ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ

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BIENVENUE AU SAHARA, AIRE DE LIBERTE

"Le désert est beau, ne ment pas, il est propre." Théodore MONOD.



1 juil. 2007

LE SABLE EN QUESTION

Qu'appelle-t-on sable?
Dans son acception la plus large, mais aussi la plus exacte, le sable est défini suivant des critères granulométriques: c'est une arénite (du latin arena, «sable») ou roche détritique meuble composée de grains dont la taille est comprise entre 2 mm et 63 microns (plus précisément 1/16 de mm = 0, 0625 mm). Dans certaines nomenclatures granulométriques, la limite inférieure est abaissée à 50 microns.
Au‑delà de la limite supérieure définissant les sables, c'est le domaine des graviers, et en deçà de la limite inférieure se situe le domaine des silts.
Origine du sable La nature des grains peut être quelconque, et, suivant l'élément figuré majoritaire ou exclusif, on parlera de sable quartzeux, feldspathique, micacé, coquillier, corallien, de sables noirs (très riches en minéraux lourds, de densité supérieure à 2,7: celle du quartz), etc.
Dans un sens courant, le sable est souvent assimilé à un sable quartzeux; en effet, le quartz est un minéral ubiquiste, résistant mieux à l'altération et à l'usure que les autres constituants qui viennent d'être cités.
Les sables consolidés ultérieurement par cimentation deviennent des grès: quartzeux, calcaires, etc.
Les sables détritiques terrigènes (ou lithoclastiques) Ils se forment par altération météorique et érosion des roches grenues – notamment magmatiques (granite, gneiss...) – puis sont transportés par l'eau dans le réseau hydrographique (ravins, rivières, fleuves). Les sables peuvent être «fabriqués» directement par les éruptions explosives émettant des cendres: ce sont des sables volcaniques, obtenus également par attaque des roches volcaniques massives.
Le sable fluviatile Une partie du sable fluviatile atteint la mer, si la compétence (capacité de transport des particules par les courants) des rivières est forte. Ce sont les apports fluviatiles terrigènes qui contribuent – ou ont contribué – à créer les deltas et les cordons sableux littoraux: plages (ou estrans), flèches qui isolent les lagunes côtières (par exemples celles du Languedoc), tombolos qui relient d'anciennes îles au continent (comme les presquîles de Giens et de Quiberon).
Les sables détritiques reliques On peut retrouver des sables détritiques reliques sur les plateaux continentaux. Ils correspondent en fait à d'anciennes lignes de rivage ayant migré au cours des cycles de descente et de remontée du niveau de la mer lors des fluctuations glaciaires du Quaternaire. On peut retrouver ces sables terrigènes dans les grands fonds marins, en contrebas des marges continentales. Ces sables furent apportés par des sortes d'avalanches sous‑marines appelées «courants de turbidité».
Les sables éoliens Un autre type de dépôt sableux est représenté par les sables éoliens accumulés par le vent en bordure des côtes (par exemple la dune du Pyla, dans le bassin d'Arcachon) et, surtout, dans les zones désertiques (les Grands Ergs Oriental et Occidental, au Sahara).
Morphoscopie
La forme d'usure des grains de quartz (morphoscopie) est caractéristique du milieu qui les a façonnés:
– grains peu usés, anguleux à sub‑anguleux = milieu fluviatile;
– grains usés, émoussés‑luisants = milieu littoral;
– grains usés, ronds‑mats (picotés) = milieu éolien.
Les sables bioclastiques Les sables bioclastiques, plus communément appelés sables coquilliers, proviennent de la fragmentation puis de l'accumulation des restes d'organismes marins (mollusques, bryozoaires, coraux...) ayant sécrété une coquille ou un squelette calcaire (en calcite ou aragonite). De nombreuses plages tropicales, de couleur très claire, sont constituées par ce type de sables. Les sables très bien triés de certaines plates‑formes sous‑marines tropicales (comme celle des Bahamas) sont exploités pour leur grande pureté en carbonate de calcium.
Les diverses utilisations du sable
Les sables sont un élément essentiel du processus sédimentaire et représentent une ressource très importante du point de vue économique: remblais, granulats pour béton, matériaux de construction, sables siliceux pour l'industrie. Ces derniers (appelés autrefois sables industriels) constituent l'essentiel de la matière première de l'industrie du verre, des moules, des noyaux de fonderie; ils entrent aussi dans la fabrication des céramiques et des mortiers spéciaux.
Le sable est aussi le milieu naturel où s'accumulent les minéraux lourds alluvionnaires; ces concentrations minéralisées sableuses sont dénommées placers (un mot espagnol) et l'on y extrait de l'or, des diamants, de la cassitérite (minerai d'étain), de la magnétite (oxyde de fer), de l'ilménite (oxyde de titane et de fer), etc. Les placers d'ilménite, ou «sables noirs», sont importants économiquement pour la fabrication des pigments de la peinture blanche (gisements côtiers en Australie) et comme source du titane‑métal.
Les sables jouent également un grand rôle comme réservoirs potentiels pour les nappes d'eau (aquifères) ou les hydrocarbures. Il importe que l'exploitation du sable, souvent anarchique, soit réglementée pour éviter de perturber de fragiles équilibres naturels: érosion des plages dont l'alimentation naturelle en sable a été coupée; destruction à terre de la nappe phréatique, etc.

LE DESERT: MODE D'EMPLOI

Qu'est qu'un désert?
Un biome : le désert Paysages de désert dans les pays sous-développés Les déserts Les déserts Le milieu aride est hostile: Vallée de la Mort aux États‑Unis, steppe de la Faim en Asie centrale, désert du Désespoir en Iran oriental. Pourtant, le désert fascine; l'homme découvre dans son sous‑sol des richesses, et dans le silence de ses espaces désolés, trouve un lieu propice à la méditation sur l'agitation du monde. Les plus grands déserts du monde sont le Sahara (8 000 000 km2), les déserts d'Australie (3 500 000 km2) et ceux d'Arabie (2 500 000 km2).
L'aridité:L'existence de déserts chauds (Sahara, désert de Simpson en Australie...) et de déserts froids (désert de Gobi, déserts polaires...) démontre, contrairement à l'idée reçue, que la chaleur n'est pas un critère pour définir les milieux désertiques. Le point commun à tous les déserts est le manque d'eau, l'aridité, qui résulte de la combinaison de plusieurs facteurs climatiques.

La notion d'aridité Les déserts reçoivent moins de 250 mm de précipitations par an, ce qui interdit la croissance d'un tapis végétal continu et laisse apparaître la roche à nu sur de vastes étendues.
L'irrégularité des pluies d'une année sur l'autre caractérise les climats désertiques. Ainsi, à Arica, dans le nord du Chili, si la moyenne annuelle des précipitations est de 06 mm, dix‑huit années peuvent s'écouler sans qu'aucune averse se produise, mais lorsque les pluies se déclenchent, elles s'abattent avec violence.
Dans certains déserts, l'absence de précipitations ne signifie pas absence de vapeur d'eau dans l'air, aussi les précipitations occultes (brouillards, rosée) ne sont-elles pas négligeables: elles représentent 50 mm/an dans le désert du Namib, en Namibie.
Les précipitations, quand elles se développent, ne profitent guère aux déserts. Dans les déserts chauds, en raison des températures du sol élevées (30 à 50 °C), l'évaporation est toujours supérieure à 2 000 mm/an et peut atteindre des valeurs très élevées: 5 000 mm/an à Tamanrasset (aujourdhui Tamenghest, en Algérie). Elle est accrue par la fréquence des vents, réguliers et secs (l'harmattan au Sahara). L'absence de tapis végétal réduit l'infiltration et les rétentions de l'eau dans le sol. La faible humidité relative de l'air (généralement inférieure à 50 %) et le ciel le plus souvent dégagé expliquent également les fortes amplitudes thermiques diurnes: alors que les journées sont chaudes (forte insolation), le refroidissement est sensible dès le coucher du Soleil, et il peut geler en hiver.

