On a longtemps mélangé sécheresse et désertification»
Patrice Burger est animateur de la plateforme française des acteurs de la lutte contre la désertification.
Est-ce qu’en 1968, l’opinion publique prend déjà conscience de l’importance des dérèglements climatiques ?
A l’époque, on ne faisait pas encore le lien entre la sécheresse et les questions climatiques globales dont on parle aujourd’hui. Les images de la famine de 1973 sont la première irruption à la table de Monsieur Tout-le-Monde de quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de voir. Mais on mélangeait sécheresse et désertification, et on découvrait en même temps la pauvreté. Tout cela semblait lointain. C’était l’affaire des Africains, des pauvres... Le véritable choc arrivera plutôt avec la sécheresse au Sahel de 1984, qui fera 300 000 morts.
Et les pouvoirs publics ?
Les décideurs ont, dans les années 70, commencé à prendre conscience du lien entre les dérèglements climatiques et l’activité humaine, la croissance démographique, les systèmes agricoles... C’est une remise en cause totale : opinion publique et institutions sont longtemps restées sur le mythe d’un écosystème statique ; sur le modèle du Nord, le monde entier allait progressivement se développer dans un environnement naturel qui resterait le même. On ne prenait pas en compte les rétroactions de l’activité humaine. En 1972, cette vision est battue en brèche par le rapport du Club de Rome, baptisé Halte à la croissance ?, qui provoque beaucoup de controverses. Puis en 1977 a lieu la première conférence des Nations unies sur la désertification, à Nairobi au Kenya. Le processus institutionnel est lancé, qui mènera au Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro en 1992. Il n’empêche qu’à l’ONU, la lutte contre la désertification ne sera pas dotée des mêmes moyens que ceux qu’on octroie au réchauffement climatique et à la biodiversité.
Le fait qu’aujourd’hui, même des pays riches soient victimes de la désertification va-t-il changer quelque chose ?
A Madrid, en septembre, l’Espagne a ouvert la Conférence internationale pour la lutte contre la désertification, en affirmant qu’un tiers de son territoire était touché ! Il ne s’agit pas de l’apparition de déserts de sable bien sûr, mais d’une dégradation des terres qui peut, un jour, mener à l’appauvrissement irréversible du sol. Le Nord a compris que la désertification ne touchait pas que les Etats victimes de sécheresse. D’une part, parce que de plus en plus de chercheurs font le lien entre désertification et réchauffement de la planète. Mais aussi parce que les habitants des pays où la désertification sévit le plus migrent vers les pays du Nord.
Patrice Burger. Spécialiste de la désertification Recueilli par S.F. LIBERATION QUOTIDIEN : vendredi 18 avril 2008
18 avr. 2008
17 avr. 2008
POUTINE/KADHAFI
Visite inédite de Poutine en Libye
Le président russe Vladimir Poutine est arrivé mercredi soir à Tripoli pour une visite en Libye sans précédent suite à une invitation du leader libyen
Mouammar Kadhafi, a rapporté l'agence libyenne JANA. JANA qui a qualifié cette visite comme historique, a souligné que "le guide de la révolution libyenne a accueilli son hôte devant sa maison, qui témoigne l'échec de l'agression américano- OTAN contre la Libye, en 1986". Poutine est accompagné durant cette visite, la première du genre d'un président russe depuis 1985, par Alexeï Koudrine, vice- premier ministre et ministre russe des Finances, et d'Anatoli Issaïkine, PDG de l'exportateur officiel d'armes russes Rosoboronexport. Selon une source libyenne, Poutine devait rencontrer le leader libyen Mouammar Kadhafi mercredi soir, et il s'entretiendra également avec d'autres responsables du gouvernement libyen pour discuter des relations bilatérales et des questions d'intérêt commun. Les entretiens de Poutine avec les responsables libyens "seront dominée par les dossiers des ventes d'armement, de l'énergie et la question des dettes de Tripoli", a indiqué la presse russe. "La visite de Vladimir Poutine en Libye pourrait potentiellement assurer à la Russie des contrats de livraison d'armes pour presque 3 milliards de dollars", lit-on mardi dans le quotidien russe Vedomosti. Le quotidien Vedomosti prévoie la livraison de 12 nouveaux chasseurs SU-35 et de systèmes de missiles de DCA courte portée Tor-M2E, ainsi que des travaux de réparation et la vente de pièces détachées et de munitions pour des armements datant de l'ex-URSS. De son coté, l'agence Interfax a évoqué aussi d'autres intérêts de la Russie en Libye, surtout dans le domaine de l'énergie, puisqu'en 2007, le géant gazier russe Gazprom avait remporté un appel d'offres pour l'exploitation d'un champ pétrolier dont les réserves étaient estimées à 20 millions de tonnes de pétrole. Il est à noter que la Libye était un important partenaire de l'ancienne URSS et un bon client d'armes soviétiques. Mais les relations entre les deux pays se sont essoufflées après l'éclatement du bloc soviétique. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays est estimé actuellement à environ 200 millions de dollars par an, contre un milliard de dollars à l'époque soviétique.
(Xinhuanet 17/04/2008) TUNIS
Le président russe Vladimir Poutine est arrivé mercredi soir à Tripoli pour une visite en Libye sans précédent suite à une invitation du leader libyen
Mouammar Kadhafi, a rapporté l'agence libyenne JANA. JANA qui a qualifié cette visite comme historique, a souligné que "le guide de la révolution libyenne a accueilli son hôte devant sa maison, qui témoigne l'échec de l'agression américano- OTAN contre la Libye, en 1986". Poutine est accompagné durant cette visite, la première du genre d'un président russe depuis 1985, par Alexeï Koudrine, vice- premier ministre et ministre russe des Finances, et d'Anatoli Issaïkine, PDG de l'exportateur officiel d'armes russes Rosoboronexport. Selon une source libyenne, Poutine devait rencontrer le leader libyen Mouammar Kadhafi mercredi soir, et il s'entretiendra également avec d'autres responsables du gouvernement libyen pour discuter des relations bilatérales et des questions d'intérêt commun. Les entretiens de Poutine avec les responsables libyens "seront dominée par les dossiers des ventes d'armement, de l'énergie et la question des dettes de Tripoli", a indiqué la presse russe. "La visite de Vladimir Poutine en Libye pourrait potentiellement assurer à la Russie des contrats de livraison d'armes pour presque 3 milliards de dollars", lit-on mardi dans le quotidien russe Vedomosti. Le quotidien Vedomosti prévoie la livraison de 12 nouveaux chasseurs SU-35 et de systèmes de missiles de DCA courte portée Tor-M2E, ainsi que des travaux de réparation et la vente de pièces détachées et de munitions pour des armements datant de l'ex-URSS. De son coté, l'agence Interfax a évoqué aussi d'autres intérêts de la Russie en Libye, surtout dans le domaine de l'énergie, puisqu'en 2007, le géant gazier russe Gazprom avait remporté un appel d'offres pour l'exploitation d'un champ pétrolier dont les réserves étaient estimées à 20 millions de tonnes de pétrole. Il est à noter que la Libye était un important partenaire de l'ancienne URSS et un bon client d'armes soviétiques. Mais les relations entre les deux pays se sont essoufflées après l'éclatement du bloc soviétique. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays est estimé actuellement à environ 200 millions de dollars par an, contre un milliard de dollars à l'époque soviétique.(Xinhuanet 17/04/2008) TUNIS
16 avr. 2008
LE MALI, L’UN DES PIONNIERS
Stratégie nationale de sécurité alimentaire surAfribone.com
Le Mali, l’un des pionniers dans les pays membres du CILSS
A l’initiative du Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA), la salle de conférence de la Direction Générale de la Dette publique abrite du 14 au 16 avril 2008 un atelier national sur les indicateurs de sécurité alimentaire et la mise en place du dispositif de suivi-évaluation de la Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire (SNSA).
La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, Commissaire à la Sécurité Alimentaire. Le CILSS était représenté par M. Sadio Traoré, Directeur général de l’Institut du Sahel.
Il s’agira, au cours de cet atelier de trois jours, de partager avec les participants les indicateurs contenus dans le tableau de bord, présenter et valider une proposition de dispositif de pilotage et de suivi-évalutation de la Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire (SNSA) en précisant les acteurs et leurs responsabilités.
ETAT DES LIEUX
Dans le cadre du processus Sahel 21 engagé depuis 1999, le Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) a élaboré le Cadre Stratégique de Sécurité Alimentaire (CSSA) dans une perspective de lutte contre la pauvreté.
Le Mali, à l’instar des autres pays du CILSS, a élaboré sa Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire (SNSA). Dans une logique de rendre opérationnel le CSSA, le CILSS a élaboré une Stratégie Opérationnelle de Sécurité Alimentaire Régionale (SOSAR) dont l’un des volets est « la promotion de la bonne gouvernance de Sécurité Alimentaire ».
Les actions entreprises dans ce sens se résument en trois volets: la mise en place de structures appropriées au niveau national et régional (Conseil National de Sécurité Alimentaire -CNSA- et Conseil Régional de Sécurité Alimentaire -CORESA); l’élaboration et la validation d’un tableau de bord des indicateurs nationaux et régionaux de sécurité alimentaire; l’appui à la mise en place et au fonctionnement d’un dispositif de suivi-évaluation des stratégies nationales de sécurité alimentaire.
Après la tenue de l’atelier technique régional en Avril 2007 à Bamako, qui a validé le tableau de bord des indicateurs de sécurité alimentaire, il s’agira pour le présent atelier qui durera 3 jours, de valider les indicateurs sélectionnés aux niveaux régional et national afin de déclencher les actions d’accompagnement à mettre en oeuvre pour leur documentation.
Le Mali fait partie des pionniers dans les pays membres du Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) en matière d’élaboration et de mise en oeuvre de politique nationale de sécurité alimentaire. Après le Burkina Faso, notre pays est le deuxième à organiser son atelier national de restitution en exécution de la recommandation de l’atelier régional du CILSS.
Déjà, un atelier technique régional de validation du tableau de bord des indicateurs de sécurité alimentaire a été organisé les 16 et 17 avril 2007 à Bamako auquel tous les pays membres du CILSS ont participé.
Selon Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, la tenue des ateliers nationaux permettra le démarrage effectif des opérations de collecte et la fourniture régulière de rapports dans le cadre de la mise en place et de l’animation d’un dispositif de suivi-évaluation de la stratégie régionale et des stratégies nationales dans les différents pays.
“Je puis vous assurer que le Mali est très heureux et fier d’avoir eu l’opportunité d’organiser cet atelier car, l’opérationnalisation d’un dispositif de suivi-évaluation performant est aujourd’hui au centre des préoccupations non seulement du CSA en tant que service chargé d’assurer la mise en oeuvre de la politique nationale de sécurité alimentaire, mais aussi des autorités et instances en charge du pilotage de la politique et des programmes de sécurité alimentaire du pays”, a conclu Mme le commissaire à la Sécurité Alimentaire.
Daba Balla KEITA 15 avril 2008.
Le Mali, l’un des pionniers dans les pays membres du CILSS
A l’initiative du Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA), la salle de conférence de la Direction Générale de la Dette publique abrite du 14 au 16 avril 2008 un atelier national sur les indicateurs de sécurité alimentaire et la mise en place du dispositif de suivi-évaluation de la Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire (SNSA).
La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, Commissaire à la Sécurité Alimentaire. Le CILSS était représenté par M. Sadio Traoré, Directeur général de l’Institut du Sahel.
Il s’agira, au cours de cet atelier de trois jours, de partager avec les participants les indicateurs contenus dans le tableau de bord, présenter et valider une proposition de dispositif de pilotage et de suivi-évalutation de la Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire (SNSA) en précisant les acteurs et leurs responsabilités.
ETAT DES LIEUX
Dans le cadre du processus Sahel 21 engagé depuis 1999, le Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) a élaboré le Cadre Stratégique de Sécurité Alimentaire (CSSA) dans une perspective de lutte contre la pauvreté.
Le Mali, à l’instar des autres pays du CILSS, a élaboré sa Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire (SNSA). Dans une logique de rendre opérationnel le CSSA, le CILSS a élaboré une Stratégie Opérationnelle de Sécurité Alimentaire Régionale (SOSAR) dont l’un des volets est « la promotion de la bonne gouvernance de Sécurité Alimentaire ».
Les actions entreprises dans ce sens se résument en trois volets: la mise en place de structures appropriées au niveau national et régional (Conseil National de Sécurité Alimentaire -CNSA- et Conseil Régional de Sécurité Alimentaire -CORESA); l’élaboration et la validation d’un tableau de bord des indicateurs nationaux et régionaux de sécurité alimentaire; l’appui à la mise en place et au fonctionnement d’un dispositif de suivi-évaluation des stratégies nationales de sécurité alimentaire.
Après la tenue de l’atelier technique régional en Avril 2007 à Bamako, qui a validé le tableau de bord des indicateurs de sécurité alimentaire, il s’agira pour le présent atelier qui durera 3 jours, de valider les indicateurs sélectionnés aux niveaux régional et national afin de déclencher les actions d’accompagnement à mettre en oeuvre pour leur documentation.
Le Mali fait partie des pionniers dans les pays membres du Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) en matière d’élaboration et de mise en oeuvre de politique nationale de sécurité alimentaire. Après le Burkina Faso, notre pays est le deuxième à organiser son atelier national de restitution en exécution de la recommandation de l’atelier régional du CILSS.
Déjà, un atelier technique régional de validation du tableau de bord des indicateurs de sécurité alimentaire a été organisé les 16 et 17 avril 2007 à Bamako auquel tous les pays membres du CILSS ont participé.
Selon Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, la tenue des ateliers nationaux permettra le démarrage effectif des opérations de collecte et la fourniture régulière de rapports dans le cadre de la mise en place et de l’animation d’un dispositif de suivi-évaluation de la stratégie régionale et des stratégies nationales dans les différents pays.
“Je puis vous assurer que le Mali est très heureux et fier d’avoir eu l’opportunité d’organiser cet atelier car, l’opérationnalisation d’un dispositif de suivi-évaluation performant est aujourd’hui au centre des préoccupations non seulement du CSA en tant que service chargé d’assurer la mise en oeuvre de la politique nationale de sécurité alimentaire, mais aussi des autorités et instances en charge du pilotage de la politique et des programmes de sécurité alimentaire du pays”, a conclu Mme le commissaire à la Sécurité Alimentaire.
Daba Balla KEITA 15 avril 2008.
15 avr. 2008
Réunion du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel - Temoust - Survie touarègue
Réunion du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel
Nouakchott (PANA via Mauritanie-web ) - Le ministre mauritanien de l’Agriculture et de l’Elevage, Korera Isagha, a présidé lundi à Nouakchott, la cérémonie d’ouverture de la 14ème réunion de suivi du Comité inter Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), en présence de nombreux délégués représentant les différents pays de l’organisation, a appris la PANA, de sources officielles.
Les travaux de cette rencontre vont durer 3 jours. La réunion prépare l’organisation de la 42ème session ordinaire du conseil des ministres du CILSS, prévue à Nouakchott à partir du 18 avril.
A l’ordre du jour de cette 14ème réunion préparatoire, figurent le rapport du secrétaire exécutif, le rapport général de l’organisation pour l’année 2007, les projets, plan d’opération et le budget pour l’année 2008.
A signaler que la réunion de Nouakchott intervient dans un contexte sous-régional et international marqué par une forte menace de l’insécurité alimentaire, due à plusieurs facteurs combinés : aléas climatiques, marché international, hausse du prix du pétrole, baisse du dollar...
Le CILSS, qui regroupe 9 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre (Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad), a pour mission de garantir la sécurité alimentaire dans l’espace du Sahel.
Nouakchott (PANA via Mauritanie-web ) - Le ministre mauritanien de l’Agriculture et de l’Elevage, Korera Isagha, a présidé lundi à Nouakchott, la cérémonie d’ouverture de la 14ème réunion de suivi du Comité inter Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), en présence de nombreux délégués représentant les différents pays de l’organisation, a appris la PANA, de sources officielles.
Les travaux de cette rencontre vont durer 3 jours. La réunion prépare l’organisation de la 42ème session ordinaire du conseil des ministres du CILSS, prévue à Nouakchott à partir du 18 avril.
A l’ordre du jour de cette 14ème réunion préparatoire, figurent le rapport du secrétaire exécutif, le rapport général de l’organisation pour l’année 2007, les projets, plan d’opération et le budget pour l’année 2008.
A signaler que la réunion de Nouakchott intervient dans un contexte sous-régional et international marqué par une forte menace de l’insécurité alimentaire, due à plusieurs facteurs combinés : aléas climatiques, marché international, hausse du prix du pétrole, baisse du dollar...
Le CILSS, qui regroupe 9 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre (Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad), a pour mission de garantir la sécurité alimentaire dans l’espace du Sahel.
8 avr. 2008
L'histoire du SaharA... LIRE LA SUITE....
Les Anciens, peu soucieux d'ethnographie, de toute façon mal armés conceptuellement pour aborder des cultures différentes des leurs, nous ont si mal renseignés sur leurs Libyens, Garamantes, Éthiopiens, que leur connaissance doit s'appuyer surtout sur l'archéologie. Au moins peut-on comprendre que les peuples des deux rives de cette Méditerranée de sable et de cailloux s'y soient croisés et mêlés de longue date. A l'ouest du Sahara, les Almoravides, venus du Sud, fondèrent le premier empire des deux rives, entre le Niger et la mer Méditerranée au XIe siècle; l'empire Songhaï empiétera ensuite sur l'empire du Maroc au début du XVIe siècle; au XVIIe siècle, le Grand Maroc c'est-à-dire la zone d'influence de l'empire chérifien, s'étend jusqu'à Djenné, Tombouctou et Gao. A la même époque, le Bornou s'étend jusque au Fezzan. Au bout du compte cependant, la prépondérance est revenue à trois groupes de populations proprement sahariennes : il s'agit, au Sud du Fezzan et dans la région du Tibesti, des Toubous (ou Teda), une population parlant une langue nilo-saharienne proche du Kanuri, des Maures, à l'Ouest, qui sont des Arabo-Berbères et, surtout des Berbères Touareg au centre du Sahara.
