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8 avr. 2012

Mali: Iyad Ag Ghaly, le nouveau maître islamiste du nord | Slate Afrique

Mali: Iyad Ag Ghaly, le nouveau maître islamiste du nord | Slate Afrique
Comment Ansar Dine, mouvement islamiste armé appuyé par Aqmi a pris le dessus sur les rebelles touareg indépendantistes.

La junte militaire au Mali s'est engagée le 6 avril soir à remettre le pouvoir aux civils dans le cadre d'un accord avec la Cédao, qui a menacé de recourir à la force pour préserver "l'intégrité territoriale" du pays après la déclaration d'indépendance du territoire de l'"Azawad", au Nord, par un mouvement de la rebellion touareg.
"Nous sommes parvenus à un accord, accord qui permettra dans les heures et les jours à venir de mettre effectivement en place les organes prévus par la Constitution et qui fonctionneront de manière régulière", a annoncé à la télévision publique ORTM le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolè, au nom de la la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).
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Trois jours! 72 heures! C’est le temps que rebelles touareg, groupes de trafiquants, milices locales et jihadistes du Sahel, ont mis pour détacher de la carte du Mali, ses trois régions septentrionales.
La superficie de ces trois régions est une fois et demie supérieure à celle de la France. Les choses sont allées très vite.
22 mars 2012, coup d’état à Bamako. Une junte composée essentiellement des «deux, trois barrettes» c'est-à-dire de lieutenants et de capitaines de l’armée malienne, prend le pouvoir.
Les institutions sont dissoutes. Du coup, la situation se dégrade au nord du Mali.

De la rébellion à la découverte de foi

Un homme attendait secrètement son heure. Cet homme ne fait pas la une des journaux. Il ne fait jamais le tour des plateaux télé. C’est un homme de l’ombre. Il s’appelle Iyad Ag Ghaly.
La cinquantaine, plutôt court de taille, Iyad Ag Ghaly est touareg de la tribu des Iforas, de la fraction des Irayakane. Il est originaire de la région nord-est du Mali. La région de Kidal. Sa vie est un roman. Il est avant tout un chef de guerre. C’est lui qui a le premier déclenché la rébellion touareg des années 90. C’est encore lui, le premier qui a décidé de faire la paix quelques années plus tard.
La France, l’Allemagne (qui lui a même offert un véhicule en 2003), l’Autriche, la Suisse, et bien d’autres pays occidentaux ont tous «supplié» un jour Iyad Ag Ghaly pour qu’il joue aux médiateurs pour faire libérer des mains d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), leur ressortissants pris en otages.
Iyad attendait son heure. Entretemps, il a découvert la foi, comme l’explique l’un des plus grands spécialistes du Sahara, André Bourgeot, professeur émérite.
Il a fait un tour au Pakistan, fréquenté des prêcheurs. Il ne serre plus la main des femmes. Son épouse est voilée. Mais Iyad n’est pas encore un extrémiste. Il est connu pour sa générosité, pour son sens de l’hospitalité.

Les différents groupes de rebelles

Décembre 2011, une nouvelle rébellion touareg se prépare dans le nord du Mali. La tension est perceptible. Une délégation d’élus maliens se rend sur le terrain pour tenter de désamorcer la crise. Plusieurs groupes de Touaregs revenus de Libye, campent dans le désert, prêts à dégainer.
Il y a l’aile militaire du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) qui est le groupe le plus nerveux contre le gouvernement central. Il est composé de militaires touareg et supplétifs de l’armée libyenne, revenus dans leur pays d’origine après la chute du guide de la révolution libyenne. Ils ont des armes qui font d’eux, l’une des armées les mieux équipées du Sahel.
Sur le terrain, l’autre groupe revenu de la Libye est composé de Touaregs loyalistes, qui acceptent d’intégrer le processus de paix, et qui envoie même à Bamako une délégation pour faire allégeance.
Et puis, un tout petit groupe composé de Touaregs de la fraction des Irayakane. Un élu malien qui les avait rencontrés se souvient:
«Ils n’étaient pas nombreux. Il y avait deux colonels, une dizaine d’hommes, mais surtout ils étaient avec Iyad Ag Ghaly».
La rébellion éclate. Le sang de Iyad fait un quart de tour. Il sent le vent tourner. Il peut peut-être enfin réaliser son rêve, l’application de la charia (loi islamique) sur ses terres. Il adopte le profil bas, laisse la communication, les médias au Mouvement national de Libération de l’Azawad, (MNLA), qui déclame ses ambitions indépendantistes.

Le charia plutôt que l'indépendance

Mais sur le terrain, dans la région nord-est du Mali, MNLA et le mouvement Ansar Dine de Iyad Ag Ghaly mènent ensemble des batailles contre l’armée malienne, notamment à Aguelok et à Tessalit. Le MNLA ne reconnaît pas officiellement ces liens sur le terrain.
Fin janvier 2012, des militaires maliens, prisonniers de différents groupes rebelles sont froidement abattus dans le nord-est du Mali. Le MNLA revendique cette attaque qui a débouché sur un massacre. Une ONG française qui travaille avec la municipalité de Aguelok, confirme que djihadistes et MNLA étaient sur le terrain le même jour contre l’armée malienne.
Quelques semaines plus tard, MNLA et le mouvement de Iyad «Ansar Dine» sont sur le même terrain à Tessalit contre l’armée malienne. Le MNLA ne le reconnaît toujours pas. Mais pour des services de renseignements de pays voisin du Mali, il n’y a aucun doute, la passerelle existe. Ansar Dine, laisse dire, l’heure de vérité approche.
Après la prise de Tessalit officiellement par le MNLA, grande réunion de clarification entre le MNLA et Ansar Dine. Iyad prend les devants, et assène:
«Moi, je ne suis pas pour l’indépendance. C’est la charia que je veux pour mon peuple».
La rupture est consommée. Iyad aurait profité pour mettre la main sur les entrepôts de munitions et d’armes du MNLA qui se trouvaient dans la région de Kidal.

Le mouvement islamiste armé Ansar Dine fait sa loi

Acte 2, pour signifier qu’il est désormais le maître absolu dans le nord-est, avant de s’attaquer au nord-ouest du Mali, Ansar Dine montre ses muscles.
Courant mars 2012, le MNLA conduit une équipe du Comité international de la Croix rouge (CICR), à Tessalit pour rendre visite aux populations civiles après la prise de la ville par les rebelles. A l’entrée de la localité, les islamistes armés pointent du nez. Ils malmènent les travailleurs du CIRC, et les renvoient. Le MNLA n’a pas pu moufter. Ansar Dine est désormais en terrain conquis. Le mouvement commence à son tour sa com’.
Dans une vidéo, on voit Iyad Ag Ghaly diriger la prière, passer en revue les troupes. Il veut «une société malienne musulmane», et non l’indépendance. Ansar Dine communique encore, et annonce que bientôt, il attaquera la ville de Kidal. Ce sera une fracture entre les deux mouvements.  
Une dizaine de jours après, la ville de Kidal tombe entre les mains du groupe islamiste armé de Iyad. Le MNLA a compris. Le mouvement indépendantiste plie bagage du nord-est, et se dirige vers le nord, et le nord-ouest.
1er avril, les rebelles du MNLA, avec le feu vert d’une milice locale prennent le contrôle de la ville mythique de Tombouctou. Ansar Dine (serviteurs de Dieu), soutenus par les troupes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique viennent les déloger. Iyad Ag Ghaly le stratège débarque à Tombouctou avec trois des quatre principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique: Abou Zéïd, Mokhtar Ben Mokhtar, et Abou Hamame.
Tout ce groupe se rend rapidement maître des lieux. Le drapeau du MNLA est descendu. Deux drapeaux flottent dans la cours du camp militaire de la ville de Tombouctou: le drapeau du Mali, et celui du groupe islamiste armé «Ansar Dine».

Des barbus de toutes les nationalités

L’histoire s’accélère. Une rencontre a lieu dans la caserne entre les imams des dix quartiers de Tombouctou et les islamistes.
Chacun a ses doléances. Les imams de la ville «souhaitent» que cessent les coups de feu, les scènes de pillages. Les islamistes demandent l’aide des imams pour l’application rapide de la charia à Tombouctou.
Immédiatement après, les islamistes déclenchent une opération de charme dans la cité aux 333 saints: distribution de vivres, arrestation des pillards. Les véhicules volés sont récupérés et rendus aux propriétaires. Succès total!
Mais attention à l’arbre qui cache la forêt. Dura Lex, Sed lex (la loi est dure, mais c'est la loi), et c’est aussi valable pour la charia.
Des bars dancing de Tombouctou sont fermés, cassés. Le propriétaire d’une boîte de nuit est arrêté, son entreprise saccagée. Les hôtels de la ville sont fermés. Plus une seule goutte d’alcool ne coule dans la ville touristique.
«Moi, j’avais un carton d’alcool dans ma cour intérieure. Dès que j’ai vu venir les islamistes, j’ai jeté le carton d’alcool dans mon puits», confie par téléphone, un hôtelier.   
Les «fous de Dieu» ne s’arrêtent pas là. Ils décrètent sur une radio locale: toutes les femmes doivent être voilées. Deux heures après dans la ville, toutes les femmes, toutes les filles étaient voilées.
Dans les quartiers de Tombouctou, les prêches ont commencé. Un instituteur qui a assisté à l’un de ces prêches explique:
«ce sont des gens qui ont de longues barbes. Parmi eux, il y a toutes les nationalités. Il y a des  Béninois, des Togolais, des Sénégalais, des Ivoiriens, des Gambiens. Ils parlent de Dieu. Pour eux, Dieu est le seul être supérieur au monde. Ils ont distribué des Corans, ils ont demandé de prier, d’éviter des péchés, l’adultère. Ils ont dit que le Coran autorisait de prendre quatre femmes.»

Pas de république à l'ordre du jour

Le 3 avril 2012 vers 15 heures, vers la grande mosquée de Tombouctou, deux voleurs ont été arrêtés. On menace de leur couper la main comme l’exige la charia.
Le même jour à 18H. Alors que la nuit commence par envelopper la ville de Tombouctou, la délégation du Cheikh Iyad Ag Ghaly réuni l’association des jeunes musulmans de Tombouctou.
«Nous ne sommes pas venus pour créer une république. Nous avons déjà une république. Nous sommes venus pour l’islam. Le MNLA parle de république. Ils n’ont qu’à aller créer leur république là où ils veulent. Pas ici, ni ailleurs au Mali. Nous sommes déjà à Kidal, Nous irons après partout au Mali pour répandre l’islam. Partout où c’est nécessaire», affirme un prêcheur nigérian selon un confrère local qui a assisté à l’entretien.
24 heures avant Tombouctou, c’est la ville de Gao (nord) qui a reçu la visite d’une mosaïque de groupe: islamistes, groupes de trafiquants, et MNLA. Le chaos règne dans la localité : banque dynamitée, scènes de pillages indescriptibles, actes de vandalisme, la ville est totalement défigurée.
«Les serviteurs de l’islam», entendent poursuivre leur combat, et tisser leur toile sur tout le territoire malien.
Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé qui avait il y a quelques semaines souligné «les victoires» du MNLA sur le terrain dans le nord, parle plutôt aujourd’hui de «péril islamiste» dans le nord du Mali. Il n’est jamais trop tard.