Les degrés de l'aridité Un géographe français, Emmanuel de Martonne, proposa, en 1923, un indice d'aridité I, grâce auquel différents degrés d'aridité ont été définis (I = P/T+10), où P est la hauteur moyenne des précipitations annuelles, et T la moyenne des températures annuelles. Plus la valeur de I est faible, et plus la station climatique considérée est aride. En fonction de cet indice, il est possible de distinguer trois types de régions désertiques:
Dans les régions hyperarides, où l'indice d'aridité est inférieur à 5, on trouve des déserts absolus (Tanezrouft au Sahara, désert d'Atacama au Chili...); ces régions ne couvrent que 4 % des terres émergées, et la végétation y est éphémère.
Les régions arides sont celles où les valeurs de I sont comprises entre 5 et 10, représentent 14 % des terres émergées (une grande partie du Sahara, déserts d'Iran, de Thar en Inde, de Sonora au Mexique, d'Arizona...); les précipitations, inférieures à 250 mm/an, alimentent une maigre végétation très discontinue; l'irrigation y est indispensable à l'agriculture;
Les régions semi‑arides ont des valeurs de I oscillant entre 10 et 20, sont des espaces de transition entre les régions arides et les régions subhumides voisines; ces espaces couvrent 125 % des terres émergées (Sahel et Kalahari en Afrique, Chaco en Argentine, Nordeste au Brésil...); la végétation, toujours discontinue, se compose d'espèces buissonnantes, de touffes de graminées et de quelques arbres; les précipitations, comprises entre 250 et 500 mm/an, rendent possibles les cultures sèches.
Les types de déserts L'extension des déserts est de 47 millions de kilomètres carrés, soit environ le tiers de la surface des continents. Par‑delà la diversité des causes climatiques ou géographiques qui sont à leur origine, quatre grands types de déserts peuvent être dégagés: subtropicaux, continentaux, d'abris, littoraux.
Les déserts subtropicaux Ils forment deux chapelets de déserts aux latitudes subtropicales (entre 25° et 35° de latitude nord et sud): dans l'hémisphère Nord, le Sahara, les déserts d'Arabie et d'Iran, le Thar et le Sind en Inde, le désert de Sonora au Mexique; dans l'hémisphère Sud, les déserts du Kalahari et d'Australie.
Ils sont dus à des anticyclones subtropicaux permanents, qui engendrent des masses d'air subsidentes, chaudes et sèches. Ce sont des régions ensoleillées, où les hivers sont tièdes et les étés torrides (station de Faya‑Largeau au Tchad: 204 °C en janvier, 342 °C en juin; 16 mm de précipitations par an, en moyenne).
Les déserts continentaux Situés au cœur des continents, leur éloignement par rapport aux océans est un élément déterminant: les masses d'air océanique, chargées d'humidité, ne les atteignent que très rarement. De plus, en hiver, des hautes pressions (liées au froid) repoussent les dépressions océaniques génératrices de précipitations. Ce type de désert est bien représenté dans l'hémisphère Nord (centre‑ouest des États‑Unis, Asie centrale), où les continents sont plus étendus que dans l'hémisphère Sud. Les précipitations se produisent en été, après la disparition des hautes pressions hivernales, et les hivers sont très froids (station de Kazalinsk au Kazakhstan: − 113 °C en février, + 267 °C en juillet; 108 mm de précipitations par an, en moyenne).
Les déserts d'abris Ils se trouvent «sous le vent», abrités derrière des barrières montagneuses élevées qui s'opposent à la pénétration des masses d'air humide. Ainsi, la cordillère des Andes, orientée nord‑sud, fait obstacle aux vents d'ouest chargés d'humidité, et à l'est de cette chaîne de montagnes s'étend le désert de Patagonie. Les bassins intramontagnards des Andes (Altiplano), des Rocheuses et de l'Himalaya correspondent à ce type de déserts. Ainsi, l'Himalaya empêche la mousson indienne d'atteindre le désert tibétain. Les hivers y sont froids et les étés tempérés (station de Maquinchao en Patagonie argentine: + 13 °C en juillet, + 17 °C en janvier; 173 mm de précipitations par an, en moyenne).
Les déserts littoraux L'influence de courants marins froids dans la zone intertropicale explique l'existence de déserts côtiers jusqu'à des latitudes proches de l'équateur. À leur contact l'air refroidi se stabilise, ce qui empêche les précipitations, mais la vapeur d'eau se condense et les brouillards sont fréquents. Ainsi en est-il des déserts du Namib et de Mauritanie en Afrique, d'Atacama au Chili, de Basse‑Californie au Mexique. Ce sont des déserts brumeux, relativement frais, où l'amplitude thermique est faible et l'humidité relative de l'air forte (station de Lima, Pérou: + 151 °C en août, + 223 °C en février; 35 mm de précipitations par an, en moyenne).
Les formes du relief: Bien que les paysages des déserts soient souvent monotones, la couleur des roches, qui n'est pas masquée par la végétation, est ici facteur de diversité: les plateaux de basalte noir des déserts de Syrie contrastent fortement avec l'Ayers Rock en grès rougeâtre du Grand Désert Victoria, en Australie.
L'action des eaux courantes: L'écoulement des eaux dans les déserts reflète les excès du climat dans ces régions: il est à la fois irrégulier et brutal dans le temps, et discontinu dans l'espace.
Quand une averse est assez abondante pour entraîner un écoulement, l'eau, arrivant sur une surface desséchée, ruisselle. Si cette eau parvient à se concentrer dans des rigoles, elle engendre des ravinements. Les écoulements non concentrés qui persistent et balaient le bas des pentes sont responsables de la formation de vastes plans réguliers, légèrement inclinés: glacis en roche tendre et pédiments en roche dure. Ces derniers sont souvent accidentés d'inselbergs, reliefs résiduels constitués de roches résistantes.
Une partie des eaux de ruissellement se concentre et converge vers les oueds. Ceux-ci, secs pendant des mois, voire des années, se remplissent brusquement. Un flot impétueux, écumeux, chargé de sable, de limon et de cailloux, parcourt le lit de l'oued. Paradoxalement, les oueds sont les cours d'eau qui connaissent les crues les plus brutales dans le monde. Ils transportent alors des quantités considérables de matériaux et des débris de grande taille, mais ils n'ont plus assez d'énergie pour creuser leur lit. À l'inverse, le sapement latéral est très actif, ce qui explique l'aspect général d'un oued: un lit démesurément large, encombré d'alluvions de tous calibres, à peine encaissé (2 à 5 m) entre des berges abruptes. Le sapement latéral tend à élargir ainsi de façon démesurée la vallée.
Les eaux atteignent rarement la mer: le drainage est de type endoréique. Les oueds se perdent par infiltration ou évaporation, ou bien leurs eaux vont alimenter des dépressions fermées (sebkhas, playas, salares), inondées temporairement et couvertes d'une croûte de sel le reste du temps.
C'est dans les régions semi‑arides que l'action des eaux contribue le plus au façonnement actuel du relief. Dans les régions arides et hyperarides, les formes dues à l'action des eaux sont le plus souvent des héritages.
Les déserts de pierre Dans les déserts, la fragmentation des roches est due principalement aux processus mécaniques. La cryoclastie est le processus le plus efficace dans les déserts continentaux et froids: la fréquence des alternances de gel et de dégel favorise la désagrégation des roches par éclatement. L'haloclastie, fragmentation par cristallisation du sel dans les fissures des roches, est active dans les déserts côtiers. L'hydroclastie, alternance d'humectation et de dessiccation des roches entraînant leur fragmentation, et la thermoclastie, fragmentation des roches provoquée par les fortes variations de température, ont un rôle plus limité. Comme il n'y a pas d'écoulement permanent pour entraîner les débris, ceux-ci s'accumulent au pied des escarpements en de vastes tabliers d'éboulis.
L'altération chimique des roches est extrêmement limitée, en raison de la rareté de l'eau. Néanmoins, son action n'est pas inconnue dans les déserts. Les vernis à la surface des roches (indurations superficielles) et les encroûtements calcaires ou gypseux proches de la surface du sol sont liés à la remontée des sels sous l'effet de l'évaporation et à leur concentration à la surface des roches ou du sol.
Les fragments rocheux, provenant de la désagrégation mécanique ou des processus d'altération chimique, sont triés par le vent. Celui-ci balaie les étendues désertiques en n'emportant que les particules fines, limons et sables; les éléments plus grossiers, trop lourds, restent au sol: c'est la déflation. Ce vannage aboutit à la formation de vastes plaines pierreuses, les regs, ou de plateaux jonchés de blocs inégaux, les hamadas. Sables et limons sont transportés sur de grandes distances. Ainsi, le sirocco peut transporter jusqu'au nord de la France des particules rouges très fines venant du Sahara. Les grains de sable soulevés par le vent étant plus nombreux à proximité du sol, l'action de mitraillage y est plus intense. C'est pourquoi les roches ainsi sculptées sont modelées en forme de champignon (les gour au Sahara).
Les déserts de sable: Contrairement à une idée répandue, les déserts ne sont pas uniquement des étendues de dunes de sable à l'infini. Seulement 30 % environ des régions désertiques dans le monde sont des déserts de sable.
Les grands massifs de dunes, les ergs, se localisent dans les parties basses de la topographie. Façonnés par les vents les plus réguliers, comme les alizés au Sahara ou en Australie, les ergs forment des alignements de dunes, parallèles à la direction des vents dominants, et séparés par des couloirs (gassis). Les dunes des ergs peuvent aussi avoir la forme de grandes pyramides (ghourds), dépassant souvent 200 m de haut, notamment dans le Grand Erg oriental en Algérie. Avec 200 000 km2 de superficie, l'erg de Libye est l'un des plus grands du monde. Les dunes des ergs ne se déplacent pas.
Il existe des dunes mobiles, généralement isolées à la périphérie des ergs ou sur les plateaux pierreux. Elles se sont constituées à la faveur d'un rocher ou d'une touffe de végétation (nebka) qui fixe le sable. Le vent modèle les dunes isolées en croissants, dont les pointes sont allongées dans le sens du vent. Leur profil est dissymétrique: le versant au vent est en pente douce, le versant sous le vent a une forte pente. Ces dunes sont nombreuses dans le Turkestan, où elles sont appelées «barkhanes».
Un écosystème pauvre: Le milieu désertique impose de nombreuses contraintes aux êtres vivants. La rareté de l'eau en est la principale: plantes et animaux doivent supporter de longues périodes sans pluies. Parallèlement, l'évaporation et la transpiration des plantes, accentuées par la chaleur et le vent, engendrent d'importantes pertes d'eau. Les êtres vivants subissent aussi de fortes contraintes thermiques: l'alternance de fortes chaleurs et de froid nocturne ou saisonnier est hostile à la vie. Quant aux sols, ils sont squelettiques, et certains ont une forte teneur en sel. La vie n'est cependant pas absente des déserts: elle s'y présente sous une forme adaptée.
La végétation: La flore des milieux désertiques est pauvre. Si 1 200 espèces ont été recensées dans le Sahara, seules 400 se trouvent dans les régions arides et 50 vivent dans les régions hyperarides. Le nombre réduit d'espèces n'exclut pas l'originalité: ainsi, certains cactus ne se rencontrent que dans les déserts américains.
Les formes d'adaptation: Les plantes ont développé des formes d'adaptation très variées. La vie implique pour la végétation une résistance à la chaleur, une consommation d'eau très faible et, par conséquent, une transpiration réduite. Aussi, pour puiser l'eau du sol, le système racinaire est-il fortement développé: il représente jusqu'à 80 % de la biomasse de certaines plantes. Les racines, qui peuvent être pivotantes, vont, comme celles du prosopis, chercher l'eau des nappes souterraines à des profondeurs de 20 à 30 m. Les cactées ont en revanche des racines très étalées, à proximité de la surface du sol, pour profiter de la moindre averse avant que l'eau s'infiltre ou s'évapore.
Pour réduire au minimum la transpiration, les végétaux limitent leur surface totale. Les feuilles, de petite taille comme celles de l'armoise, ne sont souvent que des épines, ou que des écailles, comme celles du saxaoul (Haloxylon hammodendrum) de l'Asie centrale. Leur cuticule est épaisse, revêtue de gomme ou de cire comme celle des feuilles du créosotier (Larrea tridentata) du désert du Mexique. Aux heures les plus chaudes de la journée, les stomates se ferment pour limiter les pertes d'eau par transpiration.
La constitution de réserves d'eau est une autre forme d'adaptation. Par la succulence, les plantes «grasses» comme les cactus ou l'agave emmagasinent de grandes quantités d'eau leur permettant de traverser une longue période sans pluies. Dans le nord‑ouest du Mexique, le saguaro (Carnegia gigantea) peut ainsi contenir de 2 à 3 m3 d'eau!

