Mnla, proclame également qu'il continuera, jusqu'à la mise en place de l'Autorité du Territoire de l'Azawad, à assurer la gestion de l'ensemble du territoire. La déclaration est signée par le secrétaire général du Mnla, Billal Ag Acherif. Aussi, le Mnla a annoncé jeudi soir la fin de ses «opérations militaires». Mise devant le fait accompli, l'Union africaine (UA) a annoncé hier qu'elle «rejetait totalement la prétendue déclaration d'indépendance» du Nord-Mali proclamée par un groupe touareg. Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a ajouté dans un communiqué qu'il «condamnait fermement cette annonce, qui est nulle et sans aucune valeur», et qu'il «appelait toute la communauté internationale à soutenir pleinement cette position de principe de l'Afrique». La France, quant à elle, rejette la déclaration d'indépendance qu'elle considère comme «nulle et non avenue», selon la déclaration du ministère français des Affaires étrangères. Cette «Déclaration d'indépendance unilatérale» du Nord-Mali, «n'aurait pas de sens» si elle n'était pas reconnue par les Etats africains, a aussi déclaré le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, lors d'une conférence de presse devant l'association de la presse anglo-américaine. Mardi, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, avait exprimé l'opposition de la France à la revendication indépendantiste du Mnla. Cependant, «cette revendication pourrait conduire, dans le cadre d'un dialogue national, à une forme d'autonomie assortie d'une politique ambitieuse de développement. Le Nord n'a pas assez bénéficié pour l'instant d'efforts de développement aussi importants que le sud du pays», avait-il indiqué. De son côté, l'Union européenne refuse toute remise en cause de l'intégrité territoriale du Mali, a averti hier la porte-parole de la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, après la proclamation d'indépendance de la rébellion touarègue. «Tant que l'ordre constitutionnel n'aura pas été restauré, aucune solution ne pourra être trouvée», a averti Maja Kocijancic. Une mission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui ont imposé un embargo diplomatique et économique total au Mali quelques jours après le coup d'Etat, ont aussi clamé leur attachement à l'intégrité territoriale de ce pays membre de l'organisation. La Cédéao se trouvait toujours à Bamako, hier, pour des pourparlers avec la junte dirigée par le capitaine Amadou Sanogo à qui il est demandé un retour à l'ordre constitutionnel en échange de la levée de l'embargo. Pour sa part, la Tunisie a, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, réaffirmé, hier, son attachement absolu au principe du respect de la légitimité constitutionnelle et à la préservation de l'intégrité territoriale du Mali, ainsi qu'à sa sécurité et sa stabilité.
Par Nardjes FLICI
Mali : l'Azawad est un « Etat » mort-né
AFRICATIME Mali : l'Azawad est un « Etat » mort-né - Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet
Mali : l'Azawad est un « Etat » mort-né (SYNTHESE)
(Xinhuanet 07/04/2012)
BAMAKO -- C'est à travers un communiqué daté de vendredi publié à partir de Gao que le Mouvement nationale pour la libération de l'Azawad proclame l'indépendance de cette région constituant 60% de la République du Mali. Une « souveraineté » rejetée de facto par l'ensemble des forces vives du Mali et la communauté internationale.
« C'est juste pour se donner des arguments de négociation », pense S. Camara, un leader politique du pays. « Ces gens du MNLA sont des plaisantins. L'Azawad ne leur appartient pas plus qu'à nous. S'ils sont sûrs que les populations de cette région veulent l'autonomie, pourquoi ne pas organiser alors un référendum au lieu de prendre des armes contre des gens innocents. Depuis la nuit des temps, ces régions appartiennent au Mali et nous nous ne reconnaissons une autre patrie que le Mali », insiste un haut cadre du nord qui requiert l'anonymat de peur de représailles contres ses proches.
Une position défendue par plusieurs responsables du Collectif des ressortissants du nord (COREN) joints au téléphone, mais qui craignent les mêmes représailles contre les familles dans les villes sous le contrôle de MNLA.
« C'est la suite logique des victoires militaires sur le terrain ces dernières semaines. N'empêche que ce supposé Etat de l' Azawad est mort-né d'autant plus que même si les autorités de Bamako ne contrôlent plus 2/3 de leur territoire, une grande partie de cet espace compromis n'est pas non plus contrôlé par le MNLA mis en difficulté par Ançar Dine, notamment à Kidal et Tombouctou. L'Azawad ne saurait se limité à Gao qui, historiquement, est le berceau de l'empire songhaï. Cette région ne peut pas être revendiquée par les tamasheq et les arabes », défend Kader Toé, chroniqueur politique et intellectuel très engagé pour la sauvegarde de l'unité nationale et la démocratie dans son pays.
Pour appuyer ses arguments, il souligne que la République de l' Azawad est isolée avant même sa naissance. En témoigne sa non reconnaissance par l'Union Africaine, l'Union Européenne, la France, l'Algérie.
« Nous considérons que la déclaration unilatérale d'indépendance de l'Azawad est nulle et non avenue .. La France défend l'unité et l'intégrité territoriale du Mali », a aussitôt déclaré à la presse le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero. Il a ajouté que son pays appelle le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) à inscrire son action dans « le cadre d'un dialogue politique respectueux de l'ordre constitutionnel malien et de l'unité du pays ».
Toutefois, malgré ce rejet du Quai d'Orsay (ministère français des Affaires étrangères), beaucoup de Maliens soupçonnent la France d'être à la base de la déstabilisation de leur pays. « Cela ne me fait pas changer de position quant à la grande hypocrisie de la France. Ce sont les médias français qui servent de lieu de propagande pour une bande d'illusionniste touaregs qui ne représentent qu'eux même. Si le MNLA n'était pas en perte de vitesse sur le terrain face aux groupes islamistes armes, la France allait prendre une position différente, ou du moins si la réélection de Nicolas Sarkozy n'était pas compromise », s'insurge Bakary Sanogo, un intellectuel malien vivant en Virginie, aux Etats-Unis.
Pour Adama Diakité, membre actif de la société civile malienne, « Nous pensions que la France pouvait avoir de moyens plus légaux pour contraindre un gouvernement laxiste que de déclencher une guerre de division territoriale et de conflit ethnique. Elle sera comptable de tout ce qui adviendra. Elle devra savoir qu'elle est passible de poursuite pénale, de crime de guerre en ayant provoqué l'invasion du territoire malien par les rebelles venant de Libye avec des armements lourds ».
Même si les responsables du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) refusent de commenter officiellement et unilatéralement cette nouvelle donne, en attendant une « condamnation commune », ils rejettent de facto cette « indépendance utopique et fantaisiste ».
Pour de nombreux interlocuteurs, il faut un retour rapide à l' ordre constitutionnel pour favoriser l'appui des pays amis et des organisations comme la CEDEAO pour renverser la situation actuelle en libérant le nord-Mali du joug des islamistes, des narcotrafiquants.
Toutefois, aujourd'hui, presque toutes les composantes de la société malienne appellent à l'union sacrée pour la libération du nord et à relever les défis qui se posent à toute la nation malienne. « Aujourd'hui, en tant que Maliens nous sommes tous de Gao, nous sommes tous de Kidal, nous sommes tous de Tombouctou », rappelle un responsable du Collectif Cri de Coeur pour le Nord qui organise demain, samedi 7 avril 2012, sur la question ainsi que l' ouverture d'un corridor humanitaire pour apporter l'aide aux populations se trouvant aujourd'hui dans le total dénouement.
Et depuis l'annonce de cette indépendance, synonyme de l' annexion des régions nord du pays, des initiatives de création de comités d'autodéfense se multiplient à travers les réseaux sociaux comme Facebook et les SMS. « Chaque malien et chaque malienne qui veut participer activement a l'écriture de l'histoire du pays doit contribuer, à sa manière et selon ses compétences, à l'effort de défense de l'intégrité territoriale. L'adhésion aux comites d'autodéfense donne une occasion de lier le geste à la parole. Il y a plusieurs manières de contribuer aux comités d'autodéfense. Si vous ne savez pas exactement comment vous pouvez contribuer prière de vous renseigner auprès de la commission. Ne sous-estimez pas la valeur de votre contribution individuelle à l'effort collectif ! Tôt ou tard vos enfants ou vos petits enfants pourrons vous demander quelle action concrète avez-vous fait personnellement quand le Mali avait besoin de vous ? », indique l'un des défenseurs de telles initiatives.
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Mali : l'Azawad est un « Etat » mort-né (SYNTHESE)
(Xinhuanet 07/04/2012)
BAMAKO -- C'est à travers un communiqué daté de vendredi publié à partir de Gao que le Mouvement nationale pour la libération de l'Azawad proclame l'indépendance de cette région constituant 60% de la République du Mali. Une « souveraineté » rejetée de facto par l'ensemble des forces vives du Mali et la communauté internationale.
« C'est juste pour se donner des arguments de négociation », pense S. Camara, un leader politique du pays. « Ces gens du MNLA sont des plaisantins. L'Azawad ne leur appartient pas plus qu'à nous. S'ils sont sûrs que les populations de cette région veulent l'autonomie, pourquoi ne pas organiser alors un référendum au lieu de prendre des armes contre des gens innocents. Depuis la nuit des temps, ces régions appartiennent au Mali et nous nous ne reconnaissons une autre patrie que le Mali », insiste un haut cadre du nord qui requiert l'anonymat de peur de représailles contres ses proches.
Une position défendue par plusieurs responsables du Collectif des ressortissants du nord (COREN) joints au téléphone, mais qui craignent les mêmes représailles contre les familles dans les villes sous le contrôle de MNLA.
« C'est la suite logique des victoires militaires sur le terrain ces dernières semaines. N'empêche que ce supposé Etat de l' Azawad est mort-né d'autant plus que même si les autorités de Bamako ne contrôlent plus 2/3 de leur territoire, une grande partie de cet espace compromis n'est pas non plus contrôlé par le MNLA mis en difficulté par Ançar Dine, notamment à Kidal et Tombouctou. L'Azawad ne saurait se limité à Gao qui, historiquement, est le berceau de l'empire songhaï. Cette région ne peut pas être revendiquée par les tamasheq et les arabes », défend Kader Toé, chroniqueur politique et intellectuel très engagé pour la sauvegarde de l'unité nationale et la démocratie dans son pays.
Pour appuyer ses arguments, il souligne que la République de l' Azawad est isolée avant même sa naissance. En témoigne sa non reconnaissance par l'Union Africaine, l'Union Européenne, la France, l'Algérie.
« Nous considérons que la déclaration unilatérale d'indépendance de l'Azawad est nulle et non avenue .. La France défend l'unité et l'intégrité territoriale du Mali », a aussitôt déclaré à la presse le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero. Il a ajouté que son pays appelle le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) à inscrire son action dans « le cadre d'un dialogue politique respectueux de l'ordre constitutionnel malien et de l'unité du pays ».
Toutefois, malgré ce rejet du Quai d'Orsay (ministère français des Affaires étrangères), beaucoup de Maliens soupçonnent la France d'être à la base de la déstabilisation de leur pays. « Cela ne me fait pas changer de position quant à la grande hypocrisie de la France. Ce sont les médias français qui servent de lieu de propagande pour une bande d'illusionniste touaregs qui ne représentent qu'eux même. Si le MNLA n'était pas en perte de vitesse sur le terrain face aux groupes islamistes armes, la France allait prendre une position différente, ou du moins si la réélection de Nicolas Sarkozy n'était pas compromise », s'insurge Bakary Sanogo, un intellectuel malien vivant en Virginie, aux Etats-Unis.
Pour Adama Diakité, membre actif de la société civile malienne, « Nous pensions que la France pouvait avoir de moyens plus légaux pour contraindre un gouvernement laxiste que de déclencher une guerre de division territoriale et de conflit ethnique. Elle sera comptable de tout ce qui adviendra. Elle devra savoir qu'elle est passible de poursuite pénale, de crime de guerre en ayant provoqué l'invasion du territoire malien par les rebelles venant de Libye avec des armements lourds ».
Même si les responsables du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) refusent de commenter officiellement et unilatéralement cette nouvelle donne, en attendant une « condamnation commune », ils rejettent de facto cette « indépendance utopique et fantaisiste ».