Les explications d'Iyad Ag Ghaly

L’auteur de ces lignes connaît un peu celui qui apparaît pour le grand gagnant de l’actuelle situation dans le septentrion malien. Iyad Ag Ghaly.     
«Non, nous ne sommes pas en position de combat. Nous sommes retranchés ici en attendant le début des négociations», m’affirmait-il en 2006, dans des collines de la région.
Il venait de canaliser nouvelle rébellion touareg chez lui à Kidal.
«J'ai été débordé par les jeunes, mais je comprends leur lassitude. J'étais à Kidal le jour des événements. J'ai entendu des coups de feu, dès que j'ai compris que c‘étaient des hommes qui se sont toujours réclamés de moi qui menaient les opérations, je me suis levé pour les calmer, mais sans succès.»
D'une voix plutôt fluette, il poursuit:
«Sur le terrain à Kidal, j'ai veillé à ce qu’aucun civil, aucun ressortissant du Sud ne soit brutalisé. C'est moi qui ai donné l'ordre à tous les éléments de quitter la ville, pour éviter une confrontation avec l'armée régulière qui arrivait.»
Et l’homme de «saluer» l'attitude «exemplaire» des militaires de l'armée régulière qui, à leur entrée dans la ville de Kidal, n'ont brutalisé personne.
L'entretien est interrompu par un coup de fil en provenance du Niger. C'est le gouvernement nigérien qui prend langue avec la rébellion pour trouver une solution pacifique à la crise. Iyad poursuit son récit:
«Je comprends la lassitude de mes hommes qui, par mesure de précaution, ont pris les armes dans les camps. Ils ont des problèmes au sein de l'armée, pour ceux qui sont intégrés, et des problèmes dans la vie civile, pour ceux qui n'ont pas été intégrés, et qui ont bénéficié de financement de micro-projets.»

Les revendications initiales des Touaregs

Estimant que les accords de paix signés entre le gouvernement malien et la rébellion touareg en 1992, qui ont mis fin au conflit, «n'ont pas été respectés à la lettre», Iyad Ag Ghaly précise que la décision du gouvernement malien de renforcer sa position militaire dans le Nord, avant donc les attaques des camps militaires par ses hommes, a contribué «à faire monter la tension».
«Nous n'avons de haine contre personne. Amadou Toumani Touré est le président de tous les Maliens. Nous allons trouver une solution pacifique à la situation, je l'espère sincèrement. Vous voyez, là, nous sommes retranchés dans cette base. Nous n'avons pas sorti d'armes lourdes. Nous sommes en situation d'attente, et d'écoute», assure-t-il.
Selon lui, «il faut aller vite» pour que la situation ne se dégrade pas, «d'autres Touaregs intégrés dans l'Armée pouvant être tentés par la désertion».
«Nous avons demandé au gouvernement malien de choisir le médiateur étranger. Son choix sera le nôtre. Il faut aller très vite, parce que la situation peut évoluer négativement, et cela deviendra plus compliqué à gérer», insiste-t-il.
Il précise les revendications de ses hommes: le «statut particulier», réclamé pour la région de Kidal et qui n'est pas une demande d'«autonomie, ni une fédération souhaitée, ni une indépendance réclamée».
«Nous sommes maliens, et nous entendons rester maliens. C'est notre pays. Nos parents ont participé à la lutte de libération. Ils n'ont pas cherché à devenir Algérien ou Mauritanien, mais Malien», ajoute-t-il. Selon lui, «le statut particulier», dont il réclame sa totale exécution pour sa région, doit impérativement «tenir compte de la spécificité nomade» de la zone.
Est-ce le début d'une nouvelle rébellion touareg?
Réponse: «On ne peut pas dire au stade actuel qu'il y a une nouvelle rébellion touarègue au Mali. Ce sont des hommes qui ont pris les armes de camps militaires. Pas pour se battre, mais pour dire assez!»
Nous sommes là en 2006.

Le nouveau discours islamiste d'un stratège

Les temps ont changé depuis.
Aujourd’hui, celui qu’on surnomme «le renard du désert», se blottit dans des habits d’islamiste.
Il a un soutien de poids: Aqmi. Il a dans le passé arraché de leurs mains des otages européens qui étaient sur le point de mourir. Dans tous les combats d’Ansar Dine, il y a toujours un appui en soutien logistique et militaire d’Aqmi.
Iyad, pour ceux qui le connaissent, ne partage pas tout des combats d’Aqmi. Leur barbarie par exemple. Les attentats aussi.
Mais pour l’heure, ils sont pour lui des alliés stratégiques. Ils ont la logistique: les hommes, les moyens pour l’aider à atteindre son but: régner en maître absolu sur toute une région, toute une zone.
Le moment venu, il a toujours plus d’un tour dans son sac (il vient de le démontrer avec les rebelles touareg) il saura probablement s’en sortir, même s’il faudra un moment rentrer en apnée. Iyad est un habitué des apnées.
Il contrôle aujourd’hui l’essentielle de la région de Tombouctou, et celle de Kidal. Et un bout de la ville de Gao, autre capitale d’une région du nord du Mali. Et comme «Arme nucléaire de dissuasion», contre d’éventuels rivaux, il peut compter sur la force de frappe de la branche maghrébine d’Al-Qaïda.
Maintenant reste l’avenir des rebelles touareg du Mouvement national de Libération de l’Azawad (MNLA). Paris notamment comptait sur eux pour lutter contre Aqmi, et pourquoi pas libérer des otages français dans l’entre-deux-  tours de la présidentielle française.
Chouchouté par une partie de la presse française, le MNLA qui se voyait maître du grand nord, avant de combattre Aqmi, n’est pas encore mort. Loin de là. Certains ont vu des éléments du MNLA campé le 4 avril 2012 non loin de Tombouctou. Avec l’accord d’Ansar Dine? Réconciliation ou acte de défiance?
Mais avec une aile militaire qui n’obéit pas systématiquement à l’aile politique, avec des responsables de l’aile politique éparpillés entre le Mali, la Mauritanie, et la France, il y a peut-être un peu d’ordre à mettre dans la maison.
Serge Daniel
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Pourquoi il faut sauver le Mali

Pourquoi il faut sauver le Mali | Slate Afrique
La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) n’a pas le choix. Elle va devoir intervenir militairement pour rétablir l’intégrité territoriale du Mali.

Le coup d’Etat du 22 mars contre le président Amadou Toumani Touré a mis la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) devant le fait accompli d’une crise majeure. Né de la rébellion touarègue du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), il a créé une confusion sans précédent au Mali.
Au-delà du Mali, cette crise concerne tous les pays d’Afrique de l’Ouest de par ses implications. Aussi, les chefs d’Etat de la CEDEAO ont-ils soumis la junte militaire du capitaine Amadou Sanogo, qui avait pris le pouvoir, à un embargo diplomatique, économique et financier, afin de la contraindre à restaurer la légalité constitutionnelle.
Dans la foulée, elle a aussi menacé d’une intervention militaire les rebelles du MNLA dont les alliances avec l’autre groupe touareg Ansar Dine d’Iyag Ag Ghaly à tendance intégriste ainsi que le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) —groupe dissident d’Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI)— restent ambiguës.
La junte militaire qui a justifié son coup d’Etat par sa volonté de défendre et de restaurer l’intégrité territoriale n’a fait, en réalité, que précipiter et aggraver sa remise en cause. Et la division qu’elle a occasionnée au sein de l’armée mettra sans doute longtemps à se dissiper.

La crise malienne est loin d’être terminée

Après quelques jours d’atermoiements, le capitaine Amadou Sanogo et ses hommes ont fini par se résoudre à restaurer les institutions de la République d’avant le coup d’Etat. Sous la pression conjuguée de la CEDEAO, de la communauté internationale et des forces vives du Mali.
Pour autant, la crise malienne est loin d’être terminée. Le coup d’Etat ayant contribué à diviser et affaiblir davantage une armée déjà mal en point face aux rebelles touaregs et différents groupes intégristes, désormais en alliance avec une milice de trafiquants arabes de Tombouctou. Toute une mosaïque d’organisations criminelles qui a mis le nord du Mali en coupe réglée devant l’impuissance de l’armée.
Pour le MNLA qui veut se départir des groupes intégristes en question, l’indépendance de l’Azawad est son unique objectif. En l’autoproclamant, fort de son occupation du terrain, il a promis à mots couverts en échange d’éradiquer les groupuscules d’AQMI dans le Sahel. Le porte-parole du MNLA, Mossa Ag Attaher, a ainsi appelé les Touaregs à ne pas se laisser voler leur victoire en ces termes:
 «Nous avons déclaré ce matin (ndlr: le vendredi 6 avril) l’indépendance irrévocable de l’Azawad. Certains nous demandent, à nous et pas à d’autres, de respecter le principe de l’intangibilité des frontières tracées durant la colonisation au mépris des réalités des peuples.»
Soit, les frontières héritées de la colonisation sont taillées au mépris des réalités des peuples. Faut-il pour autant que tous les peuples qui ne se reconnaissent pas les mêmes réalités avec d’autres peuples des pays créés ipso facto par les tracés des frontières coloniales les remettent en cause? A cette question, la réponse ne peut être que négative. 
En tout cas, l’indépendance unilatérale de l’Azawad a été unanimement rejetée par la communauté internationale qui soutient la position de la Cédéao quant à l’intégrité territoriale du Mali. Devant cet imbroglio sociopolitique et militaire, les chefs d’Etat-major des pays de la Cédéao, réunis le 5 avril à Abidjan en Côte d’Ivoire, ont requis un mandat pour activer leur force d’attente. Laquelle, contrairement à l’urgence, ne pouvait pas être autrement opérationnelle dans l’immédiat.
Hormis le manque d’anticipation et d’organisation dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest, la situation au Mali révèle l’impréparation de la Cédéao à faire face à des crises majeures dans son espace. La lourdeur institutionnelle et l’indisponibilité de moyens aidant. Car une force permanente composée de soldats de tous les pays membres sous un commandement militaire unique basée dans un pays tiers, aurait pu se déployer de façon plus efficace au Mali et dans des délais raisonnables.
Pour l’heure, la force d’attente de la Cédéao attend non seulement son mandat, mais également les hommes et les moyens. De quoi donner suffisamment à réfléchir aux citoyens de la sous-région et surtout à leurs dirigeants.

La France prête à fournir des moyens logistiques

Pour sa part, la France a déjà fait savoir qu’elle est prête à fournir des moyens logistiques à la force de la Cédéao. Son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré:
«La France est engagée parce que le Mali est un pays ami, parce que nous avons dit que nous étions attachés à son intégrité territoriale, parce que nous l’aidons de manière considérable avec notre coopération bilatérale. Mais la lutte contre le terrorisme au Sahel, c’est d’abord la responsabilité des pays de la région.»
En un mot, la France ne peut faire mieux, à juste titre d’ailleurs.
En attendant donc l’entrée en action de la force de la Cédéao, la détérioration des conditions de vie, quant à elle, continue à peser chaque jour un peu plus sur la vie des Maliens. Dans un premier temps, l’intervention militaire servira sans doute à rassurer et à consolider les institutions républicaines du Mali. A charge à ces dernières ensuite de pouvoir réorganiser et motiver l’armée en déliquescence, afin qu’elle puisse redorer son blason en allant à la reconquête du grand nord abandonné, dans un ultime sursaut patriotique.
Sauf si les négociations de la médiation du président burkinabè, Blaise Compaoré, permettaient avant cette échéance aux frères ennemis touaregs du MNLA de revenir à de meilleurs sentiments. Car la force de la Cédéao ne pourra en aucun cas se substituer à l’armée malienne.
Même dans le plus optimiste des cas du règlement de la question du nord, il restera l’équation intégriste d’AQMI et son aile dissidente du MUJAO. Des sources concordantes indiquent que dans ce dernier groupe se trouvent des combattants de toute l’Afrique de l’ouest et du Soudan. D’où la nécessité d’anticiper et de prévenir un jour le retour de ces djihadistes dans leurs pays d’origine où des réseaux dormants existent bel et bien déjà.
Sauf à faire appel à une coopération régionale et interrégionale, voire internationale, la Cédéao n’a ni les moyens logistiques ni financiers pour venir à bout de cette hydre de Lerne qu’est AQMI et ses démembrements. La rapidité et la facilité avec lesquelles l’armée malienne s’est effondrée face aux groupes armés du Sahel met en exergue ce qui pourrait arriver à n’importe quelle armée d’Afrique de l’Ouest dans les mêmes cas de figures.
Si des groupes de terroristes deviennent plus puissants que des armées nationales, il y a de quoi commencer à s’inquiéter vivement quant la stabilité sociopolitique des Etats d’Afrique de l’Ouest. L’immense majorité des jeunes sans emploi et confinés dans la précarité permanente dans ces pays, peut en effet constituer un vivier potentiel pour les recruteurs de la multinationale d’AQMI. Dans le Sahel, cette fameuse multinationale offre des emplois sans distinction de race et de sexe, à la seule condition d’être prêt pour le djihad. Et ses offres sont illimitées, puisqu’elle ne connaît pas la crise économique.
Pour une lutte efficace de la force de la Cédéao contre les groupes terroristes au Sahel, il faut compter avec le soutien et la coopération de l’Algérie. Elle dispose d’une puissante armée, de la logistique, de l’expertise du combat au Sahel et des renseignements en plus. Mais tout dépendra des intérêts géopolitiques qui sont les siens.
En principe, elle ne devrait pas ménager son expertise, quand on sait que c’est elle qui est à l’origine de ce nouveau phénomène au Sahel. En confisquant la victoire aux élections locales du Front islamique du salut (FIS) d’Abassi Madani et autres, au début des années 1990, elle a involontairement créé les germes d’une pandémie islamiste aux souches diverses et de plus en plus résistantes. Cette responsabilité historique commande donc qu’elle coopère dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.
Marcus Boni Teiga

Au pays du Sahel: le borgne est roi

Au pays du Sahel: le borgne est roi | Slate Afrique
La crise au Mali s'enlise après l'annonce de l'indépendance du Nord Mali par les touaregs.