Les éphémères ont élaboré une autre stratégie de survie: leur cycle végétatif est très court. Ainsi, Boehravia repens germe et produit des graines en moins de dix jours. Ces graines peuvent attendre pendant de longues années (jusqu'à cinquante ans) l'averse providentielle qui va provoquer leur germination.
Les biotopes: Les différents biotopes des déserts sont plus ou moins favorables à la végétation. La steppe est la formation végétale la plus répandue dans ces déserts. C'est une végétation basse, discontinue, puisque les plantes ne couvrent pas intégralement le sol, composée d'herbes dures, comme le drinn en Afrique ou l'ichu des punas andines. Dans les régions semi‑arides, la steppe recouvre plus de 50 % de la surface du sol. En direction des régions arides et hyperarides, le taux de recouvrement de la végétation diminue, pouvant s'abaisser à 10 %, voire moins. Les surfaces pierreuses ne sont colonisées que par des touffes de graminées, et les arbustes y sont rares. Les secteurs sableux sont plus favorables à la végétation, et les arbustes comme Retama retama colonisent les dunes; c'est dans le creux de celles-ci, où l'eau des pluies converge, que la végétation est la plus dense. Les oueds sont garnis de petits fourrés d'arbres alimentés par un écoulement d'eau proche de la surface (inféroflux). Dans les montagnes des régions désertiques apparaît un étage forestier clair, suivi d'une steppe d'altitude.
Les oasis constituent des îlots de verdure repérables de loin. Dans les déserts chauds, le palmier‑dattier (Phoenix dactylifera) est par excellence l'arbre des oasis. Dans les déserts à hivers froids, il cède la place aux peupliers et aux saules.
Les sols salés sont peuplés de végétaux spécialisés, dits «halophiles». Certaines espèces, comme l'armoise, l'atriplex ou la salicorne, résistent à des teneurs élevées en sel dans le sol grâce à leur forte pression osmotique.
La faune: Si le nombre d'espèces animales dans les déserts est réduit, la plupart des groupes zoologiques terrestres et d'eau douce y sont représentés. Comme les plantes, les animaux doivent lutter contre le manque d'eau, la chaleur et l'intensité de la lumière.
Dépendance par rapport à l'eau: Cette dépendance est variable selon les espèces: si certains animaux doivent boire tous les jours, et ne s'éloignent pas des points d'eau, d'autres comme l'oryx ou le chameau résistent plusieurs jours sans boire. Ce dernier possède deux bosses de graisse dont l'oxydation métabolique produit une certaine quantité d'eau, redistribuée par le sang dans tout l'organisme; il peut ainsi perdre 30 % de son poids.
Quelques animaux peuvent se passer totalement de boire, en se contentant de l'eau produite par l'oxydation des aliments ingérés. Ainsi, les rongeurs (mérione, gerboise) peuvent vivre sans eau libre en s'alimentant de plantes succulentes ou de plantes à bulbe.
Bien que limitées, les adaptations anatomiques sont parfois remarquables: les grandes oreilles du fennec sont de véritables régulateurs thermiques, et les insectes possèdent de longues pattes qui les tiennent à distance du sol brûlant.
Les adaptations physiologiques et comportementales sont beaucoup plus développées. Certains animaux résistent à la déshydratation en ne transpirant pas; leurs urines sont très concentrées, et leurs excréments très secs. Pour échapper aux fortes chaleurs et au rayonnement solaire intense, la plupart des rongeurs, lézards et serpents ne sortent que la nuit. Les animaux diurnes se perchent ou s'envolent pour se soustraire aux fortes températures au niveau du sol. Pendant la saison la plus chaude, des animaux, comme la tortue terrestre (Testudo horsfieldi), entrent en léthargie. Dans les étangs temporaires, les œufs des amphibiens restent en sommeil lorsque l'étang est à sec.
De même, lorsque la température du sol atteint 52 °C, les sauterelles s'envolent toutes les quatre minutes! La terre constituant un excellent isolant thermique, de nombreux animaux vivent dans des terriers. Les scorpions, les araignées et les insectes, favorisés par leur taille réduite, cherchent l'ombre et l'humidité dans les anfractuosités des rochers.
Les ressources en eau: La connaissance des ressources en eau douce présentes dans les déserts est indispensable à la vie des hommes et à leurs activités. Les fleuves allogènes constituent un premier type de ressources en eau. Ce sont de grands fleuves, comme le Nil en Égypte, le Tigre et l'Euphrate au Moyen‑Orient, ou l'Indus au Pakistan, qui traversent les régions désertiques, atteignent la mer, et dont la zone d'alimentation se trouve dans des régions bien arrosées. Ils apportent de grandes quantités d'eau utilisées par l'homme dès l'Antiquité. Ainsi le Nil, alimenté par les précipitations abondantes des hauts plateaux de l'Afrique orientale et par les eaux du lac Victoria, parcourt-il plus de 6 000 km, dont 2 700 à travers le désert égyptien, grâce à un débit élevé et soutenu (2 590 m3/s de débit à Assouan). Les eaux souterraines sont d'un grand intérêt dans des régions où les eaux de surface font le plus souvent défaut. Dans le lit des oueds, où les alluvions sont épaisses, des nappes d'eau proches de la surface sont alimentées à chaque averse par les eaux d'infiltration. Le long des fleuves allogènes, des nappes phréatiques latérales sont rechargées par des crues régulières comme celles, annuelles, du Nil. L'eau de ces nappes souterraines est aisément accessible par des puits de quelques dizaines de mètres de profondeur. Les nappes d'eau profondes, prisonnières dans des roches magasins, sont des nappes fossiles, héritées de périodes plus humides. Leur exploitation nécessite des moyens plus lourds: seuls des forages profonds, jusqu'à 1 300 m dans les déserts australiens, permettent de ramener l'eau en surface.
L'avancée des déserts Les déserts se sont développés à la fin de l'ère tertiaire, il y a 15 millions d'années. Au début du quaternaire, les déserts actuels sont en place, mais leurs limites ont connu d'importantes variations.
D'anciens dépôts lacustres, des plantes et des animaux fossiles, des vestiges préhistoriques témoignent des changements climatiques passés survenus dans les déserts. Il y a 20 000 ans, le Sahara s'étendait 400 km plus au sud, sur une partie du Sahel, où il laissa des dunes actuellement colonisées par la végétation. Cette phase plus aride a duré jusque vers 12 000 ans BP (before present, la date de référence étant 1950). De 12 000 à 4 000 ans BP, il lui succéda une période plus humide: au Sahara, les pluies d'origine tropicale étaient plus abondantes, et le lac Tchad était beaucoup plus étendu qu'aujourdhui. À partir de 4 000 ans av. J.C. , les déserts ont progressé à nouveau.
L'extension actuelle des déserts au détriment des régions subhumides voisines est rapide. Au cours des cinquante dernières années, le processus de désertification a entraîné au Sahara la perte de 650 000 km2 de terres autrefois productives. Cette désertification est liée à des causes multiples. Les crises climatiques comme la sécheresse au Sahel de 1968 à 1973 ou celle qui affecta le Nordeste du Brésil de 1979 à 1984, en provoquant la destruction du couvert végétal, sont en partie responsables de l'avancée des déserts. L'homme, en intervenant sur l'équilibre fragile des écosystèmes désertiques, est également un agent très actif du processus de désertification. Ainsi, le surpâturage des animaux domestiques entraîne la dégradation de la végétation, aggravée par le piétinement des bêtes, qui tasse le sol, le rendant très sensible à l'érosion. La mauvaise maîtrise de l'eau engendre l'augmentation de la teneur en sels dans les sols, qui deviennent peu à peu stériles. Ainsi, l'oasis de Chinguetti, en Mauritanie, victime de la salinisation des sols, a été abandonnée; elle est aujourd'hui envahie par les sables.
Une meilleure gestion de l'eau et des pâturages, la plantation d'espèces adaptées (acacias, saxaouls, tamaris...) afin de constituer des «barrières vertes» comme dans le nord du Sahara algérien sont les principaux moyens de lutte contre l'avancée des déserts.
L'homme dans les déserts La vie humaine dans les déserts est fondée sur la coexistence de deux modes de vie traditionnels: le nomadisme et la sédentarité.
Les sociétés traditionnelles: Depuis le néolithique, les nomades exploitent de façon extensive les pâturages des régions désertiques. Ils se déplacent avec leurs troupeaux, composés de moutons, de chèvres et d'animaux de bât (chameau, dromadaire, yack, lama), en fonction des points d'eau et des pâturages. Les migrations s'effectuent soit entre le désert et ses marges, au climat moins hostile, soit entre les montagnes, où les nomades passent l'été, et les plaines, où ils cherchent des pâturages d'hiver. Ces nomades sont de redoutables guerriers (Touareg et Peuls au Sahara), qui ont toujours dominé les peuples sédentaires. Le commerce de caravane est associé à l'activité pastorale des nomades. Ces derniers vendent aux sédentaires du sel, des épices et les produits de leur élevage, ce qui leur permet d'acheter des dattes, des céréales et des tissus.
Les sédentaires vivent près des fleuves allogènes (Nil, Euphrate, Indus...) ou des points d'eau. En creusant des puits et en amenant l'eau dans des sites favorables grâce à des conduites souterraines, ils ont créé des espaces aménagés, les oasis, où ils pratiquent une agriculture irriguée. Sur de petites parcelles entourées de rigoles, les cultures présentent trois strates: céréales et légumes poussent sous les arbres fruitiers, à l'ombre des palmiers‑dattiers.
Le mode de vie des nomades semble aujourd’hui menacé. Les gouvernants des pays concernés tentent de sédentariser les nomades, pour mieux contrôler ces populations mouvantes. Le camion et l'avion, qui transportent rapidement les marchandises, ont ruiné le commerce de caravane. Les oasis, qui étaient souvent des étapes pour les caravaniers, souffrent de ce déclin.
La mise en valeur moderne des déserts: Depuis la Seconde Guerre mondiale, les déserts ont connu des transformations importantes. Les forages profonds dans le Néguev, dans le sud d'Israël, la construction du barrage d'Assouan sur le Nil, les aménagements hydrauliques du Syr‑Daria et de l'Amou‑Daria en Asie centrale ont permis d'étendre de façon considérable les périmètres irrigués dans les régions désertiques. La découverte de gisements métallifères – fer de Mauritanie, uranium d'Arlit au Niger –, et surtout de gisements d'hydrocarbures, comme en Arabie Saoudite, dans le Sahara algérien ou encore au Texas, a conduit à la mise en valeur de régions autrefois délaissées. Des villes comme Koweït sont nées de l'extraction pétrolière; d'autres, comme Le Caire, Samarkand ou Tachkent, ont vu leur population augmenter et l'espace bâti gagner sur le désert environnant. L'approvisionnement en eau potable est un problème majeur pour ces villes du désert. Cependant, les étendues désertiques demeurent des espaces où les densités de population sont faibles, ce qui explique que les hommes y installent des bases spatiales (site de Baïkonour au Kazakhstan), ou y réalisent des essais nucléaires (État du Nevada aux États‑Unis).
Une source de vie spirituelle: Monde indécis où les Juifs chassaient un bouc chargé symboliquement de tous les péchés d'Israël, le désert est à la fois un lieu de rejet et de ressourcement. Les grandes religions monothéistes sont nées du désert: Moïse voit Dieu face à face dans le Sinaï, le Christ y jeûne quarante jours, les cavaliers arabes y prennent leur élan pour répandre l'islam. Inversement, les croyants déçus par leurs contemporains s'y retirent: ermites, anachorètes, ascètes s'y trouvent à l'abri des tentations du monde, mais, comme saint Antoine, pas de celles de leur esprit. Les aventuriers y cherchent les vestiges des cités perdues, les philosophes y trouvent, comme dans les ruines de Palmyre ou de Ninive, la preuve de la fragilité des royaumes et des empires, les anthropologues, qui découvrent les peintures rupestres du Sahara représentant prairies et troupeaux, y lisent que la nature, comme les civilisations, est mortelle. Le désert est ainsi le réceptacle des vanités enfuies, comme dans un tableau de Tanguy, de Dalí ou de De Chirico.