Pour de nombreux interlocuteurs, il faut un retour rapide à l' ordre constitutionnel pour favoriser l'appui des pays amis et des organisations comme la CEDEAO pour renverser la situation actuelle en libérant le nord-Mali du joug des islamistes, des narcotrafiquants.
Toutefois, aujourd'hui, presque toutes les composantes de la société malienne appellent à l'union sacrée pour la libération du nord et à relever les défis qui se posent à toute la nation malienne. « Aujourd'hui, en tant que Maliens nous sommes tous de Gao, nous sommes tous de Kidal, nous sommes tous de Tombouctou », rappelle un responsable du Collectif Cri de Coeur pour le Nord qui organise demain, samedi 7 avril 2012, sur la question ainsi que l' ouverture d'un corridor humanitaire pour apporter l'aide aux populations se trouvant aujourd'hui dans le total dénouement.
Et depuis l'annonce de cette indépendance, synonyme de l' annexion des régions nord du pays, des initiatives de création de comités d'autodéfense se multiplient à travers les réseaux sociaux comme Facebook et les SMS. « Chaque malien et chaque malienne qui veut participer activement a l'écriture de l'histoire du pays doit contribuer, à sa manière et selon ses compétences, à l'effort de défense de l'intégrité territoriale. L'adhésion aux comites d'autodéfense donne une occasion de lier le geste à la parole. Il y a plusieurs manières de contribuer aux comités d'autodéfense. Si vous ne savez pas exactement comment vous pouvez contribuer prière de vous renseigner auprès de la commission. Ne sous-estimez pas la valeur de votre contribution individuelle à l'effort collectif ! Tôt ou tard vos enfants ou vos petits enfants pourrons vous demander quelle action concrète avez-vous fait personnellement quand le Mali avait besoin de vous ? », indique l'un des défenseurs de telles initiatives.
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Azawad déclaré indépendant: Le Maroc rejette la proclamation
AFRICATIME Azawad déclaré indépendant: Le Maroc rejette la proclamation
- Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet
Azawad déclaré indépendant: Le Maroc rejette la proclamation
(MAP 07/04/2012)
El Otmani : «La proclamation unilatérale par le Mouvement national de libération de l'Azawad de l'indépendance du Nord-Mali est inacceptable»
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Saad Dine El Otmani a affirmé, dans une déclaration à la MAP, vendredi 06 avril 2012, au sujet des derniers développements au Mali, que la proclamation unilatérale par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) de l'indépendance du Nord-Mali vis-à-vis de la République malienne est «totalement inacceptable» de la part du Royaume du Maroc.
El Otmani a précisé que le Royaume du Maroc considère cette déclaration comme une décision «totalement inacceptable» eu égard à ses conséquences graves sur la paix, la sécurité et la stabilité dans la région tout entière, soulignant la nécessité pour tous les Etats «d'assumer leurs responsabilités pour traiter cette question».
Concernant les conséquences de la crise du nord-Mali, au vu notamment de l'afflux d'un grand nombre de réfugiés maliens vers les pays voisins, ce qui a provoqué une grave crise humanitaire dans la région, le ministre a indiqué que le gouvernement marocain a pris l'initiative, sur hautes instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, d'envoyer des aides humanitaires afin d'alléger les souffrances de ces réfugiés en Mauritanie, ajoutant que le Royaume s'apprête à entreprendre des initiatives similaires au profit des réfugiés maliens au Niger et au Burkina Faso.
Au sujet de la capacité du Mali de sortir de la crise sans grands dommages et par les moyens pacifiques, surtout avec l'aggravation de la situation dans le Nord, le ministre a indiqué que le Mali, «considéré comme l'une des démocraties d'Afrique, dispose des outils nécessaires pour un retour souple et pacifique à la légitimité constitutionnelle, dans le cadre d'un consensus entre toutes les parties concernées, y compris l'institution militaire», laquelle a exprimé à maintes reprises sa disposition à remettre le pouvoir aux civils et à agir dans le cadre des institutions constitutionnelles pour pouvoir gérer la crise dans le Nord.
El Otmani a souligné que le Royaume du Maroc, qui accorde, dans le cadre de sa politique étrangère, un grand intérêt aux questions africaines, en général, et à la région Sahélo-saharienne en particulier, entreprend les contacts et les consultations avec les pays de la région et nombre de pays amis en vue de rechercher les voies de coopération propres à «aider les frères maliens à sortir de leur crise».
El Otmani a ajouté que le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération s'est hâté, dès l'annonce du coup d'Etat militaire au Mali, de rendre public un communiqué officiel dans lequel il a souligné la nécessité de rétablir les institutions constitutionnelles, de préserver l'unité territoriale de ce pays frère et d'arrêter l'effusion de sang des Maliens, dans leurs diverses composantes. Il a, de même, décidé la mise en place d'une cellule de veille à son siège pour assurer le suivi de la situation de la communauté marocaine résidant dans ce pays, en faisant part de l'attachement du Maroc à ce qu'aucune atteinte ne soit portée aux intérêts des entreprises marocaines opérant dans ce pays.
Concernant le rôle que peut jouer la diplomatie marocaine pour aider au règlement de cette crise, El Otmani a fait savoir que, sur Hautes instructions royales, le Maroc a annoncé sa disposition à apporter tout le soutien nécessaire pour contribuer au rétablissement de la sécurité et de la stabilité au Mali et garantir une issue sereine et pacifique à cette crise, partant de sa position en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, et de membre observateur au sein de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest ( Cedeao), et en conformité avec ses orientations diplomatiques basées sur le respect du principe de souveraineté.
Compte tenu de ces éléments, l'ambassadeur de Sa Majesté le Roi à Bamako, qui a rencontré à plusieurs reprises le chef du comité militaire en place, a été chargé d'affirmer la nécessité de rétablir dans leurs fonctions les institutions constitutionnelles, en exprimant la disponibilité du Royaume du Maroc à se tenir aux côtés du Mali pour la préservation de sa sécurité, de son unité et de sa stabilité.
MAP
- Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet
Azawad déclaré indépendant: Le Maroc rejette la proclamation
(MAP 07/04/2012)
El Otmani : «La proclamation unilatérale par le Mouvement national de libération de l'Azawad de l'indépendance du Nord-Mali est inacceptable»
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Saad Dine El Otmani a affirmé, dans une déclaration à la MAP, vendredi 06 avril 2012, au sujet des derniers développements au Mali, que la proclamation unilatérale par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) de l'indépendance du Nord-Mali vis-à-vis de la République malienne est «totalement inacceptable» de la part du Royaume du Maroc.
El Otmani a précisé que le Royaume du Maroc considère cette déclaration comme une décision «totalement inacceptable» eu égard à ses conséquences graves sur la paix, la sécurité et la stabilité dans la région tout entière, soulignant la nécessité pour tous les Etats «d'assumer leurs responsabilités pour traiter cette question».
Concernant les conséquences de la crise du nord-Mali, au vu notamment de l'afflux d'un grand nombre de réfugiés maliens vers les pays voisins, ce qui a provoqué une grave crise humanitaire dans la région, le ministre a indiqué que le gouvernement marocain a pris l'initiative, sur hautes instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, d'envoyer des aides humanitaires afin d'alléger les souffrances de ces réfugiés en Mauritanie, ajoutant que le Royaume s'apprête à entreprendre des initiatives similaires au profit des réfugiés maliens au Niger et au Burkina Faso.
Au sujet de la capacité du Mali de sortir de la crise sans grands dommages et par les moyens pacifiques, surtout avec l'aggravation de la situation dans le Nord, le ministre a indiqué que le Mali, «considéré comme l'une des démocraties d'Afrique, dispose des outils nécessaires pour un retour souple et pacifique à la légitimité constitutionnelle, dans le cadre d'un consensus entre toutes les parties concernées, y compris l'institution militaire», laquelle a exprimé à maintes reprises sa disposition à remettre le pouvoir aux civils et à agir dans le cadre des institutions constitutionnelles pour pouvoir gérer la crise dans le Nord.
El Otmani a souligné que le Royaume du Maroc, qui accorde, dans le cadre de sa politique étrangère, un grand intérêt aux questions africaines, en général, et à la région Sahélo-saharienne en particulier, entreprend les contacts et les consultations avec les pays de la région et nombre de pays amis en vue de rechercher les voies de coopération propres à «aider les frères maliens à sortir de leur crise».
El Otmani a ajouté que le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération s'est hâté, dès l'annonce du coup d'Etat militaire au Mali, de rendre public un communiqué officiel dans lequel il a souligné la nécessité de rétablir les institutions constitutionnelles, de préserver l'unité territoriale de ce pays frère et d'arrêter l'effusion de sang des Maliens, dans leurs diverses composantes. Il a, de même, décidé la mise en place d'une cellule de veille à son siège pour assurer le suivi de la situation de la communauté marocaine résidant dans ce pays, en faisant part de l'attachement du Maroc à ce qu'aucune atteinte ne soit portée aux intérêts des entreprises marocaines opérant dans ce pays.
Concernant le rôle que peut jouer la diplomatie marocaine pour aider au règlement de cette crise, El Otmani a fait savoir que, sur Hautes instructions royales, le Maroc a annoncé sa disposition à apporter tout le soutien nécessaire pour contribuer au rétablissement de la sécurité et de la stabilité au Mali et garantir une issue sereine et pacifique à cette crise, partant de sa position en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité, et de membre observateur au sein de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest ( Cedeao), et en conformité avec ses orientations diplomatiques basées sur le respect du principe de souveraineté.
Compte tenu de ces éléments, l'ambassadeur de Sa Majesté le Roi à Bamako, qui a rencontré à plusieurs reprises le chef du comité militaire en place, a été chargé d'affirmer la nécessité de rétablir dans leurs fonctions les institutions constitutionnelles, en exprimant la disponibilité du Royaume du Maroc à se tenir aux côtés du Mali pour la préservation de sa sécurité, de son unité et de sa stabilité.
MAP
“Le nord du Mali n’est pas la zone d’origine des Touarègues”
AFRICATIME “Le nord du Mali n’est pas la zone d’origine des Touarègues”
- Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet
Interview /Maïga Amadou (Secrétaire général du Conseil des Maliens de Côte d’Ivoire):
“Le nord du Mali n’est pas la zone d’origine des Touarègues”
Secrétaire général du Conseil des Maliens de Côte d’Ivoire, Maïga Amadou, fait ici le point de la situation dans son pays et invite la CEDEAO à agir rapidement pour restaurer l’ordre au Mali.
Le Patriote: Quelle est la situation actuelle dans votre pays?
Maïga Amadou: Depuis le 17 janvier 2012, le Mouvement national pour la Libération de l’Azawad, (MNLA) a déclenché des opérations armées dans le nord du Mali, qui ont entraîné une crise au sein de l’appareil d’Etat malien entre l’armée et le régime d’Amadou Toumani Touré. Cette crise a abouti au coup d’Etat du 22 mars et à l’occupation d’une bonne partie du nord du Mali.
LP: Pour vous, c’est la crise déclenchée par le MNLA qui a entraîné le coup d’Etat?
MA: Je pense que c’est la gestion de la crise qui a entraîné le coup d’Etat. Parce que le militaires se sont fait massacrer. Ils n’ont pas bénéficié du soutien de la hiérarchie. Ils sont eu le sentiment qu’ils ont été trahis par la hiérarchie militaire et par le Président ATT lui-même. Les femmes des militaires sont allées dire au président de la République que leurs maris ont été massacrés parce qu’ils n’ont pas bénéficié de l’armement nécessaire et du soutien de l’Etat.
LP: Est-ce à dire que vous soutenez le coup de force?
MA: Non ! Il faut savoir que depuis la déclaration d’Alger de 1999 de l’OUA (NDLR actuelle UA), les coups d’Etat sont proscrits en Afrique. Il n’est pas concevable qu’au 21e siècle, des personnes qui détiennent des armes achetées avec l’argent du contribuable, renversent ceux qui ont été désignés par ces contribuables pour diriger le pays. On ne peut pas soutenir un coup d’Etat quel que soit le contexte dans lequel il intervient. Mais, nous avons le sentiment que les militaires ont été poussés à bout. Parce que la gestion de la crise Touarègue par ATT est critiquable. La France, la Mauritanie et différents Etats l’ont mis en garde, par rapport à son traitement de la question Touarègue. Il n’a pas réagi efficacement. C’est ce qui nous a entraînés dans cette situation que nous vivons. La gestion est d’une légèreté inimaginable. Elle est critiquable, mais cela ne justifie pas pour autant le coup d’Etat qui devient un facteur de complexité du problème Mali.