Algérie Azawad coup d'Etat Mali kadhafi Libye putsch militaire sahel touaregs

Il y a une ressemblance avec le Printemps arabe. Embusqués, les islamistes touaregs d’Ançar Eddine ont pris Tombouctou, occupée la veille par les Touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).
Les Touareg, comme tous les autres peuples musulmans, sont entrés dans la grande question du XXIe siècle, les dissensions fratricides entre islamistes et laïcs. Si pour l’instant, personne ne peut prédire la suite des événements au Mali, pas même Abdelkader El Mali [Abdelaziz Bouteflika ndlr]. Tombouctou est déjà la première ville au monde prise par AQMI.
Le drapeau des Imazighen touareg du MNLA n’aura donc flotté qu’une seule journée, remplacé par le sombre drapeau de type Arabie Saoudite, dont on ne rappellera jamais assez tout le mal que ce pays génère. AQMI, émanation du GSPC, lui-même émanation du GIA, est partie du Nord algérien il y a 10 ans et a fini par conquérir la ville la plus emblématique du Sahara-Sahel.

Le borgne, recherché par toutes les armées du monde
On annonce d’ailleurs que l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, alias Laouar, alias le borgne, recherché par toutes les armées du monde, est sur place, triomphant après des années d’errance, de complots et d’alliances diverses. La morale de cette histoire? Elle se situe dans le registre de l’import-export.
Les partisans du statu quo permanent annoncent déjà que tout est de la faute au Printemps arabe et à la liquidation de Kadhafi et de son arsenal de guerre, et il y a évidemment un lien entre la chute du régime libyen et la situation au Sahel. Mais c’est Kadhafi qui avait importé des mercenaires touareg, les a formés, armés et «islamisés», et ils sont repartis dans le Sahel avec un stock de guerre, un diplôme et un projet, ce qui a permis la prise de Tombouctou. C’est aussi l’Algérie qui a exporté le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) et Mokhtar Belmokhtar dans le Sahel, ce qui a aussi permis la prise de Tombouctou. La morale de la morale? Au choix, un pays averti en vaut deux, un clavier azerty en vaut trois ou un œil diabolique en vaut cinq.

Chawki Amari (El Watan)

Et si Alger soutenait l'indépendance des Touaregs?

Et si Alger soutenait l'indépendance des Touaregs? | Slate Afrique
L'Algérie est incontournable dans la gestion de la crise au Nord-Mali. Alger a noué des liens étroits avec les Touaregs.

La junte militaire au Mali s'est engagée le 6 avril soir à remettre le pouvoir aux civils dans le cadre d'un accord avec la Cédao, qui a menacé de recourir à la force pour préserver "l'intégrité territoriale" du pays après la déclaration d'indépendance du territoire de l'"Azawad", au Nord, par un mouvement de la rebellion touareg.

"Nous sommes parvenus à un accord, accord qui permettra dans les heures et les jours à venir de mettre effectivement en place les organes prévus par la Constitution et qui fonctionneront de manière régulière", a annoncé à la télévision publique ORTM le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolè, au nom de la la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Neutre puis inquiète, Alger est entrée de plain pied dans le conflit et la partition du Mali depuis la chute de Tombouctou et de l'enlèvement de son personnel consulaire à Gao par des éléments islamistes qui lui en veulent à mort. Proche du MNLA, Alger pourrait soutenir l'indépendance de l'Azawad, faisant voler en éclats son dogme de «l'intangibilité des frontières issues de la décolonisation.»

Tin Zawatin, petit village targui enfoui dans les confins du Sahara, à cheval entre l'Algérie et le Mali, deux pays qui partagent près de 1000 kilomètres de frontières. Le nom vient de l'oued, Tin Zawatin, qui désigne une espèce d'arbre de cette région pauvre et isolée. L'oued est à sec toute l'année mais, ici, à 2500 kilomètres d'Alger, il fait office de frontière entre les deux pays, il n'y a ni barrières ni grillage, encore moins de mur. Il suffit de passer l'oued et l'on se retrouve dans un autre pays.

Le village, ancien campement nomade, a été divisé en deux par la colonisation, la Tin Zawatin algérienne, plus ou moins riche et où l'Etat est présent, et la Tin Zawatin malienne, pauvre et sans Etat. Tout un contraste, pour deux villages distants de quelques mètres. Depuis le début de cette nouvelle rébellion targuie, les Tin Zawatin sont sous couvre-feu et des dizaines de milliers de Touaregs mais aussi d'Arabes du Sahara, ont fui les combats. 30.000 d'entre eux sont entrés en Algérie, pendant que les Songhaïs, pris entre les deux feus, ont préféré rejoindre leur cousins du fleuve Niger.

Alger et la neutralité positive
Fin janvier, avec d'autres localités du Nord Mali comme Tessalit ou Aghelhoc, la Tin Zawatin malienne tombe rapidement aux mains des Touaregs, sous le regard neutre mais inquiet de la Tin Zawatin algérienne. Alger a déjà pris conscience d'un nouvel embrasement dans la région, et elle qui avait déjà pris en charge les accords entre le pouvoir central malien et les Touaregs en 2006 et mis fin aux hostilités, met sa diplomatie en branle, car sur le front intérieur, ce n'est guère mieux.

Les quelques 20.000 Touaregs algériens sont solidaires de leurs frères du Mali, même s'ils n'ont jamais été indépendantistes chez eux, et plusieurs associations berbères amazighes d'Algérie du Nord soutiennent les Touaregs et leurs revendications.
Début février et prudente au départ, Alger ne négocie pas directement avec le MNLA , le Mouvement National de Libération de l'Azawad, fer de lance de la rébellion armée, mais avec l'Alliance Démocratique du 23 mai pour le Changement, pour ne pas faire subir d'affront au président malien Amadou Toumani Touré, encore en place à cette période.

La neutralité positive d'Alger?
Sachant pertinemment que de nombreux membres de l'Alliance Démocratique combattent avec le MNLA contre l'armée malienne, Alger adopte une neutralité positive, négociant avec patience la fin des hostilités, et pour cause: l'attentat suicide qui a visé pour la première fois Tamanrasset (métropole du Sud algérien et dont dépend entre autres Tin Zawatin) le mois dernier, a bouleversé une donne déjà compliquée.

Entre les armes et les groupes radicaux en libre circulation au Sahel, l'instabilité en Tunisie et en Libye, dont les frontières sont sous haute surveillance, et celles avec le Maroc, toujours fermées, l'Algérie se retrouve isolée et entourée d'agitations multiples. Mais surtout, elle voyait d'un mauvais œil l'alliance (tactique) défunte entre le MNLA et Ansar Dine, ces derniers étant liés à Al Qaïda.
Mais tout est allé très vite. La prise de Tombouctou par le MNLA, puis par Ansar Dine, la prise d'otages du personnel consulaire de Gao par les islamistes, a bousculé la lourde et lente diplomatie d'Alger. D'autant que c'est le même groupe ayant revendiqué l'attentat de Tamanrasset qui a enlevé ses ressortissants.
En contact permanent avec le MNLA, elle tente maintenant de s'allier directement avec cette mouvance laïque et progressiste pour se défaire des islamistes, d'abord pour récupérer ses otages, ensuite pour contrer Al-Qaïda, qui vient de signer une nouvelle déclaration de guerre à l'Algérie. Les membres du MNLA ont beaucoup d'estime pour Alger, et celle-ci les connait très bien. Une amitié secrète pour des alliances secrètes.

La France coloniale responsable de la crise
C'est évidemment la France qui a été à l'origine de ce conflit. En divisant le territoire des Touaregs entre l'Algérie, le Mali, le Niger, ex-colonies, elle a créé un peuple éparpillé entre plusieurs nations et posé une bombe à retardement. Redoutant ces dangers, dès les années 1960, l'Union Africaine pose un principe de base, largement soutenu par l'Algérie, «l'intangibilité de frontières issues de la décolonisation», pour éviter les affrontements entre peuples écartelés et jeunes nations.
Mais l'entêtement des pouvoirs centraux africains a tout compliqué, après avoir revendiqué une large autonomie, les Touaregs, déçus par les promesses de Bamako, demandent aujourd'hui beaucoup plus et viennent le 6 avril, de publier une déclaration d'indépendance.par la voix du MNLA, évacuant toutes les solutions intermédiaires.
Si Alger a fermement condamné le coup d'état militaire au Mali, elle était hostile à l'indépendance de l'Azawad, et demandait il y a quelques jours encore à «définir le règlement de la question du Nord, fondé sur les intérêts supérieurs du peuple malien et la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali», selon le porte-parole du ministère algérien des affaires étrangères, rejoignant le ministre français de la coopération, Henri De Raincourt, venu à Alger avant la chute de Tombouctou refuser l'indépendance des Touaregs : «Nous soutenons la pérennité du processus engagé le 2 février dernier en Algérie entre le gouvernement malien et les Touaregs pour l’examen des moyens de parvenir à un accord dans le cadre de la sauvegarde de la sécurité et l’unité territoriale et la souveraineté du Mali.»

L'intangibilité des fontières vole-t-elle en éclat?
Là aussi, la donne a changé. Début avril, la France est contre une opération militaire, ouvrant la voie à l'indépendance de l'Azawad, tout comme l'Algérie, qui commence à y voir moins d'inconvénients: une terre à son Sud dirigée par des Touaregs amis qu'ils connaissent très bien et qui connaissent si bien leur région pourrait être une garantie de stabilité et d'une chasse sérieuse aux éléments d'Al Qaïda, ce que l'armée malienne n'a jamais fait. Le dogme de «l'intangibilité de frontières issues de la décolonisation» vole en éclats?
Oui, mais l'Algérie avait déjà accepté la partition de l'Ethiopie en 1993 (qui a donné naissance à l'Erythrée) et du Soudan en 2011, plus grand pays d'Afrique, devenant de fait à son tour le plus grand pays d'Afrique. Surtout, aujourd'hui encore, Alger continue de réclamer «l'autodétermination du peuple sahraoui.» Pourquoi ne le ferait-elle pas pour le peuple targui, alors que celui-ci lutte depuis les années 50, dénonçant même dans une lettre au Général De Gaulle l'intégration de leurs territoires au Mali, ainsi qu'au Niger? Justement. En ouvrant la voie aux partitions africaines, Alger pourrait se voir reprocher des territoires qu'elle a récupéré grâce à la décolonisation, particulièrement au détriment de son frère ennemi historique, le Maroc.