Le Sahara a été l'objet des ambitions coloniales de la France à partir des années 1880 et se voyait intégrer, sur le papier, à l'Afrique occidentale française (AOF) en 1884. avant d'être reconnu possession française en 1890, par une convention signée avec le Royaume-Uni. La construction d'une série de forts servant de points d'appui aux troupes armées a permis ensuite en quelques années le contrôle presque complet de tout cet espace - seules quelques poches de résistance touareg et la Mauritanie devront attendre le début du XXe siècle pour se voir soumises. Ajoutons que deux autres puissance européennes ont égalent colonisé le Sahara : l'Espagne, d'abord, qui avait pris pied à l'Ouest du Sahara, dans la région du Rio de Oro, dès les années 1860, et l'Italie, engagée en Libye dans une guerre contre la Turquie qu'elle gagne en 1912, puis, qui en 1935, sous Mussolini, investit tout l'arrière-pays saharien jusqu'au Tchad, contestant à la France la bande d'Aouzou. A partir des années 1950 et jusqu'en 1975, la décolonisation aboutit au découpage du Sahara qui se trouve réparti entre plusieurs nouveaux États. Un partage qui se fait au détriment des populations sahariennes, d'où une partie des conflits qu'on a pu observer dans la région au cours des décennies suivantes.
Dates clés :
5500 - 3000 av. J.-C. - Invention de la céramique; domestication et élevage des bovins dans la région des massifs (Aïr, Adrar, Tibesti, Hoggar).
XIe siècle - Islamisation du Sahara.
1890. - Accord Franco-anglais sur le Sahara.
1894 - Prise de Tombouctou par les troupes françaises.
Années 1950 - Début de la décolonisation.
Les Touareg
Les Touareg (au singulier Targui, de l'arabe Tergab = race) constituent la population emblématique du Sahara central. Les Touareg ont le teint bronzé, les cheveux longs, lisses et noirs, la barbe noire et rare, les yeux noirs, rarement bleus, le nez petit, les mains petites, les membres musculeux, la taille haute. Nominalement musulmans, ils ne jeûnent pas, ne font pas les ablutions régulières, ne saignent pas les animaux. Ils sont traditionnellement armés du sabre, de la lame, d'un couteau et souvent d'un bouclier; l'usage du fusil s'est généralisé; ils sont vêtus d'une tunique généralement noire, blanche chez quelques tribus, d'un pantalon, d'une ceinture de laine, d'un turban dont un bout est ramené de façon à voiler la figure, ne laissant apercevoir que les yeux; ce voile ou litham est caractéristique; il abrite les voies respiratoires du sable. Les chefs portent souvent le burnous; la mode a longtemps été d'avoir la moustache longue et la tête rasée, sauf une tresse. La nourriture est le lait et la viande des troupeaux de moutons et de chameaux; le revenu tiré des caravanes qu'ils escortent et, jadis tout une tradition de razzias, leur permet d'ajouter au produit de leurs troupeaux pour se procurer des dattes, des grains, des armes et des objets manufactures dans les oasis du Nord et sur les marchés du Sahel. Ils circulent à dos de chameau, mais en descendent pour le combat. Les femmes sont très libres, et la filiation se définit par la ligne maternelle. La langue des Touareg, le tamachek, appartient au groupe de langues afrasiennes et est celui des dialectes berbères, qui est demeuré le plus imperméable aux éléments arabes. Ils ont une écriture, le tifinrah (singulier tafanek = lettre) qui se retrouve sur des inscriptions rupestres et de nombreux monuments du Nord de l'Afrique; on la rapproche des alphabets punique et himyarite.
Au cours de l'histoire, on les trouve traditionnellement regroupés en quatre confédérations ayant chacune pour centre un massif montagneux, abri de ses troupeaux et de ses tentes, et d'où ils rayonnent dans le désert et sur les routes qui mènent aux pays où ils se ravitaillent Touat au Nord-Ouest, Ghadamèset Ghat au Nord-Est, Tombouctou au Sud-Ouest, Zinder au Sud-Est. Les Touareg du Nord, les moins nombreux parce qu'ils n'accèdent qu'aux oasis et non comme ceux du Sud aux fertiles terres légères qui bordent le Sahel, sont répartis entre les confédérations des Azdjer (Azgar) à l'Est, des Hoggar (Ahggar) à l'Ouest. Les Azdjer (Ajjer) commerçant avec Ghat et Ghadamès, se sont progressivement sédentarisés; ils possèdent un faubourg de Ghadamès, la seule zaouia touareg à Temassinin, quelques-uns se sont établis au Fezzan et à Ghat. Ils ont un cheikh héréditaire, l'amrhar. La famille des lmanân a à sa tête l'amenokal, suzerain nominal de tous les Touareg du Nord; son pouvoir a été abattu il y a plus de trois siècles avec le concours de la tribu des Aouraghen, et les deux confédérations sont morcelées en tribus qui, de fait, sont autonomes. Ces tribus sont, les unes nobles (ihaggaren), les autres serves (imrhad); il faut ajouter à coté des nobles les tribus maraboutiques et certaines tribus mixtes. Chez les Azdjer, les tribus nobles sont les Imanan, anciens chefs religieux et politiques, les Aouraghen, issus des Awrigba, tribu berbère refoulée du littoral dans le désert par les Arabes et qui a peut-être donné son nom à l'Afrique; les lmanrhasaten, les KelIzhabân, les Imettrilalen et les lhaddaren : les tribus maraboutiques sont les Ifoghas et les lhehaouen.
Les Hoggar, séparés des Azdjer par la dépression de l'Igharghar, se ravitaillent surtout à ln-Salah. Ils ne comprennent que des tribus nobles et des serfs; ils sont très morcelés; leur centre est, dans le massif Hoggar, la région d'Idelès; ce sont ceux qui, à l'époque de la colonisation, se montreront les plus hostiles à la France. A l'Ouest, il s'est détaché de leur confédération un groupe établi dans le massif de l'Ahenet et formé de la tribu des Taïtoq, de celle des Tedjeké Nousidi et de dix-neuf tribus serves ou alliées; ils nomadisent au Sud jusqu'à Taodeni et au Soudan; les Ajjer et Hoggar ne dépassent guère au Sud-Est. Asiou, qui forme, avec le point plus occidental de Timissao, la limite coutumière entre eux et les Touareg du Sud.
Les Touareg du Sud sont beaucoup plus nombreux, évalués à 60 000 (?) pour les Keloui à l'Est, le double pour les Aouelimmiden à l'Ouest. Les Keloui vivent dans l'oasis d'Aïr et se rattachent aux Aouraghen; ils sont presque sédentaires, habitent des huttes et non des tentes; ils ont jadis enlevé l'oasis aux Noirs et se sont métissés avec eux. Au Sud de l'Aïr est le groupe des Kel-Guérès et des Itissan, tribus refoulées par les Keloui (ce sont des cavaliers), à la différence des Touareg précédents qui ne montent guère qu'à dos de chameau. Les Aouelimmiden, dont la forteresse naturelle est le massif de l'Adrar oriental, sont les plus puissants des Touareg, ils étaient maîtres de tout le coude du Niger et s'étendaient bien au Sud du fleuve, lorsque les Français se sont emparés de ces régions au XIXe siècle. On les rattache à la grande nation berbère des Lemta; venus de l'Ouest, ils auraient refoulé les Tademekkés et abattu l'empire songhaï. Ils sont sous l'influence maraboutique des Bekkaya de Tombouctou, se divisent en nobles et imrhad et vivent sous la tente.
Le passé touareg. L'histoire des Berbères sahariens est mal connue; le nom de Touareg est celui que leur donnent les Arabes; eux-mêmes s'appellent Imoharh, nom national des Berbères. Les documents fournis par les écrivains antiques ne permettent pas encore de rattacher clairement aux peuples actuels ceux qu'ils mentionnent dans le désert Libyque, Garamantes, Éthiopiens blancs, etc.
Les Touareg descendent principalement de tribus berbères refoulées dans le désert par la grande invasion arabe hillalienne du XIe siècle; auparavant, les Targa habitaient le Maghreb et la région de Sidjilmessa, au Sud de l'Atlas marocain. Ibn Khaldoun, au XIVe siècle, les place dans le désert au Sud de la Tunisie; les Lemta, plus à l'Ouest, au Sud des Riah du Zab; puis les Messoufa, les Lemtouna, au Sud du Sahara marocain, et enfin les Gueddala, les plus occidentaux des Berbères du désert, guerriers voilés du litham.
Au XVIe siècle, Léon l'Africain énumère, d'Est en Ouest : les Berdoa (auj. tribu du Tibesti), entre Aoudjelah et le Bornou; les Lemta, entre la route du Fezzan à Kano et les oasis de Ghadamès et Ouargla; les Targa, entre l'Aïr, le Mzab et le Touat; les Zouenziga, de l'Aïr à Tombouctou; enfin les Sanhadja, au Nord-Ouest de Tombouctou; ceux-ci se sont fondus avec les Maures du Sahara occidental, comme les Berdoa avec les Toubou; les trois autres tribus correspondent aux Touareg actuels.
Échanges Nord-Sud
Avec la période d'expansion de l'Islam commence un « processus » nouveau : les Arabes envahissent, d'abord infinitésimalement le Sahara, puis en plus grand nombre; ils entrent en lutte d'influence avec les Berbères, et c'est longtemps un flux et un reflux continuels; enfin, dans ce combat toujours renouvelé, la victoire demeure indécise : le triomphe reste aux Berbères, qui sont bien toujours la population la plus solidement implantée au Sahara, mais le triomphe social est aux Arabes, dont Ia langue, la religion, les idées et institutions l'emportent décidément.
L'occupation arabe du Sahara offre sans doute des caractères divers. Cependant, ses traits essentiels ne se trouvent pas altérés par la forme locale quelle a pu revêtir. Au début, elle s'est effectuée par une infiltration lente. Les Arabes, jusqu'au Ve siècle de l'hégire, ont été surtout des missionnaires de l'Islam. A peine ont-ils formé de petites colonies dans quelques centres. Interrompu par le soulèvement des Berbères du Maghreb et les conquêtes des Almoravides, le mouvement commencé a repris avec une intensité nouvelle, et sous forme d'invasion, par l'exode des tribus hymiarites d'Égypte au XIe siècle. Lancées par les califes fatimides contre leurs sujets révoltés de l'Afrique du Nord, elles s'y dispersèrent. Celles qui occupent aujourd'hui le Sahara y étaient arrivées pour la plupart dès le XIIIe siècle. Elles eurent à soutenir des luttes souvent acharnées pour s'imposer à la fin aux autochtones. En se mélangeant aux populations berbères, dont quelques-unes à peine conservèrent leur indépendance, elles ont formé une population nouvelle essentiellement métisse, mais dans laquelle le premier rang appartiendra, sous le rapport politique, aux fractions dont la descendance arabe s'est maintenue la plus intacte. A côté des tribus ainsi constituées, et où les familles dites Hassan, de sang pur, dominent les fractions plus mélangées, vivront, sur un pied d'égalité, quelques groupes berbères, descendants directs des anciennes branches souveraines des Sanhadja sahariens ou des premiers Morabethyn (= Almoravides). Les autres rameaux de la population primitive, restés rétifs à tout métissage, formera une caste vassale de la première, les Hassan.
En outre, contemporaine de l'invasion arabe, il s'est produit, du XIe au XIIIe siècle, une immigration de Berbères fixés d'abord sur la limite septentrionale du Sahara. Quelques fractions maraboutiques ont gardé leur autonomie pendant que les autres se métissaient ou subissaient à leur tour la suprématie des maîtres du pays. Tels sont les éléments constitutifs de la population actuelle du Sahara. Mais, indépendamment de quelques migrations temporaires ou plus récentes qui, aux XVIIe et XVIIIe siècles, ont légèrement accru l'importance numérique de l'élément arabe, il y a lieu de faire la part d'un courant de relations très suivies, établies pendant la même période entre l'empire du Maroc et la vallée du Niger septentrional. La conquête de Rouma, faite au nom et pour le compte des sultans de Fès, n'a pas eu d'influence durable sur les destinées politiques de la région. Mais si momentanée qu'ait été l'occupation marocaine, elle n'en a pas moins suffi pour déterminer des rapports suivis entre le Maroc et la zone frontière du Soudan occidental : ces rapports, qu'ont resserrés encore les alliances contractées par les soldats de Djedar et leurs descendants, se sont maintenus jusqu'à l'époque coloniale. Ils ont été assez importants pour donner droit de cité aux Chorfa de Fès, dans tout le moyen Niger.
Pendant que le Sahara devenait un champ clos entre les populations d'origine arabe et celles d'origine berbère, et que les unes et les autres agissaient dans le Soudan septentrional, tant comme guerriers que missionnaires de l'Islam, et y répandaient peu à peu le domaine de la religion musulmane et celui de la langue arabe, les Soudaniens envahissaient, eux aussi, de temps en temps, le Sahara. De grands empires subsahariens ont ainsi dominé certaines parties du désert : l'empire de Ghana, fondé par Soninké ou Asouanek, domina de vastes régions du Soudan occidental. Plus tard, les Mandé (Mandingues, Malinkés), étendirent, au XIIIe siècle, leur pouvoir sur le désert, de Tombouctou (Mali) jusqu'au Touat (en Algérie). Après quoi, les Songhaï, ayant leur capitale à Gao, riveraine du Niger, annexèrent aussi de grands morceaux du Sahara, jusqu'à toucher le Maroc et l'Algérie. Ces invasions, ajoutées à la traite des esclaves fixa dans les oasis sahariennes de plus en plus de populations d'origine subsaharienne jusqu'à la fin du XIXe siècle, pratiquement.
La colonisation
Les rivalités nationales entre les grandes puissances européennes à partir des deux dernières décennies du XIXe siècle ont trouvé dans l'Afrique un champ de bataille privilégié. La politique d'expansion menée ainsi par la France au Sahara à cette époque est d'ordre stratégique : elle s'explique davantage par le souci de damer le pion aux autres puissances en occupant le terrain que par l'idée, par exemple, qu'il y aurait eu là des ressources à exploiter. Il s'agissait donc d'établir une continuité de territoire entre l'Algérie (au Nord de Ghardaïa), où la France était présente depuis 1830, et les possessions françaises en Afrique Subsahariennes, au Sénégal et dans le Golfe de Guinée. En 1890, une convention avec l'Angleterre reconnut aux Français la possession du Sahara entre l'Algérie-Tunisie d'une part, le Niger et le lac Tchad, d'autre part; dès lors, et avec plus d'esprit de suite qu'auparavant, la France s'occupa d'entrer réellement en possession des territoires venus dans sa sphère de domination en Sahara et en Soudan. Ses tentatives, presque toutes couronnées de succès, eurent pour lieux de départ, au Nord l'Algérie, au Sud-Ouest le Sénégal, au Sud le Congo. Ce grand espace prendra, à partir de 1904, le nom d'Afrique occidentale française (A.O.F).
Le Nord. Les expéditions visant plus spécialement le Sahara s'organisèrent naturellement en Algérie. Tout d'abord, les Français avancèrent vers le Sud la ligne des postes du Sahara d'Algérie, qui, de l'Est à l'Ouest, étaient : El-Oued, dans le Souf; Biskra, dans les Ziban; Touggourt, dans l'Oued-Rir; Ghardaïa, dans le pavs des Béni-Mzab; Ouargla, dans la dépression où s'unissent les bas-fonds de l'oued Mia et de la chebka du Mzab, Laghouat, en arrière de Ghardaïa; El-Goléa, en avant d'Ouargla, sur le chemin du Touat; Géryville et Aïn-Sefra, au versant méridional de l'Atlas du Sud Oranais. El-Goléa, que les Français n'avaient jamais occupé à demeure, devint un poste réel, avec profusion d'eau, même avec un lac, depuis le forage de puits artésiens donnant ensemble 107 à 108 litres par seconde (1891). Le poste de Hassi-Inifel, à 400 kilomètres en droite ligne au Sud-Sud-Est. d'El-Goléa, fut installé dans le val de l'oued Mia, comme une précaution contre les Touatiens du Tidikelt, avant de devenir une menace (1892). De même, et la même année, comme garantie et menace contre les Touatiens du Gourara, installation du poste de Mac-Mahon, à 180 kilomètres au Sud-Est d'El-Goléa. En 1893, création du fort de Hassi-Mey, près de Berresof, en Sahara de Tunisie; en 1894, fondation du fort Miribel, à 140 kilomètres un peu à l'Ouest d'El-Goléa, à l'Est-Sud-Est du fort Mac-Mahon, route du Touat; en 1894 également, le fort Lallemand s'élève dans le sillon de l'lgharghar, au Sud de Touggourt, au Sud-Ouest d'Ouargla. Mais, semble-t-il, c'était une démonstration, par une sorte d'ostentation, plutôt qu'une préparation réelle, puisque aucun départ de troupes pour l'archipel touatien ne suivit l'établissement de ces forts sahariens; or, à mesure que la France avait l'air de renoncer à ces précieuses oasis, l'empereur du Maroc les revendiquait plus que jamais.
Les Touareg étaient entrés en relations avec la France après la conquête de l'Algérie. Henri Duveyrier vécut parmi les Azdjer en 1861, et le 26 novembre 1862 fut signé un traité de commerce à Ghadamès entre le commandant Mircher et deux cheikhs des Azdjer; mais ce traité demeura lettre morte, quoique les Azdjer aient été moins ouvertement hostiles à la France que les Hoggar. L'assassinat des explorateurs Dournaux-Duperré et Joubert en 1874, de la grande mission Flatters en 1880, des Pères Richard et Kermabon en 1881, de Morès en 1896, servira de prétexte à l'usage de la force contre eux.
Le Sud. Mais la France faisait des progrès immenses dans la région soudanienne voisine du Sahara méridional et dans ce Sahara lui-même. Elle avait lentement, mais très sûrement, imposé sa domination aux Maures de la rive droite du Sénégal, indomptables jusque-là, et, fait bien autrement symbolique dans l'histoire de l'Afrique, pris Tombouctou, le 10 janvier 1895 : Tombouctou, à l'époque l'une des places fortes des Touaregs et la plus grande porte du désert; en vain les Touaregs massacrèrent-ils avec son état-major le colonel Bonnier, qui venait de conquérir la célèbre ville commune au Sahara et au Soudan, elle resta française, et de là se soumirent peu à peu les Maures et Touaregs du moyen Niger. En 1896, le commandant Hourst descendit le Niger jusqu'à son embouchure, et en route il obtint des Aouellimiden la reconnaissance du protectorat de la France.