LP: Qu’est ce qui se passe aujourd’hui au Mali?
MA: Aujourd’hui, nous avons des bandes armées dans le nord du Mali, qui sont en train de détruire ce que l’on a mis 50 ans à bâtir. Ces bandes armées prétendent être l’émanation des populations. Ce qui est faux. Le MNLA, AQMI, ANSAR DINE ne sont que les têtes d’une même hydre. A la base, le MNLA était un petit parti politique régional. Avec la crise libyenne, avec les contacts que Iyad Ag Ghaly
A eus avec des pays du Golf, il a bénéficié de soutiens financiers. Ce qui lui a permis de former des troupes qui sont le bras armé de cette rébellion. Le MNLA n’est que la partie politique du mouvement. Croire que le MNLA aurait en son sein des hommes qui seraient plus policés ou civilisés qu’AQMI, est une erreur absolument à éviter.
LP: Craignez-vous pour le Mali?
MA: Je crains, non seulement pour le Mali, mais pour toute la sous-région africaine et pour l’Afrique en général. Parce que ceux qui occupent actuellement le nord du Mali, ont toujours fait de cette région, une zone à haut risque pour les touristes. Puisque ce sont eux les ravisseurs. Iyad Ag Ghaly est connu pour être l’interface entre les groupes de preneurs d’otages et les Etats occidentaux. Aujourd’hui, ils veulent créer une zone de non droit. Il faut savoir que contrairement à ce que l’on raconte sur les chaînes étrangères, le nord du Mali n’est pas la zone d’origine des Touarègues. Tout le monde sait que cette zone qu’ils prétendent être la leur, a donné naissance à deux grands empires: l’empire du Mali et l’empire Songhaï. Cette zone n’est pas la zone des populations touarègues, qui sont des populations nomades. Aujourd’hui, elle est peuplée essentiellement de négro-africains, comme par le passé. Les Touarègues au nord du Mali sont une minorité. Le combat que le MNLA mène est un combat de terroristes. A terme, nous allons assister à une ‘’afghanisation’’ de l’Afrique de l’ouest. Tous les terroristes comme Boko haram, AQMI trouveront un sanctuaire pour déstabiliser l’Afrique de l’ouest. C’est un combat dont la légitimité est extrêmement contestable. Il ne repose pas sur l’aspiration des populations du nord du Mali qui sont majoritairement des Peuhls, des Dogons, des Bozo. Aucun Touarègue ne peut prétendre que Gao par exemple est une zone Touarègue. Dire que le MNLA a recouvré l’entièreté de sa zone géographique, est une imposture.
LP: Que faut-il faire alors?
MA: L’erreur est humaine. La persévérance dans l’erreur est diabolique, disaient les Latins. Aujourd’hui, il faut que les militaires sachent raison garder et retournent en caserne. C’est le meilleur moyen de trouver une solution à la crise malienne. S’ils s’entêtent, les conséquences risquent d’être incalculables pour le Mali et pour toute la sous-région. Je suis ressortissant du nord du Mali. Je connais les réalités de cette région. Mon village est occupé, ma région est occupée. Ces gens n’ont aucune légitimité. Il ne faut pas qu’on essaie de leur donner une légitimité qu’ils n’ont pas et qu’ils n’auront jamais.
LP: Que pensez-vous de l’embargo décrété par la CEDEAO?
MA: L’embargo est une mesure qui avait une seule finalité: montrer aux putschistes que la CEDEAO est déterminée pour le retour à l’ordre constitutionnel. On a pensé qu’ils reculeraient. Il faut que la junte comprenne que l’on ne peut pas accepter de coup d’Etat au 21e siècle.
LP: Que pensez-vous de l’intervention militaire?
MA: Je pense que c’est la solution. Pour les bouter hors du Mali, il faut une intervention militaire. Ils ne sont pas plus d’un millier comme l’a dit Alain Juppé. Ils détruisent tout sur leur passage.
LP: Ne pensez-vous pas que l’intervention militaire va aggraver la situation au lieu de l’apaiser?
MA: Je pense au contraire que cette intervention va solutionner le problème. Il y a au sud, un pouvoir illégitime, au nord des bandes armées. Il faut rapidement mettre fin à tout ce désordre.
LP: Quel est votre part, en tant que Maliens vivant en Côte d’Ivoire, dans ce conflit?
MA: Nous avons protesté. Il faut savoir que les populations du nord du Mali se sont défendues elles-mêmes. Mais faute de moyens et pour n’avoir pas été soutenues par l’Etat central de Bamako, elles n’ont pas résisté.
Réalisée par Thiery Latt
- Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet
Interview /Maïga Amadou (Secrétaire général du Conseil des Maliens de Côte d’Ivoire):
“Le nord du Mali n’est pas la zone d’origine des Touarègues”
Secrétaire général du Conseil des Maliens de Côte d’Ivoire, Maïga Amadou, fait ici le point de la situation dans son pays et invite la CEDEAO à agir rapidement pour restaurer l’ordre au Mali.
Le Patriote: Quelle est la situation actuelle dans votre pays?
Maïga Amadou: Depuis le 17 janvier 2012, le Mouvement national pour la Libération de l’Azawad, (MNLA) a déclenché des opérations armées dans le nord du Mali, qui ont entraîné une crise au sein de l’appareil d’Etat malien entre l’armée et le régime d’Amadou Toumani Touré. Cette crise a abouti au coup d’Etat du 22 mars et à l’occupation d’une bonne partie du nord du Mali.
LP: Pour vous, c’est la crise déclenchée par le MNLA qui a entraîné le coup d’Etat?
MA: Je pense que c’est la gestion de la crise qui a entraîné le coup d’Etat. Parce que le militaires se sont fait massacrer. Ils n’ont pas bénéficié du soutien de la hiérarchie. Ils sont eu le sentiment qu’ils ont été trahis par la hiérarchie militaire et par le Président ATT lui-même. Les femmes des militaires sont allées dire au président de la République que leurs maris ont été massacrés parce qu’ils n’ont pas bénéficié de l’armement nécessaire et du soutien de l’Etat.
LP: Est-ce à dire que vous soutenez le coup de force?
MA: Non ! Il faut savoir que depuis la déclaration d’Alger de 1999 de l’OUA (NDLR actuelle UA), les coups d’Etat sont proscrits en Afrique. Il n’est pas concevable qu’au 21e siècle, des personnes qui détiennent des armes achetées avec l’argent du contribuable, renversent ceux qui ont été désignés par ces contribuables pour diriger le pays. On ne peut pas soutenir un coup d’Etat quel que soit le contexte dans lequel il intervient. Mais, nous avons le sentiment que les militaires ont été poussés à bout. Parce que la gestion de la crise Touarègue par ATT est critiquable. La France, la Mauritanie et différents Etats l’ont mis en garde, par rapport à son traitement de la question Touarègue. Il n’a pas réagi efficacement. C’est ce qui nous a entraînés dans cette situation que nous vivons. La gestion est d’une légèreté inimaginable. Elle est critiquable, mais cela ne justifie pas pour autant le coup d’Etat qui devient un facteur de complexité du problème Mali.
LP: Qu’est ce qui se passe aujourd’hui au Mali?
MA: Aujourd’hui, nous avons des bandes armées dans le nord du Mali, qui sont en train de détruire ce que l’on a mis 50 ans à bâtir. Ces bandes armées prétendent être l’émanation des populations. Ce qui est faux. Le MNLA, AQMI, ANSAR DINE ne sont que les têtes d’une même hydre. A la base, le MNLA était un petit parti politique régional. Avec la crise libyenne, avec les contacts que Iyad Ag Ghaly
A eus avec des pays du Golf, il a bénéficié de soutiens financiers. Ce qui lui a permis de former des troupes qui sont le bras armé de cette rébellion. Le MNLA n’est que la partie politique du mouvement. Croire que le MNLA aurait en son sein des hommes qui seraient plus policés ou civilisés qu’AQMI, est une erreur absolument à éviter.
LP: Craignez-vous pour le Mali?
MA: Je crains, non seulement pour le Mali, mais pour toute la sous-région africaine et pour l’Afrique en général. Parce que ceux qui occupent actuellement le nord du Mali, ont toujours fait de cette région, une zone à haut risque pour les touristes. Puisque ce sont eux les ravisseurs. Iyad Ag Ghaly est connu pour être l’interface entre les groupes de preneurs d’otages et les Etats occidentaux. Aujourd’hui, ils veulent créer une zone de non droit. Il faut savoir que contrairement à ce que l’on raconte sur les chaînes étrangères, le nord du Mali n’est pas la zone d’origine des Touarègues. Tout le monde sait que cette zone qu’ils prétendent être la leur, a donné naissance à deux grands empires: l’empire du Mali et l’empire Songhaï. Cette zone n’est pas la zone des populations touarègues, qui sont des populations nomades. Aujourd’hui, elle est peuplée essentiellement de négro-africains, comme par le passé. Les Touarègues au nord du Mali sont une minorité. Le combat que le MNLA mène est un combat de terroristes. A terme, nous allons assister à une ‘’afghanisation’’ de l’Afrique de l’ouest. Tous les terroristes comme Boko haram, AQMI trouveront un sanctuaire pour déstabiliser l’Afrique de l’ouest. C’est un combat dont la légitimité est extrêmement contestable. Il ne repose pas sur l’aspiration des populations du nord du Mali qui sont majoritairement des Peuhls, des Dogons, des Bozo. Aucun Touarègue ne peut prétendre que Gao par exemple est une zone Touarègue. Dire que le MNLA a recouvré l’entièreté de sa zone géographique, est une imposture.
LP: Que faut-il faire alors?
MA: L’erreur est humaine. La persévérance dans l’erreur est diabolique, disaient les Latins. Aujourd’hui, il faut que les militaires sachent raison garder et retournent en caserne. C’est le meilleur moyen de trouver une solution à la crise malienne. S’ils s’entêtent, les conséquences risquent d’être incalculables pour le Mali et pour toute la sous-région. Je suis ressortissant du nord du Mali. Je connais les réalités de cette région. Mon village est occupé, ma région est occupée. Ces gens n’ont aucune légitimité. Il ne faut pas qu’on essaie de leur donner une légitimité qu’ils n’ont pas et qu’ils n’auront jamais.
LP: Que pensez-vous de l’embargo décrété par la CEDEAO?
MA: L’embargo est une mesure qui avait une seule finalité: montrer aux putschistes que la CEDEAO est déterminée pour le retour à l’ordre constitutionnel. On a pensé qu’ils reculeraient. Il faut que la junte comprenne que l’on ne peut pas accepter de coup d’Etat au 21e siècle.
LP: Que pensez-vous de l’intervention militaire?
MA: Je pense que c’est la solution. Pour les bouter hors du Mali, il faut une intervention militaire. Ils ne sont pas plus d’un millier comme l’a dit Alain Juppé. Ils détruisent tout sur leur passage.
LP: Ne pensez-vous pas que l’intervention militaire va aggraver la situation au lieu de l’apaiser?
MA: Je pense au contraire que cette intervention va solutionner le problème. Il y a au sud, un pouvoir illégitime, au nord des bandes armées. Il faut rapidement mettre fin à tout ce désordre.
LP: Quel est votre part, en tant que Maliens vivant en Côte d’Ivoire, dans ce conflit?
MA: Nous avons protesté. Il faut savoir que les populations du nord du Mali se sont défendues elles-mêmes. Mais faute de moyens et pour n’avoir pas été soutenues par l’Etat central de Bamako, elles n’ont pas résisté.