Abdelkader El Mali, alias Abdelaziz Bouteflika
C'est une vieille histoire. Depuis la première rébellion des Touaregs en 1961, d'autres ont eu lieu, en 1990, 1994 et 2006, et Alger s'est toujours mêlée de ce conflit pour faire cesser les hostilités et parrainer des accords qui ont été très peu respectés par Bamako. Officiellement, l'Algérie refuse l'idée de sécession mais officieusement, elle admet que le pouvoir central malien n'ait pas respecté ses engagements en faveur des populations du Nord, Touaregs, Arabes et Songhaïs.
C'est une plus vieille mais autre histoire, déjà pendant la guerre d'indépendance algérienne, le FLN (Front de libération national) aidait les Touaregs à combattre l'occupant français et y avait installé des bases à Kidal et Gao, aujourd'hui aux mains du MNLA, et c'est depuis le territoire targui du Mali que les troupes du FLN sont entrés en Algérie à l'indépendance (en 1962), pour occuper la ville de Tamanrasset.
Les Touaregs progressistes, aujourd'hui regroupés sous le MNLA, ont aussi aidé les Algériens dans leur lutte. Une amitié secrète les unit, qui pourrait déboucher sur un coup de main pour une indépendance relative ou totale de l'Azawad, Alger étant prête à interdire tout déploiement de militaires étrangers dans le Nord du Mali.
Fait moins connu, le président Bouteflika lui-même, dont le nom de guerre est Abdelkader El Mali («Abdelkader Le Mali»), a passé une partie de la guerre d'indépendance au Nord-Mali pour d'obscures raisons, mais officiellement pour s'occuper des bases arrières et de l'approvisionnement en armes. Avec toutes ses amitiés, pourquoi Alger va-t-elle accepter l'indépendance de l'Azawad, qui semble inéluctable?
Probablement, parce que l'histoire change souvent de sens. Comme à Tin Zawatin algérienne, qu'un grain de sable sépare du Mali. Un petit village où les Algériens déposent régulièrement dans des camions grillagés les migrants clandestins attrapés en Algérie pour les refouler vers le Mali, le Niger n'acceptant que les Nigériens. Et c'est ici aussi que depuis janvier, le sens s'est inversé. L'Algérie, qui a accueilli près de 30.000 réfugiés fuyant les combats, selon le ministre de l'intérieur, a stoppé ses refoulements à la frontière. Les camions remontent vers le Nord.

Chawki Amari



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Mali: Washington rejette l'indépendance du Nord - Europe1.fr - International

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Debut du message Reste du message

Le Mali sur tous les fronts | RFI

Le Mali sur tous les fronts | RFI

Depuis le 22 mars 2012 le Mali traverse une double crise. A Bamako les militaires ont renversé le Président Amadou Toumani Touré. Dans le nord du pays, les rebelles touaregs et des groupes islamistes ont pris les trois principales villes de la région, Kidal, Gao et Tombouctou. Retrouvez tous nos articles, interviews et reportages.


Mali: les islamistes renforcent leur présence à Gao - Mali - RFI

Mali: les islamistes renforcent leur présence à Gao - Mali - RFI
Tandis que plusieurs sources font état ces dernières 24 heures du renforcement des salafistes à Gao dans le Nord-Est du Mali, un groupe dissident d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué ce dimanche 8 avril l'enlèvement du consul d'Algérie et de six membres de sa mission jeudi à Gao. La crise dans le Nord sous contrôle des rebelles touaregs du MNLA et de groupes islamistes reste une priorité absolue de la Cédéao. Beaucoup craignent désormais un affrontement entre les combattants du MNLA et les islamistes.

Notre dossier spécial Mali
Il n'y a pas d'image, un habitant qui souhaitait filmer en a été empêché. C'est « haram » -c'est péché- lui ont dit des hommes armés.
Mais désormais, ce sont bien les islamistes qui sont les plus visibles dans les rues de Gao. Un convoi d'une quinzaine de véhicules serait arrivé dans la nuit de vendredi à samedi, une vingtaine d'autres dans la journée de samedi.
Plusieurs témoins le confirment, les salafistes organisent des rencontres avec des messages clairs : oui à la charia, non aux pillages. Ils promettent à ceux qui ont perdu des biens de les récupérer, ils distribuent des numéros de téléphone où appeler pour signaler des vols. Et « comme ça, petit à petit, ils gagnent la confiance des gens en les embobinant », soupire un habitant.

Abdulkarim Ag Matafa
Président du conseil révolutionnaire du MNLA
Nous ferons face, que ce soit des salafistes, que ce soit de la Cédéao, que ce soit n'importe qui
 
08/04/2012 par Sarah Tisseyre
Mais confiance ou pas, la population de Gao craint maintenant des affrontements entre d'un coté ces islamistes qui refusent toute indépendance du Nord, et de l'autre les rebelles touaregs. Ce que n'exclut pas Abdoul Karim Ag Matafa, président du conseil révolutionnaire du MNLA, le Mouvement de libération nationale de l'Azawad.
La rupture est consommée et face à des mouvements qui ne peuvent pas cohabiter, les habitants de Gao attendent avec appréhension la suite des évènements
Confusion et concurrence entre groupes islamistes à Gao
Tour à tour depuis ces derniers jours, les patrons de bars de Gao ont reçu la visite d'hommes armés. Ils ne sont manifestement pas coordonnés entre eux, mais délivrent le même message, il n'est plus question de vendre de l'alcool.
Le patron d'un hôtel a confié à RFI avoir reçu la visite de six groupes différents. L'un d'eux, plus violent que les autres, composé d'hommes enturbannés et portant des barbes, aurait fouillé toute la maison pour débusquer les alcools qui n'étaient déjà plus à la vente, mais toujours entreposés dans une pièce.
A coup de tirs de kalachnikovs, ils auraient fait exploser les bouteilles, même celles qui étaient vide. Les enseignes publicitaires des marques de bière n'ont pas été épargnées. Cet homme n'a dû son salut qu'à l'arrivée in extremis d'hommes « plus gentils », dit-il, qui ont fait fuir les assaillants et ont laissé un numéro à appeler en cas d'urgence.
Au-delà des restrictions qui s'imposent aux débits de boisson, le harcèlement dont ils sont victimes illustre la confusion qui règne dans la ville, voire la concurrence entre les différents groupes qui cherchent à faire la loi dans Gao.

 Les ministres des Affaires Etrangères de l'Algérie, du Niger et de la Mauritanie étaient réunis à Nouakchott ce dimanche. Ils ont réclamé l'application « immédiate et inconditionnelle » de l'accord entre la Cédéao et la junte militaire.
Le chef de la diplomatie nigérienne Mohammed Bazoume est allé plus loin. Selon lui, il faut passer à l'offensive contre les rebelles touaregs le plus vite possible.

Mohammed Bazoume
Ministre des Affaires étrangères du Niger
On doit travailler à changer le rapport de force sur le terrain avant de parler de négociation
 
08/04/2012 par Laura Martel


Un groupe dissident d'Aqmi revendique le rapt de sept Algériens
Un groupe dissident d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué ce dimanche l'enlèvement du consul d'Algérie et de six membres de sa mission jeudi à Gao (nord-est du Mali), dans un message écrit transmis à l'AFP.
Avec notre correspondant à Bamako
Le message écrit est court, mais la revendication est claire. Le Mujao, mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, affirme détenir le consul d’Algérie à Gao. Le consul, mais également six de ses collaborateurs.
Adnan Abu Walid Sahraoui, porte-parole du groupe, qui affirme être une dissidence d’al-Qaïda au Maghreb islamique, a rappelé ensuite la presse à l’aide d’un téléphone portable. Son numéro de téléphone indique qu’il était au Mali. On entendait d’autres voix d’hommes autour de lui, un peu comme s’il était entouré d’autres membres de ce groupe, qui prône le jihad en Afrique de l’Ouest.
A la question posée par RFI : « Avez-vous des revendications ? », réponse du porte-parole du Mujao : « Vous le saurez plus tard ».
Apparu il y a quelques mois, ce groupe islamiste a déjà revendiqué l’enlèvement de trois humanitaires européens, au cœur du territoire occupé par le mouvement indépendantiste Polisario, soutenu par l’Algérie. Le Mujao a également, en mars dernier, revendiqué un attentat perpétré au sud de l’Algérie. Le chef du groupe est un Mauritanien.
Autre particularité du Mujao, il est constitué de nombreux combattants originaires de l’Afrique noire. On y trouve notamment des Sénégalais, des Maliens, des Ivoiriens, des Guinéens, et même des Béninois.

CARTE AZAWAD

TV5MONDE : actualites : Mali: le transfert du pouvoir de la junte aux civils se prépare


Carte du Mali et de l'Azawad revendiqué par les rebelles touareg du MNLA
 

Mali: le transfert du pouvoir de la junte aux civils se prépare

TV5MONDE : actualites : Mali: le transfert du pouvoir de la junte aux civils se prépare
BAMAKO (AFP) - 08.04.2012 15:21

Le président de l'Assemblée nationale malienne, Dioncounda Traoré, est arrivé samedi à Bamako pour être nommé chef de l'Etat du Mali par intérim après l'engagement de la junte militaire, sous forte pression régionale et internationale, à rendre le pouvoir aux civils.
Le président de l'Assemblée nationale malienne, Dioncounda Traoré (C) et le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, à l'aéroport de Bamako, le 7 avril 2012
Le président de l'Assemblée nationale malienne, Dioncounda Traoré, est arrivé samedi à Bamako pour être nommé chef de l'Etat du Mali par intérim après l'engagement de la junte militaire, sous forte pression régionale et internationale, à rendre le pouvoir aux civils.
Le capitaine de la junte malienne, le capitaine Amadou Sanogo (D), avec le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, le 6 avril 2012 à Kati, près de Bamako

Un accord-cadre conclu vendredi entre la junte et des représentants de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) prévoit le transfert du pouvoir aux civils et la désignation d'un président de la République et d'un Premier ministre de transition jusqu'à la tenue d'élections présidentielle et législatives.

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) a proclamé vendredi l'indépendance du Nord, l'Azawad, une déclaration unanimement rejetée en Afrique et dans le reste du monde.
AFP - Le futur président malien de transition, Dioncounda Traoré, devait poursuivre dimanche à Bamako ses consultations avant son investiture qui doit suivre le retrait du pouvoir de la junte issue du putsch qui a précipité la crise dans le Nord, aux mains de rebelles et d'islamistes. Lire le dossier
Arrivé samedi du Burkina Faso, qui a conduit la médiation ouest-africaine, M. Traoré doit rencontrer dans la journée le chef des putschistes, le capitaine Amadou Sanogo, selon l'entourage de la junte issue du coup d'Etat du 22 mars contre le président Amadou Toumani Touré (ATT).
Un accord-cadre conclu vendredi entre la junte et des représentants de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) prévoit le transfert du pouvoir aux civils et la désignation d'un président de la République et d'un Premier ministre de transition jusqu'à la tenue d'élections présidentielle et législatives.
L'accord stipule que le poste de chef de l'Etat intérimaire doit être occupé par le président de l'Assemblée nationale qui, avec son gouvernement, a théoriquement 40 jours maximum pour organiser des élections. Mais le texte prend acte de "l'impossibilité" de tenir ce délai vu les "circonstances exceptionnelles" et la crise au Nord, sans fixer une durée pour la transition.
Qui sera le chef du gouvernement de crise? De nombreux noms circulaient à Bamako ces dernières heures, dont celui d'un Arabe du Nord, Zahby Ould Sidi Mohamed, fonctionnaire de l'ONU au Soudan, et de plusieurs candidats à la présidentielle.
La Cédéao a décidé "la levée avec un effet immédiat de toutes les sanctions imposées au Mali", un embargo diplomatique, économique et financier qui menaçait d'asphyxier le pays. Les auteurs du coup d'Etat se voient offrir l'amnistie.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé la junte "à mettre rapidement en oeuvre les dispositions de l'accord-cadre qui prévoit un transfert du pouvoir aux autorités constitutionnelles". L'Union africaine, l'Union européenne et l'ex-puissance coloniale française, notamment, ont salué l'accord.
Lors d'une rencontre avec la classe politique samedi, Dioncounda Traoré a salué la junte pour avoir accepté de rétablir l'ordre constitutionnel, et affirmé que le Mali "a besoin de son armée pour recouvrer l'ensemble de son territoire".
Alors que les putschistes accusaient ATT d'"incompétence" dans sa gestion de la situation dans le Nord, le coup d'Etat a précipité le pays dans la plus grave crise de son histoire: la moitié septentrionale est passée il y a une semaine sous le contrôle de rebelles touareg, d'islamistes armés et de divers groupes criminels.
Les ministres des Affaires étrangères d'Algérie, du Niger et de la Mauritanie se réunissent dimanche à Nouakchott pour discuter de la situation au Mali, en l'absence de représentants de ce pays. Une réunion du Comité d'état-major opérationnel conjoint (Cemoc) de ces quatre pays - dits "du champ" - est attendue dans les prochains jours.



Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) a proclamé vendredi l'indépendance du Nord, l'Azawad, une déclaration unanimement rejetée en Afrique et dans le reste du monde.



Sur le terrain, le MNLA ne semble en réalité plus maître du jeu, supplanté par les islamistes du mouvement Ansar Dine d'Iyad Ag Ghaly, figure des ex-rébellions touareg des années 1990, appuyé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dont trois principaux chefs ont été vus à Tombouctou avec lui. L'un d'eux, Mokhtar Belmokhtar, est arrivé dans la nuit de vendredi à samedi à Gao, autre grande ville du Nord tombée récemment.



Aqmi retient en otages au Sahel six Français. Par ailleurs, le consul d'Algérie et six membres de sa mission ont été enlevés jeudi à Gao par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un groupe dissident d'Aqmi.



La Cédéao a brandi de nouveau ce week-end la menace d'un recours à la force pour mettre fin à la partition du Mali. Elle envisage d'y envoyer une force de 2.000 à 3.000 soldats, mais sa mission et ses moyens restent très flous pour le moment.

© 2012 AFP

A ton appel Mali : Vont-ils répondre présents ? - maliweb.net

A ton appel Mali : Vont-ils répondre présents ? - maliweb.net
Nul besoin de rappeler l’histoire, notre histoire commune des grands empires, de tous ces braves hommes, guerriers et rois que la Terre du Mandé a engendré. Non, il n’est pas question de faire ici un cours d’histoire – « y a pas temps », d’autres s’en chargeront, car l’heure est grave, la situation est critique. Tous ces braves hommes, guerriers et rois morts, mais qui ne « sont pas morts » observent depuis leurs tombes ce que nous allons faire, ils attendent que nous nous montrons dignes de l’héritage qu’ils nous ont laissé.
Assis, tout au fond de leurs tombes, les deux mains sous les mentons, les yeux ensanglantés, ils attendent que nous leurs démontrons que leur combat d’antan, combat qui les ont conduit, là où ils sont aujourd’hui, n’a pas été vain. Alors, ils continuent d’observer sans ciller. Ils nous observent vous, nous, chacun et tous qui porte l’épithète « malien », peu importe où il se trouve. Ils nous observent de sous la terre et nous voient tous et chacun. Ils piaffent de voir notre réplique à cet affront qui leurs a été fait, qui nous a été fait, plus qu’une insulte grave, une atteinte directe à la dignité qui est la nôtre. Ils nous observent et s’indignent quelques fois en voyant ce malien qui se résigne en disant que c’est une histoire réservée à ceux qui ont les armes à feux, une histoire militaire – ou cet autre qui se lamente en disant « nous n’avons pas les moyens qu’il faut » – et encore cet autre qui déclare « ni moi, ni ma famille ne vivent au Mali, heureusement » – encore un autre qui pense être en sécurité, car malgré tout, il arrive à vivre sans être impacté par les agissements de l’ennemi, croyant ainsi que ça sera plutôt une mauvaise affaire pour lui de s’en mêler…
Maliens, l’heure est gravissime-ment critique, grave et délicate.
L’ennemi avance à pas géant sur les cadavres de nos frères, sœurs, pères et mères, grands-parents et ancêtres. Il crache sur tous ceux que nous avons durement construits ensemble, pendant tout ces temps passés et immémoriaux. L’ennemi avance, en bafouant nos édifices et tout ce qui nous sont chères. Cela est intolérable et inacceptable, sinon doit l’être pour chaque malien.
L’ennemi avance et il ne nous fera pas de cadeau, dans notre propre maison, à ce moment précis où malheureusement notre famille est malade à sa tête. Ce moment où les membres que constitue notre famille se disputent la chéchia laissée en héritage par le patriarche. L’ennemi avance, il prend un malin plaisir de nos différends et notre désunion le rend plus ambitieux. Il redouble d’effort dans son projet méphistophélique, dont le seul but est d’humilier notre famille, la rouler dans la boue, la maltraiter et finalement la tuer, la faire disparaître !
Alors, allons-nous rester là, les bras croisés ?
Ne savons-nous pas que le jour que nous attendions depuis belle lurette est afin arrivé ?
Ce jour où nous devrions prouver que nous ne formions qu’Un seul Peuple devant la tentative d’invasion ennemi - que nous devrions avoir qu’Un seul But, lorsque le Mali qui nous unit est attaqué, pour savoir que nous ne disposons que d’un seul choix, qui est d’être animé de la même Foi pour restituer le Mali dans son intégrité. Car nous n’avons pas le droit d’agir différemment. Nous avons chacun le devoir, la responsabilité de nous battre aux prix de notre sang, s’il le faut, pour ne pas perdre un seul iota de ce que nos aïeux nous ont laissé. Parce qu’à la fin, nous serons tous et chacun jugé sur la base de ce que nous avons fait et de ce que nous n’avons pas fait. Nul ne sera épargné !
C’est vrai qu’il y a eu des « erreurs » ou sinon des fautes au départ : mais pensez-vous que les innombrables critiques et accusations nous avanceront à quelque chose ?
Pensez-vous que l’ennemi en avançant, dans nos camps et en égorgeant nos frères se demande si le Mali est en démocratie ou en dictature ?
Pensez-vous que l’ennemi se préoccupe de savoir si nous sommes un Etat laïc ou cafre ?
Pensez-vous que l’ennemi en a cure de notre Constitution, qu’elle soit niquelle ou ancienne?
Evidemment, que non ! L’ennemi qui est le nôtre n’a qu’un seul objectif, une seule préoccupation : « prendre le Mali » un point c’est tout !
Alors, l’heure est très très très grave ! L’heure et gravement grave, elle est très gravement grave !
Cependant, si votre travail est de rester là à ne rien faire pour empêcher que votre Mali, notre Mali tombe, quel genre de malien êtes-vous donc ?
Si vous ne savez rien faire d’autre que de vous préoccuper de votre installation dans le fauteuil du roi : qu’allez-vous faire si le Mali ne nous ait plus donné ?
Si votre travail est de vous borner à dire « retour à l’ordre constitutionnel », sur quel peuple allez-vous appliquer votre constitution, lorsqu’il en aura plus ?
Si votre travail est de vous taper la poitrine en disant « je suis démocrate », qu’allez-vous faire de votre démocratie quand vous n’aurez plus d’identité ?
Vous qui êtes toujours au centre des combines de tout acabits et des manigances émétiques, croyez-vous que l’ennemi vous laissera les gouvernails à cause de la noblesse légendaire de votre famille, à cause de votre intelligence, votre charisme ou de vos bonnes attitudes de bonne gouvernance ?
Si vous pensez que oui, alors continuer à faire ce que vous faites. Car l’heure est grave, l’heure est saignement grave ! Elle est quintuplement gravissime !

Le Mali est UN PEUPLE !
A l’heure actuelle, tous les maliens doivent se mettre ensemble (ceux qui sont au Mali ou à l’étranger) pour ne former qu’Un : les garibouts, les prenti-sotramas, les élèves, les étudiants, les enseignants, les surveillants, les diplômés et non diplômés, les féticheurs, les chercheurs d’emploi, les chômeurs, la cultivateurs, les maçons, les bergers, les médecins et infirmiers, les kôrôbôrô-boutiqui-tikis, les menuisiers, les soudeurs, les croquemorts, les vendeuses du raïlda, dibida, les agents de l’Etat, ceux du secteur privé, les chauffeurs de taxi, de car, les internautes, les bouchers du village, les coiffeurs des hameaux, les gardiens, les vigiles, les jardiniers, les cordonniers, les maraîchers, les pompiers, les cuisiniers, les plongeurs, les commerçants, les quincaillers, les coxeurs, les tisserands, les fourou-fourou-yiranans du village, les journalistes, les griots, les photographes, les artistes, les politologues, les sociologues, les « rien-logues », les planificateurs, les imams, les pasteurs, les historiens, les informaticiens, les sportifs, les confréries des chasseurs, les mécaniciens, les informaticiens, bref, tous sans exception, chacun doit s’y atteler en développant plus ce qui nous rassemble afin que nous soyons débout comme un seul homme, un colosse pour mater l’insolent ennemi qui avance et qui cherche à nous humilier et nous tuer.

Le Mali a UN BUT
Notre ultime, seul et unique but doit être la riposte contre l’ennemi. Notre but doit être de tout mettre en œuvre et parvenir à neutraliser l’ennemi : tous pour un et un pour tous. Parce que si le Mali perd la face, chacun de nous perdra la face. Si l’ennemi réussit son coup, on ne parlera plus de vous, ni de nous, car s’il ne nous tue pas, nous deviendrons des captifs sur le sol de nos ancêtres. Notre identité disparaitra, l’épithète « malien » disparaitra avec ses épopées, ses légendes, car l’ennemi ne laissera rien à son état.

Le Mali a UNE FOI
Nous devrions tous être convaincus que ce combat, c’est aujourd’hui. L’histoire du Mali nous a réservé déjà ses plus belles pages à chacun de nous pour y faire son entrée. Alors, animés de la même foi, à l’image de ce samedi bénit au stade omnisports, dans l’union des prières musulmane, chrétienne et évangélique pour la paix au Mali. Oui ce combat tant attendu c’est aujourd’hui, comme l’écrit l’Ecclésiaste à son Chapitre trois aux versets un à huit et le verset onze : « Tout ce qui se produit dans le monde arrive en son temps. Il ya un temps pour naître et un temps pour mourir ; un temps pour planter et un temps pour arracher les plantes ; un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures ; un temps pour démolir et un temps pour construire. Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire ; un temps pour gémir et un temps pour danser. Il y a un temps pour jeter des pierres et un temps pour les ramasser. Il y a un temps pour donner des baisers et un temps pour refuser d’en donner. Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre ; un temps pour conserver et un temps pour jeter ; un temps pour déchirer et un temps pour coudre. Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler. Il ya un temps pour aimer et un temps pour haïr ; un temps pour la guerre et un temps pour la paix. » ; « Dieu a établi pour chaque évènement le moment qui convient… »
Les pendules montrent le summum du gravissime de heure. Le temps présent est celui de se battre, se défendre contre l’ennemi. Cela n’est pas que l’affaire des seuls militaires, mais de chacun et de tous les maliens, du plus petit au plus grand, ceux qui ont fait l’école du blanc et ceux qui ne l’on pas fait, tout le monde doit s’y impliquer à son niveau et ensemble, à travers ce qu’il fait, avec les moyens qu’il dispose pour contribuer à la neutralisation parfaite de l’ennemi, son démantèlement, sa fin totale et définitive.
Tout le monde et chacun doit s’engager à cela et même pourquoi, ne pas pensez à mettre en place une plateforme rassemblant toutes les informations sur l’ennemi, d’où sera coordonner toutes les propositions, stratégies et idées allant dans un sens unique, celui de la défaite de l’ennemi. Chacun et tous doit travailler dessus. Tout le monde doit s’y atteler sans délai !
Existe-il de meilleure opportunité que celle-là pour enfin faire afin quelque chose pour son pays ?
Quand allez-vous arrêter de gaspiller votre énergie à critiquer, condamner et vous plaindre ?
Quand allez-vous comprendre que nous sommes dans le même camp, vous et nous ?
Quand allez-vous comprendre qu’aucun de nous n’aura de victoire en livrant bataille l’un contre l’autre ?
Quand allez-vous comprendre que nous n’avons qu’un seul ennemi commun et il est déjà dans nos murs !
Nous nous avons décidé de ne pas être de simples spectateurs. Nous répondons présents ! Et sommes résolus à aller au bout de nos efforts – et vous ?