De son côté, Foureau convertit le gouvernement à ses idées de pénétration « en force-», et il se mit en route en 1898 avec une escorte de 310 hommes et deux canons aux ordres du commandant Lamy. Les Touareg se montrèrent sur son passage, mais ne le brusquèrent pas d'abord; il franchit le Ahaggâr, se reposa dans l'Aïr où il repoussa de haute lutte une attaque en force des Touaregs, et finit par arriver dans le Damerghou, à Zinder, où il se rencontra avec la mission Joalland-Meynier, venue du Niger, et continua sa marche vers le lac Tchad et le Chari; là il a revu le drapeau français, hissé sur ce fleuve par des expéditions venues du Congo, là aussi, son compagnon, le commandant Lamy, fut tué dans une lutte contre le sultan Rabah (L'histoire du Bornou). Ainsi se réalisa la jonction des trois grands tronçons de l'empire français d'Afrique (Madagascar à part) : Algérie-Tunisie et Sahara, Sénégal et Niger, Congo-Oubangui et Tchad.
Pendant que la mission Foureau-Lamy traversait ainsi le Sahara, une convention nouvelle avec l'Angleterre complétait celle du 5 août 1890. Elle est à la date du 20 mars 1899. Elle délimitait la frontière saharienne des possessions françaises comme suit : à l'Est, la limite orientale du désert occupé par les Français part de la frontière tripolitaine (Fezzan) au point de rencontre du 13° 40' longitude Est avec le tropique du Cancer; elle se dirige au Sud-Est jusqu'au 11° 40' de longitude, puis suit ce méridien vers le Sud jusque vers le 15° parallèle Nord, d'où, longeant vers l'Ouest la frontière du Darfour, elle va rejoindre la limite à déterminer (de 18° 40' à 20° 40' Est) entre cette province «-Égyptienne » et le Ouadaï, reconnu français. Par cet arrangement, la France entrait en possession du Tibesti, de l'Ouanyanga, de l'Ennedi, du Bornou, du Kanem, de l'Ouadaï, soit de tous les pays à l'Est, au Nord-Est, au Nord du lac Tchad. Enfin, et c'est avec la prise de Tombouctou, l'événement le plus marquant de la main-mise sur le Sahara, les Français sont entrés à In-Salah le 29 décembre 1899, par le fait de la mission Flamand : mission officiellement pacifique, mais accompagnée de 140 hommes commandés par le capitaine Pein, Saharien éprouvé. Peu de temps après, le Touat entier fit sa soumission.
Ajoutons qu'au moment où les puissances européennes ont commencé à s'emparer de l'empire du Maroc, l'Espagne s'est octroyée de son côté deux portions du Sahara occidental, une petite enclave autour d'Ifni, une crique de la côte marocaine, à 30 kilomètres au Nord-Est de l'embouchure de l'oued Noua dans l'Atlantique, et un territoire plus vaste, nommé Rio de Oro, plus au Sud, face aux Îles Canaries. L'Espagne légitimait l'implantation à Ifni par les travaux des érudits espagnols, qui ont quelquefois identifié ce point avec le port de Santa Cruz de Mar Pequeña que mentionnent les documents du XVIe siècle et qui faisait un grand commerce avec les Canaries. Ce fut l'opinion de la commission envoyée en 1878, à bord du vaisseau Blasco de Garay, pour rechercher ce point que l'Espagne s'était réservée par le traité de 1860 avec le Maroc. Quelques vestiges d'un ancien établissement espagnol ou portugais existent en effet à Ifni; mais certains auteurs pensent que Santa Cruz se trouvait plus au Sud. Quoi qu'il en soit, le gouvernement marocain ratifia en 1883 la cession d'Ifni à l'Espagne, qui en 1884, manda la troupe pour s'emparer aussi de la région du Rio de Oro, qui possédait une zone de pêche très riche le long de sa côte.
Et après... L'implantation coloniale au Sahara a commencé à se déliter dès le lendemains de la Seconde guerre mondiale. Par exemple, la Mauritanie devient un territoire d'outre-mer dès 1946; la Libye devient indépendante de l'Italie en 1951, et la montée des nationalisme s'exprime un peu partout dès les années 1950. La dislocation de l'AOF deviendra effective en 1960. Entre les mois d'août et novembre de cette année-là, de nouveaux États indépendants sont formés, au Sud du Sahara : Tchad, Niger, Mali, Mauritanie. L'Algérie gagne son indépendance en juillet 1962. Comme ailleurs en Afrique, les limites de ces pays ont été définies à partir du tracé qui leur a été imposé à l'époque coloniale, et n'a cessé de poser, depuis, des difficultés. Les Touaregs se trouvent partagés entre divers États (Algérie, Libye, Mali, Niger, Burkina Faso) qui leur ont la plupart du temps réservé un sort difficile, d'où la révolte touareg de 1962 dans l'Adrar des Iforas au Mali, ou encore la guerre des sables de mai 1990 au Mali et au Niger, recommencée l'année suivante dans l'Aïr (Niger). De leur côté, les Toubous du Tibesti (rattaché au Tchad) ont été portés à des revendications séparatistes, et mêlés aux revendications libyennes sur la bande d'Aozou.
Enfin, après la fin de la dictature franquiste en Espagne (1975), l'ancien Rio de Oro ou Sahara espagnol, devenu le territoire du Sahara Occidental à l'appétit de ses voisins. La Mauritanie en revendique d'abord une partie, puis y renonce en 1979; le Maroc, l'annexe de fait, d'abord par une invasion pacifique (la marche verte) dès novembre 1975, puis par la construction d'un mur délimitant le territoire jugé économiquement intéressant (gisements importants de phosphates, minerai de fer). Les Sahraoui qui demandent leur indépendance, ont quant à eux constitué un mouvement de libération, le Front Polisario, et proclamé la formation, en 1977, d'un État, la République arabe sahraoui démocratique (RASD), mais restent prisonniers des rivalités entre le Maroc et leur principal allié, l'Algérie, et de l'indécision internationale. (O. Reclus / A.-M. B. / A. Le Chatelier / E. Cat.).
Les Anciens, peu soucieux d'ethnographie, de toute façon mal armés conceptuellement pour aborder des cultures différentes des leurs, nous ont si mal renseignés sur leurs Libyens, Garamantes, Éthiopiens, que leur connaissance doit s'appuyer surtout sur l'archéologie. Au moins peut-on comprendre que les peuples des deux rives de cette Méditerranée de sable et de cailloux s'y soient croisés et mêlés de longue date. A l'ouest du Sahara, les Almoravides, venus du Sud, fondèrent le premier empire des deux rives, entre le Niger et la mer Méditerranée au XIe siècle; l'empire Songhaï empiétera ensuite sur l'empire du Maroc au début du XVIe siècle; au XVIIe siècle, le Grand Maroc c'est-à-dire la zone d'influence de l'empire chérifien, s'étend jusqu'à Djenné, Tombouctou et Gao. A la même époque, le Bornou s'étend jusque au Fezzan. Au bout du compte cependant, la prépondérance est revenue à trois groupes de populations proprement sahariennes : il s'agit, au Sud du Fezzan et dans la région du Tibesti, des Toubous (ou Teda), une population parlant une langue nilo-saharienne proche du Kanuri, des Maures, à l'Ouest, qui sont des Arabo-Berbères et, surtout des Berbères Touareg au centre du Sahara.
Le Sahara a été l'objet des ambitions coloniales de la France à partir des années 1880 et se voyait intégrer, sur le papier, à l'Afrique occidentale française (AOF) en 1884. avant d'être reconnu possession française en 1890, par une convention signée avec le Royaume-Uni. La construction d'une série de forts servant de points d'appui aux troupes armées a permis ensuite en quelques années le contrôle presque complet de tout cet espace - seules quelques poches de résistance touareg et la Mauritanie devront attendre le début du XXe siècle pour se voir soumises. Ajoutons que deux autres puissance européennes ont égalent colonisé le Sahara : l'Espagne, d'abord, qui avait pris pied à l'Ouest du Sahara, dans la région du Rio de Oro, dès les années 1860, et l'Italie, engagée en Libye dans une guerre contre la Turquie qu'elle gagne en 1912, puis, qui en 1935, sous Mussolini, investit tout l'arrière-pays saharien jusqu'au Tchad, contestant à la France la bande d'Aouzou. A partir des années 1950 et jusqu'en 1975, la décolonisation aboutit au découpage du Sahara qui se trouve réparti entre plusieurs nouveaux États. Un partage qui se fait au détriment des populations sahariennes, d'où une partie des conflits qu'on a pu observer dans la région au cours des décennies suivantes.
Dates clés :
5500 - 3000 av. J.-C. - Invention de la céramique; domestication et élevage des bovins dans la région des massifs (Aïr, Adrar, Tibesti, Hoggar).
XIe siècle - Islamisation du Sahara.
1890. - Accord Franco-anglais sur le Sahara.
1894 - Prise de Tombouctou par les troupes françaises.
Années 1950 - Début de la décolonisation.
Les Touareg
Les Touareg (au singulier Targui, de l'arabe Tergab = race) constituent la population emblématique du Sahara central. Les Touareg ont le teint bronzé, les cheveux longs, lisses et noirs, la barbe noire et rare, les yeux noirs, rarement bleus, le nez petit, les mains petites, les membres musculeux, la taille haute. Nominalement musulmans, ils ne jeûnent pas, ne font pas les ablutions régulières, ne saignent pas les animaux. Ils sont traditionnellement armés du sabre, de la lame, d'un couteau et souvent d'un bouclier; l'usage du fusil s'est généralisé; ils sont vêtus d'une tunique généralement noire, blanche chez quelques tribus, d'un pantalon, d'une ceinture de laine, d'un turban dont un bout est ramené de façon à voiler la figure, ne laissant apercevoir que les yeux; ce voile ou litham est caractéristique; il abrite les voies respiratoires du sable. Les chefs portent souvent le burnous; la mode a longtemps été d'avoir la moustache longue et la tête rasée, sauf une tresse. La nourriture est le lait et la viande des troupeaux de moutons et de chameaux; le revenu tiré des caravanes qu'ils escortent et, jadis tout une tradition de razzias, leur permet d'ajouter au produit de leurs troupeaux pour se procurer des dattes, des grains, des armes et des objets manufactures dans les oasis du Nord et sur les marchés du Sahel. Ils circulent à dos de chameau, mais en descendent pour le combat. Les femmes sont très libres, et la filiation se définit par la ligne maternelle. La langue des Touareg, le tamachek, appartient au groupe de langues afrasiennes et est celui des dialectes berbères, qui est demeuré le plus imperméable aux éléments arabes. Ils ont une écriture, le tifinrah (singulier tafanek = lettre) qui se retrouve sur des inscriptions rupestres et de nombreux monuments du Nord de l'Afrique; on la rapproche des alphabets punique et himyarite.
Au cours de l'histoire, on les trouve traditionnellement regroupés en quatre confédérations ayant chacune pour centre un massif montagneux, abri de ses troupeaux et de ses tentes, et d'où ils rayonnent dans le désert et sur les routes qui mènent aux pays où ils se ravitaillent Touat au Nord-Ouest, Ghadamèset Ghat au Nord-Est, Tombouctou au Sud-Ouest, Zinder au Sud-Est. Les Touareg du Nord, les moins nombreux parce qu'ils n'accèdent qu'aux oasis et non comme ceux du Sud aux fertiles terres légères qui bordent le Sahel, sont répartis entre les confédérations des Azdjer (Azgar) à l'Est, des Hoggar (Ahggar) à l'Ouest. Les Azdjer (Ajjer) commerçant avec Ghat et Ghadamès, se sont progressivement sédentarisés; ils possèdent un faubourg de Ghadamès, la seule zaouia touareg à Temassinin, quelques-uns se sont établis au Fezzan et à Ghat. Ils ont un cheikh héréditaire, l'amrhar. La famille des lmanân a à sa tête l'amenokal, suzerain nominal de tous les Touareg du Nord; son pouvoir a été abattu il y a plus de trois siècles avec le concours de la tribu des Aouraghen, et les deux confédérations sont morcelées en tribus qui, de fait, sont autonomes. Ces tribus sont, les unes nobles (ihaggaren), les autres serves (imrhad); il faut ajouter à coté des nobles les tribus maraboutiques et certaines tribus mixtes. Chez les Azdjer, les tribus nobles sont les Imanan, anciens chefs religieux et politiques, les Aouraghen, issus des Awrigba, tribu berbère refoulée du littoral dans le désert par les Arabes et qui a peut-être donné son nom à l'Afrique; les lmanrhasaten, les KelIzhabân, les Imettrilalen et les lhaddaren : les tribus maraboutiques sont les Ifoghas et les lhehaouen.
Les Hoggar, séparés des Azdjer par la dépression de l'Igharghar, se ravitaillent surtout à ln-Salah. Ils ne comprennent que des tribus nobles et des serfs; ils sont très morcelés; leur centre est, dans le massif Hoggar, la région d'Idelès; ce sont ceux qui, à l'époque de la colonisation, se montreront les plus hostiles à la France. A l'Ouest, il s'est détaché de leur confédération un groupe établi dans le massif de l'Ahenet et formé de la tribu des Taïtoq, de celle des Tedjeké Nousidi et de dix-neuf tribus serves ou alliées; ils nomadisent au Sud jusqu'à Taodeni et au Soudan; les Ajjer et Hoggar ne dépassent guère au Sud-Est. Asiou, qui forme, avec le point plus occidental de Timissao, la limite coutumière entre eux et les Touareg du Sud.
Les Touareg du Sud sont beaucoup plus nombreux, évalués à 60 000 (?) pour les Keloui à l'Est, le double pour les Aouelimmiden à l'Ouest. Les Keloui vivent dans l'oasis d'Aïr et se rattachent aux Aouraghen; ils sont presque sédentaires, habitent des huttes et non des tentes; ils ont jadis enlevé l'oasis aux Noirs et se sont métissés avec eux. Au Sud de l'Aïr est le groupe des Kel-Guérès et des Itissan, tribus refoulées par les Keloui (ce sont des cavaliers), à la différence des Touareg précédents qui ne montent guère qu'à dos de chameau. Les Aouelimmiden, dont la forteresse naturelle est le massif de l'Adrar oriental, sont les plus puissants des Touareg, ils étaient maîtres de tout le coude du Niger et s'étendaient bien au Sud du fleuve, lorsque les Français se sont emparés de ces régions au XIXe siècle. On les rattache à la grande nation berbère des Lemta; venus de l'Ouest, ils auraient refoulé les Tademekkés et abattu l'empire songhaï. Ils sont sous l'influence maraboutique des Bekkaya de Tombouctou, se divisent en nobles et imrhad et vivent sous la tente.
Le passé touareg. L'histoire des Berbères sahariens est mal connue; le nom de Touareg est celui que leur donnent les Arabes; eux-mêmes s'appellent Imoharh, nom national des Berbères. Les documents fournis par les écrivains antiques ne permettent pas encore de rattacher clairement aux peuples actuels ceux qu'ils mentionnent dans le désert Libyque, Garamantes, Éthiopiens blancs, etc.
Les Touareg descendent principalement de tribus berbères refoulées dans le désert par la grande invasion arabe hillalienne du XIe siècle; auparavant, les Targa habitaient le Maghreb et la région de Sidjilmessa, au Sud de l'Atlas marocain. Ibn Khaldoun, au XIVe siècle, les place dans le désert au Sud de la Tunisie; les Lemta, plus à l'Ouest, au Sud des Riah du Zab; puis les Messoufa, les Lemtouna, au Sud du Sahara marocain, et enfin les Gueddala, les plus occidentaux des Berbères du désert, guerriers voilés du litham.
Au XVIe siècle, Léon l'Africain énumère, d'Est en Ouest : les Berdoa (auj. tribu du Tibesti), entre Aoudjelah et le Bornou; les Lemta, entre la route du Fezzan à Kano et les oasis de Ghadamès et Ouargla; les Targa, entre l'Aïr, le Mzab et le Touat; les Zouenziga, de l'Aïr à Tombouctou; enfin les Sanhadja, au Nord-Ouest de Tombouctou; ceux-ci se sont fondus avec les Maures du Sahara occidental, comme les Berdoa avec les Toubou; les trois autres tribus correspondent aux Touareg actuels.
Échanges Nord-Sud
Avec la période d'expansion de l'Islam commence un « processus » nouveau : les Arabes envahissent, d'abord infinitésimalement le Sahara, puis en plus grand nombre; ils entrent en lutte d'influence avec les Berbères, et c'est longtemps un flux et un reflux continuels; enfin, dans ce combat toujours renouvelé, la victoire demeure indécise : le triomphe reste aux Berbères, qui sont bien toujours la population la plus solidement implantée au Sahara, mais le triomphe social est aux Arabes, dont Ia langue, la religion, les idées et institutions l'emportent décidément.
L'occupation arabe du Sahara offre sans doute des caractères divers. Cependant, ses traits essentiels ne se trouvent pas altérés par la forme locale quelle a pu revêtir. Au début, elle s'est effectuée par une infiltration lente. Les Arabes, jusqu'au Ve siècle de l'hégire, ont été surtout des missionnaires de l'Islam. A peine ont-ils formé de petites colonies dans quelques centres. Interrompu par le soulèvement des Berbères du Maghreb et les conquêtes des Almoravides, le mouvement commencé a repris avec une intensité nouvelle, et sous forme d'invasion, par l'exode des tribus hymiarites d'Égypte au XIe siècle. Lancées par les califes fatimides contre leurs sujets révoltés de l'Afrique du Nord, elles s'y dispersèrent. Celles qui occupent aujourd'hui le Sahara y étaient arrivées pour la plupart dès le XIIIe siècle. Elles eurent à soutenir des luttes souvent acharnées pour s'imposer à la fin aux autochtones. En se mélangeant aux populations berbères, dont quelques-unes à peine conservèrent leur indépendance, elles ont formé une population nouvelle essentiellement métisse, mais dans laquelle le premier rang appartiendra, sous le rapport politique, aux fractions dont la descendance arabe s'est maintenue la plus intacte. A côté des tribus ainsi constituées, et où les familles dites Hassan, de sang pur, dominent les fractions plus mélangées, vivront, sur un pied d'égalité, quelques groupes berbères, descendants directs des anciennes branches souveraines des Sanhadja sahariens ou des premiers Morabethyn (= Almoravides). Les autres rameaux de la population primitive, restés rétifs à tout métissage, formera une caste vassale de la première, les Hassan.