Réalisée par Thiery Latt
“La France est prête à assurer la logistique de la force de la Cedeao”
AFRICATIME“La France est prête à assurer la logistique de la force de la Cedeao”
- Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet
La question d'une éventuelle intervention militaire au Mali est débattue en ce moment à Abidjan par les chefs d'état major de la Cédéao, la communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest. La France a fait savoir par la voix de son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé qu'elle est prête à assurer la logistique de la force de la Cédéao pour stopper les combats et rétablir l'ordre, mais qu'elle ne souhaite pas s'engager dans une intervention directe.
RFI : Au Nord-Mali, à Gao, à Tombouctou, les bandes armées se livrent au pillage et même aux viols de jeunes femmes. Comment mettre fin à cette catastrophe ?
Alain Juppé : La situation est très préoccupante, je dirais même dramatique. Et c’est la raison pour laquelle, lorsque je suis allé à Dakar il y a 48 heures, j’ai participé au sommet des chefs d’Etat de la Cédéao, la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest. Et la Cédéao s’est fortement engagée sur deux plans. D’abord le plan politique pour obtenir le retrait de la junte militaire et le rétablissement de l’ordre constitutionnel afin que le processus électoral puisse s’engager. Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso, a été chargé de cette médiation qui progresse à l’heure actuelle même si elle est difficile. Puis, deuxièmement, il y a le volet militaire qui est complexe parce qu’il y a deux tendances si je puis dire ou deux mouvements dans le Nord du Mali. D’abord le MNLA, le Mouvement national de libération de l'Azawad, dont l’objectif est l’autonomie voire la séparation d’Azawad, zone dont ils ont aujourd’hui quasiment le contrôle ; et puis, il y a Ansar Dine qui est infiltré par al-Qaïda en réalité et dont l’objectif est différent qui est d’instaurer un régime islamique sur l’ensemble du Mali et au-delà sur la zone sahélienne. Les chefs d’Etat ont donc décidé de préparer l’intervention de la force en attente de la Cédéao qui est composée de deux bataillons, à peu près 3 000 hommes. La France a indiqué qu’elle était prête à assurer la logistique de cette force de façon à stopper les combats et à rétablir l’ordre. Vous avez peut-être noté que le MNLA vient d’annoncer qu’il cessait ses opérations puisqu’il avait atteint ses objectifs.
RFI : Oui, mais les autres rebelles n’ont pas annoncé la même chose. Est-ce que les villes de Mopti et Ségou pourraient être menacées ?
A.J. : C’est possible. Nous sommes très inquiets, très vigilants et c’est la raison pour laquelle d’abord la mise en place d’autorités politiques capables de négocier avec au moins le MNLA et, d’autre part, l’intervention de la Cédéao nous paraissent prioritaires. Et c’est la raison pour laquelle la France a pris l’initiative de saisir le Conseil de sécurité qui a adopté une déclaration présidentielle soutenant les efforts de la Cédéao. Je voudrais quand même bien insister sur ce point : la France est engagée parce que le Mali est un pays ami, parce que nous avons dit depuis le début que nous étions attachés à son intégrité territoriale, parce que nous l’aidons de manière considérable avec notre coopération bilatérale. Mais la lutte contre le terrorisme au Sahel, c’est d’abord la responsabilité des pays de la région. Certains d’entre eux se battent bien contre Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique) : la Mauritanie que nous aidons en formant ses cadres militaires, le Niger. Force est de constater que le Mali n’a pas fait ça. Nous avons envoyé des messages répétés au président ATT (Amadou Toumani Touré) depuis des mois et des mois. Henri de Raincourt y est allé. J’y suis allé pour lui dire attention, il faut vous battre contre Aqmi et il ne faut pas compter sur une sorte de complaisance d’Aqmi à l’égard du régime de Bamako. Et ceci n’a pas fonctionné. Donc aujourd’hui, il faut mobiliser l’ensemble des pays de la région : l’Algérie qui a un rôle majeur à jouer, la Mauritanie, le Niger, les autorités de Bamako lorsqu’elles seront opérationnelles pour lutter contre ce fléau qui menace toute la zone jusqu’au Nigeria. Je voudrais insister sur le fait qu’il s’est passé la conjonction de deux évènements qu’on a un peu tendance à simplifier. C’est que la rébellion touarègue, elle ne date pas d’hier. Elle s’est déroulée pendant des décennies dans cette région. Il y a eu plusieurs révoltes. Il y a eu même un accord à Alger en 2006 pour essayer de trouver une solution politique. Ça n’a pas abouti, hélas. Et puis, à cela est venue s’ajouter Aqmi qui est un phénomène plus récent et qui a été renforcé, c’est vrai, par ce qui s’est passé en Libye avec l’arrivée de nouveaux combattants et surtout d’armes.
RFI : Vous confirmez que trois chefs d’Aqmi dont Abou Zeib et Mokthar Belmokhtar séjournent à Tombouctou depuis lundi ?
A.J. : Je n’ai pas de confirmation particulière, mais Aqmi est présent à Tombouctou.
RFI : Est-ce que ça ne va pas compliquer les négociations pour la libération des six otages français ?
A.J. : C’est une inquiétude que nous avons.
RFI : Vous dites que Cédéao a 3 000 hommes pour intervenir. Mais franchement, est-ce que 3 000 hommes peuvent suffire ? Est-ce qu’il ne faut pas envisager le déploiement de casques bleus ?
A.J. : Vous savez à combien on évalue le nombre de combattants touaregs et d’Aqmi ? Un petit millier. Donc il faut avoir quand même le rapport de force. C’est vrai que ce sont, pour ce qui concerne Aqmi en tout cas et même pour les Touaregs, des combattants aguerris. Nous sommes prêts à étudier toutes les options. Il faut absolument que l’on arrête d’abord les exactions qui se produisent au Nord-Mali, les violences, les hostilités. Et le problème touareg ne se réglera pas par la force. Il ne se réglera que par la négociation et le dialogue. C’est la raison pour laquelle nous voulons des autorités constitutionnelles à Bamako et avec le MNLA, un dialogue positif.
RFI : Beaucoup de Maliens en détresse disent, mais pourquoi l’armée française n’intervient pas comme en Côte d’Ivoire ?
A.J. : En Côte d’Ivoire, nous sommes intervenus alors qu’un processus électoral était en cours, que le président désigné nous le demandait, que les Nations unies étaient présentes. C’est l’Onuci qui est intervenue. La France est intervenue en soutien. Là nous sommes dans une configuration tout à fait différente. Je voulais simplement vous demander de réfléchir à une question, parce que je sais bien qu’on nous demande d’intervenir partout : êtes-vous sûr que le déploiement de forces françaises au Sahel entraînerait l’enthousiasme de tous les pays de la région, à commencer par l’Algérie ? Il faut quand même réfléchir un peu avant de dire, allons-y, allons-y. Nous sommes solidaires de nos amis maliens, du peuple malien, nous l’aidons et nous sommes décidés à l’aider, mais dans les conditions que j’ai indiquées.
RFI : Avec peut-être une aide pour le transport des troupes ?
A.J. : Oui, ça c’est tout à fait possible. Nous aidons déjà, je le répète, à la formation des cadres militaires en Mauritanie et au Niger qui sont des pays qui se battent bien. Nous sommes prêts à le faire. Nous sommes prêts à continuer. Nous avons même convaincu l’Union européenne de mettre en place une stratégie Sahel. Nous sommes en train de monter une opération, pardon d’entrer dans le jargon de Bruxelles, PSDC (Politique de sécurité et de défense commune) pour précisément aider les pays sur place. Vous voyez que nous ne sommes pas restés inactifs, loin de là. J’ajoute que nous avons aussi pris toutes les dispositions pour que nos ressortissants soient protégés. Nous avons fermé par anticipation le lycée français pendant l’arrivée des vacances et nous avons recommandé à tous ceux dont la présence n’est pas indispensable au Mali de se replier provisoirement en France.
RFI : Vous dites que la médiation de Blaise Compaoré progresse. Est-ce qu’on va vers un président de la transition ? Qui pourrait être qui ?
A.J. : Je ne peux pas vous le dire puisque ce sera le résultat de la médiation de Blaise Compaoré. Il y a plusieurs solutions. Le président ATT peut démissionner et à ce moment-là, si l’on fait jouer la Constitution, c’est le président de l’Assemblée nationale qui est en charge du gouvernement, Dioncounda Traoré. Si non d’autres solutions sont possibles et c’est ça qui fait l’objet précisément de la médiation. Ce qui m’a beaucoup frappé dans l’attitude des chefs d’Etat de la Cédéao dans cette réunion de Dakar, c’est leur fermeté pour dire, nous ne voulons plus de coup d’Etat militaire en Afrique. Le rétablissement de l’ordre constitutionnel a une valeur symbolique pour l’ensemble du continent. Et c’est la raison pour laquelle cette médiation aujourd’hui se déploie. Je connais Baise Compaoré, je sais que c’est un homme de grande sagesse, très compétent et très opiniâtre et je pense que sa médiation peut donner des résultats dans un délai relativement rapproché.
RFI : A Paris, la candidate du Front national Marine Le Pen affirme que, par son intervention en Libye, Nicolas Sarkozy a déclenché une vague islamiste dans toute l’Afrique sahélienne ?
A.J. : C’est une vision simpliste de la politique étrangère et de la réalité du Sahel, comme je vous l’ai dit. Qu’est-ce qui s’est passé dans le Nord-Mali ? D’abord, les Touaregs. Ça n’a rien à voir avec l’intervention française en Libye. C’est un problème qui se pose depuis des décennies. Des révoltes touarègues, il y en a eu dans les années 1990, dans les années 2000. Et puis c’est vrai un renforcement d’Aqmi. Je pose simplement la question : fallait-il maintenir monsieur Kadhafi en Libye ? Fallait-il l’autoriser à massacrer des dizaines de milliers de personnes à Benghazi ? C’est extrêmement facile de dire, il y avait qu’à, il fallait qu’on. Quand on est aux affaires, quand on est en situation de responsabilité, on assume ses responsabilités. Et la France a eu raison d’assumer la sienne lorsque la population libyenne appelait au secours et que les chars de Kadhafi s’apprêtaient à entrer dans Benghazi.
RFI : Vous êtes intervenu en Libye. Mais est-ce que vous avez vraiment vu le coup d’après au Sahel ?
A.J. : Bien sûr. Bien sûr qu’on prend des risques quand on intervient. S’il n’y avait que des opérations présentant des avantages et aucun inconvénient, la vie serait facile et la prise de décision le serait aussi. Nous sommes parfaitement conscients que le problème ne se pose pas uniquement au Sahel. Il se pose en Tunisie, en Egypte, en Syrie, il se pose partout. Le monde arabe est en pleine révolution. On ne peut pas partir du principe que tout Etat musulman est incompatible avec la démocratie. C’est le pari que nous avons fait et nous continuons à aller dans ce sens en renforçant nos partenaires politiques qui partagent un socle de valeurs et qui ne franchisent pas les lignes rouges que nous nous sommes fixées. Aqmi est un adversaire. Aqmi nous a déclaré la guerre. Aqmi prône la mort et la violence. Et donc c’est un adversaire désigné, bien entendu.
Source : RFI
- Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet
La question d'une éventuelle intervention militaire au Mali est débattue en ce moment à Abidjan par les chefs d'état major de la Cédéao, la communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest. La France a fait savoir par la voix de son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé qu'elle est prête à assurer la logistique de la force de la Cédéao pour stopper les combats et rétablir l'ordre, mais qu'elle ne souhaite pas s'engager dans une intervention directe.
RFI : Au Nord-Mali, à Gao, à Tombouctou, les bandes armées se livrent au pillage et même aux viols de jeunes femmes. Comment mettre fin à cette catastrophe ?