LE DESERT DES DESERTS

Le Ténéré
Le Ténéré est ce «désert du désert» situé dans une cuvette, au nord‑est de la république du Niger, bordé par des hauteurs: à l'ouest, le massif de l'Aïr; au nord, le Tassili n'Ajjer; à l'est, le plateau du Djado et le grand escarpement du Kawar.
Le Ténéré est réputé être un désert hyperaride où les précipitations sont absentes pendant plusieurs années consécutives. Sa surface est recouverte par des regs caillouteux et des ergs où le vent a modelé de grandes dunes de sable, comme celles de Temet, au nord‑ouest, qui ont 300 m de haut. Il reste peu d'habitants au Ténéré, moins de 8 000, en majorité des Karounis, qui sont répartis en plusieurs oasis sur les bordures occidentale et orientale, grâce à la présence de l'eau.
Les oasis de Kawar (Bilma, Arrigui) et de Fachi sont des lieux de production de sel, qui fait l'objet d'un commerce encore actif avec les régions avoisinantes par l'intermédiaire des caravanes des Touareg de l'Aïr ou des Toubous du Tibesti.
En 1988, le Niger a créé la réserve naturelle nationale de l'Aïr et du Ténéré, pour protéger la flore, la faune (l'autruche, la gazelle dorcas, l'addax...) et les sites archéologiques (Tamakon, Adrar Bous, Djado...) qui témoignent d'une vie humaine importante au temps où le désert n'était pas désert.