En outre, contemporaine de l'invasion arabe, il s'est produit, du XIe au XIIIe siècle, une immigration de Berbères fixés d'abord sur la limite septentrionale du Sahara. Quelques fractions maraboutiques ont gardé leur autonomie pendant que les autres se métissaient ou subissaient à leur tour la suprématie des maîtres du pays. Tels sont les éléments constitutifs de la population actuelle du Sahara. Mais, indépendamment de quelques migrations temporaires ou plus récentes qui, aux XVIIe et XVIIIe siècles, ont légèrement accru l'importance numérique de l'élément arabe, il y a lieu de faire la part d'un courant de relations très suivies, établies pendant la même période entre l'empire du Maroc et la vallée du Niger septentrional. La conquête de Rouma, faite au nom et pour le compte des sultans de Fès, n'a pas eu d'influence durable sur les destinées politiques de la région. Mais si momentanée qu'ait été l'occupation marocaine, elle n'en a pas moins suffi pour déterminer des rapports suivis entre le Maroc et la zone frontière du Soudan occidental : ces rapports, qu'ont resserrés encore les alliances contractées par les soldats de Djedar et leurs descendants, se sont maintenus jusqu'à l'époque coloniale. Ils ont été assez importants pour donner droit de cité aux Chorfa de Fès, dans tout le moyen Niger.
Pendant que le Sahara devenait un champ clos entre les populations d'origine arabe et celles d'origine berbère, et que les unes et les autres agissaient dans le Soudan septentrional, tant comme guerriers que missionnaires de l'Islam, et y répandaient peu à peu le domaine de la religion musulmane et celui de la langue arabe, les Soudaniens envahissaient, eux aussi, de temps en temps, le Sahara. De grands empires subsahariens ont ainsi dominé certaines parties du désert : l'empire de Ghana, fondé par Soninké ou Asouanek, domina de vastes régions du Soudan occidental. Plus tard, les Mandé (Mandingues, Malinkés), étendirent, au XIIIe siècle, leur pouvoir sur le désert, de Tombouctou (Mali) jusqu'au Touat (en Algérie). Après quoi, les Songhaï, ayant leur capitale à Gao, riveraine du Niger, annexèrent aussi de grands morceaux du Sahara, jusqu'à toucher le Maroc et l'Algérie. Ces invasions, ajoutées à la traite des esclaves fixa dans les oasis sahariennes de plus en plus de populations d'origine subsaharienne jusqu'à la fin du XIXe siècle, pratiquement.
La colonisation
Les rivalités nationales entre les grandes puissances européennes à partir des deux dernières décennies du XIXe siècle ont trouvé dans l'Afrique un champ de bataille privilégié. La politique d'expansion menée ainsi par la France au Sahara à cette époque est d'ordre stratégique : elle s'explique davantage par le souci de damer le pion aux autres puissances en occupant le terrain que par l'idée, par exemple, qu'il y aurait eu là des ressources à exploiter. Il s'agissait donc d'établir une continuité de territoire entre l'Algérie (au Nord de Ghardaïa), où la France était présente depuis 1830, et les possessions françaises en Afrique Subsahariennes, au Sénégal et dans le Golfe de Guinée. En 1890, une convention avec l'Angleterre reconnut aux Français la possession du Sahara entre l'Algérie-Tunisie d'une part, le Niger et le lac Tchad, d'autre part; dès lors, et avec plus d'esprit de suite qu'auparavant, la France s'occupa d'entrer réellement en possession des territoires venus dans sa sphère de domination en Sahara et en Soudan. Ses tentatives, presque toutes couronnées de succès, eurent pour lieux de départ, au Nord l'Algérie, au Sud-Ouest le Sénégal, au Sud le Congo. Ce grand espace prendra, à partir de 1904, le nom d'Afrique occidentale française (A.O.F).
Le Nord. Les expéditions visant plus spécialement le Sahara s'organisèrent naturellement en Algérie. Tout d'abord, les Français avancèrent vers le Sud la ligne des postes du Sahara d'Algérie, qui, de l'Est à l'Ouest, étaient : El-Oued, dans le Souf; Biskra, dans les Ziban; Touggourt, dans l'Oued-Rir; Ghardaïa, dans le pavs des Béni-Mzab; Ouargla, dans la dépression où s'unissent les bas-fonds de l'oued Mia et de la chebka du Mzab, Laghouat, en arrière de Ghardaïa; El-Goléa, en avant d'Ouargla, sur le chemin du Touat; Géryville et Aïn-Sefra, au versant méridional de l'Atlas du Sud Oranais. El-Goléa, que les Français n'avaient jamais occupé à demeure, devint un poste réel, avec profusion d'eau, même avec un lac, depuis le forage de puits artésiens donnant ensemble 107 à 108 litres par seconde (1891). Le poste de Hassi-Inifel, à 400 kilomètres en droite ligne au Sud-Sud-Est. d'El-Goléa, fut installé dans le val de l'oued Mia, comme une précaution contre les Touatiens du Tidikelt, avant de devenir une menace (1892). De même, et la même année, comme garantie et menace contre les Touatiens du Gourara, installation du poste de Mac-Mahon, à 180 kilomètres au Sud-Est d'El-Goléa. En 1893, création du fort de Hassi-Mey, près de Berresof, en Sahara de Tunisie; en 1894, fondation du fort Miribel, à 140 kilomètres un peu à l'Ouest d'El-Goléa, à l'Est-Sud-Est du fort Mac-Mahon, route du Touat; en 1894 également, le fort Lallemand s'élève dans le sillon de l'lgharghar, au Sud de Touggourt, au Sud-Ouest d'Ouargla. Mais, semble-t-il, c'était une démonstration, par une sorte d'ostentation, plutôt qu'une préparation réelle, puisque aucun départ de troupes pour l'archipel touatien ne suivit l'établissement de ces forts sahariens; or, à mesure que la France avait l'air de renoncer à ces précieuses oasis, l'empereur du Maroc les revendiquait plus que jamais.
Les Touareg étaient entrés en relations avec la France après la conquête de l'Algérie. Henri Duveyrier vécut parmi les Azdjer en 1861, et le 26 novembre 1862 fut signé un traité de commerce à Ghadamès entre le commandant Mircher et deux cheikhs des Azdjer; mais ce traité demeura lettre morte, quoique les Azdjer aient été moins ouvertement hostiles à la France que les Hoggar. L'assassinat des explorateurs Dournaux-Duperré et Joubert en 1874, de la grande mission Flatters en 1880, des Pères Richard et Kermabon en 1881, de Morès en 1896, servira de prétexte à l'usage de la force contre eux.
Le Sud. Mais la France faisait des progrès immenses dans la région soudanienne voisine du Sahara méridional et dans ce Sahara lui-même. Elle avait lentement, mais très sûrement, imposé sa domination aux Maures de la rive droite du Sénégal, indomptables jusque-là, et, fait bien autrement symbolique dans l'histoire de l'Afrique, pris Tombouctou, le 10 janvier 1895 : Tombouctou, à l'époque l'une des places fortes des Touaregs et la plus grande porte du désert; en vain les Touaregs massacrèrent-ils avec son état-major le colonel Bonnier, qui venait de conquérir la célèbre ville commune au Sahara et au Soudan, elle resta française, et de là se soumirent peu à peu les Maures et Touaregs du moyen Niger. En 1896, le commandant Hourst descendit le Niger jusqu'à son embouchure, et en route il obtint des Aouellimiden la reconnaissance du protectorat de la France.
De son côté, Foureau convertit le gouvernement à ses idées de pénétration « en force-», et il se mit en route en 1898 avec une escorte de 310 hommes et deux canons aux ordres du commandant Lamy. Les Touareg se montrèrent sur son passage, mais ne le brusquèrent pas d'abord; il franchit le Ahaggâr, se reposa dans l'Aïr où il repoussa de haute lutte une attaque en force des Touaregs, et finit par arriver dans le Damerghou, à Zinder, où il se rencontra avec la mission Joalland-Meynier, venue du Niger, et continua sa marche vers le lac Tchad et le Chari; là il a revu le drapeau français, hissé sur ce fleuve par des expéditions venues du Congo, là aussi, son compagnon, le commandant Lamy, fut tué dans une lutte contre le sultan Rabah (L'histoire du Bornou). Ainsi se réalisa la jonction des trois grands tronçons de l'empire français d'Afrique (Madagascar à part) : Algérie-Tunisie et Sahara, Sénégal et Niger, Congo-Oubangui et Tchad.
Pendant que la mission Foureau-Lamy traversait ainsi le Sahara, une convention nouvelle avec l'Angleterre complétait celle du 5 août 1890. Elle est à la date du 20 mars 1899. Elle délimitait la frontière saharienne des possessions françaises comme suit : à l'Est, la limite orientale du désert occupé par les Français part de la frontière tripolitaine (Fezzan) au point de rencontre du 13° 40' longitude Est avec le tropique du Cancer; elle se dirige au Sud-Est jusqu'au 11° 40' de longitude, puis suit ce méridien vers le Sud jusque vers le 15° parallèle Nord, d'où, longeant vers l'Ouest la frontière du Darfour, elle va rejoindre la limite à déterminer (de 18° 40' à 20° 40' Est) entre cette province «-Égyptienne » et le Ouadaï, reconnu français. Par cet arrangement, la France entrait en possession du Tibesti, de l'Ouanyanga, de l'Ennedi, du Bornou, du Kanem, de l'Ouadaï, soit de tous les pays à l'Est, au Nord-Est, au Nord du lac Tchad. Enfin, et c'est avec la prise de Tombouctou, l'événement le plus marquant de la main-mise sur le Sahara, les Français sont entrés à In-Salah le 29 décembre 1899, par le fait de la mission Flamand : mission officiellement pacifique, mais accompagnée de 140 hommes commandés par le capitaine Pein, Saharien éprouvé. Peu de temps après, le Touat entier fit sa soumission.
Ajoutons qu'au moment où les puissances européennes ont commencé à s'emparer de l'empire du Maroc, l'Espagne s'est octroyée de son côté deux portions du Sahara occidental, une petite enclave autour d'Ifni, une crique de la côte marocaine, à 30 kilomètres au Nord-Est de l'embouchure de l'oued Noua dans l'Atlantique, et un territoire plus vaste, nommé Rio de Oro, plus au Sud, face aux Îles Canaries. L'Espagne légitimait l'implantation à Ifni par les travaux des érudits espagnols, qui ont quelquefois identifié ce point avec le port de Santa Cruz de Mar Pequeña que mentionnent les documents du XVIe siècle et qui faisait un grand commerce avec les Canaries. Ce fut l'opinion de la commission envoyée en 1878, à bord du vaisseau Blasco de Garay, pour rechercher ce point que l'Espagne s'était réservée par le traité de 1860 avec le Maroc. Quelques vestiges d'un ancien établissement espagnol ou portugais existent en effet à Ifni; mais certains auteurs pensent que Santa Cruz se trouvait plus au Sud. Quoi qu'il en soit, le gouvernement marocain ratifia en 1883 la cession d'Ifni à l'Espagne, qui en 1884, manda la troupe pour s'emparer aussi de la région du Rio de Oro, qui possédait une zone de pêche très riche le long de sa côte.
Et après... L'implantation coloniale au Sahara a commencé à se déliter dès le lendemains de la Seconde guerre mondiale. Par exemple, la Mauritanie devient un territoire d'outre-mer dès 1946; la Libye devient indépendante de l'Italie en 1951, et la montée des nationalisme s'exprime un peu partout dès les années 1950. La dislocation de l'AOF deviendra effective en 1960. Entre les mois d'août et novembre de cette année-là, de nouveaux États indépendants sont formés, au Sud du Sahara : Tchad, Niger, Mali, Mauritanie. L'Algérie gagne son indépendance en juillet 1962. Comme ailleurs en Afrique, les limites de ces pays ont été définies à partir du tracé qui leur a été imposé à l'époque coloniale, et n'a cessé de poser, depuis, des difficultés. Les Touaregs se trouvent partagés entre divers États (Algérie, Libye, Mali, Niger, Burkina Faso) qui leur ont la plupart du temps réservé un sort difficile, d'où la révolte touareg de 1962 dans l'Adrar des Iforas au Mali, ou encore la guerre des sables de mai 1990 au Mali et au Niger, recommencée l'année suivante dans l'Aïr (Niger). De leur côté, les Toubous du Tibesti (rattaché au Tchad) ont été portés à des revendications séparatistes, et mêlés aux revendications libyennes sur la bande d'Aozou.
Enfin, après la fin de la dictature franquiste en Espagne (1975), l'ancien Rio de Oro ou Sahara espagnol, devenu le territoire du Sahara Occidental à l'appétit de ses voisins. La Mauritanie en revendique d'abord une partie, puis y renonce en 1979; le Maroc, l'annexe de fait, d'abord par une invasion pacifique (la marche verte) dès novembre 1975, puis par la construction d'un mur délimitant le territoire jugé économiquement intéressant (gisements importants de phosphates, minerai de fer). Les Sahraoui qui demandent leur indépendance, ont quant à eux constitué un mouvement de libération, le Front Polisario, et proclamé la formation, en 1977, d'un État, la République arabe sahraoui démocratique (RASD), mais restent prisonniers des rivalités entre le Maroc et leur principal allié, l'Algérie, et de l'indécision internationale. (O. Reclus / A.-M. B. / A. Le Chatelier / E. Cat.).
7 avr. 2008
La flambée des prix menace la sécurité alimentaire... lire dans SIDWAYA
La sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l'Ouest est menacée par les entraves aux échanges régionaux et la flambée des prix des denrées alimentaires au niveau mondial.
La flambée des prix constitue une menace pour la stabilité des pays de la sous région.
Des céréales comme le fonio voient leurs prix augmenter à cause du mauvais fonctionnement du marché.
La production céréalière brute prévisionnelle 2007-2008 révisée pour l'ensemble des pays du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest, excepté le Liberia, se chiffre à 48 066 000 tonnes contre 49 121 000 tonnes en 2006/2007. Cependant, cette production est inégalement répartie entre et à l'intérieur des pays, avec des déficits importants au Sénégal, au Cap-Vert, en Gambie et à l'extrême Nord du Nigeria et du Ghana. Par ailleurs, les mauvaises productions de maïs ont été confirmées dans la sous-région. Les actions engagées par les Etats pour augmenter la disponibilité céréalière à travers les cultures de contre-saison et de décrue, auront certainement des effets localisés sur l'offre alimentaire. Cependant, le niveau de production attendu aura une capacité limitée pour combler les baisses constatées durant la campagne pluviale 2007-2008. La présente campagne a été marquée par un accroissement de la production de niébé, de tubercules et de légumes, qui pourraient améliorer l'alimentation des populations. Il convient de souligner que cette légère baisse des productions en 2007-2008 fait suite à deux bonnes années de productions qui avaient permis aux producteurs, aux commerçants et aux pouvoirs publics dans certains pays de reconstituer leurs stocks. Le niveau de ces stocks n'est pas réellement connu. Mais de l'avis des acteurs des marchés, les gros producteurs du Nigeria et les commerçants grossistes au Mali, Bénin, Burkina Faso, Niger et Nigeria détiendraient d'importants stocks, qui une fois libérés pourraient significativement améliorer l'approvisionnement dans les marchés. Mis à part le cas du maïs et dans une moindre mesure le sorgho, les productions des autres denrées (mil, niébé, tubercules et produits dérivés) sont globalement suffisantes pour assurer une alimentation acceptable des populations. Toutefois, les marchés doivent fonctionner normalement et ce n'est pas le cas notamment au niveau des flux commerciaux. La situation pastorale est satisfaisante dans la région avec des prix du bétail qui se maintiennent à un niveau meilleur sur les marchés que l'année dernière et des termes d'échange encore en faveur des éleveurs. Toutefois, suite à la montée des prix dans certains pays, on signale une augmentation de l'offre des petits ruminants, ce qui pourrait les mois prochains se traduire par une baisse des prix et des pertes de revenus pour les éleveurs. Les situations alimentaires et nutritionnelles présentées par les pays et complétées par les informations issues des missions conjointes d'évaluation des marchés et des flux transfrontaliers indiquent que les prix pratiqués ont des évolutions variées selon les produits et les zones. C'est ainsi qu'on note actuellement trois grandes zones d'évolution au Sahel et en Afrique de l'Ouest : - Dans la partie est (Niger, Nigeria, Tchad et Bénin), la situation est marquée par un important déficit en céréales au Nord Nigeria et une forte demande des industries agroalimentaires. Les prix des céréales accusent une forte hausse qui commence à affecter l'accès aux aliments particulièrement au Niger et au Nigeria ; - Dans la partie centrale (Burkina Faso, Mali, Ghana, Togo et Côte d'ivoire), les prix évoluent normalement concernant les céréales sèches avec toutefois des hausses significatives pour le riz à cause essentiellement du contexte international ; - Dans la partie ouest (Sénégal, Mauritanie, Guinée Bissau, Gambie, Cap-Vert), on assiste à une hausse modérée des prix des céréales sèches et de fortes hausses des prix des denrées importées. Dans ces pays, plus dépendants des importations du riz et du blé, les difficultés d'approvisionnement et d'accès menacent déjà la sécurité alimentaire des ménages. Si la hausse des prix des céréales importées se justifie par le contexte du marché mondial, par contre celle des céréales sèches se justifie en grande partie par le mauvais fonctionnement des marchés. Ce dernier est exacerbé par les mesures entravant la libre circulation des céréales et aussi une spéculation au niveau des marchés.
Présentement, la situation alimentaire est globalement satisfaisante dans la zone centre de la sous-région. Mais elle reste préoccupante dans certaines zones du Niger, de la Gambie, à l'extrême nord du Nigeria, au nord-est de la Guinée Bissau, au sud-est de la Mauritanie, au Sénégal, au Cap-Vert, dans les centres urbains et dans les zones structurellement déficitaires. Dans d'autres zones de certains pays, la situation alimentaire reste fragile à cause de l'insécurité.
En ce qui concerne la situation nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l'Ouest, elle montre d'ores et déjà des tendances préoccupantes qui doivent appeler à un renforcement des actions nutritionnelles. Par voie de conséquence, il est important d'améliorer l'accès pour les populations vulnérables à des denrées alimentaires diversifiées dans les court, moyen et long termes.
La flambée des prix est entrain d’anéantir les efforts des paysans africains.
La production du maïs accuse des insuffisances dommageables pour une alimentation acceptable des populations.
La situation alimentaire et nutritionnelle peut se détériorer davantage les mois prochains si le fonctionnement des marchés et l'accès aux denrées alimentaires ne sont pas améliorés. Une hausse généralisée des prix et des difficultés d'approvisionnement en céréales sont à craindre particulièrement pendant la période de soudure. Ce risque est d'autant plus réel que les stocks institutionnels (stocks nationaux de sécurité alimentaire, stocks d'intervention) et communautaires, bien que relativement importants ne seront pas en mesure de répondre à toutes les sollicitations.