Alain Juppé : La situation est très préoccupante, je dirais même dramatique. Et c’est la raison pour laquelle, lorsque je suis allé à Dakar il y a 48 heures, j’ai participé au sommet des chefs d’Etat de la Cédéao, la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest. Et la Cédéao s’est fortement engagée sur deux plans. D’abord le plan politique pour obtenir le retrait de la junte militaire et le rétablissement de l’ordre constitutionnel afin que le processus électoral puisse s’engager. Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso, a été chargé de cette médiation qui progresse à l’heure actuelle même si elle est difficile. Puis, deuxièmement, il y a le volet militaire qui est complexe parce qu’il y a deux tendances si je puis dire ou deux mouvements dans le Nord du Mali. D’abord le MNLA, le Mouvement national de libération de l'Azawad, dont l’objectif est l’autonomie voire la séparation d’Azawad, zone dont ils ont aujourd’hui quasiment le contrôle ; et puis, il y a Ansar Dine qui est infiltré par al-Qaïda en réalité et dont l’objectif est différent qui est d’instaurer un régime islamique sur l’ensemble du Mali et au-delà sur la zone sahélienne. Les chefs d’Etat ont donc décidé de préparer l’intervention de la force en attente de la Cédéao qui est composée de deux bataillons, à peu près 3 000 hommes. La France a indiqué qu’elle était prête à assurer la logistique de cette force de façon à stopper les combats et à rétablir l’ordre. Vous avez peut-être noté que le MNLA vient d’annoncer qu’il cessait ses opérations puisqu’il avait atteint ses objectifs.
RFI : Oui, mais les autres rebelles n’ont pas annoncé la même chose. Est-ce que les villes de Mopti et Ségou pourraient être menacées ?
A.J. : C’est possible. Nous sommes très inquiets, très vigilants et c’est la raison pour laquelle d’abord la mise en place d’autorités politiques capables de négocier avec au moins le MNLA et, d’autre part, l’intervention de la Cédéao nous paraissent prioritaires. Et c’est la raison pour laquelle la France a pris l’initiative de saisir le Conseil de sécurité qui a adopté une déclaration présidentielle soutenant les efforts de la Cédéao. Je voudrais quand même bien insister sur ce point : la France est engagée parce que le Mali est un pays ami, parce que nous avons dit depuis le début que nous étions attachés à son intégrité territoriale, parce que nous l’aidons de manière considérable avec notre coopération bilatérale. Mais la lutte contre le terrorisme au Sahel, c’est d’abord la responsabilité des pays de la région. Certains d’entre eux se battent bien contre Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique) : la Mauritanie que nous aidons en formant ses cadres militaires, le Niger. Force est de constater que le Mali n’a pas fait ça. Nous avons envoyé des messages répétés au président ATT (Amadou Toumani Touré) depuis des mois et des mois. Henri de Raincourt y est allé. J’y suis allé pour lui dire attention, il faut vous battre contre Aqmi et il ne faut pas compter sur une sorte de complaisance d’Aqmi à l’égard du régime de Bamako. Et ceci n’a pas fonctionné. Donc aujourd’hui, il faut mobiliser l’ensemble des pays de la région : l’Algérie qui a un rôle majeur à jouer, la Mauritanie, le Niger, les autorités de Bamako lorsqu’elles seront opérationnelles pour lutter contre ce fléau qui menace toute la zone jusqu’au Nigeria. Je voudrais insister sur le fait qu’il s’est passé la conjonction de deux évènements qu’on a un peu tendance à simplifier. C’est que la rébellion touarègue, elle ne date pas d’hier. Elle s’est déroulée pendant des décennies dans cette région. Il y a eu plusieurs révoltes. Il y a eu même un accord à Alger en 2006 pour essayer de trouver une solution politique. Ça n’a pas abouti, hélas. Et puis, à cela est venue s’ajouter Aqmi qui est un phénomène plus récent et qui a été renforcé, c’est vrai, par ce qui s’est passé en Libye avec l’arrivée de nouveaux combattants et surtout d’armes.
RFI : Vous confirmez que trois chefs d’Aqmi dont Abou Zeib et Mokthar Belmokhtar séjournent à Tombouctou depuis lundi ?
A.J. : Je n’ai pas de confirmation particulière, mais Aqmi est présent à Tombouctou.
RFI : Est-ce que ça ne va pas compliquer les négociations pour la libération des six otages français ?
A.J. : C’est une inquiétude que nous avons.
RFI : Vous dites que Cédéao a 3 000 hommes pour intervenir. Mais franchement, est-ce que 3 000 hommes peuvent suffire ? Est-ce qu’il ne faut pas envisager le déploiement de casques bleus ?
A.J. : Vous savez à combien on évalue le nombre de combattants touaregs et d’Aqmi ? Un petit millier. Donc il faut avoir quand même le rapport de force. C’est vrai que ce sont, pour ce qui concerne Aqmi en tout cas et même pour les Touaregs, des combattants aguerris. Nous sommes prêts à étudier toutes les options. Il faut absolument que l’on arrête d’abord les exactions qui se produisent au Nord-Mali, les violences, les hostilités. Et le problème touareg ne se réglera pas par la force. Il ne se réglera que par la négociation et le dialogue. C’est la raison pour laquelle nous voulons des autorités constitutionnelles à Bamako et avec le MNLA, un dialogue positif.
RFI : Beaucoup de Maliens en détresse disent, mais pourquoi l’armée française n’intervient pas comme en Côte d’Ivoire ?
A.J. : En Côte d’Ivoire, nous sommes intervenus alors qu’un processus électoral était en cours, que le président désigné nous le demandait, que les Nations unies étaient présentes. C’est l’Onuci qui est intervenue. La France est intervenue en soutien. Là nous sommes dans une configuration tout à fait différente. Je voulais simplement vous demander de réfléchir à une question, parce que je sais bien qu’on nous demande d’intervenir partout : êtes-vous sûr que le déploiement de forces françaises au Sahel entraînerait l’enthousiasme de tous les pays de la région, à commencer par l’Algérie ? Il faut quand même réfléchir un peu avant de dire, allons-y, allons-y. Nous sommes solidaires de nos amis maliens, du peuple malien, nous l’aidons et nous sommes décidés à l’aider, mais dans les conditions que j’ai indiquées.
RFI : Avec peut-être une aide pour le transport des troupes ?
A.J. : Oui, ça c’est tout à fait possible. Nous aidons déjà, je le répète, à la formation des cadres militaires en Mauritanie et au Niger qui sont des pays qui se battent bien. Nous sommes prêts à le faire. Nous sommes prêts à continuer. Nous avons même convaincu l’Union européenne de mettre en place une stratégie Sahel. Nous sommes en train de monter une opération, pardon d’entrer dans le jargon de Bruxelles, PSDC (Politique de sécurité et de défense commune) pour précisément aider les pays sur place. Vous voyez que nous ne sommes pas restés inactifs, loin de là. J’ajoute que nous avons aussi pris toutes les dispositions pour que nos ressortissants soient protégés. Nous avons fermé par anticipation le lycée français pendant l’arrivée des vacances et nous avons recommandé à tous ceux dont la présence n’est pas indispensable au Mali de se replier provisoirement en France.
RFI : Vous dites que la médiation de Blaise Compaoré progresse. Est-ce qu’on va vers un président de la transition ? Qui pourrait être qui ?
A.J. : Je ne peux pas vous le dire puisque ce sera le résultat de la médiation de Blaise Compaoré. Il y a plusieurs solutions. Le président ATT peut démissionner et à ce moment-là, si l’on fait jouer la Constitution, c’est le président de l’Assemblée nationale qui est en charge du gouvernement, Dioncounda Traoré. Si non d’autres solutions sont possibles et c’est ça qui fait l’objet précisément de la médiation. Ce qui m’a beaucoup frappé dans l’attitude des chefs d’Etat de la Cédéao dans cette réunion de Dakar, c’est leur fermeté pour dire, nous ne voulons plus de coup d’Etat militaire en Afrique. Le rétablissement de l’ordre constitutionnel a une valeur symbolique pour l’ensemble du continent. Et c’est la raison pour laquelle cette médiation aujourd’hui se déploie. Je connais Baise Compaoré, je sais que c’est un homme de grande sagesse, très compétent et très opiniâtre et je pense que sa médiation peut donner des résultats dans un délai relativement rapproché.
RFI : A Paris, la candidate du Front national Marine Le Pen affirme que, par son intervention en Libye, Nicolas Sarkozy a déclenché une vague islamiste dans toute l’Afrique sahélienne ?
A.J. : C’est une vision simpliste de la politique étrangère et de la réalité du Sahel, comme je vous l’ai dit. Qu’est-ce qui s’est passé dans le Nord-Mali ? D’abord, les Touaregs. Ça n’a rien à voir avec l’intervention française en Libye. C’est un problème qui se pose depuis des décennies. Des révoltes touarègues, il y en a eu dans les années 1990, dans les années 2000. Et puis c’est vrai un renforcement d’Aqmi. Je pose simplement la question : fallait-il maintenir monsieur Kadhafi en Libye ? Fallait-il l’autoriser à massacrer des dizaines de milliers de personnes à Benghazi ? C’est extrêmement facile de dire, il y avait qu’à, il fallait qu’on. Quand on est aux affaires, quand on est en situation de responsabilité, on assume ses responsabilités. Et la France a eu raison d’assumer la sienne lorsque la population libyenne appelait au secours et que les chars de Kadhafi s’apprêtaient à entrer dans Benghazi.
RFI : Vous êtes intervenu en Libye. Mais est-ce que vous avez vraiment vu le coup d’après au Sahel ?
A.J. : Bien sûr. Bien sûr qu’on prend des risques quand on intervient. S’il n’y avait que des opérations présentant des avantages et aucun inconvénient, la vie serait facile et la prise de décision le serait aussi. Nous sommes parfaitement conscients que le problème ne se pose pas uniquement au Sahel. Il se pose en Tunisie, en Egypte, en Syrie, il se pose partout. Le monde arabe est en pleine révolution. On ne peut pas partir du principe que tout Etat musulman est incompatible avec la démocratie. C’est le pari que nous avons fait et nous continuons à aller dans ce sens en renforçant nos partenaires politiques qui partagent un socle de valeurs et qui ne franchisent pas les lignes rouges que nous nous sommes fixées. Aqmi est un adversaire. Aqmi nous a déclaré la guerre. Aqmi prône la mort et la violence. Et donc c’est un adversaire désigné, bien entendu.
Source : RFI
Le Mali face à tous les dangers. 3: la révolte touarègue - actu-match - ParisMatch.com
Le Mali face à tous les dangers. 3: la révolte touarègue - actu-match - ParisMatch.com
actu-match
jeudi 5 avril 2012
Le Mali face à tous les dangers. 3: la révolte touarègue
Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) a proclamé vendredi "l'indépendance de l'Azawad" sur son site internet.
Le porte-parole s'est en revanche désolidarisé et a condamné l'enlèvement jeudi du consul d'Algérie à Gao (Nord-Est) "par un commando terroriste" lors d'une opération "très violente".
Alger a confirmé qu'un groupe d'assaillants "non-identifiés" avait emmené le consul et six de ses collaborateurs "vers une destination inconnue".
Le succès de la rébellion des Touaregs et des islamistes d’Aqmi plonge tout le Sahel dans la crise. Troisième partie : les origines de la révolte touarègue.
Alfred de Montesquiou - Parismatch.com
Farouchement indépendants, les nomades de la confédération Touarègue ont été les principaux adversaires des troupes françaises à l’époque coloniale. « S’ils se considèrent depuis la nuit des temps comme les « seigneurs du désert », les Touaregs ont vu leur condition devenir encore plus précaire avec le découpage du Sahara lors de la décolonisation, » explique le chercheur du CNRS Pierre Boilley. Berbères et nomades, ils ne sont que deux millions, coincés entre les Arabes au nord et les peuples Noirs au Sud, en minorité partout.
Au Mali, ils se soulèvent dès 1963, juste après les débuts de l’indépendance du pays. De traités de paix en insurrections, leurs mouvements armés n’ont pratiquement pas cessé depuis, réclamant le droit de parler le tamasheq, et d’enseigner leur alphabet à l’école, le tifinagh. Les grandes sècheresses des années 1970 et 80 ont encore empiré la situation de ces pasteurs nomades, chroniquement marginalisés par les gouvernements de Bamako et de Niamey. En Libye, c’est l’époque où Mouammar Kadhafi se lance dans sa grande politique africaine, qui le conduira à se proclamer « Roi des rois d’Afrique ». Il attire les clans de guerriers, affamés par la mort de leurs troupeaux, notamment le principal lignage noble de Ifoghas. Ces jeunes chômeurs, que les autres Touaregs appèlent ironiquement les « Ichoumars », formeront le fer de lance des milices libyennes jusqu’à la chute du dictateur l’année dernière. Revenus au pays avec armes et bagages, ils expliquent le succès étonnamment rapide d’un nouveau groupe rebelle, le Mouvement national de libération de l’Azawad, MNLA.