VIE AU SAHARA

Climat:Le climat saharien oppose une région centrale hyperaride aux deux zones semi‑désertiques du Sud et du Nord. La frange nord‑est jouxte un littoral baigné par le climat méditerranéen: en Libye et en Égypte, le Sahara se «jette» dans la Méditerranée. Au sud, le Sahel délimite une large bande de terre où la saison sèche se prolonge pendant huit mois. D'une façon générale, on considère que le désert serait limité, sur le plan climatique, par l'isohyète 150 mm et, sur le plan biogéographique, par l'apparition d'une graminée spécifique au Sahel, le cramcram (Cenchrus biflorus).
Dans la partie centrale du Sahara, les conditions de vie sont extrêmement pénibles: il ne tombe pas plus de 25 mm d'eau dans le Tanezrouft («pays de la soif» en berbère), situé à l'ouest du massif du Hoggar. Certaines régions ne reçoivent pas une goutte d'eau pendant plusieurs années.
La moyenne annuelle des températures s'établit autour de 27 °C. L'été est torride: les températures sont comprises entre 40 et 45 °C, avec des maxima de 55 °C. L'hiver, qui peut être plus ou moins frais, présente des températures oscillant entre 8 et 11 °C, avec parfois des gelées nocturnes (le mercure peut descendre jusqu'à − 18 °C dans le Tibesti). Les amplitudes diurnes (15 à 30 °C) sont plus prononcées que les amplitudes annuelles (10 à 20 °C). Les températures étant très élevées et la nébulosité quasi inexistante, l'évaporation est particulièrement forte, entraînant l'un des taux d'humidité parmi les plus bas du monde (5 %).
En raison de la prépondérance de son action physique, le vent est l'une des données fondamentales du milieu naturel saharien. En hiver, les hautes pressions font souffler l'harmattan, vent de nord‑est s'asséchant au fur et à mesure qu'il progresse vers l'ouest. Le sirocco est un vent très chaud soufflant vers la Méditerranée. Le khamsin, vent sec atteignant des vitesses supérieures à 100 km/h, souffle sur la Libye entre mars et juin. On estime que sur l'ensemble du désert, la force éolienne déplacerait chaque année entre 60 et 200 millions de tonnes de poussières en suspension, arrachées aux sols et aux roches, et de 10 à 20 millions de tonnes de sable.
Faune et flore: Cantonnée aux oasis et aux oueds des régions semi‑désertiques, la végétation se réduit à quelques arbustes xérophiles, des acacias, des jujubiers, et à un maigre tapis temporaire de graminées, d'ombellifères et de crucifères résistants. Dans l'écosystème des oasis, le palmier‑dattier (Phoenix dactylifera) apparaît comme un véritable pivot: le tronc est utilisé pour le chauffage et le bois d'œuvre; les fibres et les feuilles sont employées pour la vannerie; la datte, riche en sucre, sert à l'alimentation (1 kg de dattes représente une ration alimentaire d'environ 2 000 calories); le noyau du fruit sert à l'alimentation du bétail, et la sève à l'élaboration du vin de palme. En plein désert, les espèces qui parviennent à défier l'aridité possèdent des racines jusqu'à 20 fois plus développées que leur tronc: aller chercher l'eau au plus profond et réduire les surfaces exposées à la transpiration sont les conditions de cette forme d'adaptation. Dans les oasis, les possibilités de culture sont assez variées: le blé et l'orge sont produits en Algérie, le mil et le sorgho sont plus courants au Niger.
La vie animale est présente jusque dans les zones les plus arides, où peuvent vivre insectes, petits rongeurs (gerbille), hyènes, parfois gazelles et antilopes. Oryx, chacal, guépard, varan, scorpion, vipère des sables, daman des rochers complètent la liste des hôtes du désert. L'adax, grande antilope présente dans le Ténéré, peut rester plusieurs jours, voire une année entière, sans boire. Parmi les espèces adaptées au milieu aride se trouve aussi la grande gerboise, rongeur passant ses journées à l'abri dans un terrier. Le fennec, petit renard aux grandes oreilles, est bien implanté. Le chameau, appelé ainsi bien qu'il s'agisse en fait d'un dromadaire (il n'a qu'une bosse), est le maître incontestable de l'endurance en milieu aride: il est, depuis qu'il a été importé d'Arabie pour remplacer le cheval, le «moteur» des routes caravanières.

SAHARA: TRAITS PHYSIQUES

« Le Sahara, c’est en nous qu’il se montre. L’aborder ce n’est point visiter l’oasis, c’est faire notre religion d’une fontaine. », Antoine de Saint-Exupéry, «Le Petit Prince »

LE SAHARA: Le plus grand désert du monde – dont le nom vient de l'arabe al‑sahara et signifie «désert» ou «steppe» – prend en écharpe la partie septentrionale de l'Afrique, continent dont il couvre près d'un quart de la superficie. Sur plus de 8 millions de kilomètres carrés, de la Mauritanie à la mer Rouge et de la Méditerranée au fleuve Niger et au lac Tchad, le Sahara, dont la zone sahélienne constitue le prolongement méridional, gagnerait chaque année environ 1 million d'hectares. Ses limites, notamment celles d'ordre biogéographique, fluctuent constamment sous l'influence de facteurs climatiques mais aussi anthropiques (surpâturage, déboisement...). Immensité aride couverte de sable, de pierres et, on l'oublie souvent, de vieilles montagnes disséquées par l'érosion, il fut une zone franchement verdoyante voici dix millénaires. Ténacité de la nature et résistance des hommes sont des atouts nécessaires à la survie dans cette immensité que se partagent dix États.
Éléments du relief Alors que le massif du Hoggar (Algérie) s'élève à 2 918 m au mont Tahat, le point culminant du Sahara est l'Emi Koussi (3 415 m), qui se dresse dans le Tibesti. Le massif de l'Aïr, au Niger, atteint 1 944 m. La partie occidentale du désert, beaucoup moins accidentée, s'élève progressivement depuis la côte atlantique. À l'approche de la vallée du Nil et sur la rive droite de celui-ci, le Sahara se prolonge par le désert Arabique en Égypte et par celui de Nubie au nord du Soudan. On y rencontre les principales formes du relief désertique: les regs sont des surfaces recouvertes de sable ou d'éclats de roches noirâtres; les ergs, massifs sableux constitués de divers types de dunes, développés surtout au nord, tels les Grands Ergs, occidental et oriental (Algérie); les hamadas, plateaux rocheux souvent calcaires ou gréseux, en partie couverts par un reg. Contrairement à une idée répandue, les ergs, ou les dunes en général – paysages symboliques du désert chaud –, ne couvrent pas plus de 20 % de la surface du Sahara; les dunes qui s'y développent sous l'action éolienne prennent parfois des proportions impressionnantes (plus de 250 m de hauteur).
Le réseau hydrographique est formé d'oueds, cours d'eau à l'écoulement spasmodique. Dans la plupart des cas, l'eau de pluie s'infiltre sur place. En Libye, où la population est concentrée le long de la côte méditerranéenne, on utilise les nappes fossiles du sud du pays pour l'alimentation en eau. Les lacs, la plupart du temps salés, apparaissent lorsque le niveau du sol recoupe le niveau aquifère. Au sud de l'Atlas, des rivières s'écoulent des zones montagneuses pour se déverser dans les bassins environnants, où peuvent se trouver des marais salants temporaires: ce sont les sebkhas, dont il existe de beaux exemples en Tunisie. Mais l'écoulement est en général interrompu (endoréisme). Controversé, notamment en raison des dégâts qu'il cause sur les berges, le barrage d'Assouan (construit entre 1964 et 1971), qui régularise les crues du Nil, a permis, grâce aux programmes d'irrigation, de réduire quelque peu la surface des déserts environnants.
Évolution géologique: La plate‑forme saharienne est constituée de roches cristallophylliennes et granitiques datant de la période précambrienne. La mer a pris une première fois possession de l'actuel territoire à l'ère primaire. L'accumulation de sédiments explique la présence de formations gréseuses – comme le tassili des Ajjer, dans le prolongement du Hoggar – ou calcaires. Une importante période de manifestations volcaniques survient au Tertiaire puis au Quaternaire dans certaines parties du Hoggar (Atakor), du Tibesti et de l'Aïr.
Ressources: Le Sahara est riche en richesses minérales. Ainsi la Libye et l'Algérie sont-elles, après le Nigeria, les deuxième et troisième producteurs de pétrole d'Afrique. L'Algérie exploite de riches gisements de manganèse, et la Mauritanie d'importantes réserves de cuivre. Ces deux pays ainsi que la Libye bénéficient de la présence de minerai de fer dans leur sous‑sol. Le Maroc est l'un des premiers producteurs mondiaux de phosphates. Pour sa part, le Niger partage avec l'Australie les réserves mondiales d'uranium les plus fournies.

21 juin 2007

ACADEMIE BERBERE

ALGÉRIE • La langue berbère a son académie
Depuis le mardi 19 juin, deux décrets ont été publiés qui prévoient la création d'une académie et d'un conseil supérieur pour la langue tamazight (berbère). Selon le communiqué du Conseil du gouvernement repris par le quotidien
Liberté, ces textes visent à créer des institutions afin de promouvoir et de développer le berbère "dans toutes ses variétés linguistiques en usage sur le territoire national". Le berbère serait ainsi revalorisé ; pour Liberté, "cela constitue sans nul doute une avancée sur le long chemin de la réhabilitation d'une des composantes essentielles de l'identité nationale" algérienne. En d'autres termes, comme le reconnaît le Conseil de gouvernement d'Algérie, ces deux décrets réaffirment "la ferme volonté des pouvoirs publics d'accorder à cette dimension de notre identité nationale toutes les conditions aptes à lui permettre d'occuper la place qui lui revient dans [la] société. Pour de nombreux observateurs, il s'agit surtout d'un geste de plus du président algérien en direction de la population de Kabylie et de l'ensemble de l'Algérie berbérophone. Mais, pour Liberté, "il est prématuré de s'avancer sur ce dossier tant que l'on ne connaît pas encore les détails du projet ainsi que la composante de ces institutions et leurs missions". Le berbère n'a acquis le statut de langue nationale en Algérie que depuis 2002.

http://www.tamazight.biz/

11 mai 2007

SAHARA VISION

LE PRESIDENT WADE SAHARIEN DE CŒUR
« Déclarer la guerre au désert », c’est la proposition que fait Me Abdoulaye WADE, le président de la République du Sénégal. Il a tenu ces propos à l’occasion de la Conférence internationale sur le financement des bassins de rétention tenue à Dakar le 09 mai 2007.

Le Chef de l’Etat sénégalais a, à cet effet, plaidé en faveur d’une mobilisation mondiale, pour un financement conséquent des bassins de rétention, dans le double objectif d’arrêter l’avancée du désert et de changer durablement
les conditions de vie des paysans du Sahel.

Me WADE a, par la même occasion, préconisé la création d’une ligne Maginot de Dakar à Djibouti, pour réaliser des bassins de rétention qui, à côté de la Grande Muraille verte, permettront de s’opposer à l’avancée du désert. Il a également suggéré la création d’une Agence sahélienne des bassins de rétention.
Visionnaire, le président sénégalais s’est interrogé sur la redéfinition de la
notion de guerre aujourd’hui et sur le rôle des armées occidentales dans
un tel combat.