Compte tenu de tout ce qui précède, il est recommandé :Aux Etats :
* De respecter la libre circulation des biens et des personnes, notamment des produits alimentaires, conformément aux textes réglementaires des Organisations d'intégration sous régionale ; *D'engager des concertations régulières avec les acteurs du marché pour assurer un approvisionnement régulier en céréales ; *D'améliorer les conditions d'importations de céréales et autres produits alimentaires dans la zone avec abaissement ou suppression des taxes à l'importation et ouverture de lignes de crédit à l'importation ; * De procéder à des ouvertures ciblées des stocks publics dans les zones où les prix sont les plus élevés tout en évitant de les épuiser avant la période de soudure ; * De renforcer les actions d'atténuation des crises alimentaires : cash for work, food for work, ventes à prix modérés, aide d'urgence ciblée, etc., dans les zones d'insécurité alimentaire pendant la période de soudure ; * De renforcer les actions de prévention et de prise en charge des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes et allaitantes malnutries dans les zones à risque ; * D'assurer un approvisionnement adéquat en semences de qualité et en engrais aux producteurs céréaliers de la sous-région ; * De renforcer le crédit agricole notamment dans les grands bassins de production.
Aux systèmes d'alerte précoce nationaux et régionaux
* De faire une mise à jour régulière de l'évolution de la situation alimentaire et nutritionnelle et d'en informer les décideurs ; * De renforcer le suivi des marchés, la concertation avec les décideurs et les commerçants au niveau national et régional.
A la CEDEAO et l'UEMOA
* D'engager des concertations rapides pour la levée des entraves actuelles au commerce régional ; * De veiller au respect de la libre circulation des personnes et des biens dans les espaces communautaires.
Aux partenaires techniques et financiers
* D'appuyer la mise à niveau des stocks de sécurité alimentaire ; * D'accompagner les Etats et les populations dans leurs efforts de lutte contre l'insécurité alimentaire et nutritionnelle.
Source : CILSS/CEDEAO/ONU
La sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l'Ouest est menacée par les entraves aux échanges régionaux et la flambée des prix des denrées alimentaires au niveau mondial.
La flambée des prix constitue une menace pour la stabilité des pays de la sous région.
Des céréales comme le fonio voient leurs prix augmenter à cause du mauvais fonctionnement du marché.
La production céréalière brute prévisionnelle 2007-2008 révisée pour l'ensemble des pays du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest, excepté le Liberia, se chiffre à 48 066 000 tonnes contre 49 121 000 tonnes en 2006/2007. Cependant, cette production est inégalement répartie entre et à l'intérieur des pays, avec des déficits importants au Sénégal, au Cap-Vert, en Gambie et à l'extrême Nord du Nigeria et du Ghana. Par ailleurs, les mauvaises productions de maïs ont été confirmées dans la sous-région. Les actions engagées par les Etats pour augmenter la disponibilité céréalière à travers les cultures de contre-saison et de décrue, auront certainement des effets localisés sur l'offre alimentaire. Cependant, le niveau de production attendu aura une capacité limitée pour combler les baisses constatées durant la campagne pluviale 2007-2008. La présente campagne a été marquée par un accroissement de la production de niébé, de tubercules et de légumes, qui pourraient améliorer l'alimentation des populations. Il convient de souligner que cette légère baisse des productions en 2007-2008 fait suite à deux bonnes années de productions qui avaient permis aux producteurs, aux commerçants et aux pouvoirs publics dans certains pays de reconstituer leurs stocks. Le niveau de ces stocks n'est pas réellement connu. Mais de l'avis des acteurs des marchés, les gros producteurs du Nigeria et les commerçants grossistes au Mali, Bénin, Burkina Faso, Niger et Nigeria détiendraient d'importants stocks, qui une fois libérés pourraient significativement améliorer l'approvisionnement dans les marchés. Mis à part le cas du maïs et dans une moindre mesure le sorgho, les productions des autres denrées (mil, niébé, tubercules et produits dérivés) sont globalement suffisantes pour assurer une alimentation acceptable des populations. Toutefois, les marchés doivent fonctionner normalement et ce n'est pas le cas notamment au niveau des flux commerciaux. La situation pastorale est satisfaisante dans la région avec des prix du bétail qui se maintiennent à un niveau meilleur sur les marchés que l'année dernière et des termes d'échange encore en faveur des éleveurs. Toutefois, suite à la montée des prix dans certains pays, on signale une augmentation de l'offre des petits ruminants, ce qui pourrait les mois prochains se traduire par une baisse des prix et des pertes de revenus pour les éleveurs. Les situations alimentaires et nutritionnelles présentées par les pays et complétées par les informations issues des missions conjointes d'évaluation des marchés et des flux transfrontaliers indiquent que les prix pratiqués ont des évolutions variées selon les produits et les zones. C'est ainsi qu'on note actuellement trois grandes zones d'évolution au Sahel et en Afrique de l'Ouest : - Dans la partie est (Niger, Nigeria, Tchad et Bénin), la situation est marquée par un important déficit en céréales au Nord Nigeria et une forte demande des industries agroalimentaires. Les prix des céréales accusent une forte hausse qui commence à affecter l'accès aux aliments particulièrement au Niger et au Nigeria ; - Dans la partie centrale (Burkina Faso, Mali, Ghana, Togo et Côte d'ivoire), les prix évoluent normalement concernant les céréales sèches avec toutefois des hausses significatives pour le riz à cause essentiellement du contexte international ; - Dans la partie ouest (Sénégal, Mauritanie, Guinée Bissau, Gambie, Cap-Vert), on assiste à une hausse modérée des prix des céréales sèches et de fortes hausses des prix des denrées importées. Dans ces pays, plus dépendants des importations du riz et du blé, les difficultés d'approvisionnement et d'accès menacent déjà la sécurité alimentaire des ménages. Si la hausse des prix des céréales importées se justifie par le contexte du marché mondial, par contre celle des céréales sèches se justifie en grande partie par le mauvais fonctionnement des marchés. Ce dernier est exacerbé par les mesures entravant la libre circulation des céréales et aussi une spéculation au niveau des marchés.
Présentement, la situation alimentaire est globalement satisfaisante dans la zone centre de la sous-région. Mais elle reste préoccupante dans certaines zones du Niger, de la Gambie, à l'extrême nord du Nigeria, au nord-est de la Guinée Bissau, au sud-est de la Mauritanie, au Sénégal, au Cap-Vert, dans les centres urbains et dans les zones structurellement déficitaires. Dans d'autres zones de certains pays, la situation alimentaire reste fragile à cause de l'insécurité.
En ce qui concerne la situation nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l'Ouest, elle montre d'ores et déjà des tendances préoccupantes qui doivent appeler à un renforcement des actions nutritionnelles. Par voie de conséquence, il est important d'améliorer l'accès pour les populations vulnérables à des denrées alimentaires diversifiées dans les court, moyen et long termes.
La flambée des prix est entrain d’anéantir les efforts des paysans africains.
La production du maïs accuse des insuffisances dommageables pour une alimentation acceptable des populations.
La situation alimentaire et nutritionnelle peut se détériorer davantage les mois prochains si le fonctionnement des marchés et l'accès aux denrées alimentaires ne sont pas améliorés. Une hausse généralisée des prix et des difficultés d'approvisionnement en céréales sont à craindre particulièrement pendant la période de soudure. Ce risque est d'autant plus réel que les stocks institutionnels (stocks nationaux de sécurité alimentaire, stocks d'intervention) et communautaires, bien que relativement importants ne seront pas en mesure de répondre à toutes les sollicitations.
Compte tenu de tout ce qui précède, il est recommandé :Aux Etats :
* De respecter la libre circulation des biens et des personnes, notamment des produits alimentaires, conformément aux textes réglementaires des Organisations d'intégration sous régionale ; *D'engager des concertations régulières avec les acteurs du marché pour assurer un approvisionnement régulier en céréales ; *D'améliorer les conditions d'importations de céréales et autres produits alimentaires dans la zone avec abaissement ou suppression des taxes à l'importation et ouverture de lignes de crédit à l'importation ; * De procéder à des ouvertures ciblées des stocks publics dans les zones où les prix sont les plus élevés tout en évitant de les épuiser avant la période de soudure ; * De renforcer les actions d'atténuation des crises alimentaires : cash for work, food for work, ventes à prix modérés, aide d'urgence ciblée, etc., dans les zones d'insécurité alimentaire pendant la période de soudure ; * De renforcer les actions de prévention et de prise en charge des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes et allaitantes malnutries dans les zones à risque ; * D'assurer un approvisionnement adéquat en semences de qualité et en engrais aux producteurs céréaliers de la sous-région ; * De renforcer le crédit agricole notamment dans les grands bassins de production.
Aux systèmes d'alerte précoce nationaux et régionaux
* De faire une mise à jour régulière de l'évolution de la situation alimentaire et nutritionnelle et d'en informer les décideurs ; * De renforcer le suivi des marchés, la concertation avec les décideurs et les commerçants au niveau national et régional.
A la CEDEAO et l'UEMOA
* D'engager des concertations rapides pour la levée des entraves actuelles au commerce régional ; * De veiller au respect de la libre circulation des personnes et des biens dans les espaces communautaires.
Aux partenaires techniques et financiers
* D'appuyer la mise à niveau des stocks de sécurité alimentaire ; * D'accompagner les Etats et les populations dans leurs efforts de lutte contre l'insécurité alimentaire et nutritionnelle.
Source : CILSS/CEDEAO/ONU
4 avr. 2008
L'Afrique piégée par la flambée des prix des aliments - Afrique
Le Monde.fr : L'Afrique piégée par la flambée des prix des aliments - Afrique
LE MONDE 04.04.08 14h15 • Mis à jour le 04.04.08 14h15
La rue africaine ne parle que de cela : les prix des denrées quotidiennes sont devenus fous. En quelques mois, la conjonction des hausses du blé, du riz, de l'huile sur les marchés mondiaux, de médiocres récoltes locales et l'absence de contrôle des prix, a accru les tensions sociales et compromis la stabilité politique.
Spectaculaire dans les villes africaines mais prégnante aussi en Asie, la flambée des prix a confirmé les propos de Jacques Diouf, le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prophétisant, dès octobre 2007, des "émeutes de la faim" alors que le prix moyen d'un repas de base a augmenté de 40 % en une année."Beaucoup de gens ne mangent plus qu'un plat par jour", entend-on à Dakar. "Avec 1 500 francs CFA (2,25 euros) pour nourrir ma famille, je ne sais plus quoi faire", dit une ménagère sur un marché de Bamako, au Mali.
De Douala (Cameroun) à Abidjan (Côte d'Ivoire) et du Caire (Egypte) à Dakar (Sénégal), les manifestations de rues secouent les capitales africaines et contraignent les gouvernants à prendre des mesures pour contrôler les prix.
"Gbagbo, marché est cher", "Gbagbo, on a faim", clamaient lundi 31 mars des femmes d'Abdidjan à l'adresse du président ivoirien. Des affrontements avec la police ont causé la mort d'au moins deux personnes. De fait, le prix du kilogramme de riz est passé de 250 à 650 francs CFA (de 0,22 à 0,97 euro) au cours de l'année ; celui de l'huile a augmenté de plus de 40 %. Le savon, le lait, la viande ont suivi, ce dont ne rendent pas compte les chiffres officiels (8 % d'inflation en 2007 pour l'ensemble du continent noir). "Dans les pays de la zone CFA, la hausse serait encore plus importante si le franc CFA n'était pas accroché à l'euro, une devise forte. Le coût des importations en est diminué d'autant. Les pays dont la monnaie est accrochée au dollar souffrent davantage", assure un économiste de l'Agence française de développement (AFD).
Suppression des droits de douane et baisse de la TVA : le chef de l'Etat ivoirien, comme ses homologues camerounais, sénégalais ou égyptien confrontés eux aussi à la rue, s'est engagé à faire baisser les prix en jouant sur les rares leviers que l'Etat maîtrise encore. La recette n'est pas de celles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale préconisent car elle pèse sur les finances publiques.
Seule la gravité de la situation a amené les institutions financières à se montrer plus accommodantes vis-à-vis des pays en développement. Le gouvernement égyptien a ajouté une mesure plus radicale : l'interdiction temporaire d'exporter le riz produit localement.
Aucun pays n'est à l'abri de troubles. A Dakar, une manifestation interdite "contre la vie chère" a dérapé dimanche 30 mars, trois mois après l'annonce de mesures pour contenir l'inflation : suppression de taxes sur le riz, création de "magasins témoin" exemplaires par la modération de leurs prix, diminution du traitement des ministres et même du chef de l'Etat. Les mesures n'ont pas produit l'effet escompté. "Les commerçants n'ont pas joué le jeu et l'Etat n'a plus les moyens de contrôler", constate Mamadou Barry, de l'ONG sénégalaise Enda.
Au Maroc, secoué lui aussi par des manifestations "contre la vie chère", des rassemblements sont prévus en avril. La marge de manoeuvre du gouvernement est réduite. Cas rare en Afrique, une "caisse de compensation", prend partiellement en charge, au Maroc, la hausse des produits de première nécessité mais son enveloppe, augmentée dans le budget 2008, sera épuisée cet été.
En Mauritanie où l'autosuffisance alimentaire ne dépasse pas 30 %, la situation est encore plus dramatique. Incapable de financer l'importation de denrées agricoles, le pays va connaître "une crise alimentaire sérieuse en 2008", a prévenu le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.
Au Burkina Faso, une commission parlementaire "contre la vie chère" a été installée après les manifestations de la mi-mars dans plusieurs villes . Les syndicats appellent à une "grève générale" les 8 et 9 avril pour réclamer des augmentations de salaires, le contrôle des prix et la réduction des taxes sur les carburants.
Conseiller pour l'Afrique au Fonds monétaire international (FMI), Eugène Nyambal estime que la situation est le résultat des politiques prônées par les institutions financières internationales. Depuis des décennies elles ont encouragé les cultures d'exportation comme le coton, au détriment des cultures vivrières qu'il était plus avantageux d'acquérir, à bas prix, sur le marché international. Elles ont aussi poussé au démantèlement des structures de contrôle des prix. "La plupart de ces pays attendent des solutions de la Banque mondiale ou du FMI qui sont eux-mêmes dépassés par les évolutions récentes", ajoute-t-il, insistant sur les conséquences des troubles actuels sur les régimes en place qui n'ont pas développé de politique de soutien à l'agriculture locale. Jeudi soir, à l'occasion de la fête de l'indépendance, le président sénégalais Abdoulaye Wade a ainsi annoncé la relance d'un "programme national d'autosuffisance" agricole.
La Banque mondiale a fait amende honorable dans son dernier rapport annuel et mis l'accent sur la renaissance des cultures vivrières. Il faudra des années pour modifier le modèle de développement.
Philippe Bernard et Jean-Pierre Tuquoi
Article paru dans l'édition du 05.04.08
LE MONDE 04.04.08 14h15 • Mis à jour le 04.04.08 14h15
La rue africaine ne parle que de cela : les prix des denrées quotidiennes sont devenus fous. En quelques mois, la conjonction des hausses du blé, du riz, de l'huile sur les marchés mondiaux, de médiocres récoltes locales et l'absence de contrôle des prix, a accru les tensions sociales et compromis la stabilité politique.
Spectaculaire dans les villes africaines mais prégnante aussi en Asie, la flambée des prix a confirmé les propos de Jacques Diouf, le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prophétisant, dès octobre 2007, des "émeutes de la faim" alors que le prix moyen d'un repas de base a augmenté de 40 % en une année."Beaucoup de gens ne mangent plus qu'un plat par jour", entend-on à Dakar. "Avec 1 500 francs CFA (2,25 euros) pour nourrir ma famille, je ne sais plus quoi faire", dit une ménagère sur un marché de Bamako, au Mali.
De Douala (Cameroun) à Abidjan (Côte d'Ivoire) et du Caire (Egypte) à Dakar (Sénégal), les manifestations de rues secouent les capitales africaines et contraignent les gouvernants à prendre des mesures pour contrôler les prix.
"Gbagbo, marché est cher", "Gbagbo, on a faim", clamaient lundi 31 mars des femmes d'Abdidjan à l'adresse du président ivoirien. Des affrontements avec la police ont causé la mort d'au moins deux personnes. De fait, le prix du kilogramme de riz est passé de 250 à 650 francs CFA (de 0,22 à 0,97 euro) au cours de l'année ; celui de l'huile a augmenté de plus de 40 %. Le savon, le lait, la viande ont suivi, ce dont ne rendent pas compte les chiffres officiels (8 % d'inflation en 2007 pour l'ensemble du continent noir). "Dans les pays de la zone CFA, la hausse serait encore plus importante si le franc CFA n'était pas accroché à l'euro, une devise forte. Le coût des importations en est diminué d'autant. Les pays dont la monnaie est accrochée au dollar souffrent davantage", assure un économiste de l'Agence française de développement (AFD).
Suppression des droits de douane et baisse de la TVA : le chef de l'Etat ivoirien, comme ses homologues camerounais, sénégalais ou égyptien confrontés eux aussi à la rue, s'est engagé à faire baisser les prix en jouant sur les rares leviers que l'Etat maîtrise encore. La recette n'est pas de celles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale préconisent car elle pèse sur les finances publiques.
Seule la gravité de la situation a amené les institutions financières à se montrer plus accommodantes vis-à-vis des pays en développement. Le gouvernement égyptien a ajouté une mesure plus radicale : l'interdiction temporaire d'exporter le riz produit localement.
Aucun pays n'est à l'abri de troubles. A Dakar, une manifestation interdite "contre la vie chère" a dérapé dimanche 30 mars, trois mois après l'annonce de mesures pour contenir l'inflation : suppression de taxes sur le riz, création de "magasins témoin" exemplaires par la modération de leurs prix, diminution du traitement des ministres et même du chef de l'Etat. Les mesures n'ont pas produit l'effet escompté. "Les commerçants n'ont pas joué le jeu et l'Etat n'a plus les moyens de contrôler", constate Mamadou Barry, de l'ONG sénégalaise Enda.
Au Maroc, secoué lui aussi par des manifestations "contre la vie chère", des rassemblements sont prévus en avril. La marge de manoeuvre du gouvernement est réduite. Cas rare en Afrique, une "caisse de compensation", prend partiellement en charge, au Maroc, la hausse des produits de première nécessité mais son enveloppe, augmentée dans le budget 2008, sera épuisée cet été.