Inconnu en septembre dernier, le MNLA a maintenant conquis tout l’Azawad malien, territoire historique des Touaregs au nord du fleuve Niger. Mais dans son sillage, le groupuscule rebelle Ansar Dine pointe vers un lien entre Touaregs et islamistes d’AQMI (al-Qaïda au Maghreb Islamique). Le chef d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghali, a été écarté de la direction du MNLA. Mais il est proche de l’Amenokal, le chef désigné par les principaux clans et lignages de la grande confédération touarègue. « Pendant longtemps Iyad était considéré comme le bras armé de la chefferie, poursuit Pierre Boilley. Même si la chefferie est très hostile à AQMI, ils se font discrets aujourd’hui ».
"Après 20 ans de démocratie, le chaos semble en passe de s’installer pour de bon au Mali"
Soucieux d’établir au plus vite l’indépendance de l’Azawad, dans les faits sinon en droit, le MNLA a annoncé la fin des combats avec l’armée régulière en déroute. « Ils croient réellement que leur Etat de l’Azawad peut être viable, analyse Gilles Yabi de l’Ong ICG (International Crisis Group). Il faut se souvenir qu’en Afrique, les sécessions récentes de l’Erythrée et du Sud-Soudan sont dans tous les esprits ». Pierre Boilley estime que les autres grandes peuplades du nord Mali, notamment les puissants Songhaïs et les clans arabophones des Berabiches, pourraient adhérer à un nouvel Etat targui. Mais beaucoup s’inquiètent que ce redécoupage de la carte coloniale n’entraîne encore plus d’instabilité dans la région. « Les tendances centrifuges au Niger, et même au Burkina Fasso, risquent de s’accélérer » estime Alain Chouet, ancien patron de la DGSE, le service français de renseignement.
C’est peut-être en partie pour cela que les chefs d’états-majors des pays de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) menacent à présent d’envahir le Mali. Officiellement, il s’agirait de « restaurer l’ordre constitutionnel », réduit en lambeaux depuis le coup d’Etat militaire du 22 mars contre le président sortant ATT (Amadou Toumani Touré). Après 20 ans de démocratie, le chaos semble en passe de s’installer pour de bon au Mali. « Le problème, c’est que malgré le vernis démocratique, les institutions maliennes n’ont pas cessé de s’affaiblir ces dernières années » estime Gilles Yabi, d’ICG.
Dans l’ambiance de fin de règne qui plane sur Bamako, les putschistes, menés par le capitaine Sanogo, réclament quant à eux une intervention occidentale contre les Touaregs. Ils entendent aussi réunir une grande conférence nationale avec les différents partis politiques du pays et des représentants des principales ethnies : Bambaras, Malinkés, Peulhs etc. Histoire de tenter de maintenir le « sanakuya », cet « art de vivre ensemble » qui faisait la fierté des Maliens.
actu-match
jeudi 5 avril 2012
Le Mali face à tous les dangers. 3: la révolte touarègue
Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) a proclamé vendredi "l'indépendance de l'Azawad" sur son site internet.
Le porte-parole s'est en revanche désolidarisé et a condamné l'enlèvement jeudi du consul d'Algérie à Gao (Nord-Est) "par un commando terroriste" lors d'une opération "très violente".
Alger a confirmé qu'un groupe d'assaillants "non-identifiés" avait emmené le consul et six de ses collaborateurs "vers une destination inconnue".
Le succès de la rébellion des Touaregs et des islamistes d’Aqmi plonge tout le Sahel dans la crise. Troisième partie : les origines de la révolte touarègue.
Alfred de Montesquiou - Parismatch.com
Farouchement indépendants, les nomades de la confédération Touarègue ont été les principaux adversaires des troupes françaises à l’époque coloniale. « S’ils se considèrent depuis la nuit des temps comme les « seigneurs du désert », les Touaregs ont vu leur condition devenir encore plus précaire avec le découpage du Sahara lors de la décolonisation, » explique le chercheur du CNRS Pierre Boilley. Berbères et nomades, ils ne sont que deux millions, coincés entre les Arabes au nord et les peuples Noirs au Sud, en minorité partout.
Au Mali, ils se soulèvent dès 1963, juste après les débuts de l’indépendance du pays. De traités de paix en insurrections, leurs mouvements armés n’ont pratiquement pas cessé depuis, réclamant le droit de parler le tamasheq, et d’enseigner leur alphabet à l’école, le tifinagh. Les grandes sècheresses des années 1970 et 80 ont encore empiré la situation de ces pasteurs nomades, chroniquement marginalisés par les gouvernements de Bamako et de Niamey. En Libye, c’est l’époque où Mouammar Kadhafi se lance dans sa grande politique africaine, qui le conduira à se proclamer « Roi des rois d’Afrique ». Il attire les clans de guerriers, affamés par la mort de leurs troupeaux, notamment le principal lignage noble de Ifoghas. Ces jeunes chômeurs, que les autres Touaregs appèlent ironiquement les « Ichoumars », formeront le fer de lance des milices libyennes jusqu’à la chute du dictateur l’année dernière. Revenus au pays avec armes et bagages, ils expliquent le succès étonnamment rapide d’un nouveau groupe rebelle, le Mouvement national de libération de l’Azawad, MNLA.
Inconnu en septembre dernier, le MNLA a maintenant conquis tout l’Azawad malien, territoire historique des Touaregs au nord du fleuve Niger. Mais dans son sillage, le groupuscule rebelle Ansar Dine pointe vers un lien entre Touaregs et islamistes d’AQMI (al-Qaïda au Maghreb Islamique). Le chef d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghali, a été écarté de la direction du MNLA. Mais il est proche de l’Amenokal, le chef désigné par les principaux clans et lignages de la grande confédération touarègue. « Pendant longtemps Iyad était considéré comme le bras armé de la chefferie, poursuit Pierre Boilley. Même si la chefferie est très hostile à AQMI, ils se font discrets aujourd’hui ».
"Après 20 ans de démocratie, le chaos semble en passe de s’installer pour de bon au Mali"
Soucieux d’établir au plus vite l’indépendance de l’Azawad, dans les faits sinon en droit, le MNLA a annoncé la fin des combats avec l’armée régulière en déroute. « Ils croient réellement que leur Etat de l’Azawad peut être viable, analyse Gilles Yabi de l’Ong ICG (International Crisis Group). Il faut se souvenir qu’en Afrique, les sécessions récentes de l’Erythrée et du Sud-Soudan sont dans tous les esprits ». Pierre Boilley estime que les autres grandes peuplades du nord Mali, notamment les puissants Songhaïs et les clans arabophones des Berabiches, pourraient adhérer à un nouvel Etat targui. Mais beaucoup s’inquiètent que ce redécoupage de la carte coloniale n’entraîne encore plus d’instabilité dans la région. « Les tendances centrifuges au Niger, et même au Burkina Fasso, risquent de s’accélérer » estime Alain Chouet, ancien patron de la DGSE, le service français de renseignement.
C’est peut-être en partie pour cela que les chefs d’états-majors des pays de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) menacent à présent d’envahir le Mali. Officiellement, il s’agirait de « restaurer l’ordre constitutionnel », réduit en lambeaux depuis le coup d’Etat militaire du 22 mars contre le président sortant ATT (Amadou Toumani Touré). Après 20 ans de démocratie, le chaos semble en passe de s’installer pour de bon au Mali. « Le problème, c’est que malgré le vernis démocratique, les institutions maliennes n’ont pas cessé de s’affaiblir ces dernières années » estime Gilles Yabi, d’ICG.
Dans l’ambiance de fin de règne qui plane sur Bamako, les putschistes, menés par le capitaine Sanogo, réclament quant à eux une intervention occidentale contre les Touaregs. Ils entendent aussi réunir une grande conférence nationale avec les différents partis politiques du pays et des représentants des principales ethnies : Bambaras, Malinkés, Peulhs etc. Histoire de tenter de maintenir le « sanakuya », cet « art de vivre ensemble » qui faisait la fierté des Maliens.
6 avr. 2012
L'essentiel Online - Les merveilles de Tombouctou en danger - Monde
L'essentiel Online - Les merveilles de Tombouctou en danger - Monde
Debut du message Reste du message
Debut du message Reste du message
3 avr. 2012
Pour Tinariwen, “la musique est le meilleur moyen de défendre la cause touareg” | MaliActu
Pour Tinariwen, “la musique est le meilleur moyen de défendre la cause touareg” | MaliActu
Originaire du nord du Mali, le groupe touareg Tinariwen est actuellement en Europe pour une série de concerts. Une tournée qui a une résonance particulière avec l’offensive rebelle qui gagne du terrain au Mali.
Loin de l’offensive des rebelles qui sévit dans le nord du Mali, le groupe touareg Tinariwen est actuellement en Europe pour la promotion de son cinquième album “Tassili”, ainsi que pour une série de concerts, notamment à La Cigale, à Paris, le mardi 3 avril.
Depuis plusieurs années déjà, leur musique assouf, qui conjugue blues, rock et musique traditionnelle touareg, a dépassé les frontières du Sahel. En février dernier, “Tassili”, album acoustique, est récompensé avec le prix du meilleur disque dans la catégorie Musique du monde aux Grammy Awards. Et Tinariwen fera la première partie du concert des Red Hot Chili Peppers le 30 juin prochain au Stade de France. L’occasion pour ce groupe, qui raconte depuis sa création en 1982 l’histoire des Touareg, de donner une voix à ce peuple.
Pour Tinariwen – qui signifie déserts en tamasheq -, cette tournée a une résonance bien particulière. L’un des fondateurs du groupe, qui est aussi le chanteur et guitariste, Ibrahim ag Alhabib, n’a pas pu faire le déplacement. Impossible pour lui de traverser la frontière vers l’Algérie pour prendre l’avion.
Malgré cet aléa et un emploi du temps bien chargé, le bassiste du groupe, Eyadou Ag Leche, a pris le temps de répondre aux questions de FRANCE 24. Vêtu d’un jean et d’une casquette verte kaki, le musicien, âgé de 30 ans, nous livre dans un français timide son regard sur la situation au Mali.
FRANCE 24 : Depuis sa création, Tinariwen défend la cause touareg à travers sa musique. Quelles sont vos revendications aujourd’hui ?
Eyadou Ag Leche : Cela fait 30 ans qu’on chante la même chose car rien n’a évolué. Depuis l’indépendance du pays [en 1963], notre peuple n’a jamais eu de moyens pour construire des hôpitaux et des écoles. On était comme abandonné dans le désert. Nous voulons être libres et indépendants et on a compris que pour y arriver il fallait uniquement compter sur nous-mêmes.
Aujourd’hui, la situation est plus compliquée avec le coup d’État des militaires qui a renversé le gouvernement à Bamako. Je ne comprends pas bien l’intérêt de ce putsch alors que le pays connaît déjà une rébellion dans le nord du pays. En tant que membre du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), je tiens à dire qu’on souhaite que les Maliens vivent en paix, au même titre que les Touaregs.
Lors de la rébellion qui a éclaté dans les années 1990, certains membres du groupe ont pris les armes. Est-ce que vous justifiez aujourd’hui la lutte armée ?
E.A.L: Il est vrai que Ibrahim [ag Alhabib] et Alhassane [ag Touhami] ont pris les armes lors de la première rébellion. Mais cela fait partie du passé. Aujourd’hui, ils ont choisi d’utiliser une autre arme : la musique. C’est le meilleur moyen pour nous battre et pour défendre notre cause.
La communauté internationale et les pays voisins du Mali s’inquiètent de la présence, aux côtés du MNLA, de groupes islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Qu’en pensez-vous ?
E.A.L. : Je suis témoin de ce qui se passe dans le nord du Mali et je peux vous affirmer qu’aucun islamiste ou membre d’Aqmi ne fait partie de ce mouvement. Il n’y que des Touareg qui cherchent à libérer notre territoire. Pour moi, ce sont des histoires inventées de toutes pièces par les pays occidentaux. Notre pays dispose de nombreuses ressources, comme l’uranium et le pétrole, et cela attire toutes les convoitises.