Christophe M. Nyaku

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MALI Le sursaut ou la mort

Chronique du vendredi : Le sursaut ou la mort - maliweb.net
Une nation humiliée. Trimballée également. Mise ensuite en lambeaux et à l’index. Avant d’être remorquée par une sous-région et un continent dont nombre de leaders ne doivent pas être excessivement mécontents de notre naufrage au port. Même si on se doute que dans ces Etats, pour la plupart, « faillis », aucun président ne peut tolérer ce qu’on peut appeler la jurisprudence de Kati. Telle est aujourd’hui la nation malienne, la tête plus basse que haute, l’allure plus orgueilleuse que fière. L’orgueil pour gérer un aval des moins beaux où s’entremêlent relents de pouvoir personnel, élans d’auto-amnistie, fuites en avant, procès faciles, sens du raccourci, jeux d’ambition et enjeux de positionnement.
Quant à la fierté, elle aurait joué en amont, usant de ses leviers et de ses garde-fous pour éviter à la nation de tomber aussi bas que ce 22 mars. Puisque ce jour-là, ce n’est pas seulement sur le chef suprême des armées que les mutins ouvraient le feu mais aussi sur la IIIè République, et quasiment le jour du vingt et unième anniversaire de celle-ci. On ne soulignera jamais assez la nuisance du coup de sang qui traversa ce jour nos soldats. Ce n’était ni la manière, ni le lieu, ni le moment. Et cette colère nous a ramené bien loin en arrière, amenant aux chevets du pays des médecins au cv démocratique contestable. Mais les acquis étaient fragiles, le pays a baissé la vigilance et si la junte en a été le bras malheureux, c’est bien la crise du Nord qui, en révélant la grande vulnérabilité systémique du pays, a mis ATT à découvert et à portée de tir d’une armée qui, répétons-le, est celle de nos compromis, pas de nos besoins.
Car tout est au rabais dans ce pays : l’enseignement, la santé, la politique, la gouvernance, la presse, la morale, l’éthique, la justice et fatalement… l’armée. Démocratiser l’excellence, pour emprunter sa formule au bloggeur Fatogoma Ouattara est l’opportunité qui s’ouvre à nous maintenant. Après l’orage comme il l’a dit. Et l’orage, le capitaine Sanogo et ses hommes ont les moyens de l’empêcher, s’ils en ont la sagesse.
Et fasse Dieu qu’ils l’aient. Non pas à cause des pressions de la Cedeao de l’Union africaine ou de la communauté internationale. Mais pour le Mali et pour les Maliens. Il faudra le faire parce que nous sommes en compétition avec d’autres pays. Il faudra le faire parce que nous sommes une vieille nation qui a appris à retomber sur ses jambes quand tout paraît perdu. Il faudra le faire parce que ce pays trahi par ses élites est aussi abandonné par ceux qui prétendent incarner la morale internationale et qui demandent à la rébellion qui nous sépare, viole nos filles, pille nos biens, non pas le retrait inconditionnel des territoires d’une nation aux limites reconnues par l’Onu mais simplement un cessez-le feu immédiat. Il faudra le faire parce que sinon ce pays qui ne le mérite pas sera davantage détruit.
Penser à ceux qui sont tombés, penser à tous ceux qui vont tomber dans l’épreuve, penser à la douleur de celles qui ont été violées à Gao, penser à cette vieille nation, à son histoire prodigieuse et au futur que nous avons l’opportunité de lui donner, en tirant toutes les leçons : voici ce qui doit être notre credo en ces heures douloureuses.

Adam Thiam

L’Algérie défend « l’intégrité territoriale du Mali » - maliweb.net

L’Algérie défend « l’intégrité territoriale du Mali » - maliweb.net

Vous connaissez bien le problème du Mali et des Touareg, pour avoir été un médiateur de ce dossier par le passé. Quelle est votre analyse de la situation ?


Le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, jeudi 5 avril, au siège du gouvernement à Alger.

Ahmed Ouyahia : La situation est très, très préoccupante. C’est un foyer de tension important, à nos frontières, et qui a plusieurs dimensions. Il y a d’abord un problème entre les gens du Nord, les Touareg, et l’autorité centrale au Mali, lié au sous-développement et à la faiblesse d’un Etat à prendre en charge toute la problématique de son territoire. Nous sommes pour une solution qui passe par le dialogue. L’Algérie n’acceptera jamais une remise en cause de l’intégrité territoriale du Mali.

Et puis il y a l’autre volet, qui est le terrorisme. Cette mouvance déclare avoir pris les armes pour instaurer la charia et un Etat islamique au Mali -le fondement même de ce que l’Algérie a eu à subir et à combattre pendant plus d’une décennie et que nous appelons la tragédie nationale. C’est une réalité que nous condamnons.

Nous avions averti des conséquences potentiellement tragiques de tout ce qui partait comme armement de la Libye voisine, hors de tout contrôle. Ce que nous vivons à présent au Mali en est malheureusement la parfaite illustration.

Une région entière du Mali a échappé au contrôle de Bamako. Quel niveau de menace cela représente-t-il pour l’Algérie ?

C’est sans aucun doute un gros souci. D’abord, c’est notre voisinage immédiat, sur près d’un millier de kilomètres. Ensuite, je le répète, cela se double d’une dimension terroriste. Le MNLA [Mouvement national de libération de l'Azawad], mouvement porteur des revendications cycliques des populations touareg du Nord, s’est fait chasser des villes qu’il occupait par les forces terroristes du groupe Ansar Dine. Nous avons toujours été partisans d’une solidarité internationale contre le terrorisme, dont nous disons depuis 1994 qu’il ne connaît ni frontières ni nationalité.

Le terrorisme se combat. Notre doctrine est la suivante : 1. Traitement par l’assèchement du soutien au sein de la population. 2. Lutte implacable de l’Etat, avec toute la rigueur de sa loi et de sa force. C’est ce qui nous permet de temps en temps de mettre la main sur un groupuscule et d’abattre ceux qui n’acceptent pas de se rendre. 3.Une vigilance permanente.

Cette menace est une réalité que nous gérons chaque jour du nord au sud de notre territoire. Cela ne veut pas dire que le terrorisme est encore une démarche puissante en Algérie : il y a très peu de pays dans le monde qui ne soient pas en état de vigilance permanente.

Un attentat-suicide a tout de même été commis, le 3 mars, à Tamanrasset, contre une garnison de gendarmerie ?

Oui, cet attentat est le premier survenu dans cet espace du Sud profond. Le dispositif en place autour du site du commandement de la gendarmerie a empêché le terroriste d’y pénétrer, ce qui fait qu’il n’y a pas eu de morts, mais une quarantaine de blessés. Cela a été un choc. En même temps, l’enchaînement des événements -Tamanrasset le 3 mars, puis, un mois plus tard, la situation tragique au Mali- montre qu’il y a un lien et qu’il nous faut redoubler de vigilance au Sud.

Le président du Mali a été chassé du pouvoir par une rébellion militaire.

Qu’advient-il alors du Centre d’état-major commun antiterroriste (Cemoc) créé à Tamanrasset, en Algérie, avec le Mali, le Niger et la Mauritanie ? L’Algérie demande le rétablissement de l’ordre constitutionnel au Mali. Le Cemoc est toujours actif, il se réunira dans les prochains jours à Nouakchott [en Mauritanie]. Le Mali y sera-t-il ? Je ne saurais vous le dire. Mais la présence des militaires maliens dans ce cadre est impérative. Qu’il y ait des putschistes au pouvoir ou le régime républicain, il y a une armée qui existe en tant qu’institution.

Que peuvent faire les pays occidentaux ?

Chaque fois qu’un acteur étranger joue un rôle essentiel, c’est un dérapage programmé, immédiat ou six mois plus tard : les exemples sont nombreux. Mais il faut aider le Mali à faire face à ses problèmes de développement et à renforcer son armée.
S’il y a une leçon à tirer de la situation au Mali et des menaces de propagation qu’elle fait peser, et pas seulement sur l’Algérie, c’est qu’il faut plus de rigueur dans la lutte contre le terrorisme. Il faut, en particulier, qu’un terme soit mis au paiement des rançons pour les otages. Nous l’avons tragiquement subi chez nous et nous avons tragiquement résisté, nous avons perdu des civils. C’est une poulie qui tourne et alimente les criminels.
La deuxième leçon, c’est de continuer à intensifier cette coopération internationale et sous-régionale du Cemoc pour maîtriser le terrorisme dans cet espace terriblement vaste, terriblement vide, qu’est le Sahel.
Un peu plus d’un an après le début des révoltes arabes, quelle évaluation faites-vous de ce mouvement ? Il serait très prétentieux de vouloir tirer la conclusion d’un phénomène de cette ampleur et qui ne remonte qu’à quatorze mois. Je dirais, entre guillemets, que c’est le « Mai 68 du monde arabe » -au-delà de la France, Mai 68 a affecté plusieurs pays d’Europe et même les Etats-Unis. La compréhension de ce phénomène a pris du temps. Ici, il y a aussi cet aspect.
Quant à l’Algérie, sa situation est différente : la tragédie nationale qu’ont vécue les Algériens fait qu’ils connaissent le prix de l’anarchie. Et, en matière de pluralisme, nous avons peut-être tardé, mais nous prétendons être dans le peloton de tête.

Vous pensez donc que l’Algérie sera épargnée par la vague des révolutions arabes ?

Si cette vague est synonyme de violence, celle que nos amis arabes viennent de vivre ne constitue pas le dixième de ce que nous avons subi. Ce n’est pas que nous sommes épargnés : nous avons déjà lourdement payé ! Le chiffre de 200000 morts qui a été avancé est sans doute un peu dopé. Mais le problème n’est pas tant le chiffre que le traumatisme. Maintenant que ce drame est derrière nous, sans aller jusqu’à utiliser l’expression de guerre civile, nous nous sommes quand même battus avec nous-mêmes. C’est Mohammed qui tuait Mohammed. Et dans notre politique de réconciliation, il a fallu entraîner les familles des victimes, auxquelles il faut rendre hommage pour leur hauteur de vues.

Mais si l’on parle de contestation populaire ?

Je vous renvoie à 1988, et même à janvier 1991 : le pays a déjà connu une vague d’agitation.
L’Algérie va-t-elle continuer à abriter les enfants du colonel Kadhafi ?
Ils seront là tout le temps qu’ils le souhaitent et je suis heureux de vous dire que nos voisins libyens ont fini par comprendre. Car il n’est pas concevable dans nos traditions que la famille de votre voisin, fuyant un désastre, vienne dans votre maison et que vous la mettiez dehors. Ils sont chez nous en tant que citoyens libyens, étant entendu qu’ils ne se livrent à aucune hostilité ni subversion. Et c’est un contrat que nous arrivons à faire respecter.
Sylvie Kauffmann et Isabelle Mandraud (Alger, envoyées spéciales)

Des diplomates algériens pris en otage à Gao, au Mali
Des islamistes armés ont pris en otage le consul d’Algérie et six de ses collaborateurs en poste à Gao, dans le nord du Mali, que contrôle la rébellion depuis une semaine. Alger a confirmé que des assaillants « non identifiés » les ont emmenés « vers une destination inconnue ». Le porte-parole du MNLA, principale formation de la rébellion, a condamné cet enlèvement « par un commando terroriste » lors d’une opération qualifiée de « très violente », précisant que son groupe avait tenté en vain de protéger le consulat algérien. - (AFP.)
LE MONDE
06.04.2012

Moussa Ag Assarid du MNLA à propos d’une intervention militaire de la CEDEAO sur France 24  » Si jamais des soldats africains débarquent sur notre territoire, il y aura une coalition touareg pour les combattre «  - maliweb.net

Moussa Ag Assarid du MNLA à propos d’une intervention militaire de la CEDEAO sur France 24  » Si jamais des soldats africains débarquent sur notre territoire, il y aura une coalition touareg pour les combattre «  - maliweb.net

Après le coup d’Etat militaire intervenu le 22 mars, le Mali est coupé en deux. Et le MNLA semble dominé par Aqmi et Ansar dine, qui souhaitent instaurer la charia dans l’ensemble du territoire du Mali. Et, depuis la situation reste confuse pour bon nombre de Maliens qui se demandent qui contrôle quoi au Nord de notre pays ou les intérêts sont divergents.