En Mauritanie où l'autosuffisance alimentaire ne dépasse pas 30 %, la situation est encore plus dramatique. Incapable de financer l'importation de denrées agricoles, le pays va connaître "une crise alimentaire sérieuse en 2008", a prévenu le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.
Au Burkina Faso, une commission parlementaire "contre la vie chère" a été installée après les manifestations de la mi-mars dans plusieurs villes . Les syndicats appellent à une "grève générale" les 8 et 9 avril pour réclamer des augmentations de salaires, le contrôle des prix et la réduction des taxes sur les carburants.
Conseiller pour l'Afrique au Fonds monétaire international (FMI), Eugène Nyambal estime que la situation est le résultat des politiques prônées par les institutions financières internationales. Depuis des décennies elles ont encouragé les cultures d'exportation comme le coton, au détriment des cultures vivrières qu'il était plus avantageux d'acquérir, à bas prix, sur le marché international. Elles ont aussi poussé au démantèlement des structures de contrôle des prix. "La plupart de ces pays attendent des solutions de la Banque mondiale ou du FMI qui sont eux-mêmes dépassés par les évolutions récentes", ajoute-t-il, insistant sur les conséquences des troubles actuels sur les régimes en place qui n'ont pas développé de politique de soutien à l'agriculture locale. Jeudi soir, à l'occasion de la fête de l'indépendance, le président sénégalais Abdoulaye Wade a ainsi annoncé la relance d'un "programme national d'autosuffisance" agricole.
La Banque mondiale a fait amende honorable dans son dernier rapport annuel et mis l'accent sur la renaissance des cultures vivrières. Il faudra des années pour modifier le modèle de développement.
Philippe Bernard et Jean-Pierre Tuquoi
Article paru dans l'édition du 05.04.08
1 avr. 2008
MISSODROME
Emirats: 10.000 chameaux du Golfe en lice pour un concours de beauté
Plus de 10.000 chameaux des six monarchies pétrolières du Golfe sont en lice cette semaine pour un concours de beauté dans le
désert d'Abou Dhabi, doté de prix d'un montant total de 35 millions de dirhams (9,5 millions de dollars. Le concours, prévu à partir de mercredi dans le cadre d'un festival de 9 jours, marqué aussi par une exposition d'artisanat et des soirées musicales, est destiné à "préserver l'héritage" de la région, a déclaré le chef de la haute commission préparatoire du festival, cheikh Mohammad Ben Beti Al-Hamed. Organisé à Dhafra, dans le désert de l'émirat d'Abou Dhabi, le concours de beauté, supervisé par un jury dont les membres ne seront identifiés qu'à la fin de l'événement, a attiré plusieurs propriétaires et éleveurs de chameaux dans les Emirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Qatar ainsi qu'à Bahreïn, à
Oman et au Koweït, a-t-il ajouté. La manifestation, "Mazayin Dhafra Camel Festival 2008", est placée sous le patronage de cheikh Mohammad Ben Zayed Al-Nahyane, prince héritier d'Abou Dhabi, l'un des sept membres de la fédération des Emirats. Les habitants des monarchies du Golfe sont réputés pour leur passion pour l'élevage de chameaux, fidèles aux traditions bédouines de cette région désertique où ce mammifère endurant a été toujours le compagnon de l'homme. Perpétuant ces traditions, des enchères sont organisées dans des pays du Golfe pour la vente de chameaux dressés pour participer à des courses de vitesse.
Plus de 10.000 chameaux des six monarchies pétrolières du Golfe sont en lice cette semaine pour un concours de beauté dans le
désert d'Abou Dhabi, doté de prix d'un montant total de 35 millions de dirhams (9,5 millions de dollars. Le concours, prévu à partir de mercredi dans le cadre d'un festival de 9 jours, marqué aussi par une exposition d'artisanat et des soirées musicales, est destiné à "préserver l'héritage" de la région, a déclaré le chef de la haute commission préparatoire du festival, cheikh Mohammad Ben Beti Al-Hamed. Organisé à Dhafra, dans le désert de l'émirat d'Abou Dhabi, le concours de beauté, supervisé par un jury dont les membres ne seront identifiés qu'à la fin de l'événement, a attiré plusieurs propriétaires et éleveurs de chameaux dans les Emirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Qatar ainsi qu'à Bahreïn, à
Oman et au Koweït, a-t-il ajouté. La manifestation, "Mazayin Dhafra Camel Festival 2008", est placée sous le patronage de cheikh Mohammad Ben Zayed Al-Nahyane, prince héritier d'Abou Dhabi, l'un des sept membres de la fédération des Emirats. Les habitants des monarchies du Golfe sont réputés pour leur passion pour l'élevage de chameaux, fidèles aux traditions bédouines de cette région désertique où ce mammifère endurant a été toujours le compagnon de l'homme. Perpétuant ces traditions, des enchères sont organisées dans des pays du Golfe pour la vente de chameaux dressés pour participer à des courses de vitesse. Lundi 31 mars 2008
31 mars 2008
Observatoire du Sahara et du Sahel
Observatoire du Sahara et du Sahel... lire la suite....
Les travaux de la 10ème session du Conseil d’administration de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) ont débuté samedi à Tripoli en présence du secrétaire du comité populaire général libyen de l’Agriculture et des Richesses animales et maritimes, Aboubakr Mansouri et des ministres de l’environnement en Tunisie, Nadhir Hamada, et au Sénégal Djibo Leity Kâ.
Le secrétaire général de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) Mohamed Al-Madani Al-Azhari, le secrétaire exécutif de l’OSS et des experts et spécialistes de Libye, du Burkina Fasso, du Maroc, d’Algérie, du Kenya, d’Egypte, de Mauritanie, du Niger, d’Ethiopie, du Tchad, du Nigeria, d’Ouganda, de Guinée-Bisseau, du Mali, du Cap-Vert, du Soudan, de Djibouti, d’Allemagne, du Canada, de France et de Suisse prennent part également à cette rencontre.
Les participants à ce rendez-vous qui se poursuivra deux jours, se pencheront sur plusieurs questions, notamment l’examen du programme d’activités du Conseil exécutif de l’OSS pour 2007, les rapports du secrétaire général et de la commission stratégique du conseil sur les activités scientifiques et techniques et l’évaluation des programmes et actions de l’OSS pour l’an dernier.
Ils discuteront aussi du projet de budget de l’Observatoire pour 2008, des contributions des pays membres ainsi que des accords conclus par l’OSS dans le domaine de l’environnement.
A l’ouverture des travaux, M. Aboubakr Mansouri a insisté siur la nécessité de conjuguer les efforts pour combattre le fléau de la désertification dont souffrent les pays membres de l’organisation.
Pour sa part, le président de l’OSS, le ministre tunisien de l’Environnement et du Développement durable, Nadhir Hamada a affirmé que la tenue de cette réunion en Libye est une concrétisation pratique de la volonté commune des pays de cette instance pour promouvoir la coopération entre eux, conjuguer leurs efforts et mobiliser leurs énergies dans l’objectif de donner un élan au processus de développement et d’assurer le progrès du continent africain.
Il a souligné également que l’OSS agit avec la coopération de la Libye et de l’UNESCO en vue de préparer la troisième conférence internationale relative aux grandes nappes phréatiques transfrontalières en Afrique en mai prochain à Tripoli.
L’OSS, dont le siège se trouve à Tunis est une organisation à caractère international regroupant 22 pays africains et 5 pays occidentaux à savoir l’Allemagne, la France, le Canada, l’Italie et la Suisse.
Cette organisation a été officiellement lancée en 1992 pour servir de trait d’union et de cadre de partenariat et de consultation dans le domaine de la lutte contre la désertification et pour réduire l’impact de la sécheresse ainsi que pour contribuer dans l’échange des informations relatives à la désertification et aux nappes phréatiques communes.
La Libye est l’un des pays fondateurs de l’Observatoire. Elle est membre du conseil d’aministration de cette instance et de sa commission stratégique. Tripoli occupe également le poste de vice-président de l’assemblée générale de l’OSS.
Tripoli - 29/03/2008
Les travaux de la 10ème session du Conseil d’administration de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) ont débuté samedi à Tripoli en présence du secrétaire du comité populaire général libyen de l’Agriculture et des Richesses animales et maritimes, Aboubakr Mansouri et des ministres de l’environnement en Tunisie, Nadhir Hamada, et au Sénégal Djibo Leity Kâ.
Le secrétaire général de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) Mohamed Al-Madani Al-Azhari, le secrétaire exécutif de l’OSS et des experts et spécialistes de Libye, du Burkina Fasso, du Maroc, d’Algérie, du Kenya, d’Egypte, de Mauritanie, du Niger, d’Ethiopie, du Tchad, du Nigeria, d’Ouganda, de Guinée-Bisseau, du Mali, du Cap-Vert, du Soudan, de Djibouti, d’Allemagne, du Canada, de France et de Suisse prennent part également à cette rencontre.
Les participants à ce rendez-vous qui se poursuivra deux jours, se pencheront sur plusieurs questions, notamment l’examen du programme d’activités du Conseil exécutif de l’OSS pour 2007, les rapports du secrétaire général et de la commission stratégique du conseil sur les activités scientifiques et techniques et l’évaluation des programmes et actions de l’OSS pour l’an dernier.
Ils discuteront aussi du projet de budget de l’Observatoire pour 2008, des contributions des pays membres ainsi que des accords conclus par l’OSS dans le domaine de l’environnement.
A l’ouverture des travaux, M. Aboubakr Mansouri a insisté siur la nécessité de conjuguer les efforts pour combattre le fléau de la désertification dont souffrent les pays membres de l’organisation.
Pour sa part, le président de l’OSS, le ministre tunisien de l’Environnement et du Développement durable, Nadhir Hamada a affirmé que la tenue de cette réunion en Libye est une concrétisation pratique de la volonté commune des pays de cette instance pour promouvoir la coopération entre eux, conjuguer leurs efforts et mobiliser leurs énergies dans l’objectif de donner un élan au processus de développement et d’assurer le progrès du continent africain.
Il a souligné également que l’OSS agit avec la coopération de la Libye et de l’UNESCO en vue de préparer la troisième conférence internationale relative aux grandes nappes phréatiques transfrontalières en Afrique en mai prochain à Tripoli.
L’OSS, dont le siège se trouve à Tunis est une organisation à caractère international regroupant 22 pays africains et 5 pays occidentaux à savoir l’Allemagne, la France, le Canada, l’Italie et la Suisse.
Cette organisation a été officiellement lancée en 1992 pour servir de trait d’union et de cadre de partenariat et de consultation dans le domaine de la lutte contre la désertification et pour réduire l’impact de la sécheresse ainsi que pour contribuer dans l’échange des informations relatives à la désertification et aux nappes phréatiques communes.
La Libye est l’un des pays fondateurs de l’Observatoire. Elle est membre du conseil d’aministration de cette instance et de sa commission stratégique. Tripoli occupe également le poste de vice-président de l’assemblée générale de l’OSS.
Tripoli - 29/03/2008
25 mars 2008
LE CHANT DES FAUVES
Tamasheq.net - le site des musiques touarègues... lire la suite...
LE CHANT DES FAUVES
La collection des musiques du SaharaLa collection "chant des fauves",
créée par le label Reaktion, vise à produire des compilations ou albums d’artistes des pays sahariens, sans se limiter ni à une ethnie, ni à un pays, ni à un style musical, mais avec une prédilection pour les musiques actuelles.Le souhait de Reaktion est de présenter des disques qui, en plus de la dimension musicale, aient un aspect informatif et éducatif très marqué. La musique est un excellent vecteur pour présenter au public occidental les conditions de vie de ces ethnies, en remettant leurs musiques dans leurs contextes historiques, géographiques et politiques.Les disques sont accompagnés de livrets aux textes conséquents, rédigés par des anthropologues, ethnomusicologues, militants associatifs etc…
LE CHANT DES FAUVES
La collection des musiques du SaharaLa collection "chant des fauves",
créée par le label Reaktion, vise à produire des compilations ou albums d’artistes des pays sahariens, sans se limiter ni à une ethnie, ni à un pays, ni à un style musical, mais avec une prédilection pour les musiques actuelles.Le souhait de Reaktion est de présenter des disques qui, en plus de la dimension musicale, aient un aspect informatif et éducatif très marqué. La musique est un excellent vecteur pour présenter au public occidental les conditions de vie de ces ethnies, en remettant leurs musiques dans leurs contextes historiques, géographiques et politiques.Les disques sont accompagnés de livrets aux textes conséquents, rédigés par des anthropologues, ethnomusicologues, militants associatifs etc… Source: http://www.tamasheq.net/
7 mars 2008
NIGER CILSS
Le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM. Mamadou Tandja, a reçu, hier en audience, le Secrétaire exécutif du Comité Inter Etats de lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS), le Professeur Alhousseini Bretaudeau. A sa sortie d'audience, le Secrétaire exécutif du CILSS a souligné qu'il est venu présenter au Chef de l'Etat la situation du CILSS, et recueillir ses recommandations et ses conseils afin de relever les défis confiés par les Chefs d'Etat au comité. Concernant ces défis, le Professeur Alhousseini Bretaudeau a indiqué qu'ils ont longuement parlé du problème de l'eau. Il a rappelé que lors du dernier sommet, à la demande des Chefs d'Etat, il a été question d'installer la coalition mondiale pour l'eau au Sahel. Ce programme, a ajouté le Secrétaire Exécutif du CILSS, a été beaucoup commenté par le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM. Mamadou Tandja, qui leur a donné des idées en rapport avec le Programme spécial. " J'ai trouvé un homme qui a beaucoup d'expériences dans le cadre de la lutte contre la sécheresse et la désertification. Il m'a longuement entretenu sur son expérience depuis qu'il était Préfet, et sur les résultats auxquels il est parvenu ", a souligné M. Alhousseini Bretaudeau. Le Secrétaire exécutif du CILSS a également souligné que le CILSS s'enrichira de toutes ces expériences afin que l'insécurité alimentaire soit un problème dépassé au niveau des Etats membres du CILSS. " Au niveau du comité, les résultats sont excellents en matière d'élaboration du bilan céréalier et alimentaire. Les réalisations sont moins importantes dans le domaine de l'amélioration de la production agricole. Le Programme spécial que nous voulons installer avec les Chefs d'Etat au niveau du CILSS consiste à domestiquer les ressources en eau et à les utiliser pour accroître la productivité agricole ", a conclu le Professeur Alhousseini Bretaudeau.
Source :Présidence de la République du Niger 07/03/08
Source :Présidence de la République du Niger 07/03/08
5 mars 2008
FONDS ITALIE/CILSS Le Pays -Quotidien d'informations générales du Burkina Faso
FONDS ITALIE/CILSS A l'heure du bilan
Du 3 au 7 mars 2008 à Ouagadougou, se tient la quatrième réunion du comité sous-régional de pilotage du Fonds Italie/CILSS. Le ministre délégué chargé de l'agriculture, Issaka Maïga, a présidé le lundi 3 mars dernier la cérémonie d'ouverture des cinq journées d'échanges. La quatrième réunion du comité sous-régional de pilotage du Fonds Italie/CILSS a lieu du 3 au 7 mars 2008 à Ouagadougou. A la deuxième rencontre tenue en mars 2006 à Niamey au Niger, les différents acteurs avaient formulé des recommandations spécifiques à l'adresse des pays et partenaires du Fonds. Aussi, la présente réunion doit faire le bilan de la mise en oeuvre des différentes recommandations. Pour le secrétaire exécutif adjoint du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), Issa Martin Bikienga, des progrès ont été enregistrés à différents niveaux : "Ces 24 mois nous ont permis de progresser sur beaucoup de plans. Les investissements sur le terrain se sont accrus et les méthodes de travail des différents acteurs se sont améliorées." Il a ainsi invité les participants à poser les jalons d'une nouvelle stratégie d'intervention du Fonds. Et ce à travers entre autres choses, l'examen des rapports des années 2006 et 2007, des progrès accomplis pour les pays (le Mali, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso) dans la mise en oeuvre de la composante " appui aux activités génératrices de revenus", des plans d'opérations et budgets de 2008.... A la faveur de cette rencontre, tous devront s'accorder sur les actions à entreprendre pour relancer les investissements sur le terrain. La volonté du CILSS comme indiqué, étant d'étendre la première d'investissements à de nouvelles zones à "risque environnemental et social élevé au Sahel." Le ministre délégué chargé l'agriculture, Issaka Maïga, a salué la tenue de la réunion et la mise en place du Fonds qui se penche sur les problèmes de la dégradation des ressources naturelles et de l'écosystème. Il a souhaité que les uns et les autres fassent des propositions de mesures actions "correctives des faiblesses et de consolidation des acquis." Pour sa part, Fabrizio De Georgio, chargé de programme au bureau de coopération de l'ambassade d'Italie, a indiqué que les cinq journées de réflexion visent à recentrer la stratégie opérationnelle pour permettre la pérennisation des acquis. Par Philippe BAMA Quotidien le Pays N°4069 du 05/03/2008
FONDS ITALIE/CILSS A l'heure du bilan
Du 3 au 7 mars 2008 à Ouagadougou, se tient la quatrième réunion du comité sous-régional de pilotage du Fonds Italie/CILSS. Le ministre délégué chargé de l'agriculture, Issaka Maïga, a présidé le lundi 3 mars dernier la cérémonie d'ouverture des cinq journées d'échanges. La quatrième réunion du comité sous-régional de pilotage du Fonds Italie/CILSS a lieu du 3 au 7 mars 2008 à Ouagadougou. A la deuxième rencontre tenue en mars 2006 à Niamey au Niger, les différents acteurs avaient formulé des recommandations spécifiques à l'adresse des pays et partenaires du Fonds. Aussi, la présente réunion doit faire le bilan de la mise en oeuvre des différentes recommandations. Pour le secrétaire exécutif adjoint du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), Issa Martin Bikienga, des progrès ont été enregistrés à différents niveaux : "Ces 24 mois nous ont permis de progresser sur beaucoup de plans. Les investissements sur le terrain se sont accrus et les méthodes de travail des différents acteurs se sont améliorées." Il a ainsi invité les participants à poser les jalons d'une nouvelle stratégie d'intervention du Fonds. Et ce à travers entre autres choses, l'examen des rapports des années 2006 et 2007, des progrès accomplis pour les pays (le Mali, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso) dans la mise en oeuvre de la composante " appui aux activités génératrices de revenus", des plans d'opérations et budgets de 2008.... A la faveur de cette rencontre, tous devront s'accorder sur les actions à entreprendre pour relancer les investissements sur le terrain. La volonté du CILSS comme indiqué, étant d'étendre la première d'investissements à de nouvelles zones à "risque environnemental et social élevé au Sahel." Le ministre délégué chargé l'agriculture, Issaka Maïga, a salué la tenue de la réunion et la mise en place du Fonds qui se penche sur les problèmes de la dégradation des ressources naturelles et de l'écosystème. Il a souhaité que les uns et les autres fassent des propositions de mesures actions "correctives des faiblesses et de consolidation des acquis." Pour sa part, Fabrizio De Georgio, chargé de programme au bureau de coopération de l'ambassade d'Italie, a indiqué que les cinq journées de réflexion visent à recentrer la stratégie opérationnelle pour permettre la pérennisation des acquis. Par Philippe BAMA Quotidien le Pays N°4069 du 05/03/2008
29 févr. 2008
Les Afriques «Le Maghreb ne peut qu’aller à la rencontre du Sahel»... lire...