RFI
Le 03 avril 2012
Originaire du nord du Mali, le groupe touareg Tinariwen est actuellement en Europe pour une série de concerts. Une tournée qui a une résonance particulière avec l’offensive rebelle qui gagne du terrain au Mali.
Loin de l’offensive des rebelles qui sévit dans le nord du Mali, le groupe touareg Tinariwen est actuellement en Europe pour la promotion de son cinquième album “Tassili”, ainsi que pour une série de concerts, notamment à La Cigale, à Paris, le mardi 3 avril.
Depuis plusieurs années déjà, leur musique assouf, qui conjugue blues, rock et musique traditionnelle touareg, a dépassé les frontières du Sahel. En février dernier, “Tassili”, album acoustique, est récompensé avec le prix du meilleur disque dans la catégorie Musique du monde aux Grammy Awards. Et Tinariwen fera la première partie du concert des Red Hot Chili Peppers le 30 juin prochain au Stade de France. L’occasion pour ce groupe, qui raconte depuis sa création en 1982 l’histoire des Touareg, de donner une voix à ce peuple.
Pour Tinariwen – qui signifie déserts en tamasheq -, cette tournée a une résonance bien particulière. L’un des fondateurs du groupe, qui est aussi le chanteur et guitariste, Ibrahim ag Alhabib, n’a pas pu faire le déplacement. Impossible pour lui de traverser la frontière vers l’Algérie pour prendre l’avion.
Malgré cet aléa et un emploi du temps bien chargé, le bassiste du groupe, Eyadou Ag Leche, a pris le temps de répondre aux questions de FRANCE 24. Vêtu d’un jean et d’une casquette verte kaki, le musicien, âgé de 30 ans, nous livre dans un français timide son regard sur la situation au Mali.
FRANCE 24 : Depuis sa création, Tinariwen défend la cause touareg à travers sa musique. Quelles sont vos revendications aujourd’hui ?
Eyadou Ag Leche : Cela fait 30 ans qu’on chante la même chose car rien n’a évolué. Depuis l’indépendance du pays [en 1963], notre peuple n’a jamais eu de moyens pour construire des hôpitaux et des écoles. On était comme abandonné dans le désert. Nous voulons être libres et indépendants et on a compris que pour y arriver il fallait uniquement compter sur nous-mêmes.
Aujourd’hui, la situation est plus compliquée avec le coup d’État des militaires qui a renversé le gouvernement à Bamako. Je ne comprends pas bien l’intérêt de ce putsch alors que le pays connaît déjà une rébellion dans le nord du pays. En tant que membre du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), je tiens à dire qu’on souhaite que les Maliens vivent en paix, au même titre que les Touaregs.
Lors de la rébellion qui a éclaté dans les années 1990, certains membres du groupe ont pris les armes. Est-ce que vous justifiez aujourd’hui la lutte armée ?
E.A.L: Il est vrai que Ibrahim [ag Alhabib] et Alhassane [ag Touhami] ont pris les armes lors de la première rébellion. Mais cela fait partie du passé. Aujourd’hui, ils ont choisi d’utiliser une autre arme : la musique. C’est le meilleur moyen pour nous battre et pour défendre notre cause.
La communauté internationale et les pays voisins du Mali s’inquiètent de la présence, aux côtés du MNLA, de groupes islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Qu’en pensez-vous ?
E.A.L. : Je suis témoin de ce qui se passe dans le nord du Mali et je peux vous affirmer qu’aucun islamiste ou membre d’Aqmi ne fait partie de ce mouvement. Il n’y que des Touareg qui cherchent à libérer notre territoire. Pour moi, ce sont des histoires inventées de toutes pièces par les pays occidentaux. Notre pays dispose de nombreuses ressources, comme l’uranium et le pétrole, et cela attire toutes les convoitises.
RFI
Le 03 avril 2012
2 avr. 2012
Mali - L'avancée des Touaregs ville par ville (CARTE INTERACTIVE) | Slate Afrique
Mali - L'avancée des Touaregs ville par ville (CARTE INTERACTIVE) | Slate Afrique
«Les putschistes se dégonflent», titre l’Observateur Paalga. Le quotidien burkinabé rappelle que l’ultimatum lancé par la Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) a expiré. Face à l’avancée de la rébellion touareg, les mutins ont rapidement donné des gages de bonne volonté à la Cédéao. Mais les usurpateurs n'auront pas attendu le deadline pour donner des gages de bonnes volontés.
Les nouveaux maîtres du pays se disent disposés à décamper dans les meilleurs délais, écrit le quotidien burkinabé. Un sommet de la Cédéao est prévu lundi 2 avril à Dakar pour répondre à la crise institutionnelle au Mali et au risque de division du pays. Car entretemps, les rebelles touaregs appuyés par d’autres groupes islamistes ont avancé leurs pions dans le Nord du Mali. On ne pas dire que les mutins n’avaient pas été prévenus.
Les rebelles touaregs avaient annoncé qu’il n'y aurait pas de trêve et qu’ils profiteraient de ce flottement à la tête de l’Etat pour gagner du terrain, question sans doute de discuter le moment venu en position de force, rappelle l’Observateur Paalga.
Pour le quotidien burkinabé, les putschistes cherchent évidemment une porte de sortie honorable «pour se débarrasser de la patate chaude» ( la guerre avec les touaregs au nord Mali ndlr). L'armée malienne a abandonné tour à tour Kidal, la ville garnison de Gao et Tombouctou, rapporte RFI.
«La capture de Tombouctou a longtemps été une cible des Touaregs, aidés par des combattants qui cherchent la mise en place de la loi islamique à travers le pays», ajoute la chaîne qatarie Al-Jazeera.
Selon des témoins, à Gao et à Tombouctou, des islamistes armées scandaient «Dieu est grand, Dieu est grand!» «Quand les groupes de rebelles approchaient de la ville de Gao, d’autres groupes étaient déjà à la périphérie de Tombouctou, située au nord-ouest, un peu comme si les actions étaient coordonnées. Appareils de transmission, armement, tout cet arsenal venu notamment de Libye, a fait la différence», ajoute le correspondant de RFI.
Lu sur l'Observateur Paalga, Al Jazeera, RFI
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Mali: la solitude des putschistes
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Les rebelles touaregs avaient annoncé qu’il n'y aurait pas de trêve et qu’ils profiteraient de ce flottement à la tête de l’Etat pour gagner du terrain, question sans doute de discuter le moment venu en position de force, rappelle l’Observateur Paalga.
Pour le quotidien burkinabé, les putschistes cherchent évidemment une porte de sortie honorable «pour se débarrasser de la patate chaude» ( la guerre avec les touaregs au nord Mali ndlr). L'armée malienne a abandonné tour à tour Kidal, la ville garnison de Gao et Tombouctou, rapporte RFI.
«La capture de Tombouctou a longtemps été une cible des Touaregs, aidés par des combattants qui cherchent la mise en place de la loi islamique à travers le pays», ajoute la chaîne qatarie Al-Jazeera.
Selon des témoins, à Gao et à Tombouctou, des islamistes armées scandaient «Dieu est grand, Dieu est grand!» «Quand les groupes de rebelles approchaient de la ville de Gao, d’autres groupes étaient déjà à la périphérie de Tombouctou, située au nord-ouest, un peu comme si les actions étaient coordonnées. Appareils de transmission, armement, tout cet arsenal venu notamment de Libye, a fait la différence», ajoute le correspondant de RFI.
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Tinariwen, branché désert
Tinariwen, branché désert | Next
Le défunt Ali Farka Touré racontait que, quand il avait écouté pour la première fois un disque de blues américain (John Lee Hooker, semble-t-il), dans les années 60, il s’était exclamé : «Mais c’est du pur tamasheq !» Originaire de Tombouctou, le guitariste chanteur (et éleveur de bétail) avait reçu les influences de toutes les traditions du nord du Mali, notamment la musique des caravaniers tamasheqs, c’est-à-dire touaregs. Cette musique, que le groupe Tinariwen, né au tournant des années 80, a transposée sur des instruments électriques pour lui donner une audience internationale.
Par FRANÇOIS-XAVIER GOMEZ
World . Le groupe qui a transformé la musique du nord du Mali avec des instruments électriques revient avec «Tassili», un album acoustique mais toujours aussi militant.
Le défunt Ali Farka Touré racontait que, quand il avait écouté pour la première fois un disque de blues américain (John Lee Hooker, semble-t-il), dans les années 60, il s’était exclamé : «Mais c’est du pur tamasheq !» Originaire de Tombouctou, le guitariste chanteur (et éleveur de bétail) avait reçu les influences de toutes les traditions du nord du Mali, notamment la musique des caravaniers tamasheqs, c’est-à-dire touaregs. Cette musique, que le groupe Tinariwen, né au tournant des années 80, a transposée sur des instruments électriques pour lui donner une audience internationale.
«Baptême». Tinariwen (pluriel de ténéré, désert) a largement dépassé le cercle des amateurs de musique africaine. La présence d’invités américains (TV on the Radio, le guitariste de Wilco, etc.) sur leur dernier CD, Tassili, a sans doute contribué à leur Grammy Award du meilleur disque world 2011. Dans deux mois, ils feront face à des dizaines de milliers de personnes, puisque les Red Hot Chili Peppers les ont choisis pour assurer la première partie de leur tournée européenne.
Eyadou Ag Leche, le bassiste du groupe, a autour de 30 ans, soit l’âge de Tinariwen. «J’ai rejoint la formation il y a dix ans, explique-t-il. Mais je baigne dans sa musique depuis la naissance. Ibrahim Ag Alhabib, le fondateur du groupe, a chanté lors de mon baptême, quand j’avais 7 jours.» Eyadou parle un bon français, mais il insiste pour s’exprimer en tamasheq, langue très ancienne, riche en dictons et métaphores. «Notre écriture, le tifinar, est aussi vieille que le sumérien, indique le musicien d’une voix douce. C’est le même alphabet qu’utilise le peuple amazigh [kabyle, ndlr] d’Algérie et du Maroc, et leur langue est très proche de la nôtre.» Les Tamasheqs jouent de la musique lors des tindés, nom qui désigne aussi le petit tambour réservé aux femmes. Mariage, baptême, passage à l’âge adulte donnent lieu à un tindé, il en existe aussi où l’on fait «danser les chameaux». Le rythme du tambour est d’ailleurs inspiré par la marche de l’animal. «Nous vivons dans le grand Sahara, parfois au Mali, parfois en Algérie, en Libye ou au Niger, explique l’artiste. Les frontières ne signifient rien pour nous. Récemment, nos familles se sont installées dans l’Adrar des Ifogha, un massif montagneux en territoire malien.»
Ampli. Les musiciens vivent dans des campements séparés, leur moyen de communication est «la rencontre» : «Nous croisons quelqu’un qui est passé par un campement la veille et nous donne des nouvelles de ses habitants.» La guitare électrique, arrivée dans le désert grâce à Ibrahim Ag Alhabib, a rapidement supplanté le tehardent, le luth à trois cordes utilisé par les griots. Mais comment brancher un ampli en plein désert ? Le musicien sourit : «Au début, nous avions des générateurs à piles, les amplis étant bricolés à partir de radios à transistors. Depuis peu, nous avons recours à des groupes électrogènes à essence.»
Avec Tassili, la formation a pris le parti de l’acoustique, d’une l’esthétique apaisée, mais son propos reste militant : depuis sa création, le groupe se veut le porte-parole des Touaregs en lutte pour leurs droits, qu’ils disent bafoués par le pouvoir en place à Bamako (1). «Nos premières cassettes étaient des courriers envoyés à notre peuple. Nous utilisions la musique pour appeler à la solidarité, à la préservation de notre culture.» Ce sont ces chansons qui accompagnaient la première rébellion touareg, entre 1990 et 1996.
Au moment où les Tamasheqs ont repris les armes, Eyadou Ag Leche ne cache pas sa colère : «Si on avait écouté nos textes, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Nous sommes un peuple pacifique, mais nous n’acceptons pas qu’on marche sur nos têtes. Depuis cinquante ans, nous demandons des écoles pour nos enfants, des puits pour nos bêtes, le droit de pâturer sur notre territoire. En cinquante ans, nous n’avons rien obtenu.»