« Pourquoi ne pas déclarer la guerre au désert et au sous-développement » a-t-il martelé devant une assistance acquise à ses suggestions. Les Chefs d’Etat de la CENSAD et des pays couverts par les déserts ont là matière à réflexion. La communauté internationale et les mouvements écologistes peuvent aussi y trouver inspiration.
Le Sahara, enjeu mondial, doit être préservé au profit des génrations futiures.

17 avr. 2007

WEBSCOPIE

EMZAD LE CRIN DE LA NOSTALGIE
J’ai découvert un beau site avec une vocation si noble qu’il veut sauver un instrument cher au cœur des Sahariens : emzad.

Association "sauvez IMZAD
www.imzadanzad.com/

6 mars 2007

FESPACO 2007: LE FILM SAHARIEN PRIME

CINEMA SAHARIEN SUPERSTAR
Le cinéma saharien a surplombé la compétition 2007 du Festival Panafricain du Cinéma de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO). Pour sa 20ème édition le plus grand-rendez vous du cinéma africain qui a été récompensé cette année par l’UNESCO, a plébiscité le cinéma saharien.
Si on y ajoute les pays sahéliens membres de la CENSAD cela
fait presque la totalité des trophées.

LE MAGHREB SE DEMARQUE
Voici, à titre indicatif, les prix « sahariens du FESPACO » 2007 :
PRIX DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE « EJIDO, LA LOI DU PROFIT » de Rhalib JAWAD du Maroc ;
POULAIN DE BRONZE DE YENNENGA « R’DA » de Mohamed A. BENSOUDA du Maroc;
POULAIN D’ARGENT DE YENNENGA « KIF LOKHRIM » de Mohamed Ben ATTIA du Tunisie;
POULAIN D’OR DE YENNENGA PRIX DU MEILLEUR COURT METRAGE « MENGED » de Daniel Taye WORKOU de l’Ethiopie;
PRIX DU MEILLEUR MONTAGE « MAKING OFF » de Nouri BOUZID de Tunisie;
PRIX DE LA MEILLEURE MUSIQUE « BARAKAT » de Djamila SAHRAOUI de l’Algérie;
PRIX DE LA MEILLEURE IMAGE DARRATT « SAISON SECHE » de Mahamat Saleh HAROUN du Tchad;
PRIX DU MEILLEUR SCENARIO « BARAKAT » de Djamila SAHRAOUI de l’Algérie;
PRIX DE LA MEILLEURE INTERPRETATION MASCULINE « MAKING OFF » de Lofti Abdelli de Tunisie;
PRIX UNION EUROPEENNE DARRATT « SAISON SECHE » de Mahamat Saleh HAROUN du Tchad;
PRIX Oumarou GANDA « BARAKAT » de Djamila SAHRAOUI de l’Algérie;
ETALON DE BRONZE DE YENNENGA DARRAT « SAISON SECHE » de Mahamat Saleh HAROUN du Tchad.

SACRE DE FEMME
La palme d'honneur revient à une femme Djamila SAHRAOUI de l’Algérie, la bien nommée. cette récompense féminine, pour un premier long métrage, constitue une sacrée avancée dans des pays où l’imagerie populaire occidentale fait de la femme une personne- quand on le dit- recluse au fond de la maison, peu encline aux fonctions intellectuelles. La femme saharienne est une combattante, une amazone des temps modernes, présente sur tous les fronts. Hommage à nos mères, épouses et soeurs qui se battent au quotidien pou réléver leurs enfants dans la dignité, malgré un environnement souvent hostile. Les royaumes Berbères du temps de Carthage et Touareg du temps de Tin-Hinan sont des exemples de cette force et de cette énergie des "Reines" du Sahara.
Infos au site: www.fespaco.bf

22 févr. 2007

RALLYE: SPORT OU MEPRIS?

VACARME ET MOBILISATION
C'est à coup de renfort médiatique que le Rallye Dakar s'ébranle chaque année. Moment important par sa mobilisation de plusieurs personnes et par son occupation des médias.
Autos, motos, camions, hélicoptères, tout y passe. C'est une caravane bigarrée qui s'ébranle à la conquête du "far sud". Bonjour les dérapages, les scoops et même la mort.
CURIOSITE OU COMPASSION ? On peut se féliciter de la découverte du grand Sahara par ces coursiers d’un jour avec leurs avions, caméras, gadgets, et autre bataclan…
Les concurrents du Rallye Paris-Dakar (pour rester original) sont sûrement de gens de bonne foi, des sportifs de haut niveau mental et social. Ils sont généreux offrant pacotille et menue monnaie… On peut même retrouver sur le site de leurs bivouacs quelques objets utiles. On peut même avancer que leur passage laisse quelques poignées de dollars entre les mains d’artisans, hôteliers, guides ou autres chanceux...
SPORT OU GRABUGE ? Qu’est-ce que cela pèse face au saccage de l’environnement, face au drame des tués et blessés parmi les populations locales ? Rien. Surtout pas pour l’avenir. Le sport doit avoir une éthique, il doit avoir un respect absolu de la dimension humaine, animale et environnementale. Cet étalage de la fortune face à la misère, cet amour de l’accessoire face au nécessaire des habitants des zones traversées font scandale. Un puits par-ci, une école par-là, on reconnaît la générosité mais pas la vision des mécènes. Daniel Balavoine aurait-il continué à

vivre, il eût changé l’approche et le parcours. Ses épigones pour honorer sa mémoire devraient faire plus pudique, moins agressif, moins spectaculaire.
AVENIR
Le rallye-raid humanitaire, sponsorisé par des fondations écologiques comme
celle de Nicolas Hulot afin de conseiller, d’appuyer et soutenir les populations spectatrices du sport est une piste, à explorer, au propre comme au figuré. Il y a des hommes et des femmes prêts à mettre la main à la poche –sinon au cœur- pour soutenir des peuples en péril, souvent menacés d’extinction. Suffit le voyage-éclair du raider qui ne retient que le cliché carte postale et qui- comme M. Jourdain- fait de l’humanitaire occasionnel ! Assez des jugements hâtifs sous l’éclairage d’un seul coup d’œil furtif au passage de la caravane ! Bienvenue aux sociologues et ethnologues, passionnés de la vraie découverte ! Merci aux mécènes désintéressés ! Le droit au respect est un préalable pour tous les peuples, surtout ceux qui vivent dans des conditions à la limite de la déshumanisation par la faute de la rigueur du climat ou des conditions économico-sociales de leur environnent national ou régional.
Le Rallye -tous les rallyes et toutes les autres activités aussi -devrait associer les populations concernées au risque de demeurer un parcours exotique, méprisant et révoltant. Le sport est un facteur de rapprochement des peuples. Une culture de la paix, de la compréhension donc du respect de l'autre.



16 janv. 2007

APPEL POUR TOMBOUCTOU

Sept nouvelles merveilles du monde : Tombouctou nominée !
Tombouctou a été retenue parmi les 21 sites historiques en compétition à travers le globe pour désigner "Les Sept Nouvelles Merveilles" du monde. Située au nord du Mali, elle est le seul site d'Afrique subsaharienne à figurer sur cette liste qui comprend également les Pyramides de Gizeh en Egypte. La "Cité Mystérieuse" mérite bien de figurer sur la nouvelle liste des Sept Nouvelles Merveilles du Monde, au regard de sa contribution
à la civilisation de l’universel. Par son héritage que constituent les 3 grandes mosquées, ses immenses et riches archives partiellement regroupées au Centre Ahmed Baba du nom de cet érudit et homme de foi, Tin Buktu qui tire son nom d'une femme (Buktu) est riche de sa culture et de son passé prestigieux. Elle aurait pu être l'égale de Carthage, d'Alexandrie voire d'Athènes ou Rome...
En plébiscitant la "Mystérieuse" de Réné Caillié, les Internautes valoriseront un pan du patrimoine de l'humanité, une vision du monde et un mode de vie. La légende est en marche.
VOTONS TOMBOUCTOU POUR LA VICTOIRE LE 07.07.07 !
A tous les Africains, particulièrement ceux des pays subsahariens, aux nombreux sympathisants et amis de Tombouctou de par le monde, à la jeunesse malienne et du monde, faisons de la « Cité des 333 Saints » l’une des 7 Nouvelles Merveilles du Monde. C'est légitime, c'est normal, c'est même possible!

L'annonce des résultats se fera à Lisbonne lors d'une cérémonie officielle prévue le 07 juillet 2007.

Pour voter, rendez-vous sur ce site : http://www.new7wonders.com

MERCI.

9 janv. 2007

SAHARA: ENJEU MONDIAL

SAHARA ET GEOPOLITIQUE MONDIALE
Ce "sous-continent" qui couvre une bonne partie de l'Afrique constitue un quadruple enjeu mondial: économique, politique, stratégique et écologique. Allant de la façade atlantique à la Côte des Somalis, le plus grand désert du monde traverse l'Afrique d'ouest en est.