«Le Maghreb ne peut qu’aller à la rencontre du Sahel» Pour Ali Bensaad, géographe algérien, il n’est pas dans l’intérêt du Maghreb « de jouer le rôle du supplétif de répression pour le compte de l’Europe » et d’aller ainsi à l’encontre de l’indispensable intégration africaine. Propos recueillis par Yassin Temlali
Il y a une résistance des pays du Maghreb à admettre leur nouveau statut de pays d’accueil, car il implique des réponses juridiques et sociales qu’ils ne sont pas encore disposés à donner.
Les Afriques : Les flux migratoires subsahariens vers les Etats du Maghreb semblent beaucoup plus importants que par le passé. Qu’est-ce qui explique leur développement rapide ?
Ali Bensaad : La migration subsaharienne vers le Maghreb n’est pas nouvelle, mais elle a acquis une plus grande visibilité depuis qu’elle s’est greffée sur la circulation migratoire irrégulière entre le Maghreb et l’Europe et qu’elle est devenue une préoccupation pour l’Europe. Il est vrai que longtemps, elle n’a concerné que les régions sahariennes. Les Etats maghrébins s’en sont bien accommodés tant qu’elle restait au Sahara. Le taux d’urbanisation au Sahara est plus élevé que dans le reste des territoires, avec une forte concentration dans des villes de plus de 100000 habitants. L’agriculture se développe, proportionnellement, plus qu’au Nord. Les Maghrébins disent, à juste titre, que leur population a contribué à construire l’Europe. Les Subsahariens peuvent dire que le Sahara n’aurait pas pu être ce qu’il est sans eux. Graduellement, la migration subsaharienne a fini par se diffuser vers le Nord et les métropoles littorales et attirer des Africains plus lointains que les seuls Nigériens, Maliens et Sénégalais. Les flux migratoires vers le Nord ne s’expliquent donc pas par l’attraction européenne, même si celle-ci participe, maintenant, à les doper. Ils sont le produit du développement du Maghreb et de son rapprochement, à travers le Sahara, du Sahel.

LA : Hormis les rapports de police, nous possédons peu d’informations sur l’immigration subsaharienne dans les pays du Maghreb…
AB : Même les rapports de police ne concernent que les refoulements de migrants censés être là « en transit vers l’Europe ». Ils occultent ceux, beaucoup plus nombreux, qui sont installés sur le sol maghrébin et y travaillent. En Algérie, comme ailleurs au Maghreb, les services de sécurité possèdent les chiffres sur l’émigration subsaharienne mais ils ne les rendent pas publics. L’Office algérien des statistiques (ONS, Algérie, NDR) a mené une enquête sur ce phénomène, mais les résultats de cette enquête restent à ce jour inconnus.Il y a une résistance des pays du Maghreb à admettre leur nouveau statut de pays d’accueil, car il implique des réponses juridiques et sociales qu’ils ne sont pas encore disposés à donner, surtout qu’ils reproduisent à l’égard des migrants africains, en les aggravant, les ségrégations subies par leurs propres migrants en Europe.Pour l’Algérie uniquement, on estime le nombre de migrants subsahariens à plusieurs dizaines de milliers, soit entre 100 et 300 000. Si les détails vous intéressent, je vous renvoie à une étude que j’ai faite et dont une partie porte sur tous les enjeux et manipulations autour des chiffres (publiée sur le site de l’European University Institute, NDR). Les villes sahariennes comme Agadez, Tamanrasset ou Sebha, sont depuis très longtemps de véritables tours de Babel africaines, avec près de la moitié de la population constituée de migrants d’une vingtaine de nationalités !
LA : Sur ces dizaines de milliers de migrants, quelle est la proportion de ceux pour qui le Maghreb est une « destination finale » ?
AB : L’écrasante majorité de ces migrants est présente au Maghreb pour y travailler. Mais ils ne sont pas forcément très visibles parce qu’ils s’installent essentiellement dans les villes du Sahara. Il y en a plus d’un million dans un pays riche comme la Libye, et même dans un Etat aussi pauvre que la Mauritanie il y en a 300000, chiffre cautionné officieusement par les autorités car l’immigration dans ce pays est davantage admise. Les villes sahariennes (Agadez, Tamanrasset, Sebha) sont depuis très longtemps de véritables tours de Babel africaines, avec près de la moitié de la population constituée de migrants d’une vingtaine de nationalités ! Dans les années 90, les autorités locales de Tamanrasset (extrême sud algérien, NDR) estimaient que les migrants constituaient les deux tiers de la population de la ville et on en expulsait déjà dans les années 70 et 80, même si une bonne partie des expulsés étaient alors des Touaregs nigériens et maliens. La Libye, depuis les années 70-80, accueille et expulse par centaines de milliers des migrants africains. Et pourtant, à l’époque, on ne parlait pas d’elle comme d’un « pays de transit » pour l’Europe !
LA : Comment appréciez-vous l’attitude des Etats du Maghreb vis-à-vis de la politique européenne dite de « lutte contre l’immigration clandestine » ?
AB : L’émigration a toujours été un noeud de crispation dans les relations euro-maghrébines. Avec l’apparition de Subsahariens, l’Union européenne fait pression sur les Etats du Maghreb les invitant à « maîtriser leurs frontières », non seulement avec elle mais aussi avec les Etats africains limitrophes. Pratiquement tous les pays maghrébins, entre 2003 et 2007, ont légiféré des mesures plus restrictives de circulation sur leur territoire. A l’égard des migrants africains, ils amplifient les dépassements et les violations qu’ils exercent déjà aux dépens de leurs citoyens.Il n’est pas dans l’intérêt de ces pays de jouer le rôle du supplétif de répression pour le compte de l’Europe et d’aller à l’encontre de leur profondeur historique et géostratégique. L’émigration noire africaine vers les Etats du Maghreb, je le répète, est consubstantiel au développement économique de ces Etats. L’avenir de l’Afrique est dans son intégration. Le Maghreb ne peut, en se développant, qu’aller à la rencontre du Sahel. C’est fatalement la logique du NEPAD et de la transsaharienne alors même qu’elle est inachevée ! Faut-il y renoncer ? L’Algérie et le Nigeria ont raison de vouloir la financer, en dehors même de l’espace de leurs pays. En agissant ainsi, ils ne font que reconstituer l’axe du commerce transsaharien qui fut, il y a plus de douze siècles, l’une des premières phases de mondialisation. Les Afriques 28-02-2008
«Le Maghreb ne peut qu’aller à la rencontre du Sahel» Pour Ali Bensaad, géographe algérien, il n’est pas dans l’intérêt du Maghreb « de jouer le rôle du supplétif de répression pour le compte de l’Europe » et d’aller ainsi à l’encontre de l’indispensable intégration africaine. Propos recueillis par Yassin Temlali
Il y a une résistance des pays du Maghreb à admettre leur nouveau statut de pays d’accueil, car il implique des réponses juridiques et sociales qu’ils ne sont pas encore disposés à donner.
Les Afriques : Les flux migratoires subsahariens vers les Etats du Maghreb semblent beaucoup plus importants que par le passé. Qu’est-ce qui explique leur développement rapide ?
Ali Bensaad : La migration subsaharienne vers le Maghreb n’est pas nouvelle, mais elle a acquis une plus grande visibilité depuis qu’elle s’est greffée sur la circulation migratoire irrégulière entre le Maghreb et l’Europe et qu’elle est devenue une préoccupation pour l’Europe. Il est vrai que longtemps, elle n’a concerné que les régions sahariennes. Les Etats maghrébins s’en sont bien accommodés tant qu’elle restait au Sahara. Le taux d’urbanisation au Sahara est plus élevé que dans le reste des territoires, avec une forte concentration dans des villes de plus de 100000 habitants. L’agriculture se développe, proportionnellement, plus qu’au Nord. Les Maghrébins disent, à juste titre, que leur population a contribué à construire l’Europe. Les Subsahariens peuvent dire que le Sahara n’aurait pas pu être ce qu’il est sans eux. Graduellement, la migration subsaharienne a fini par se diffuser vers le Nord et les métropoles littorales et attirer des Africains plus lointains que les seuls Nigériens, Maliens et Sénégalais. Les flux migratoires vers le Nord ne s’expliquent donc pas par l’attraction européenne, même si celle-ci participe, maintenant, à les doper. Ils sont le produit du développement du Maghreb et de son rapprochement, à travers le Sahara, du Sahel.

LA : Hormis les rapports de police, nous possédons peu d’informations sur l’immigration subsaharienne dans les pays du Maghreb…
AB : Même les rapports de police ne concernent que les refoulements de migrants censés être là « en transit vers l’Europe ». Ils occultent ceux, beaucoup plus nombreux, qui sont installés sur le sol maghrébin et y travaillent. En Algérie, comme ailleurs au Maghreb, les services de sécurité possèdent les chiffres sur l’émigration subsaharienne mais ils ne les rendent pas publics. L’Office algérien des statistiques (ONS, Algérie, NDR) a mené une enquête sur ce phénomène, mais les résultats de cette enquête restent à ce jour inconnus.Il y a une résistance des pays du Maghreb à admettre leur nouveau statut de pays d’accueil, car il implique des réponses juridiques et sociales qu’ils ne sont pas encore disposés à donner, surtout qu’ils reproduisent à l’égard des migrants africains, en les aggravant, les ségrégations subies par leurs propres migrants en Europe.Pour l’Algérie uniquement, on estime le nombre de migrants subsahariens à plusieurs dizaines de milliers, soit entre 100 et 300 000. Si les détails vous intéressent, je vous renvoie à une étude que j’ai faite et dont une partie porte sur tous les enjeux et manipulations autour des chiffres (publiée sur le site de l’European University Institute, NDR). Les villes sahariennes comme Agadez, Tamanrasset ou Sebha, sont depuis très longtemps de véritables tours de Babel africaines, avec près de la moitié de la population constituée de migrants d’une vingtaine de nationalités !
LA : Sur ces dizaines de milliers de migrants, quelle est la proportion de ceux pour qui le Maghreb est une « destination finale » ?
AB : L’écrasante majorité de ces migrants est présente au Maghreb pour y travailler. Mais ils ne sont pas forcément très visibles parce qu’ils s’installent essentiellement dans les villes du Sahara. Il y en a plus d’un million dans un pays riche comme la Libye, et même dans un Etat aussi pauvre que la Mauritanie il y en a 300000, chiffre cautionné officieusement par les autorités car l’immigration dans ce pays est davantage admise. Les villes sahariennes (Agadez, Tamanrasset, Sebha) sont depuis très longtemps de véritables tours de Babel africaines, avec près de la moitié de la population constituée de migrants d’une vingtaine de nationalités ! Dans les années 90, les autorités locales de Tamanrasset (extrême sud algérien, NDR) estimaient que les migrants constituaient les deux tiers de la population de la ville et on en expulsait déjà dans les années 70 et 80, même si une bonne partie des expulsés étaient alors des Touaregs nigériens et maliens. La Libye, depuis les années 70-80, accueille et expulse par centaines de milliers des migrants africains. Et pourtant, à l’époque, on ne parlait pas d’elle comme d’un « pays de transit » pour l’Europe !
LA : Comment appréciez-vous l’attitude des Etats du Maghreb vis-à-vis de la politique européenne dite de « lutte contre l’immigration clandestine » ?
AB : L’émigration a toujours été un noeud de crispation dans les relations euro-maghrébines. Avec l’apparition de Subsahariens, l’Union européenne fait pression sur les Etats du Maghreb les invitant à « maîtriser leurs frontières », non seulement avec elle mais aussi avec les Etats africains limitrophes. Pratiquement tous les pays maghrébins, entre 2003 et 2007, ont légiféré des mesures plus restrictives de circulation sur leur territoire. A l’égard des migrants africains, ils amplifient les dépassements et les violations qu’ils exercent déjà aux dépens de leurs citoyens.Il n’est pas dans l’intérêt de ces pays de jouer le rôle du supplétif de répression pour le compte de l’Europe et d’aller à l’encontre de leur profondeur historique et géostratégique. L’émigration noire africaine vers les Etats du Maghreb, je le répète, est consubstantiel au développement économique de ces Etats. L’avenir de l’Afrique est dans son intégration. Le Maghreb ne peut, en se développant, qu’aller à la rencontre du Sahel. C’est fatalement la logique du NEPAD et de la transsaharienne alors même qu’elle est inachevée ! Faut-il y renoncer ? L’Algérie et le Nigeria ont raison de vouloir la financer, en dehors même de l’espace de leurs pays. En agissant ainsi, ils ne font que reconstituer l’axe du commerce transsaharien qui fut, il y a plus de douze siècles, l’une des premières phases de mondialisation. Les Afriques 28-02-2008
27 févr. 2008
Un congélateur qui pourrait sauver le monde
Le 26 février, un étrange entrepôt [a été] inauguré dans l'archipel norvégien du Svalbard, dans l'Arctique. Il s'agit d'y conserver des échantillons de graines et semences en tous genres – pour que l'humanité ait quelque chose à replanter en cas de cataclysme, explique
The Independent. Rien que le nom évoque un vestige de la guerre froide ou un film de James Bond : on en parle comme du "coffre-fort de l'Apocalypse", et il repose au cœur d'un glacial bunker de béton et d'acier, à plus d'une centaine de mètres dans le permafrost montagneux d'un archipel de l'Arctique. Pourtant, la réserve mondiale de semences du Svalbard constitue la dernière tentative de l'humanité pour se doter d'une Arche de Noé des temps modernes, sorte de police d'assurance planétaire dans l'éventualité d'une catastrophe, comme de violents bouleversements climatiques provoqués par le réchauffement. Après des dizaines d'années consacrées à la planification et aux travaux de construction, la réserve est officiellement opérationnelle [depuis le] 26 février. Premier entrepôt mondial de stockage de graines, il a la capacité d'abriter jusqu'à 4,5 millions de types de semences provenant de toutes les variétés connues des principales cultures vivrières de la planète. Sa construction a coûté 6 millions d'euros. Il peut résister à des tirs de missiles nucléaires et même à une montée cataclysmique du niveau de la mer, qui pourrait résulter de la fonte simultanée de la banquise du Groenland et de l'Antarctique. Il a pour but de permettre de réimplanter des cultures et des végétaux s'ils venaient à disparaître de leur environnement naturel ou étaient détruits lors de grandes catastrophes. Pour Cary Fowler, membre du Global Crop Diversity Trust, à l'origine du projet avec la Banque génétique nordique de Norvège, le dépôt est "l'endroit idéal" pour stocker des semences. Il se compose de trois grandes chambres froides étanches logées dans un long tunnel en forme de trident, creusé à travers le permafrost dans le flanc d'une montagne de calcaire et de grès. L'archipel norvégien du Svalbard est situé à environ 1 000 kilomètres du pôle Nord, à l'intérieur du cercle arctique. Aucun arbre n'y pousse, mais on y dénombre quelque 2 300 habitants. Ces îles ont été choisies du fait de leur climat hostile et de leur inaccessibilité. En hiver, il y règne une température moyenne de - 14 °C. Le dépôt est protégé par de hautes murailles de béton renforcé, des portes d'acier blindées, et une garde d'ours polaires en maraude. "L'installation est conçue pour abriter deux fois plus de variétés de semences que celles dont nous connaissons l'existence, explique Fowler. Il ne sera pas rempli de mon vivant, ni du vivant de mes petits-enfants, mais, à de telles températures, les graines de végétaux essentiels comme le blé, l'orge et les pois peuvent survivre pendant mille ans", ajoute-t-il. Grâce au permafrost et à la roche qui entourent les tunnels, les échantillons resteront congelés, même en cas de panne du système de réfrigération ou d'augmentation de la température extérieure due au réchauffement planétaire. "Pour la planète, c'est une police d'assurance", déclare Fowler. Le 26 février, quand José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, et l'environnementaliste Wangari Maathai, lauréate du prix Nobel de la paix [en 2004], arriveront au Svalbard pour l'inauguration, le dépôt contiendra déjà quelque 250 000 échantillons. Les scientifiques impliqués dans le projet ont fait remarquer qu'une partie de la biodiversité mondiale avait déjà été mise à mal par les guerres et les catastrophes naturelles. Des réserves génétiques ont disparu en Irak et en Afghanistan à la suite de l'invasion américaine, et des banques de semences ont succombé à des catastrophes naturelles aux Philippines et au Honduras. Le dépôt du Svalbard semble d'ores et déjà avoir survécu à sa première épreuve écologique. Le 21 février, ce que l'on a présenté comme "le plus grand tremblement de terre de l'histoire de la Norvège", une secousse d'une magnitude de 6,2, a été enregistré près de l'archipel. Tony Peterson The Independent
Le 26 février, un étrange entrepôt [a été] inauguré dans l'archipel norvégien du Svalbard, dans l'Arctique. Il s'agit d'y conserver des échantillons de graines et semences en tous genres – pour que l'humanité ait quelque chose à replanter en cas de cataclysme, explique
The Independent. Rien que le nom évoque un vestige de la guerre froide ou un film de James Bond : on en parle comme du "coffre-fort de l'Apocalypse", et il repose au cœur d'un glacial bunker de béton et d'acier, à plus d'une centaine de mètres dans le permafrost montagneux d'un archipel de l'Arctique. Pourtant, la réserve mondiale de semences du Svalbard constitue la dernière tentative de l'humanité pour se doter d'une Arche de Noé des temps modernes, sorte de police d'assurance planétaire dans l'éventualité d'une catastrophe, comme de violents bouleversements climatiques provoqués par le réchauffement. Après des dizaines d'années consacrées à la planification et aux travaux de construction, la réserve est officiellement opérationnelle [depuis le] 26 février. Premier entrepôt mondial de stockage de graines, il a la capacité d'abriter jusqu'à 4,5 millions de types de semences provenant de toutes les variétés connues des principales cultures vivrières de la planète. Sa construction a coûté 6 millions d'euros. Il peut résister à des tirs de missiles nucléaires et même à une montée cataclysmique du niveau de la mer, qui pourrait résulter de la fonte simultanée de la banquise du Groenland et de l'Antarctique. Il a pour but de permettre de réimplanter des cultures et des végétaux s'ils venaient à disparaître de leur environnement naturel ou étaient détruits lors de grandes catastrophes. Pour Cary Fowler, membre du Global Crop Diversity Trust, à l'origine du projet avec la Banque génétique nordique de Norvège, le dépôt est "l'endroit idéal" pour stocker des semences. Il se compose de trois grandes chambres froides étanches logées dans un long tunnel en forme de trident, creusé à travers le permafrost dans le flanc d'une montagne de calcaire et de grès. L'archipel norvégien du Svalbard est situé à environ 1 000 kilomètres du pôle Nord, à l'intérieur du cercle arctique. Aucun arbre n'y pousse, mais on y dénombre quelque 2 300 habitants. Ces îles ont été choisies du fait de leur climat hostile et de leur inaccessibilité. En hiver, il y règne une température moyenne de - 14 °C. Le dépôt est protégé par de hautes murailles de béton renforcé, des portes d'acier blindées, et une garde d'ours polaires en maraude. "L'installation est conçue pour abriter deux fois plus de variétés de semences que celles dont nous connaissons l'existence, explique Fowler. Il ne sera pas rempli de mon vivant, ni du vivant de mes petits-enfants, mais, à de telles températures, les graines de végétaux essentiels comme le blé, l'orge et les pois peuvent survivre pendant mille ans", ajoute-t-il. Grâce au permafrost et à la roche qui entourent les tunnels, les échantillons resteront congelés, même en cas de panne du système de réfrigération ou d'augmentation de la température extérieure due au réchauffement planétaire. "Pour la planète, c'est une police d'assurance", déclare Fowler. Le 26 février, quand José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, et l'environnementaliste Wangari Maathai, lauréate du prix Nobel de la paix [en 2004], arriveront au Svalbard pour l'inauguration, le dépôt contiendra déjà quelque 250 000 échantillons. Les scientifiques impliqués dans le projet ont fait remarquer qu'une partie de la biodiversité mondiale avait déjà été mise à mal par les guerres et les catastrophes naturelles. Des réserves génétiques ont disparu en Irak et en Afghanistan à la suite de l'invasion américaine, et des banques de semences ont succombé à des catastrophes naturelles aux Philippines et au Honduras. Le dépôt du Svalbard semble d'ores et déjà avoir survécu à sa première épreuve écologique. Le 21 février, ce que l'on a présenté comme "le plus grand tremblement de terre de l'histoire de la Norvège", une secousse d'une magnitude de 6,2, a été enregistré près de l'archipel. Tony Peterson The Independent