Eyadou Ag Leche, le bassiste du groupe, a autour de 30 ans, soit l’âge de Tinariwen. «J’ai rejoint la formation il y a dix ans, explique-t-il. Mais je baigne dans sa musique depuis la naissance. Ibrahim Ag Alhabib, le fondateur du groupe, a chanté lors de mon baptême, quand j’avais 7 jours.» Eyadou parle un bon français, mais il insiste pour s’exprimer en tamasheq, langue très ancienne, riche en dictons et métaphores. «Notre écriture, le tifinar, est aussi vieille que le sumérien, indique le musicien d’une voix douce. C’est le même alphabet qu’utilise le peuple amazigh [kabyle, ndlr] d’Algérie et du Maroc, et leur langue est très proche de la nôtre.» Les Tamasheqs jouent de la musique lors des tindés, nom qui désigne aussi le petit tambour réservé aux femmes. Mariage, baptême, passage à l’âge adulte donnent lieu à un tindé, il en existe aussi où l’on fait «danser les chameaux». Le rythme du tambour est d’ailleurs inspiré par la marche de l’animal. «Nous vivons dans le grand Sahara, parfois au Mali, parfois en Algérie, en Libye ou au Niger, explique l’artiste. Les frontières ne signifient rien pour nous. Récemment, nos familles se sont installées dans l’Adrar des Ifogha, un massif montagneux en territoire malien.»
Ampli. Les musiciens vivent dans des campements séparés, leur moyen de communication est «la rencontre» : «Nous croisons quelqu’un qui est passé par un campement la veille et nous donne des nouvelles de ses habitants.» La guitare électrique, arrivée dans le désert grâce à Ibrahim Ag Alhabib, a rapidement supplanté le tehardent, le luth à trois cordes utilisé par les griots. Mais comment brancher un ampli en plein désert ? Le musicien sourit : «Au début, nous avions des générateurs à piles, les amplis étant bricolés à partir de radios à transistors. Depuis peu, nous avons recours à des groupes électrogènes à essence.»
Avec Tassili, la formation a pris le parti de l’acoustique, d’une l’esthétique apaisée, mais son propos reste militant : depuis sa création, le groupe se veut le porte-parole des Touaregs en lutte pour leurs droits, qu’ils disent bafoués par le pouvoir en place à Bamako (1). «Nos premières cassettes étaient des courriers envoyés à notre peuple. Nous utilisions la musique pour appeler à la solidarité, à la préservation de notre culture.» Ce sont ces chansons qui accompagnaient la première rébellion touareg, entre 1990 et 1996.
Au moment où les Tamasheqs ont repris les armes, Eyadou Ag Leche ne cache pas sa colère : «Si on avait écouté nos textes, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Nous sommes un peuple pacifique, mais nous n’acceptons pas qu’on marche sur nos têtes. Depuis cinquante ans, nous demandons des écoles pour nos enfants, des puits pour nos bêtes, le droit de pâturer sur notre territoire. En cinquante ans, nous n’avons rien obtenu.»
(1) L’entretien avec Eyadou Ag Leche a eu lieu quelques jours avant le coup d’Etat au Mali (lire aussi page 5).
Tinariwen CD: Tassili (Anti/Coop Music). En concert demain à la Cigale (75018), le 26 avril à La Rochelle, le 27 au Printemps de Bourges, le 28 à Angers, le 29 à Lille. Puis le 30 juin au Stade de France (avec les Red Hot Chili Peppers), le 23 juillet à Lyon (les Nuits de Fourvière).
Des photos révèlent des formes étranges dans le désert chinois | Slate
Des photos révèlent des formes étranges dans le désert chinois | Slate
L’application Google Earth a permis de découvrir de gigantesques structures non-identifiées dans la partie chinoise du désert de Gobi, selon International Business Times. Les images satellites, assez troublantes, semblent montrer des constructions métalliques qui peuvent aussi bien faire partie d’un projet militaire, nucléaire que d’un programme spatial.
Le Telegraph explique que la zone en question est proche du lieu où le programme spatial chinois s’est implanté (à moins de 200 km), c’est-à-dire près de Jiuquan à la frontière de la province du Gansu et au nord de la rivière Shule qui traverse à l’ouest le plateau tibétain.
Sur la première image (la photo au-dessus, aussi disponible sur Google Earth), on peut voir un immense rectangle de près de 2 km de long, composé de multiples ramifications métalliques qu’on peut prendre pour des pistes d’atterrissages et qui sont visibles depuis l’espace.
Cette structure se situe à plus de 130 km de la route principale la plus proche et, mis à part la base spatiale à 200 km, il ne semble pas y avoir d’activité présente dans les environs précise le Telegraph. Il existe cependant une base navale militaire à environ 700 km, celle de Ding Xin où la Chine a lancé un programme secret pour la conception de nouveaux avions de chasse.
Une autre photo satellite (voir ci-dessous et aussi sur Google Earth) montre une figure composée de gigantesques cercles concentriques, qui du ciel ressemble à une énorme cible, et au centre de laquelle on peut apercevoir trois avions immobilisés.
Sur une image datant de 2007, on remarque plusieurs blocs orange disposés soigneusement en cercle. Mais sur une photo plus récente, explique le Telegraph, on constate que ces blocs, chacun de la taille des conteneurs utilisés dans les transports maritimes, ont été éparpillés à plus de 5 km du site d’origine.
Le site Gizmodo, un blog spécialisé dans les nouvelles technologies, a mis en ligne d’autres photos toutes aussi bizarres. Notamment une photo qui semble représenter un aéroport géant fait avec des «matériaux étranges» et une autre sur laquelle on aperçoit un immense complexe industriel avec «deux tours à refroidissement», comme celles qu’on trouve sur les sites nucléaires.
Selon le Telegraph, le but de ces structures est encore inconnu, mais de nombreux experts suggèrent que ce sont des sites de test pour la mise au point de nouveaux missiles. Tim Ripley, un expert militaire de Jane’s Defense Weekly, un magazine traitant de l’actualité militaire, explique que les formes visibles sur les photos ressemblent au quadrillage de la Zone 51, la base secrète des Etats-Unis située dans le Nevada:
«La photo avec le cercle ressemble vraiment à une zone de test pour missiles, avec une cible et des instruments pour enregistrer les effets des armes. Les Américains en ont beaucoup de cette sorte dans le Nevada – la zone 51!»
Les adeptes des théories du complot pensent que la Zone 51 cache toujours les restes d’un vaisseau extraterrestre retrouvé à Roswell en juillet 1947.
L’application Google Earth a permis de découvrir de gigantesques structures non-identifiées dans la partie chinoise du désert de Gobi, selon International Business Times. Les images satellites, assez troublantes, semblent montrer des constructions métalliques qui peuvent aussi bien faire partie d’un projet militaire, nucléaire que d’un programme spatial.
Le Telegraph explique que la zone en question est proche du lieu où le programme spatial chinois s’est implanté (à moins de 200 km), c’est-à-dire près de Jiuquan à la frontière de la province du Gansu et au nord de la rivière Shule qui traverse à l’ouest le plateau tibétain.
Sur la première image (la photo au-dessus, aussi disponible sur Google Earth), on peut voir un immense rectangle de près de 2 km de long, composé de multiples ramifications métalliques qu’on peut prendre pour des pistes d’atterrissages et qui sont visibles depuis l’espace.
Cette structure se situe à plus de 130 km de la route principale la plus proche et, mis à part la base spatiale à 200 km, il ne semble pas y avoir d’activité présente dans les environs précise le Telegraph. Il existe cependant une base navale militaire à environ 700 km, celle de Ding Xin où la Chine a lancé un programme secret pour la conception de nouveaux avions de chasse.
Une autre photo satellite (voir ci-dessous et aussi sur Google Earth) montre une figure composée de gigantesques cercles concentriques, qui du ciel ressemble à une énorme cible, et au centre de laquelle on peut apercevoir trois avions immobilisés.
Sur une image datant de 2007, on remarque plusieurs blocs orange disposés soigneusement en cercle. Mais sur une photo plus récente, explique le Telegraph, on constate que ces blocs, chacun de la taille des conteneurs utilisés dans les transports maritimes, ont été éparpillés à plus de 5 km du site d’origine.
Le site Gizmodo, un blog spécialisé dans les nouvelles technologies, a mis en ligne d’autres photos toutes aussi bizarres. Notamment une photo qui semble représenter un aéroport géant fait avec des «matériaux étranges» et une autre sur laquelle on aperçoit un immense complexe industriel avec «deux tours à refroidissement», comme celles qu’on trouve sur les sites nucléaires.
Selon le Telegraph, le but de ces structures est encore inconnu, mais de nombreux experts suggèrent que ce sont des sites de test pour la mise au point de nouveaux missiles. Tim Ripley, un expert militaire de Jane’s Defense Weekly, un magazine traitant de l’actualité militaire, explique que les formes visibles sur les photos ressemblent au quadrillage de la Zone 51, la base secrète des Etats-Unis située dans le Nevada:
«La photo avec le cercle ressemble vraiment à une zone de test pour missiles, avec une cible et des instruments pour enregistrer les effets des armes. Les Américains en ont beaucoup de cette sorte dans le Nevada – la zone 51!»
Les adeptes des théories du complot pensent que la Zone 51 cache toujours les restes d’un vaisseau extraterrestre retrouvé à Roswell en juillet 1947.
17 mars 2012
Apprendre Tamacheq "Allamad n’ tamacheq" - Temoust.org | Le portail du peuple touareg berbère Kel Tamasheq
Apprendre Tamacheq "Allamad n’ tamacheq" - Temoust.org | Le portail du peuple touareg berbère Kel Tamasheq
Apprendre Tamacheq "Allamad n’ (...)
mercredi 30 mars 2011
Apprendre Tamacheq, est un livre qui comme son nom l’indique renferme les principes du langage parlé par les kel tamacheq ou Touareg. Cet ouvrage est une ouverture culturelle vers le monde touareg, il vous donne l’oportunité de comprendre ce peuple par la maîtrise de leur langue. il comprend des leçons de grammaire, des mots de vocabulaire, les proverbes, les contes mais aussi des quelques chansons de musiciens touaregs. Pour que vous puissez bien apprendre j’ai préféré transcrire puis traduire chaque passage.
contact de l’auteur : akarass@hotmail.fr
Apprendre Tamacheq "Allamad n’ (...)
Alghoubas Adouma
Apprendre Tamacheq, est un livre qui comme son nom l’indique renferme les principes du langage parlé par les kel tamacheq ou Touareg. Cet ouvrage est une ouverture culturelle vers le monde touareg, il vous donne l’oportunité de comprendre ce peuple par la maîtrise de leur langue. il comprend des leçons de grammaire, des mots de vocabulaire, les proverbes, les contes mais aussi des quelques chansons de musiciens touaregs. Pour que vous puissez bien apprendre j’ai préféré transcrire puis traduire chaque passage.Ce livre vous servira de support a ceux qui voyageraient en territoire Touareg. Il vous permet d’être à l’aise dans les petites conversations avec les nomades touareg.
Ce dernier vous fait découvrir une langue millénaire qu’est le tamashek. Il est vrai que l’apprentissage n’est pas chose facile mais il suffit d’avoir la volonté ( aniyat ) et la persévérance ( tezidart).contact de l’auteur : akarass@hotmail.fr
16 mars 2012
Un Etat en faillite. Une nation en ruine. Il ne reste pas grand-chose du Mali des années ATT - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso
Un Etat en faillite. Une nation en ruine. Il ne reste pas grand-chose du Mali des années ATT - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso
Nous sommes entrés dans un temps où la volatilité des systèmes politiques a pris une ampleur particulière. La Côte d’Ivoire, longtemps présentée comme un modèle de cohabitation ethnique, s’est illustrée dans la xénophobie et
Nous sommes entrés dans un temps où la volatilité des systèmes politiques a pris une ampleur particulière. La Côte d’Ivoire, longtemps présentée comme un modèle de cohabitation ethnique, s’est illustrée dans la xénophobie et
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