Invité sur France 24 le mercredi 4 avril, le porte-parole du MNLA en France, Moussa Ag Assarid non moins écrivain et auteur du roman » Il n’y a pas d’embouteillage dans le Désert » a menacé de combattre les soldats de la CEDEAO s’ils débarquent sur leur «territoire». » Nous sommes prêts à discuter et dialoguer avec quiconque. Seulement, nous ne pouvons pas admettre que des militaires étrangers au Mali et à l’Azawad viennent sur notre territoire pour combattre la rébellion touareg. S’il y a une intervention, il y aura une coalition touareg » a averti Moussa Ag Assarid. Selon lui, les violences sont terminées à l’égard de l’armée malienne depuis la prise de Tombouctou. » La seule chose qui nous reste maintenant est la sécurisation de notre territoire » a-t-il indiqué. Avant d’ajouter « nous menons un combat légitime. Nous ne sommes pas des va-t-en guerre et nous savons ce que nous faisons ». Concernant la prise de Tombouctou par Ansar-dine, Moussa Ag Assarid précise que si les islamistes veulent entrer dans la légalité, ils peuvent présenter leur projet politique et c’est aux Azawadiens de décider » a-t-il souligné.

Rappelons que suite à la prise par les rebelles d’une partie du Mali, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a examiné les modalités d’une intervention militaire.

De même, les chefs d’Etat-major des pays de la Cédéao étudient actuellement le déploiement d’une force régionale.

Ramata TEMBELY

Des liens incontestables entre AQMI et le prétendu MNLA | MaliActu

Des liens incontestables entre AQMI et le prétendu MNLA | MaliActu
Le sujet a suscité beaucoup d’interrogations et d’attentions, à savoir s’il existe des liens entre le mouvement islamiste A.Q.M.I qui a élu domicile dans le sahel et le prétendu Mouvement National de Libération de l’Azawad qui a commencé ses hostilités depuis bientôt un mois, dans le Nord-Mali.
L’espace géographique dans lequel sévit le groupe terroriste, est un vaste territoire qui est difficilement contrôlable par les Etats du sahel notamment une partie qui se trouve dans le Nord-Mali lui offre des multiples avantages : les conditions de vie très précaires écartent la plupart des hommes, il existe de nombreux axes de communication hormis les routes transsahariennes répertoriées et des ressources importantes se trouvent dans la région.
Ces avantages tendent à étayer l’information selon laquelle AQMI aurait son sanctuaire dans la région montagneuse du Timétrine, au nord-ouest de l’Adrar des Ifoghas, à Kidal. Or, apparemment c’est dans la même zone que se trouvent les bases militaires du prétendu MNLA, une zone que maitrise parfaitement bien les rebelles mieux que quiconque.
Alors, il est totalement incroyable de penser à une haine du prétendu MNLA vis-à-vis de son acolyte AQMI. Les deux groupes opèrent ensembles depuis un bon moment et il y a entre eux une connivence avérée, puisque les membres du MNLA ont toujours servis de guides et de mercenaire pour AQMI.
Le partenariat a commencé après la signature des accords d’Alger de 2006, dans les clauses de ces accords, les régions du Nord-Mali doivent être gérées sur le plan sécuritaire et stratégiques par les anciens rebelles de l’alliance du 23 MAI dont : M’BA Ag Moussa, Iyad ag Agly et d’autres narcotrafiquants militaires-rebelles.
Il y aura la création des unités militaires spéciales qui seront dirigées par ces mafieux, aussi les barrières douanières seront contrôlées par eux-mêmes. C’est de là qu’a commencé le mal et la débauche s’est installée, AQMI va carrément occuper une bonne partie de l’espace sahélo-saharienne qui sera occupé par des vulgaires voyous, gens de sac et de corde fort à l’aise dans un espace saharo-sahélien qui grouille de trafiquants en tous genres et de toutes envergures.
Ils font argent de tout : produits de consommation courante (en profitant des différences de prix), véhicules, cigarettes, vrais ou faux médicaments, armes (notamment légères), drogue, émigrants clandestins. Connaissant seuls les tracés, les Touaregs (dont certains anciens combattants ont été intégrés – à des fins de réinsertion – dans les services des douanes, avec les conséquences que l’on peut imaginer) n’agissent pas seulement pour leur compte : ils sont les intermédiaires obligés de tous les réseaux désireux de transiter par cet espace.
Ainsi en va-t-il, notamment, pour les narcotrafiquants de Colombie et du Mexique (cocaïne arrivant par la Guinée-Bissau et le Sénégal ou dans le nord du Mali par “Air Cocaïne“), du Moyen-Orient (héroïne d’Afghanistan arrivant par la mer Rouge) et du Maghreb (cannabis du Maroc), pour lesquels la route transsaharienne (Nord-Mali) est la plus sûre et la moins coûteuse.
Nous sommes en présence d’une criminalisation économique évoluant (ou susceptible d’évoluer) en criminalité politico-religieuse : complicités politiques, policières et militaires dans les États concernés, narco-guérilla de certains Touaregs et narco-terrorisme d’AQMI, bref la complicité est d’une grande taille.
Aujourd’hui tous ces gens se retrouvent au sein du MNLA, par exemple M’Ba Ag Moussa fervent combattant du MNLA aujourd’hui, dirigé avant une unité spéciale à Kidal mais il n’a jamais pu empêcher ou même tenter d’arrêter les membres d’AQMI de faire leurs activités illicites.
Une autre preuve, les exactions et les exécutions sauvages perpétrés par MNLA à Aguel hoc sont des méthodes utilisées par les terroristes et tout récemment une branche d’AQMI qui se bat aux cotés du prétendu MNLA l’a carrément avoué. Aujourd’hui, chaque information qui passe parle d’une complicité d’AQMI avec le prétendu MNLA.
Mais, l’aile politique du MNLA qui se trouve à Paris continu toujours à nier cette réalité et les services secrets français continuent toujours à faire l’oreille sourde, fermant les yeux et préférant faire semblant de ne pas croire à ce qui se passe.
Le silence de la communauté internationale dans cette affaire est inadmissible et inacceptable. Aucune condamnation ferme des puissances occidentales n’a été faite face aux massacres perpétrés le MNLA au nom d’une guerre dépourvue de toute légitimé réelle au regard du droit international.
Par ailleurs, le Nord-Mali apparaît comme particulièrement convoité, tant par des États que par des entités non-étatiques, légales ou non. La France et les Etats-Unis se sont toujours dit prêts à combattre le terrorisme où qu’il se trouve, alors que, ce qui se passe aujourd’hui au Mali doit attirer l’attention de la communauté internationale à agir et à aider ce pays pauvres aux moyens militaires insuffisants à combattre un ennemi commun et à assurer : l’intégrité de son territoire, l’unité et la laïcité de son pays.
A l’heure actuelle, le Mali a des énormes difficultés pour faire face à cette rébellion qui est différente de celle des années précédente, il n’a pas les capacités militaires adéquates pour mettre ses forces armées dans des bonnes conditions avec un arsenal militaire approprié qui lui permettra de bien anéantir l’ennemi.
Par ce qu’il faut le reconnaitre, le prétendu MNLA avec la complicité d’AQMI est bien armé jusqu’aux dents, ils ont eu à récupérer des armes d’un peu partout : La guerre civile (février à octobre 2011 en Lybie) puis l’effondrement de la dictature permirent la résurgence de groupes armés islamistes dont la modération affichée demandera confirmation dans un proche avenir. De plus, les affrontements qui marquèrent les derniers mois de la dictature, se soldèrent par le pillage de multiples dépôts d’armes de toutes sortes qui ont pris diverses directions, notamment celle de la bande saharo-sahélienne.
Ainsi, les milliers de mercenaires recrutés par le dictateur aux abois revinrent très bien équipés dans leurs pays d’origine. Première conséquence observable, une « rébellion touarègue » s’est rallumée, en janvier 2012, dont le prétendu MNLA. Autre chose, les ifoghas et les idnans (touareg de Kidal) ont toujours injustement et cruellement rêvé de la création d’un Etat (azawad) qui couvrira les trois régions du Nord-Mali dans lequel ils vont régner en rois et colonisés les autre ethnies tels que les sonrhaïs, les peuls, les arabes et les imgads(leurs ennemis intimes), et AQMI promet de l’aider à mener cette lutte farouche jusqu’au bout. Et puis, juste après ils vont se partager les dividendes.

Tribune : Non au Syndrome Soudanais au Mali | MaliActu

Tribune : Non au Syndrome Soudanais au Mali | MaliActu

Quand l’information a été confirmée à Bamako, comme quoi un groupuscule de militants du MNLA avait été reçu (avec tapis rouge) au quai d’Orsay en France, nous pensions qu’il s’agissait d’une erreur d’appréciation de la situation au Nord du Mali.




Mais la déclaration sur Radio France Internationale du Ministre Français des Affaires Étrangères, Monsieur Alain Juppé, vient confirmer la stratégie de la France, de faire du MNLA un interlocuteur privilégié dans la gestion du Septentrion Malien, notamment avec l’espoir d’obtenir la libération des otages Français détenus par le groupe terroriste Aqmi.

Sinon comment comprendre que Monsieur Alain Juppé déclare que “la question Touareg ne se réglera pas par la force, mais par la négociation et le dialogue”. Une déclaration qui consiste à distiller par petite dose dans l’opinion publique internationale, l’idée d’une partition du Mali.

Négocier avec les rebelles du MNLA c’est négocier la partition du pays. Car c’est de ça qu’il s’agit, dans la mesure où la rébellion a clairement annoncé sa revendication indépendantiste, par la création “de la République de l’Azawade”.

Une revendication qui si elle aboutissait, consacrerait non seulement la partition du Mali et constituerait une réelle menace grave pour toute la bande Sahélo-Saharienne.



Une bande qui va de la Mauritanie au Tchad en pensant par le Mali, l’Algérie, le Niger, la Libye.

En fait, l’Azawade est un vaste territoire qui n’abrite pas que des Touaregs. Y vivent en parfaite harmonie, des Peulhs, des Songhoï, des Touaregs, des Bambaras etc…

Il convient de rappeler ici, les différents Accords conclus avec les différentes rébellions depuis 1990 (les Accords de Tamanarasset, le Pacte National, les Accords d’Alger etc…)

Rappeler aussi, les dizaines de Milliards de FCFA injecter pour le Développement Économique Social et Culturel des Régions Nord du Mali.



Aucun Malien n’acceptera la partition du pays entre le Nord et le Sud comme au Soudan.

Le Mali, avec sa devise Républicaine Un Peuple – Un But – Une Foi, restera uni et indivisible, n’en déplaise aux apprentis sorciers.

Nous en appelons aux amis du Mali, aux démocrates et progressistes Français pour que des voix se lèvent pour dénoncer cette attaque grave à l’intégrité territoriale du Mali et à son unité nationale.



Bamako le 06 Avril 2012,



Bassirou Diarra

Secrétaire Général du Parti UMRDA Faso Jigi

Secrétaire à la Communication du Front Uni

pour la Sauvegarde de la République et de la Démocratie

Officier de l’Ordre National du Mali

Chevalier de Légion d’Honneur de France.