Enjeu économique : le Sahara regorge de nombreuses ressources minières. Le pétrole et le gaz, les phosphates, l’uranium…, sans compter une nappe phréatique fabuleuse. Ces réserves font de lui un enjeu au regard de l’importance de ces ressources dans l’avenir surtout l’eau qui sera objet de forte convoitise et source de conflits entre nations.
Enjeu politique et sécuritaire : Le Sahara est secoué en permanence de conflits. Zone de fracture, de rupture même entre le nord et le sud du continent, le Sahara est en proie à des révoltes, des rébellions armées de la part de minorités nationales (Niger, Mali, Soudan, Tchad…) et même des conflits inter-Etats directs ou larvés (Ethiopie-
Erythrée, Tchad-Soudan, Maroc-Algérie…)
Enjeu stratégique : le Sahara est une zone convoitée par les grandes puissances. Les négociations de bases militaires et d’observatoires durant la guerre froide confirment cette hypothèse. C’est ici, en plein Sahara algérien qu’a eu lieu le premier essai atomique français à Reggane en Algérie, le 13 février 1960 à 07h 04.
Il y a aussi l’enjeu culturel et scientifique : l’archéologie (l’homme d’Asselar), le tourisme (Rallyes-raids), et d’autres sciences sociales utilisent le Sahara comme corpus et terreau.
Enjeu écologique : c’est le plus pressant et le plus interpellateur. Zone écologique fragile, le Sahara est menacé. Les populations, la faune et la flore sont en voie de disparition. Le Ténéré, le « d
ésert des déserts » en est l’illustration véritable. L’avenir du monde se joue également ici. Une action internationale de grande envergure, concertée et cohérente peut ralentir cette menace. Il y a des pays comme la France, l’Espagne et l’Angleterre qui sont moralement interpelés. Il y a les pétrodollars qui doivent compenser les souffrances de la terre-mère dont ces ressources sont tirées souvent sans ménagement. Il y a des organisations comme les Nations Unies qui doivent renforcer leur action déjà salutaire. Il y a surtout la conscience mondiale qui doit se mobiliser pour inverser la tendance pour faire du Sahara ce qu’il devrait rester : un havre de paix, un site accueillant et un patrimoine dont l’humanité est fière. SOS SAHARA tente d’informer pour pousser à l’action.
Contact: sos.sahara@gmail.com

3 janv. 2007

BONNE ANNEE

MEILLEURS VOEUX

Du fond du coeur, je souhaite à toutes et à tous, une année pleine
de santé, de bonheur et de succès.

A ceux qui souffrent, meilleure santé !

A ceux qui sont loin de chez eux, bon retour à la maison !

A toute l'humanité, paix, concorde et joie !

Coordialement !

1 janv. 2007

SADDAM: BOURREAU OU HEROS ?

LA CORDE ET LA DETTE
Il est mort. A l’aube, ce samedi 30 décembre 2006. Pendu haut et court. Comme un vulgaire malfrat. Le terme « exécuté », utilisé par la presse devant l’embarras de la bonne formule semble désuet. Son sang a coulé en ce jour de l’Aïd-El-Kébir, comme un agneau expiatoire. Sacrifice ou profanation ? Choix délibéré d’une date symbolique
ou erreur de calendrier ? Juste avant l’entrée en fonction du
nouveau Congrès américain. Peu de Chefs d’Etat déchus, ont
connu un tel sort. Nicolae Ceauşescu de Roumanie a eu une mort
violente certes, mais plus « digne » d’un chef d'Etat même destitué. Les réactions contre cette forme de mise à mort digne de la tauromachie n’y changeront rien. Les larmes de l’Occident n’impressionnent personne. Jugé, condamné puis exécuté, l’ancien Raïs connaît donc une fin sans panache. Lui qui se comparaît aux plus grands seigneurs de la Perse millénaire. Adieu fastes et parades à la Nabuchodonosor sous les lambris de Palais féeriques! A l'opposé des gladiateurs, ici on crie:" Saddam les vivants te saluent."
LE BOURREAU
Personne ne défendra de façon absolue celui qui a passé ses beaux-fils à l’épée, gazé les Kurdes, bombardé l’Iran pendant 8 ans. On peut cependant s’interroger sur la valeur du procès d’un homme arrêté par une puissance étrangère sur le sol de son pays, jugé et condamné sous occupation. La complicité de l’Occident dans l’ascension de cet homme et de ses agissements face à l’Iran notamment, pose problème. Occulter ces épisodes semble une volonté délibérée d’éteindre plein d’accusations pendantes devant le tribunal, celui de l’Histoire, au moins.
On oublie même les raisons de l’invasion de l’Irak, un pays laïc parmi une fournée de monarchies autocratiques, mais grand enjeu mondial car il est un vaste champ de pétrole qui constitue la deuxième réserve mondiale de l’or noir. Saddam Hussein armé par l’Occident devenu moins marionnette que le voulaient ses mentors est devenu un casse-tête pour l'ensemble de la sous-région. Sous-estimant la riposte et ignorant les réalités du terrain, la Coalition anglo-américaine a envahi le pays aux mosquées millénaires.

LE HEROS ET LE MARTYR
La rue arabo-musulmane a salué ce « héros » martyr de
de l’Occident judéo-chrétien. La télévision a grandi et magnifié le geste : des gestes simples, dignes d’une mise en scène millimétrée dans le plus pur style hollywoodien. Les Chiites et les Kurdes jubilent à contre-cœur. L’Iran ne se sent pas consolé. Ce n’était pas la vengeance qu’ils espéraient. Les Palestiniens pleurent un avocat dans la mare tranquille des pays arabes mi-complices, mi-muets. Le parti Baas et les Sunnites ne cherchaient pas un meilleur moyen de remobilisation. Saddam Hussein est mort le Coran à la main. C’est un symbole très fort. L’ancien maître de Bagdad, champion en propagande a joué sa partition jusqu’à son dernier souffle. Ultime message ou testament à sa
poignée d’admirateurs ? D’outre-tombe, il défie ses adversaires, notamment l’homme le plus puissant du monde qui aura à gérer un après-Saddam problématique.
LENDEMAINS INCERTAINS
Un constat s’impose : les Américains tous spécialistes confondus ont montré leur méconnaissance des ressorts de la société arabo-musulmane. Ou du moins leur chef a minimisé les conséquences d’un tel acte en cette période. Les descendants de Babylone ont la mémoire de l’honneur et de la vengeance. Tous les déshérités, les exploités, les exilés trouveront, à tort ou à raison, en Saddam un martyr. La réparation de « l’injustice »faite à un des leurs armera leur foi et aiguisera leur glaive. Toute la sous-région risque de pâtir de cette bévue au sommet. Ce n’était certainement pas le but de cette opération américaine.

George W. bush a armé la corde, reste la dette morale à payer pour un sacrifice qui ne satisfait personne. On pense déjà à une nouvelle version moyen-orientale de "Apocalypse, now ?" et, ici comme ailleurs, malheur aux vaincus !

6 déc. 2006

JOSEPH KI-ZERBO L'INDOMPTABLE S'EST COUCHE

HOMMAGE A UN HISTORIEN EMERITE:

Le Professeur Joseph KI-ZERBO est décédé ce lundi 04 décembre 2006 à Ouagadougou d'une longue maladie. L'historien, le chercheur, l'homme politique, l'écrivain, s'est enfin "couché"
tel un baobab comme le titrent les journaux locaux pour rendre hommage
au monument qui vient de "brûler" comme une bibliothèque humaine.
Le deuil qui frappe le Burkina son pays de naissance affecte toute l'Afrique
et même la communauté intellectuelle internationale. Célèbre partout,
il est resté humble, ce qui fait dire à un de ses proches qu'il est mort comme il a vécu: dans l'anonymat et la simplicité.
Chercheur émérite, écrivain fécond, militant infatigable de la lutte pour le développement du continent, le compagnon des Cheick Anta DIOP Patrice LUMUMBA, Ahmed Sékou TOURE et de tous ces leaders d'Afrique et du Tiers Monde qui ont œuvré à la décolonisation. Joseph KI-ZERBO est le type de l'intellectuel engagé. Il lègue une œuvre monumentale. Source d'inspiration pour la jeunesse africaine progressiste, le "premier Africain agrégé d'histoire" repose à
Toma pour, comme il le souhaitait "rejoindre le placenta de la terre-mère".

9 nov. 2006

MANDELA LE GRAND

Nelson: la conscience du Monde

"La mort a ceci de bon: qu'elle réconcilie les pires ennemis."
Cette formule de François COPPEE, sonne crûment ces jours-ci, au moment où la communauté noire d'Afrique du sud semble "pardonner" à Pieter Willem Botha ses agissements aux pires moments de l'Apartheid. Pieter Willem Botha, président de l'Afrique du Sud pendant les années 1980, les plus dures du régime ségrégationniste de l'Apartheid, est en effet, décédé le 31 octobre, à l'âge de 90 ans. Le "Groot Krokodil" ("Grand crocodile" en afrikaans), en raison de ses positions tranchées sur la politique séparée des races, qui n'a jamais demandé pardon, même au moment de la tenue des travaux de la Commission Vérité et Réconciliation (dirigée par le Révérend Desmond Tutu), tombe sous le coup du jugement de l'histoire.