20 févr. 2008
LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION
Le CILSS pour une implication des populationsOuagadougou abrite du 18 au 20 février 2008, la table ronde régionale de partage des résultats de la deuxième phase du Projet de communication participative (PCP) en appui aux actions de lutte contre la désertification. La rencontre est à l'initiative du Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS). Le secrétaire général du ministère de l'Environnement et du Cadre de vie, Alain Edouard Traoré, a présidé le lundi 18 février dernier, la cérémonie d'ouverture des trois journées d'échanges.Avec l'appui du Centre de recherche pour le développement international (CRDI), le Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) a initié le Projet de communication participative (PCP) intitulé : "intégration de la Communication participative dans les actions de lutte contre la désertification au Sahel (Phase II)". Du 18 au 20 février 2008 à Ouagadougou, se tient la table ronde régionale de partage des résultats dudit projet. Le secrétaire exécutif du CILSS, Alhausseini Bretaudeau, a indiqué que les échanges visent à assurer la pleine participation des populations aux actions initiées à leur profit : "Comment passer du concept de bénéficiaires à celui d'acteurs, afin que les communautés deviennent les véritables maîtresses de leur destin ?" Cette interrogation pose donc le problème de l'implication des populations aux chantiers de développement. Dans ce sens, le secrétaire général du ministère de l'Environnement et du Cadre de vie, Alain Edouard Traoré, a laissé entendre que "sans les populations il n'y a pas de développement". Aussi, les participants devront réfléchir sur les instruments d'évaluation des outils de communication développés au cours de la deuxième phase du PCP, les besoins et opportunités dans les différents pays en vue d'une recherche-action en appui aux actions de lutte contre la désertification et pour la préservation des ressources naturelles au Sahel. Guy Bessete, administrateur principal du programme de recherche du CRDI, s'est appesanti sur la contribution de la recherche au développement. Selon lui, 80% des budgets alloués il y a quelques années à la communication, ne semblent pas produire les résultats escomptés. Toute chose justifiant la tenue d'une telle rencontre. Débuté en juillet 2004 pour trois années, la deuxième phase du PCP mis en oeuvre en Gambie, en Mauritanie et au Burkina Faso a permis de mettre en place des mécanismes de développement communautaire. Les résultats obtenus sur le terrain ont été positivement appréciés. Par Philippe BAMA LE PAYS 20 02 08
Le CILSS pour une implication des populationsOuagadougou abrite du 18 au 20 février 2008, la table ronde régionale de partage des résultats de la deuxième phase du Projet de communication participative (PCP) en appui aux actions de lutte contre la désertification. La rencontre est à l'initiative du Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS). Le secrétaire général du ministère de l'Environnement et du Cadre de vie, Alain Edouard Traoré, a présidé le lundi 18 février dernier, la cérémonie d'ouverture des trois journées d'échanges.Avec l'appui du Centre de recherche pour le développement international (CRDI), le Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) a initié le Projet de communication participative (PCP) intitulé : "intégration de la Communication participative dans les actions de lutte contre la désertification au Sahel (Phase II)". Du 18 au 20 février 2008 à Ouagadougou, se tient la table ronde régionale de partage des résultats dudit projet. Le secrétaire exécutif du CILSS, Alhausseini Bretaudeau, a indiqué que les échanges visent à assurer la pleine participation des populations aux actions initiées à leur profit : "Comment passer du concept de bénéficiaires à celui d'acteurs, afin que les communautés deviennent les véritables maîtresses de leur destin ?" Cette interrogation pose donc le problème de l'implication des populations aux chantiers de développement. Dans ce sens, le secrétaire général du ministère de l'Environnement et du Cadre de vie, Alain Edouard Traoré, a laissé entendre que "sans les populations il n'y a pas de développement". Aussi, les participants devront réfléchir sur les instruments d'évaluation des outils de communication développés au cours de la deuxième phase du PCP, les besoins et opportunités dans les différents pays en vue d'une recherche-action en appui aux actions de lutte contre la désertification et pour la préservation des ressources naturelles au Sahel. Guy Bessete, administrateur principal du programme de recherche du CRDI, s'est appesanti sur la contribution de la recherche au développement. Selon lui, 80% des budgets alloués il y a quelques années à la communication, ne semblent pas produire les résultats escomptés. Toute chose justifiant la tenue d'une telle rencontre. Débuté en juillet 2004 pour trois années, la deuxième phase du PCP mis en oeuvre en Gambie, en Mauritanie et au Burkina Faso a permis de mettre en place des mécanismes de développement communautaire. Les résultats obtenus sur le terrain ont été positivement appréciés. Par Philippe BAMA LE PAYS 20 02 08
Karité, l'or des femmes
PROTECTION DE L'ARBRE A KARITE: 4 organisations maliennes et burkinabè se donnent la main
Le projet d'appui aux initiatives paysannes pour la gestion durable des ressources du karité dans
les territoires villageois du Mali et du Burkina a été lancé le 12 février dernier à Dédougou. La salle de conférences du centre Di Alfred Diban de Moundasso a servi de cadre à la cérémonie présidée par Ouétien Tibiri, président du conseil régional de la Boucle du Mouhoun, entouré des directeurs régionaux
et un panel d'invités. Prévu pour durer 3 ans, ce projet qui est une initiative de l'intercoopération du Sahel sera coordonné par l'agence Corade au Burkina et Bacil au Mali, et permettra à 4 organisations paysannes maliennes et burkinabè de mener des actions pour la sauvegarde et la protection à long terme des peuplements de karité.Levier de la lutte contre la pauvreté en milieu rural, le karité (Vitellaria paradoxa) est de nos jours, selon des chercheurs, menacé de disparition au Mali et au Burkina qui sont parmi les plus grands producteurs mondiaux de karité. Cette essence n'en est devenu que plus vulnérable et ne parvient plus à régénérer, principalement à cause de la disparition progressive des jachères. Face à cette menace et compte tenu des importantes fonctions écologiques, alimentaires, économiques et culturelles du karité, l'intercoopération du Sahel, avec l'appui de la coopération suisse, a initié le projet "Shisun" pour le renforcement des femmes dans la gestion du karité au Mali et au Burkina. La fédération des producteurs professionnels de la Sissili (FEPPASI) et l'Union provinciale des producteurs de coton des Banwa (UPPCB) au Burkina, l'union des femmes productrices de karité des cercles de San et de Tominian (ASPROFER) et l'association des femmes rurales de Koutiala (CESIRI) au Mali sont les quatre organisations paysannes qui sont appuyées par le projet pour la gestion durable du karité. Trois ans durant, ces organisations paysannes burkinabè et maliennes vont, non seulement mettre en oeuvre des stratégies d'incitation à la protection du karité au sein des communautés, mais aussi définir un plaidoyer auprès des autorités publiques nationales et régionales afin qu'elles considérent le karité comme une filière porteuse et prennent des mesures qui améliorent la protection de la ressource. Selon Alexis Kaboré de l'agence Corade, le choix des femmes s'explique par le fait que les femmes rurales restent les principales actrices sur laquelle repose l'ensemble de la filière karité, aussi bien du point de vue de la récolte, de la transformation que de la commercialisation. Le ramassage des fruits, le conditionnement des amandes, la transformation en beurre et la vente de produit prétransformé, sont des activités exclusivement féminines. Elles sont également les principales utilisatrices des espaces de savane et de parcs agroforestiers. Malheureusement, ces femmes rurales disposent de peu de pouvoir de décision et sont souvent tenues à l'écart de la gestion du foncier rural et des ressources naturelles. L'objectif à atteindre au cours des trois années, c'est d'arriver à la participation active des femmes dans les décisions au niveau des villages, toute chose qui va déboucher sur l'amélioration durable de la gestion des parcs agroforestiers au Burkina et au Mali. Pour y parvenir, des activités de sensibilisation, d'information sur les méfaits de l'abattage de karité, la destruction de jeunes plants dans les champs, la cueillette des fruits immatures devront être menées. Aussi, des j
ournées de protection, de production et de plantation des pieds de karité, l'installation de vergers à karité ainsi que des rencontres de concertation avec les chefs d'exploitation et les chefs coutumiers devront être organisées. Le temps est certes court pour de si grandes ambitions. Mais pour le chargé du programme d'intercoopération au Sahel, Célestin Dembélé, le pari est d'arriver à développer des mécanismes de diffusion qui permettent d'avoir un effet levier et attirer un maximum d'acteurs autour de la gestion du karité. Selon lui, de nombreuses initiatives sont en cours tant au niveau des familles paysannes que des instituts de recherches, avec divers essais de domestication, mais surtout de gestion et d'exploitation multifonctionnelle des savanes et parcs agroforestiers avec des processus de négociation entre tous les acteurs locaux impliqués. Le projet va travailler au renforcement des cadres de concertations et d'échanges entre les acteurs de niveaux intermédiaires au Burkina et au Mali. La promotion de réseaux de formation et d'information privilégiant la participation des femmes, la facilitation de processus pour la construction collective de connaissances et de leur diffusion, et le renforcement des capacités de plaidoyer des actrices et acteurs auprès des collectivités territoriales décentralisées, des services techniques déconcentrés et de l'Etat pourront contribuer à l'atteinte des objectifs. Tout en se réjouissant du choix de sa région pour le lancement officiel du projet, le président du conseil régional a invité les femmes, principales actrices de la filière karité, à mettre à profit l'accompagnement du projet pour conquérir leur place légitime dans les espaces où l'avenir du karité se dispute. Aussi a-t-il pris l'engagement de faciliter l'établissement des synergies nécessaires au succès du projet. La trentaine de membres des deux organisations faîtières burkinabè présente à la cérémonie a, pendant 72 heures, examiné les éléments du projet, son cadre logique, et élaboré un programme pour l'année 2008, échangé avec les conseils régionaux sur les dispositions de partenariat. Par Serge COULIBALY
Photos: http://www.capsurlemonde.org/faso/karite2.html
PROTECTION DE L'ARBRE A KARITE: 4 organisations maliennes et burkinabè se donnent la main
Le projet d'appui aux initiatives paysannes pour la gestion durable des ressources du karité dans
les territoires villageois du Mali et du Burkina a été lancé le 12 février dernier à Dédougou. La salle de conférences du centre Di Alfred Diban de Moundasso a servi de cadre à la cérémonie présidée par Ouétien Tibiri, président du conseil régional de la Boucle du Mouhoun, entouré des directeurs régionaux
et un panel d'invités. Prévu pour durer 3 ans, ce projet qui est une initiative de l'intercoopération du Sahel sera coordonné par l'agence Corade au Burkina et Bacil au Mali, et permettra à 4 organisations paysannes maliennes et burkinabè de mener des actions pour la sauvegarde et la protection à long terme des peuplements de karité.Levier de la lutte contre la pauvreté en milieu rural, le karité (Vitellaria paradoxa) est de nos jours, selon des chercheurs, menacé de disparition au Mali et au Burkina qui sont parmi les plus grands producteurs mondiaux de karité. Cette essence n'en est devenu que plus vulnérable et ne parvient plus à régénérer, principalement à cause de la disparition progressive des jachères. Face à cette menace et compte tenu des importantes fonctions écologiques, alimentaires, économiques et culturelles du karité, l'intercoopération du Sahel, avec l'appui de la coopération suisse, a initié le projet "Shisun" pour le renforcement des femmes dans la gestion du karité au Mali et au Burkina. La fédération des producteurs professionnels de la Sissili (FEPPASI) et l'Union provinciale des producteurs de coton des Banwa (UPPCB) au Burkina, l'union des femmes productrices de karité des cercles de San et de Tominian (ASPROFER) et l'association des femmes rurales de Koutiala (CESIRI) au Mali sont les quatre organisations paysannes qui sont appuyées par le projet pour la gestion durable du karité. Trois ans durant, ces organisations paysannes burkinabè et maliennes vont, non seulement mettre en oeuvre des stratégies d'incitation à la protection du karité au sein des communautés, mais aussi définir un plaidoyer auprès des autorités publiques nationales et régionales afin qu'elles considérent le karité comme une filière porteuse et prennent des mesures qui améliorent la protection de la ressource. Selon Alexis Kaboré de l'agence Corade, le choix des femmes s'explique par le fait que les femmes rurales restent les principales actrices sur laquelle repose l'ensemble de la filière karité, aussi bien du point de vue de la récolte, de la transformation que de la commercialisation. Le ramassage des fruits, le conditionnement des amandes, la transformation en beurre et la vente de produit prétransformé, sont des activités exclusivement féminines. Elles sont également les principales utilisatrices des espaces de savane et de parcs agroforestiers. Malheureusement, ces femmes rurales disposent de peu de pouvoir de décision et sont souvent tenues à l'écart de la gestion du foncier rural et des ressources naturelles. L'objectif à atteindre au cours des trois années, c'est d'arriver à la participation active des femmes dans les décisions au niveau des villages, toute chose qui va déboucher sur l'amélioration durable de la gestion des parcs agroforestiers au Burkina et au Mali. Pour y parvenir, des activités de sensibilisation, d'information sur les méfaits de l'abattage de karité, la destruction de jeunes plants dans les champs, la cueillette des fruits immatures devront être menées. Aussi, des j
ournées de protection, de production et de plantation des pieds de karité, l'installation de vergers à karité ainsi que des rencontres de concertation avec les chefs d'exploitation et les chefs coutumiers devront être organisées. Le temps est certes court pour de si grandes ambitions. Mais pour le chargé du programme d'intercoopération au Sahel, Célestin Dembélé, le pari est d'arriver à développer des mécanismes de diffusion qui permettent d'avoir un effet levier et attirer un maximum d'acteurs autour de la gestion du karité. Selon lui, de nombreuses initiatives sont en cours tant au niveau des familles paysannes que des instituts de recherches, avec divers essais de domestication, mais surtout de gestion et d'exploitation multifonctionnelle des savanes et parcs agroforestiers avec des processus de négociation entre tous les acteurs locaux impliqués. Le projet va travailler au renforcement des cadres de concertations et d'échanges entre les acteurs de niveaux intermédiaires au Burkina et au Mali. La promotion de réseaux de formation et d'information privilégiant la participation des femmes, la facilitation de processus pour la construction collective de connaissances et de leur diffusion, et le renforcement des capacités de plaidoyer des actrices et acteurs auprès des collectivités territoriales décentralisées, des services techniques déconcentrés et de l'Etat pourront contribuer à l'atteinte des objectifs. Tout en se réjouissant du choix de sa région pour le lancement officiel du projet, le président du conseil régional a invité les femmes, principales actrices de la filière karité, à mettre à profit l'accompagnement du projet pour conquérir leur place légitime dans les espaces où l'avenir du karité se dispute. Aussi a-t-il pris l'engagement de faciliter l'établissement des synergies nécessaires au succès du projet. La trentaine de membres des deux organisations faîtières burkinabè présente à la cérémonie a, pendant 72 heures, examiné les éléments du projet, son cadre logique, et élaboré un programme pour l'année 2008, échangé avec les conseils régionaux sur les dispositions de partenariat. Par Serge COULIBALYPhotos: http://www.capsurlemonde.org/faso/karite2.html
12 févr. 2008
5 févr. 2008
RADIOACTIVITÉ - Un Touareg contre la pollution nucléaire... lire:

"Un Touareg contre la pollution nucléaire. L'uranium de nos centrales est-il vraiment si propre? A Arlit, petite ville minière au Niger, les habitants vivent au quotidien avec la radioactivité. Témoignage."

"Un Touareg contre la pollution nucléaire. L'uranium de nos centrales est-il vraiment si propre? A Arlit, petite ville minière au Niger, les habitants vivent au quotidien avec la radioactivité. Témoignage."
4 févr. 2008
2 févr. 2008
1 févr. 2008
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