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16 juil. 2007

L'eau est un droit

ENTRTIEN AVEC HAMA ARBA DIALLO, Secrétaire exécutif sortant de la Convention des Nations Unies pour combattre la désertification (UNCCD),
L'eau est un droit, non une affaire commerciale, c'est un droit humain fondamental. Hama Arba Diallo, est convaincu que les Nations Unies sont sur le point de reconnaître de façon formelle ce principe, probablement d'ici à 2008. Diallo était à Rome à la fin-juin pour discuter de cette question avec le vice-ministre italien des Affaires étrangères, Patrizia Sentinelli, qui dirigera une campagne demandant à l'ONU de retirer l'eau des règles commerciales en adoptant ''une règle obligatoire pour identifier des étapes concrètes et graduelles vers une convention sur l'accès mondial à l'eau'' d'ici à la fin de l'année prochaine. Cette initiative vient après une résolution récente du Parlement italien en faveur de l'accès universel à l'eau potable et aux services d'hygiène, laquelle soutient que la protection de l'environnement et l'accès à l'eau sont deux aspects du même problème. Diallo a démissionné le 25 juin après avoir été élu au parlement du Burkina Faso, son pays, au cours des élections pour l'Assemblée nationale au début de mai. Le parti au pouvoir a insisté que s'il ne démissionnait pas de son poste en tant que chef du secrétariat de l'UNCCD et n'acceptait pas son mandat de parlementaire immédiatement, son élection serait annulée. Diallo devrait se retirer de son poste à l'ONU en septembre. Avant de rejoindre le secrétariat de la conférence de l'ONU en 1990, il avait servi pendant 24 ans en tant que haut fonctionnaire dans les ministères d'Etat et des Affaires étrangères du Burkina Faso. Il a accordé un entretien à IPS à Rome.

Pourquoi est-il si important que l'eau soit reconnue comme un bien commun et comme un droit humain fondamental?
Hama Arba Diallo (HAD): Bien, c'est impératif de trouver un moyen d'aider à s'assurer qu'il y aura un consensus au niveau de la communauté internationale pour reconnaître l'accès à l'eau comme un élément si fondamental que c'est presque une condition sine qua non pour la vie elle-même. Il n'y a pas cet endroit en Afrique où vous pouvez partir actuellement sans qu'on ne vous dise que la préoccupation la plus importante de tout le monde est l'accès à l'eau. Le rapport du Panel intergouvernemental sur le changement climatique (IPCC) indique que la rareté de l'eau deviendra de plus en plus importante au fur à mesure que le changement climatique s'installera. S'il existe un moyen quelconque par lequel nous pouvons aider à obtenir ce consensus qui pourrait assurer que oui, l'accès à l'eau est impératif, nous devons le faire. Et la communauté internationale est prête à se mobiliser. Ceci (accès à l'eau) est l'un des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), mais peut-être que cet objectif doit être plus précis, expliquant ce que nous entendons par 'accès à l'eau potable'; c'est pourquoi nous avons réellement besoin d'un consensus et c'est la raison pour laquelle l'Initiative italienne est si importante et si opportune.

Pensez-vous que la reconnaissance formelle par l'ONU soit un objectif réalisable?
HAD: Bien, nous devons travailler sur cela, comme sur beaucoup d'autres questions au niveau international; vous devez convaincre la communauté internationale que c'est important, que c'est réalisable, et que c'est à elle de décider s'il faut le suivre ou pas. Mais je suis tout à fait confiant que nous pouvons réussir. Il est maintenant temps de commencer une action diplomatique spécifique pour atteindre le septième OMD (diminuer de moitié le nombre de personnes sans accès durable à l'eau potable d'ici à 2015).

Vous venez de mentionner l'Afrique. Quelles sont les principales menaces liées à l'eau auxquelles les Africains des zones rurales sont confrontés?
HAD: Les pauvres des zones rurales dont le gagne-pain dépend de la terre, spécialement ceux vivant sur des terres sèches, sont, en particulier, en train d'être frappés durement. Les habitants des zones rurales sont des agriculteurs, au Burkina Faso ou en Mauritanie ou au Mali, ce sont ceux qui cultivent la terre ou élèvent le bétail, ou des gens qui font principalement les deux. Mais en Afrique, des agriculteurs doivent essentiellement compter sur l'agriculture alimentée par la pluie, ainsi ceux-ci sont les plus affectés par ce que nous sommes en train de voir actuellement, les conséquences du changement climatique... où la tendance de la saison pluvieuse est en train de changer, où la quantité de la pluie n'est pas fiable, et également où la durée géographique et temporelle de la saison pluvieuse est rendue incertaine à cause des tendances du changement climatique.

Quelles sont les conséquences sociales et économiques les plus importantes de la rareté de l'eau?
HAD: Le manque d'accès à l'eau oblige des personnes à dépenser beaucoup de ressources dans la recherche de l'eau, que cela soit l'eau de surface ou l'eau de la nappe phréatique. L'eau de la nappe phréatique est très coûteuse parce que vous devez aller à des centaines de mètres au sous-sol; l'eau de surface est plus facilement disponible quand il pleut, mais très difficile à obtenir et aussi sa qualité reste beaucoup à désirer puisqu'elle est à l'air libre, elle est exposée au vent et à toutes sortes de parasites. Quiconque la boit aura les parasites. Des maladies liées à l'eau sont tellement répandues à travers l'Afrique... ce sont des maladies qui véhiculent également la gastro-entérite, le paludisme et autres. S'il y a une source directe de maladies qui sévissent sous les tropiques, l'eau est absolument l'élément catalyseur qui les rend possibles. Pour nous, l'accès à l'eau potable n'est pas seulement un moyen d'aider les gens à survivre, mais aussi celui d'aider les gens à être en bonne santé, parce que quiconque accède à l'eau potable a plus de chances d'être en bonne santé et d'éviter certaines de ces maladies liées à l'eau.

La convention a été adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU en 1994, dans le but ''de prendre des actions appropriées pour combattre la désertification et atténuer les effets de la sécheresse en faveur des générations présentes et futures''. A-t-elle aussi réellement un impact favorable sur la pauvreté?
HAD: Concernant le bien-être commun des personnes et de l'environnement, la convention constitue un instrument important dans les efforts déployés pour éradiquer l'extrême pauvreté. S'il y a un seul instrument dont disposent actuellement les pays pour combattre la pauvreté, c'est cela. A travers la convention, des gens peuvent avoir accès à une meilleure terre, à une meilleure agriculture et à un meilleur bétail. Quelles que soient les actions entreprises, elles sont très facilement rentables, elles sont efficaces et ont un impact direct sur les moyens de subsistance des populations directement concernées. Ainsi, si vous voulez un instrument aidant à combattre la pauvreté, à créer des emplois, à créer des revenus, à protéger la biodiversité, à atténuer le changement climatique, la convention (pour combattre la désertification) est l'instrument à votre disposition. ROME , 10 juil (IPS)

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