L'enseignement de cette formule est administré à l'humanité entière, par Thabo Mbeki, le successeur de Nelson Mandela, qui a adressé officiellement ses condoléances à la famille de l'ancien président Peter W Botha.

C'est l'occasion de rendre hommage à son successeur FW de Klerk qui a piloté la transition politique, notamment l'élection multi-raciale de 1994 qui a mis fin à l'Apartheid et a vu la consécration de Nelson Mandela comme premier président noir de l'Afrique du sud. Adieu la rancune accumulée à Robben Island, idem pour toutes les victimes de Soweto. Vive le pardon et l'espérance en un avenir commun! Maganime et sage, tel paraît Mandela.

Mandela ambassadeur et superstar
Les deux prix Nobel de la Paix (de Klerk et Mandela) demeurent une fierté pour la nation Arc-en-ciel. Mandela émerge du lot et monte au Panthéon des grands hommes à l'image de Ghandi, Martin Luther King ou de Gaulle, comme un patrimoine mondial partagé.


Son noble combat (voire l'article du journal Le Monde en cliquant sur le lien en bas), il le poursuit inexorablement: lutte contre toutes les formes d'injustice, instauration de l'éthique politique en vue de la bonne gouvernance.

Prix Nobel de la paix en 1993, président de la République d'Afrique du Sud de 1994 à 1999, Mandela vient d'être nommé Ambassadeur de la conscience par Amnesty International. Une distinction qui honore l’homme et contribue à renforcer l’idée qu' en plus de son destin exceptionnel, Madiba est déjà une icône vivante, son héritage, du coup, restera immortel.


http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-831719,0.html
http://www.nelsonmandela.org/

8 nov. 2006

ALEX HOSPITALIERE ET CONVIVIALE

LEGENDAIRE HOSPITALITE

Je marche le long de la corniche du quartier Miami d'Alexandrie, rue Ibrahim Askandar. Je dévisage les passants. Ici, c'est un mélange extraordinaire de races et de peuples: des plus blancs (leucodermes) aux noirs soudanais (mélanodermes) en passant par des métissages réussis. Des types slaves aux profils négroïdes côtoyant des basanés éthiopiens, quel melting-pot!

J'imagine, scrutant l'horizon, loin derrière la Méditerranée, les jeunes voyageurs embarqués dans des navires de luxe, venant du nord, enthousiastes à l'idée de visiter la ville de leurs rêves: la belle Alexandrie. Je pense confus, aux jeunes, partant d'Afrique, qui affrontent, dans des embarcations de fortune, cette houle - ou squattent les trains d'atterrissage d'avions- au péril de leur vie. Triste comparaison!


En face de la mer, des bâtiments, aux façades lézardées par la morsure du terrible vent marin, donnent une sympathique note "archéo" à la ville. Plus à l'intérieur du quartier, le bazar grouille et du fond des boutiques, s'échappent des effluves d'encens bienfaiteurs.

Sympathiques, les Alexandrins, sont d'un commerce agréable et sont heureux de l'entendre. Le chauffeur de taxi le reçoit comme un compliment en même temps que les 5 livres, prix de sa course. Le cocher du carrosse et le photographe des jardins publics, s'en réjouissent en comptant leur dû. Le vieil ébéniste en rit à gorge déployée, en affirmant qu'il "parle français comme les oiseaux!" Et oui, formule amusante qui signifie « parler français comme les Parisiens. »

Au bout de deux mois, j'ai été adopté par une famille égyptienne: un mari ingénieur, aux gestes raffinés, une épouse présentatrice- vedette de la télévision locale avec leurs deux charmants enfants (un garçon et une fille). Ils vivent dans leur propre maison avec des meubles venus du Pakistan, héritage d’un ancêtre amiral, de somptueux tapis d’orient, des candélabres et des couverts d’argenterie rares.
Notre dîner d’adieu fut agréable et notre séparation s'est passée avec beaucoup d'émotion.

Désormais à Alexandrie, je suis chez moi. Alex, ville hospitalière, captive totalement: j'en garde personnellement un excellent et impérissable souvenir.

18 août 2006

UNIVERSITE SENGHOR D'ALEXANDRIE

FOYER ARDENT DE LA FRANCOPHONIE

Ici, à Alexandrie, en Egypte, au coeur de ce que le poète lui-même aurait appelé le monde de "l'arabité", vit l'Université SENGHOR. C'est un établissement privé, de 3ème cycle, reconnu d’utilité publique internationale. Mission officielle: "Former des ressources humaines pour le développement africain".

Opérateur direct de la francophonie, l'Université SENGHOR en plus de ses cours ordinaires, organise des formations à la carte. En avril 2006, en collaboration avec l'Institut National del'Audiovisuel (INA) de Paris et l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), basée à Ouagadougou, l'Université SENGHOR a initié un cours de 8 modules en faveur des ressortissants des 8 pays de l'UEMOA, de l'Egypte et du Burundi. Financement de l'UEMOA, logistique de SENGHOR, personnel enseignant de l'INA: ce fut une expérience tripartite vraiment réussie.

"Le management de l'audiovisuel", thème de la formation, s'est revelé d'un grand intérêt pour les professionnels de cette première promotion qui a reçu des diplômes label Université SENGHOR. Un prestige à mériter en cette année internationale dédiée au "Poète-Président", comme aime à le marteler son successeur, le Président Abdou DIOUF, actuel Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie.

LIENS UTILES:

http://www.usenghor-francophonie.org
http://www.uemoa.int
http://www.ina.fr
http://www.francophonie.org

11 août 2006


LA BIBLIOTHECA ALEXANDRINA: la perle du savoir.

De par son origine jusqu'à son architecture, la Bibliotheca Alexandrina bat tous les records: prestige, nombre d'ouvrages, superficie, archivage multimédia... La Nouvelle Bibliothèque d'Alexandrie est "enracinée dans le passé et ouverte sur l'avenir", c'est cela sa force. La visite guidée de ce monument exceptionnel donne une idée de l'ambition "pharaonique " de son initiateur. Son planétarium et son Jardin de la Paix complètent cette gamme d'innovation et d'émerveillement.

A l'extérieur, les matériaux venus des quatre coins du monde lui donnent sa caution universaliste. L'immense muraille grise du "plus grand cybercafé du monde" est constellée des lettres des alphabets de toutes les langues vivantes comme mortes que l'humanité a connues au cours de son évolution. Une gageure!


Ici, gît reconstituée une grande partie de notre mémoire collective , conservée avec art, raffinement et modernisme. L'Egypte est un foyer ardent de la civilisation de notre monde: la Bibliotheca Alexandrina, merveille du savoir, en donne une infime idée, même exceptionnelle.

Vous pouvez faire partie des Amis de la Bibliothèque d'Alexandrie:

http://www.bibalex.org/French/index.aspx

7 août 2006

ALEXANDRIE: UN MUSEE VIVANT


Iskanderia, de son nom arabe, la cité (polis grecque) fondée par Alexandre le Grand, conserve le mythe mais aussi les vestiges. Inscriptions grecques, peintures hieroglyphiques, monuments suggestifs (comme cette plume et ce livre sur la corniche) témoignent, comme dirait Bonaparte, de ces 4 000 ans d'Histoire qui toisent le visteur.


Pêle-mêle, on peut citer le fort Qaït Bay (site du Phare antique d’Alexandrie), la colonne de Pompée, le musée national d'Alexandrie, les catacombes de Kom-el-Chouqaf, les jardins de Montaza, la célèbre et imposante Bibliotheca Alexandrina, "j'en passe et des meilleurs", selon la belle formule de Hugo. Alexandrie est belle et captivante comme Cléopâtre, conquérante comme son fondateur.

Qui n'a pas visité cette ville a encore la chance de vivre d'intenses sentations.

1 août 2006

DE TIN BUKTU A ALEXANDRIE


VILLES EPONYMES

C'est une femme qui a donné son nom à la ville que Réné Caillié a surnommé "la Cité Mystérieuse": Tin Buktu, c'est-à-dire le site de Buktu, nom de la vieille gardienne du puits prédestiné qui a vu naître aux confins du Sahara et du fleuve Niger, l'une
des plus prestigeuses et florissantes cités musulmanes avec l'université Sankoré et la mosquée Djingareyber: lieu du Grand Culte: prière du vendredi.

C'est Alexandre Le Grand qui fonda la ville éponyme: Alexandrie.

Ici, la ville semble captiver le visiteur avec son Phare, l'une des 7 Merveilles du Monde Antique, gisant à plusieurs mètres sous l'eau. La Bibliothèque, les catacombes, les piliers de Pompéi, le Musée de la ville, sont des témoignages de cette brillante civilisation.

Nous tenterons de vous signaler certaines d'entre elles, dans nos prochaines livraisons. Incitation à la découverte et au voyage, c'est l'objectif avoué de notre blog Azalay, Caravanes croisées.


La rencontre est source de compréhension donc, de concorde et d'entente entre les hommes et les peuples.

"Voyageurs de tous les pays, unissons-nous !"


http://www.tombouctou.org/