Bassirou Diarra

La junte abandonne le pouvoir à Bamako | L'Afrique en chemin

La junte abandonne le pouvoir à Bamako | L'Afrique en chemin

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La rébellion touareg proclame la sécession dans le nord du Mali | L'Afrique en chemin

La rébellion touareg proclame la sécession dans le nord du Mali | L'Afrique en chemin

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Les rebelles touareg en guerre contre Al Qaida au Maghreb islamique ? | L'Afrique en chemin

Les rebelles touareg en guerre contre Al Qaida au Maghreb islamique ? | L'Afrique en chemin

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Le MNLA annonce la fin des opérations militaires | L'Afrique en chemin

Le MNLA annonce la fin des opérations militaires | L'Afrique en chemin

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L’accord de Bamako (texte, suite, détails, interrogations…) | L'Afrique en chemin

L’accord de Bamako (texte, suite, détails, interrogations…) | L'Afrique en chemin

Après une nuit d'euphorie, dans la foulée de la signature de l' Accord cadre de Bamako, qui précise le retour à l'ordre constitutionnel, et l'abandon du pouvoir par la junte du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'état (CNRDRE), une série de questions se posent pour la suite. Les hommes du capitaine Sanogo vont rendre le pouvoir aux civils, mais quand et comment ?

Pour commencer, il faut quelqu'un à la tête de l'état pour gérer cette période intermédiaire, en l'occurrence, le président de l'Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, arrivé du Burkina Faso dans l'après-midi de samedi. Pour qu'il devienne président dans le cadre d'une vacance du pouvoir, il faut qu'ATT commence par démissionner.
Il faut aussi trouver l'actuel premier ministre, Cissé Mariam Kaidama Sidibé. Elle est supposée être aux arrêts à Kati, mais ne se trouvait pas dans le groupe des prisonniers politiques de la junte qui ont pu rencontrer les délégations présentes pour les négociations ces jours derniers. Or, il revient au premier ministre de saisir la cour constitutionnelle, en même temps que le président de l'Assemblée nationale, pour que la vacance du pouvoir soit constatée et permettre à ce dernier d'être désigné à la tête de l'état. Pourvu qu'on trouve rapidement Cissé Mariam Kaidama Sidibé !
A première vue, tout ceci peut sembler compliqué, mais voilà la rançon du retour à l'ordre constitutionnel. C'est dans ce genre de débats que le chef de la junte pourrait essayer d'entraîner les discussions, afin de paralyser le processus qui le dépouille du pouvoir en plusieurs étapes, par effeuillage successif.
La constitution prévoit que des élections doivent se tenir dans les quarante jours après la nomination d'un président par intérim, délai qui semble impossible à tenir. Il faudrait plutôt parler de trois ou quatre mois, sans même tenir compte de la situation dans le Nord (environ 15% de l'électorat tout de même), mais en se basant sur des délais pour nommer un premier ministre, puis un Gouvernement d'union nationale dans lequel il faut s'attendre à voir apparaître quelques militaires, avant de se livrer au nettoyage des listes électorales, quitte à se résoudre à utiliser le RAS, le vieux fichier qui présente de graves défauts. "Chaque année, le nombre d'électeur augmente plus vite que la population du Mali", précise une source bénéficiant d'un accès direct à ces chiffres. Au total, il y aurait 8,15 millions d'électeurs sur ce fichier, c'est plus d'un million et demi en trop.
Mais le Mali n'en est pas là. Pour l'heure, il s'agit d'installer le nouveau pouvoir, puis de faire face aux deux urgences que constitue le règlement de la crise au Nord, cette partie du pays dont les rebelles du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont annoncé la sécession il y a trois jours. A Bamako, dans la rue comme dans la classe politique, "l'intégrité du territoire" n'est pas prise à la légère. Le Mali vit comme un traumatisme le fait de se voir coupé en deux, avec d'énormes incertitudes sur le sort des populations qui vivent dans cette moitié nord.
Ce sentiment est exprimé par Ibrahim Boubacar Keita, ex-premier ministre et candidat à l'élection présidentielle, qui vient de rendre public un communiqué abordant cette question : "L’une des missions essentielles du gouvernement d’union nationale de transition que j’appelle de tous mes vœux sera de reconquérir le territoire national avant d’entamer les négociations avec la rébellion. Cette reconquête devra se faire par notre armée nationale, réarmée moralement et rééquipée, avec l’appui logistique, matériel et en renseignements des pays amis qui souhaitent nous aider. Dans ce sens, j’apprécie l’annonce d’une loi de programmation et d’orientation militaire, comme je l’ai toujours proposé."

Vite, il faut sauver le Mali !

 Vite, il faut sauver le Mali !


(Journal du Jeudi Du 5 au 11 avril 2012 )
Les trompettes de la commémoration de l’indépendance du Sénégal, le 4 avril, ont une mélodie toute particulière cette année. Wade est parti deux jours plus tôt, laissant la place à une nouvelle alternance. Un président tout neuf, un mandat nouveau, et des défis à la pelle...
Tout avait commencé par un “Sall” temps pour Gorgui. Mais le vieux Wade n’y croyait guère et pensait tenir, dur comme fer, son pari. Seulement, la bourrasque électorale avait prévu d’autres plans pour le «pays de la Téranga». Sur fond de ventilateur et d’alternance. Le Sall temps de Macky est trop fort.
Après douze années de bons et loyaux services à la nation sénégalaise, Gorgui a passé la main le 2 avril dernier. Entre ovations et huées. Mais bon, on ne peut pas plaire à tout le monde. Même dans la vie. Les tambours étaient donc au rendez-vous de cette passation de pouvoir, même s’ils ne distillaient pas les mêmes sons. «Na dema dem» (Qu’il s’en aille), grondaient les uns, pressés de voir le «Pape du Sopi» prendre sa retraite! «Gorgui ligueyna Sénégal» (Le vieux a travaillé), scandaient les autres, admiratifs. Mais le sort en était jeté depuis cette fameuse soirée du 25 mars où Vieux Gorgui, sentant son échec cuisant, agrippa son bigophone et félicita son tombeur. Son élève, qu’il a roulé dans la farine, et qui est devenu décidément plus fort que son maître. Youssou Ndour pouvait déployer ses boubous avec gaieté et faire revivre le mbalakh avec bonheur.
Super Macky a donc gagné l’élection présidentielle de sa vie et tient fermement la barre du navire Sénégal depuis quelques jours. Une entrée en scène en fanfare, saluée aux quatre coins de la planète et ponctuée, déjà, par un dossier brûlant. Invité surprise de ce jour de gloire, le Mali était au centre de toutes les polémiques et de toutes les négociations.
Les têtes couronnées de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’étaient donné rendez-vous à Ndakarou, en marge de la cérémonie d’investiture de Super Macky, pour mettre le capitaine Sanogo au pied de son coup d’Etat de malheur. Embargo, sanctions, retour à la case départ et tout, et tout... Et ils ont à nouveau tapé du poing sur la table! Seulement, entre l’arbre du retour à la case constitutionnelle et la forêt de l’avancée victorieuse des rebelles sur la moitié nord du Mali, il faut savoir où placer ses forces.
En tout cas, les quelque 2 000 hommes déjà mis en alerte à titre préventif par la Cedeao pourraient bien entrer dans le jeu. Lundi dernier, à Dakar, les chefs d’Etat ont, en plus de l’annonce d’un «embargo total», sonné le gong d’une intervention militaire dans un pays sens dessus dessous. Les chefs d’état-major des pays membres de la communauté devraient se réunir incessamment pour «voir les modalités d’activation de cette force». D’ailleurs, ADO-la-force s’est voulu très ferme. «Toutes les mesures diplomatiques, économiques, financières et autres sont applicables (...) et ne seront levées que lorsque l’ordre constitutionnel (sera) effectivement rétabli », a-t-il martelé.
«Yes, we can!» semble lui avoir répondu le putschiste Sanogo, qui plaide cependant que «l’urgence est le recouvrement de l’intégrité territoriale» dans le Nord. Un Nord irrémédiablement perdu avec la prise annoncée de Tombouctou, haut lieu historique et touristique figurant sur le patrimoine mondial de l’Unesco, par les rebelles? En perdant le nord, le Mali n’est-il pas aussi en train de perdre son âme? Il faut sauver le Mali... Et vite !

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Les Touareg proclament l'état Azawad

AFRICATIMELes Touareg proclament l'état Azawad - Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet

MALI: ALORS QUE LE PAYS EST LIVRÉ AU CHAOS: Les Touareg proclament l'état Azawad


(L'Expression 07/04/2012)

Unanime, le monde a condamné hier ce coup de force et refuse de reconnaître un précédent dangereux pour l'Afrique.

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla), composante de la rébellion touarègue malienne, a proclamé hier «l'indépendance de l'Azawad» dans une déclaration sur son site Internet et via un de ses porte-parole sur la chaîne France 24.

«Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad à compter de ce jour», a déclaré Mossa Ag Attaher, qui a clairement affirmé la responsabilité de son mouvement dans la sécurisation de la région du Nord. «Nous venons de terminer un combat très important, celui de la libération», a-t-il ajouté. Dans une «Déclaration d'indépendance de l'Azawad» publiée hier sur leur site, les rebelles déclarent: «Nous, peuple de l'Azawad, rappelant les principes du droit international et les principaux instruments juridiques internationaux régissant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, notamment, la Charte des Nations unies en ses articles 1 et 55, les dispositions pertinentes de la déclaration internationale des droits des peuples autochtones proclamons irrévocablement l'Etat indépendant de l'Azawad à compter de ce jour vendredi 6 avril 2012.»

Le texte proclame la «reconnaissance des frontières en vigueur avec les Etats limitrophes et leur inviolabilité», «l'adhésion totale à la Charte des Nations unies» et «l'engagement ferme du Mnla à créer les conditions de paix durable, à initier les fondements institutionnels de l'Etat basés sur une Constitution démocratique de l'Azawad indépendant». Tout en invitant l'ensemble de la Communauté internationale dans «un élan de justice et de paix à reconnaître sans délai» l'Etat de l'Azawad indépendant. Le Comité exécutif du Mnla, proclame également qu'il continuera, jusqu'à la mise en place de l'Autorité du Territoire de l'Azawad, à assurer la gestion de l'ensemble du territoire. La déclaration est signée par le secrétaire général du Mnla, Billal Ag Acherif. Aussi, le Mnla a annoncé jeudi soir la fin de ses «opérations militaires». Mise devant le fait accompli, l'Union africaine (UA) a annoncé hier qu'elle «rejetait totalement la prétendue déclaration d'indépendance» du Nord-Mali proclamée par un groupe touareg. Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a ajouté dans un communiqué qu'il «condamnait fermement cette annonce, qui est nulle et sans aucune valeur», et qu'il «appelait toute la communauté internationale à soutenir pleinement cette position de principe de l'Afrique». La France, quant à elle, rejette la déclaration d'indépendance qu'elle considère comme «nulle et non avenue», selon la déclaration du ministère français des Affaires étrangères. Cette «Déclaration d'indépendance unilatérale» du Nord-Mali, «n'aurait pas de sens» si elle n'était pas reconnue par les Etats africains, a aussi déclaré le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, lors d'une conférence de presse devant l'association de la presse anglo-américaine. Mardi, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, avait exprimé l'opposition de la France à la revendication indépendantiste du Mnla. Cependant, «cette revendication pourrait conduire, dans le cadre d'un dialogue national, à une forme d'autonomie assortie d'une politique ambitieuse de développement. Le Nord n'a pas assez bénéficié pour l'instant d'efforts de développement aussi importants que le sud du pays», avait-il indiqué. De son côté, l'Union européenne refuse toute remise en cause de l'intégrité territoriale du Mali, a averti hier la porte-parole de la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, après la proclamation d'indépendance de la rébellion touarègue. «Tant que l'ordre constitutionnel n'aura pas été restauré, aucune solution ne pourra être trouvée», a averti Maja Kocijancic. Une mission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui ont imposé un embargo diplomatique et économique total au Mali quelques jours après le coup d'Etat, ont aussi clamé leur attachement à l'intégrité territoriale de ce pays membre de l'organisation. La Cédéao se trouvait toujours à Bamako, hier, pour des pourparlers avec la junte dirigée par le capitaine Amadou Sanogo à qui il est demandé un retour à l'ordre constitutionnel en échange de la levée de l'embargo. Pour sa part, la Tunisie a, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, réaffirmé, hier, son attachement absolu au principe du respect de la légitimité constitutionnelle et à la préservation de l'intégrité territoriale du Mali, ainsi qu'à sa sécurité et sa stabilité.

Par Nardjes FLICI